‹ Explication de l'epitre de Saint Paul aux EphésiensChapitre 41 sur 64 · GH. IV, 4-6. L^UJVITÉ FRATERNELLE · texte numérisé non relu

GH. IV, 4-6. L^UJVITÉ FRATERNELLE

tion ne nous parait pas être dans la pensée de l^Âpôtre, non plus que nous ne Tavons su voir, avec Olshausen, dans le ch. II, v. 16 et 17. Outre que Tassociation ecclésiastique nous paraît différente de l'unité que saint Paul recommande en cet endroit, 1 Cor. XII, 3 nous semble- prouver clairement (surtout quand on le lit dans l'original) que ces deux unités tiennent ensemble, et même qu'elles ne sont qu'une seule et même unité. Le corps n'est donc pas ici l'Église visible, mais l'ensemble des croyants unis sous une même tête, Christ; et c'est le Saint- Esprit qui forme ce corps, parce que a'est lui qui unit les croyants à Christ. Ce t seul corJ)s » est donc l'ouvrage de ce « seul Esprit; ^ et l'Apôtre nous montre dans l'une et dans l'autre expression l'unité du Saint-Esprit; avec cette nuance que la première nous le dépeint un dans son œuvre, et la seconde, un dans son essence.

Comme aussi vous avez été appelés dans une seule espérance de votre vocation. Il s'agit toujours du Saint- Esprit, auquel appartient plus spécialement la vocation des fidèles, bien qu'elle puisse être attribuée ailleurs au Père ou au Fils. L'emploi de la préposition dans a quelque chose qui étonne, et nos versions ont éludé la difficulté en y substituant la préposition à. Mais c'est changer un peu la pensée. Il veut faire ressortir ici, non la fin à laquelle nous avons été appelés, mais la manière dont nous avons été appelés,

224 l'unité fraternelle. gh. iv^ i-6.

ou, si Ton veut, T esprit de notre vocation. Même remarque sur Gai. I, 6 (c qui vous a appelés dans la € grâce 1 ou « en grâce f), 1 Cor. VII, 15 (c Dieu (c nous a appelés dans la paix i ou c en paix >) et 1 Thess. IV, 7 (« Dieu ne nous a pas appelés à la c souillure, mais dans la sanctification » ou € en a sanctification »).

Un seul Seigneur^ une seule foi, un seul baptême. Tout ceci se rapporte à Jésus-Christ. Il y a un seul Seigneur, une seule foi en lui, un seul baptême en son nom. On demande pourquoi la sainte Cène n'est pas nommée ici aussi bien que le baptême; la réponse nous paraît facile. Ce passage est de ceux où figurent seulement les points fondamentaux, les premiers éléments de la foi. Or le baptême est là plus à sa place que la communion, soit parce qu'il est le premier pas dans la vie chrétienne, soit parce qu'il y tient un rang plus considérable que la Cène. Il est également mentionné sans elle dans Hébr. VI, 1, 2, et dans Matth. XXVIII, 19, 20. Nous n'aurions pas songé à cette difficulté, tant elle nous paraît aisée à lever ; mais ce sont les commentateurs luthériens qui l'ont imaginée, et il y a quelque chose d'instructif dans la peine qu'ils prennent pour la résoudre. C'est qu'ils n'oublieraient jamais, eux, la Cène, en nommant les articles les plus essentiels de la religion. Cette différence entre eux et les auteurs sacrés ne tiendrait-elle pas à ce que la Cène a dans le système

CH. IV, 4-6. l'unité fraternelle. 225

théologique luthérien une place qu'elle n'a pas dans rEcriture sainte?

Un seul Dieu et Père de tous; non pas de tous les hommes, mais de tous les croyants (Voyez Mal. II, 10).

