‹ Explication de l'epitre de Saint Paul aux EphésiensChapitre 44 sur 64 · LA VIE NOUYBUE. GH. Y · texte numérisé non relu

LA VIE NOUYBUE. GH. Y

qu'elle s'offre rarement, et qu'ayant été une fois manquée, elle pourrait ne pas se représenter. Aisément les jours mauvais nous découragent. Saint Paul veut qu'ils nous excitent à redoubler de vigilance. Ainsi le négociant habile ne laisse échapper aucune occasion favorable à l'accroissement de sa fortune quand les temps sont difficiles; et l'agriculteur prudent est doublement soigneux de mettre à profit les beaux jours, quand la saison est mauvaise. La pensée de l'Apôtre est analogue à celle de TEcclésiaste IX, 10. Au reste, l'expression « acheter l'occasion, > paraît empruntée de Daniel II, 8 (où gagner du temps ne rend pas exactement l'original; il s'agit de gagner V occasion, c'està-dire attendre une circonstance favorable pour se tirer d'embarras), et l'expression « les jours sont <c mauvais, » de Amos V, 13. On ne saurait trop remarquer combien le Nouveau Testament est rempli de l'Ancien.

C'est pourquoi ne soyez pas sans intelligence. Nous avons expliqué, dans notre note sur I, 8, cominent l'intelligence se rapporte à la sagesse. Pour parvenir à une conduite sage, il faut commencer par avoir un esprit intelligent. < Ne soyez pas comme le cheval ou « le mulet, sans intelligence » (Ps. XXXII, 9). Au .reste, le sens propre du mot que nous rendons par sans inteUigmce nous parait être irréfléchi; c'est le même mot qui est employé dans 1 Cor. XV, 36. La réflexipn est le chemin de la sagesse.

Mais comprenant quelle est la volonté du Seignmr. La vraie sagesse étant Paccomplissement de la volonté de Dieu (Ps. CXI, 10), la vraie intelligence consiste à la discerner (Ps. CXLIII, 8, 10; Rora. XII, 2); discernement souvent délicat et difficile (Rom. II, 18; Phil. I, 9). Rapprochez le v. 10 de notre chapitre. Telle est la corruption de notre nature que nous faisons le mal dès que nous < marchons après nos pen- « sées » (Es. LXV, 3), et que nous « suivons nos voies « et trouvons notre volonté » (Es. LVIII, 13).

Ne vous enivrez pas de vin. Les commentateurs s'étonnent de trouver cette recommandation à cette place; une recommandation qui semble interrompre le cours des pensées développées dans les V. 15-20, pour nous ramener brusquement au sujet traité dans les V. 3-5, et nous y ramener par un trait si spécial et si vif. Harless et Olshausen pensent, sinon lever, du moins diminuer la difficulté en faisant remarquer que le mot rendu par avarice dans le v. 3, peut avoir la signification d'intempérance; et le v. 18 est ainsi, selon eux, une raison presque décisive pour donner la préférence à cette traduction nouvelle du v. 3. Gela ne nous satisfait pas, et voici comment nous croyons devoir expliquer la mention de l'ivresse au v. 18. L* Apôtre n*a pas eu proprement en vue de détourner ses lecteurs deTivresse; mais il .a nommé subsidiairement et en passant^ Tivresse ignoble que produit le vin, pour mettre en contraste avec elle cette

espèce d'ivresse pure et élevée que produit le Saint- Esprit ; comme s'il eût dit : « Et, au lieu de ' vous remplir de vin, comme ces païens, soyez remplis de TEsprit de Dieu. » L'abus du vin, ne figurant alors que pour relever le don du Saint-Esprit, serait à sa place dans tous les cas*; mais cette opposition avait quelque chose de plus naturel et de plus frappant qu'ailleurs, dans un endroit où l'Apôtre venait d'exhorter les Éphésiens à se séparer des convoitises charnelles des païens*.

On découvre des traces de la grandeur première de notre nature jusque dans ses égarements les plus déplorables. Comme il y a au fond de l'impureté l'abus du besoin d'aimer, il y au fond de l'ivrognerie l'abus d'un certain besoin d'ardeur et d'enthousiasme, qui est naturel, noble même, en soi ; et ce même besoin explique en partie le goût des lectures . et des spectacles qui remuent fortement l'esprit. L'homme veut se sentir vivre; il vivrait double, s'il le pouvait; et il aime mieux être remué par des choses horribles que de n'être pas remué du tout. Mais ces moyens factices et charnels trompent le besoin de vie, et ne

* Philoo^ Vit. Mos, : « Étant ivres, non de Tivresse que produit le vin, mais de celle qui va avec la sobriété. »

* Le rapport du v. 18 avec ce qui précède pourrait être expliqué encore de cette antre manière : Vidée de vigilance aurait conduit l^Apôtre à celle de sobriété; et à cette dernière idée se serait rfittaç^ée celle ététre rempli du Saint-Esprit, par opposition à l'ivresse que produit le vin. Ce serait à pec^ près le même ordre d'idées que nous retrouvons dans 1 Thess. V, 5-7.

