GH.IIT, 14-21. POUR LES ÉPHÉSIENS
peu importe, enraciné, comme un arbre dans le sol ; fondé, comme une maison sur le roc; et si fermement attaché que ni orages, ni torrents, ni venls ne peuvent Tarracher de son lieu.
Remarquez le lien qui unit ce qui va suivre avec ce qui a précédé ; il est indiqué par deux afin que (v. 18 et V. 19), qui dépendent Tun de Tautre. Nous avons vu dans les v. 14 et 15 ie fondement de la confiance avec laquelle TApôtre prie pour les Éphésiens; nous venons de voir dans les v. 16 et 17 et le commencement du 18 l'objet de sa prière; nous allons en voir maintenant le but; d'abord le but prochain, que les Éphésiens connaissent Tamour de Christ (fin du V. 18 et. commencement du 19), ensuite le but final, auquel le premier n'est qu'un acheminement, qu'ils soient remplis jusqu'à la plénitude de Dieu (fin du 19).
Afin que vous soyez capables de comprendre. Le verbe grec que nos versions rendent par que vous puissiez^ marque de grands eflforts pour parvenir à comprendre; c'est pour conserver cette nuance d'énergie que nous avons donné la préférence à Lausanne 1839. Au reste, on comprend pour croire, et tout ensemble on croit pour comprendre. Il faut un commencement d'intelligence pour croire en Jésus-Christ; mais il faut aussi avoir cru, et être affermi dans la foi, pour recevoir une nouvelle mesure d'intelligence. Voyez Col. I, 9, 10 et notre note sur Èph. 1, 17.
Avec tous ks saints: plus spécialement» ayec ces
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saints d'Israël, qui sont les premiers appelés, et auxquels vous avez été récemment associés par la foi en Jésus-Christ (II, 13, etc.). En même temps, cette pensée incidente rappelle un trait essentiel de la vérité et de la sainteté chrétiennes. L'amour fraternel rend tout commun entre les enfants de Dieu ; non pas seulement la^ propriété, comme on Ta vu dans TÉglise primitive de Jérusalem, mais aussi le trésor spirituel, la lumière, l'action, le progrès, tout enfin. Dans l'Église, tout se fait en famille, et le corps a d'autant plus de vie que les membres sont plus unis entre eux. L'isolement, qui est souvent une condition de force dans le monde, est toujours une cause d'affaiblissement dans l'Église.
Quelle est la largeur^ la longueur ^ la profondeur et la Iiauteur. Qe quoi?Harless et Olshausen, qui ont suivi Chrysostope, Théodoret, etc., répondent : du mystère dont il a été parlé dans le v. 9, et d'après l'explication qu'ils ont donrjée des mots dans Vamour, on ne voit pas quelle autre réponse ils pourraient donner. Mais nous, qui entendons ces mots de l'amour du Seigneur, nous avons une réponse bien plus facile. Il ne s'agit pas du mystère, qu'il faut aller chercher bien des versets en arrière, et encore dans une parenthèse, mais de l'amour du Seigneur, dont l'Apôtre vient de nous entretenir au commencement de notre verset, dont il va nous entretenir encore dans le verset suivant, et dont son âme est toute remplie.
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Ainsi, les mots, « comprendre quelle est la lon- « gueur, 1^ nous paraissent expliqués par ceux qui les suivent tout aussitôt ; < Gonnaitre l'amour de Christ « qui surpasse toute connaissance. > Au reste, la marche des idées serait plus claire, si la division du texte par versets était faite avec plus de soin. Selon nous, le V. 18 n'aurait dû commencer qu'au?: nîots « Afin que vous soyez capables, etc., i^ et le v. ^9 aux mots « afin que vous soyez remplis, etc. > Le croyant, qui a été représenté tantôt comme enraciné et fondé dans l'amour du Seigneur, l'est ici comme enveloppé de toutes parts de cet amour, qui s'étend dans tous les sens autour de lui à perte de vue. Suspendu au sein de l'amour infini, comme la terre au sein de l'espace, il regarde devant lui, à côté de lui, au-dessus de lui et au-dessous de lui, pour prendre la juste mesure de cet amour qui l'a sauvé ; mais tout cela n'aboutit qu'à constater l'impossibilité de le mesurer. La largeur? A sa droite et à sa gauche, l'immensité. La longueur? Devapt lui et derrière lui, l'immensité. La profondeur? Sous ses pieds l'immensité. La hauteur? Au-dessus de sa tète, encore l'immensité. Quelques commentateurs ont cherché une signification particulière dans chacune de ces quatre dimensions de l'amour du Seigneur. On a vu, par exemple, dans la largeur, cet amour s'étendant à tous; dans la longueur, cet amour durant éternellement ; dans la profondeur, cet amour nous tirant
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du fond de Tenfer ; et dans la hauteur, cet amour nous élevant au troisième ciel. Mais, sans parler de ce qu'il y a d'arbitraire dans ces explications, cette précision de détails nous paraît étrangère à la pensée de notre Apôtre, et ne sert qu'à rapetisser ce qu'elle pense éclaircir.
Et connaître V amour de Christ qui surpasse toute connaissance. Cette belle antithèse est naturellement amenée par ce qui précède, où l'on a vu le croyant faisant effort pour comprendre l'amour du Seigneur, et ne réussissant qu'à comprendre qu'il est incompréhensible. L'antithèse est dans les habitudes de style de saint Paul (Gai. II, 19; 2 Cor. VIII, 2; Hébr. II, 14, etc.). Elle est d'ailleurs dans l'essence de l'idée chrétienne, qui apparaît dans le monde comme un paradoxe perpétuel, par l'opposition où elle se trouve avec tout l'ordre des maximes reçues. Aussi le langage de Jésus-Christ est-il tout rempli d'antithèses, qui seraient recherchées si elles n'étaient si profondes, et qui tiennent à ce qu'il parle dans un monde où la vérité a perdu son empire sans y perdre ses droits (Rapprochez Phil. IV, 7).
Afin que wus soyez remplis jusqu'à toute la plénitude de Dieu. Voici le but du premier but indiqué dans le V. 18, et la dernière fin de la prière de l'Apôtre. En recevant Christ dans l'homme intérieur par le Saint- Esprit, on comprend l'amour de Christ, autant qu'il peut se comprendre; et en comprenant l'amour de