Au-dessus de tous, au milieu de tous, el au-dedans de tous. D'après le texte reçu : « au-dedans de vous tous; :» ou bien « de nous tous; > mais les meilleurs critiques suppriment l'un et l'autre de ces pronoms, Harless, Olshausen, Lachmann, etc. Après avoir montré qu'il y a un seul Esprit, un seul Père et un seul Dieu , l'Apôtre fait un pas de plus, et rappelle en terminant que € ces trois là sont un. > C'est un seul Dieu, en trois moments ou sous trois aspects différents. — Le Père, c'est Dieu régnant « au-dessus de tous; > le Fils, c'est Dieu descendu sur la terre et séjournant «au milieu de tous; > le Saint-Esprit, c'est Dieu pénétrant dans les cœurs et habitant « au dedans de < tous. x> L'explication que nous proposons ici des mots a au milieu de tous » s'écarte des opinions reçues. Parmi ces opinions, la plus soutenable est celle qui a été suivie par Harless. Il traduit « par « tous, > traduction aussi permise que la nôtre par la grammaire; et il pense que cette expression fait allusion au Fils agissant par le moyen de ceux qui croient en lui, comme la tête agit par le moyen des membres (IV, 16; Col. II, 19). Notre explication nous paraît avoir sur celle-là deux avantages : le pre-

226 l'unité fraternelle. ch. iv, 7-16.

mier, qu'elle est plus semblable à elle-même, en ce qu'elle attribue aux trois propositions un sens de localité^ tandis que l'autre attribue ce sens à la première et à la troisième, mais en prête un d'une tout autre nature à celle du milieu; le second, c'est qu'elle est, ce nous semble, aussi naturelle que l'autre est recherchée. Dieu sur nous, Dieu parmi nous, Dieu avec nous, Dieu en nous, quoi de plus conforme à l'attitude ordinaire sous laquelle la Bible nous présente les trois personnes de la Trinité? Et quoi de plus propre à nous faire sentir leur unité que cette action unique et progressive d'un Dieu qui descend d'abord du ciel dans la société des hommes, et qui pénètre enfin de la société des hommes dans le fond de notre cœur?

2« La diversité des dons. IV, 7-16.

7« Mais à chacun de nous^ la grâce a été donnée selon la mesure du don de Christ. 8. Cest pourquoi H est dit : Qi Étant monté en haut, il a emmené captive une <K multitude de captifs , et il a donné des dons aux € hommes. » 9. Or, gw'tJ soit monté, qu^est-ce, si ce n'est quHl était aussi descendu dans les parties les plus basses de la terre? 10. Celui qui est descendu est lui" même aussi celui qui est monté par-dessuè tous les deux, afin qu'il remplît toutes choses,

M. Et hi^méme a donné les uns comme apôtres, d'au*

CH. IV, 7-16. l'unité fraternelle. â27

très comme prophètes, d'autres comme évangélistes, d'auires comme pasteurs et docteurs, 12. en vue de la préparation des saints à ïœuvre du ministère, pour l'édification du corps de Christ; \3.jusquà ce que nous parvenions tous à Vunité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à Vétat d'homme fait, à la mesure de Vâge de la plénitude de Christ; 14. afin que nous ne soyons plus de petits enfants, ballottés et emportés par tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur adresse dans les artifices de V égarement, 15. mais quêtant vrais ^ dans V amour nous croissions à tous égards en celui qui est la téte^ Christ ^ 10. duquel tout le corps lié et uni ensemble par toutes les jointures de communication, selon la force qui est dans la mesure de chaque partie, opère t accroissement du corps, pour sa propre édification dans ïamour.

Mais à chacun de nous, etc. L'unité de l'Esprit n'exclut pas. la diversité des dons. L'unité dans la diversité, et la diversité dans l'unité, c'est la loi de Dieu lui-même, qui est un dans son essence, mais divers dans ses perfections, et même dans sa personnalité, d'après la doctrine chrétienne de la Trinité; et Dieu s'étant peint dans tous ses ouvrages, cette loi a passé dans les œuvres de la grâce, comme dans celles de la nature. L'Église y obéit comme tout le reste. L'Esprit y est un, mais les dons y sont divers, le Seigneur les distribuant à chacun dans la mesure qui lui plaît* Il était dès lors nécessaire de

Page 1