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le satisfont pas ; et, sans parler de ce qu'ils ont de contraire à la loi de Dieu, ils n'élèvent un moment l'esprit de l'homme au-dessus des réalités tristes ou froides de la vie présente que pour le laisser bientôt retomber au-dessous (plus bas qu'avant) ; c'est une excitation criminelle et passagère, que suit un plus grand affaissement, La foi seule satisfait ce besoin purement, salutairement et constamment ; elle le satisfait surtout par le don du Saint-Esprit. Comme elle substitue à l'amour charnel un amour saint, elle substitue, à rivresse des sens l'ivresse spirituelle. Entre ces deux ivresses, il y a une certaine analogie dans les apparences, comme l'indique la terminologie commune appliquée à l'une et à l'autre, dans toutes les langues, et dans celle même de l'Écriture (Ps. XXXVI, 8): < Us seront enivrés (traduction littérale, et suivie par les Septante ; saint Paul a pu avoir cet endroit devant les yeux) ils seront enivrés de la < graisse de ta maison, et tu les abreuveras du fleuve « de tes délices. > Voyez encore Gant. V, 1, etc. ; Es. LV, 1, (après la promesse du Saint-Esprit, LIV, 13, expliqué par Jean, VI, 44). Aussi, quand les Apôtres sont pour la première fois c remplis du Saint-Esprit, » (Actes, II, 4), les prend-on pour des gens ivres (13), jusqu'à ce que saint Pierre ait expliqué qu'ils ne sont ivres que de la manière qui a été prédite par le prophète Joël (13, 16). Mais, pour l'observateur attentif, cet air de ressemblance disparaît bientôt dans les ..^

effets contraires que les deux ivresses produisent. Celle du vin engendre les désordres de toutes sortes; et celle de TEsprit, les chants spirituels, la joie intérieure et l'action de grâces.

Ici, comme partout, le caractère chrétien apparaît sous une double face. Il a un côté froid, et un côté ardent; la circonspection, et l'enthousiasme chrétien. L'un et l'autre tiennent à un même principe et sont produits par le Saint-Esprit. Les v. 19 et 20 de notre chapitre ne font pas opposition aux v. 15-17; ils y font suite, comme l'indique la conjonction et au commencement du V. 18; et le Saint-Esprit leur sert de lien. Aussi, dans Tépître aux Golossiens, tout cela est réuni dans le même verset (III, 16). Celui à qui c le Père ne € donne pas l'Esprit par mesure » (Jean III, 34) a seul, entre tous les hommes, réalisé l'union de ces deux dispositions, portées au même degré de perfection. Chez la plupart des chrétiens l'une des deux dispositions prédomine aux dépens de l'autre. L'ardeur manque au plus circonspect, et la circonspection à l'ardent. Qu'ils ne se jugent pas mutuellement, mais qu'ils reçoivent instruction l'un de l'autre. Car chacun des deux reproduit une face du caractère de Jésus-Christ, et il faudrait les réunir pour avoir un homme complet. Au surplus, cette réunion n'est pas impossible en soi ; et les Apôtres ont approché sur ce point de l'exemple de Jésus-Christ. Saint Paul était sans doute plus porté par son naturel vers l'ardeur

que vers la circonspection ; et cependant cette ardeur est tempérée par une rare prudence, apprise à l'école du Saint-Esprit. Étudiez sous ce point de vue Actes XVI, 23-fin. Il disait de lui-même et de ses compagnons d'œuvre : « Soit que nous soyons hors de nouB- « mêmes, c'est pour Dieu; soit que nous soyons de « sens rassis, c'est pour vous » (2 Cor. V, 13). Cette parole remarquable nous avertit en même temps que le sang-froid doit prédominer dans nos rapports avec les hommes, et l'enthousiasme être en général réservé pour nos relations avec Dieu. Si nous le faisons paraître devant les hommes, que ce soit devant les frères (v. 19 de notre chapitre) ; le monde ne le comprendrait pas, et pourrait en mal juger.

En quoi il y a du dérèglement. Nous disons, en quoi^ et non dans lequel, parce qu'il nous parait, comme à Harless, que le pronom relatif doit être rapporté plutôt au verbe s'enivrer, qu'au substantif t?m. L'abus du vin ne va jamais seul ; il entraîne après lui des dérèglements de toute sorte, .et plus spécialement les péchés de la chair (Voyez Prov. XXIII, 29-fin).

Mais soyez remplis de VEsprit. Évidemment du Saint-Esprit (note sur H, 22); littéralement dans C Esprit. Cette construction est singulière. Harless rapproche Col. II, 10 et IV, 12. Mais l'analogie ne nous paraît pas complète et nous traduirions dans ces deux endroits remplis en lui, remplis en toute volonté de Dieu (nos versions et Lausanne 1839 : accomplis en lui y

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accomplis en iouie toUmti de Dteu)^ ce d(mt les Golossiens doivent être remplis étant sous-entendu : c'est la plénitude de Dieu. Dans notre passage n'y auraitil pas une image prise d'un vase qu'on plonge tout entier dans l'eau pour l'en remplir jusqu'aux bords? On pourrait traduire : Remplissez ^ vous ^ comme on traduit ne vous enivrea pas et non ne soyez pas enivrés; €ar la forme du verbe employée dans les deux cas est la même. Mais il nous a paru que le verbe réfléchi rend mieux l'une de ces pensées, et que le verbe passif rend mieux l'autre, dans notre langue. Quoi qu'il en soit, il est évident que nous remplir du Saint- Esprit c'est proprement l'œuvre du Saint-Esprit et non la nôtre; mais c'est aussi la nôtre dans ce sens que nous pouvons < résister au Saint-Esprit » (Actes VII, 51), et appeler au-dedans de nous le Saint-Esprit par la prière (Luc XI, 13). De là, cet impératif appliqué à une chose qui ne dépend pas directement de notre volonté: c'est qu'elle en dépend indirectement. La doctrine des Écritures est pleine de choses semblables et nous tient responsables pour beaucoup de choses que nous ne pouvons accomplir par nousmêmes. Rapprochez Éph. IV, 23 ; 2 Cor. V, 20, etc. L'enthousiasme divin, la joie du Saint-Esprit, est jseule capable d'éteindre la joie du monde et l'ardeur de la passion.

Par des psaumes^ des hymnes et des odes spiriktels. Le chant est l'expression naturelle de la joie. La joie ^

du monde enfante des chants mondains ; la joie chrétienne doit enfanter des chants spiritmls, c'est-à-dire qui sont inspirés par le Saint-Esprit, c Quelqu'un est- < il joyeux (littéralement en bonne humeur)? qu'il « psalmodie » (Jacq. V^ 13). Au verset précédent saint Jacques avait dit : c Quelqu'un est-il dans la souf- « france? qu'il prie. » Ainsi l'exaltation spirituelle de l'âme répond à la fois au double but que se propose l'homme du monde quand il se livre à l'ivresse : oublier ses chagrins et donner carrière à un esprit content. C'est le second dont s'occupe surtout notre Apôtre. La citation que nous venons de faire de saint Jacques montre qu'il ne s'agit pas seulement ici du chant religieux dans le culte, c'est d'un point de vue plus général que saint Paul envisage le chant, comme l'expression du contentement intérieur qui a besoin de se répandre au dehors. Mais il est vrai que ce besoin s'est manifesté tout spécialement de la sorte dans les assemblées religieuses et qu'elles peuvent ainsi être rappelées indirectement dans notre texte. D'après 1 Cor. XIV, 15, etc., ,1e don de parler des langues étrangères se produisit de bonne heure sous une forme poétique, et il y a lieu de croire que les cantiques improvisés eurent aussi dans l'Église primitive un caractère musical. Nous parlons de musique vocale ; la musique instrumentale ne vint que plus tard, il y a tout lieu de le croire ; et, bien que le mot grec

correspondant à psaume suppose en général un ac-

compagnement, ce n*est pas ainsi qu'il faut Tentendre ici, non plus que dans Col. III, 16 ni dans 1 Cor. XIV, 26. Le mot vous entretenant (littéralement $e parlant les uns aux autres), suffirait pour le donner à connaître. Pline le Jeune, écrivant à Tempereur Tfa jan au sujet des réunions religieuses des chrétiens, parle en ces termes de leur chant : « Ils chantent, en se relevant, un cantique adressé à Christ, qui y est invoqué comme Dieu. » Un seul de ces anciens cantiques est parvenu jusqu'à nous sous le nom de Clément d'Alexandrie; encore l'authenticité n'en est-èlle fks bien démontrée.

Si les trois mots psaumes, hymnes et odes se distinguent par des nuances précises de signification, Oès nuances ne sont pas bien connues. Selon Harless, le dernier de ces trois noms embrasse proprement des chants profanes aussi bien que des chants religieux, et les deux premiers, réservés l'un et l'autre au chant'religieux, ne diffèrent qu'en ce que le premier était plus familier aux juifs et le second aux païens. Mais peutêtre l'Apôtre n'a-t-il voulu que rassembler tous les noms qu'on donnait à la poésie religieuse , sans se mettre en peine de les distinguer nettetoent Ids uns 'des autres.

Chahtant et psalmodiant dans votre cœur au Seigneur. Ces mots signifient, d'après les ancienis comtrientatieurs, que celui qui chante doit le faire du (Joèiur et non des lèvres seulement; nïâfe Harless'fait observer

avec raison que TApôtre aurait dû dire alors : chantant du cœur^ plutôt que chantant dans votre cœur; mais le chant intérieur dont il s'agit ici n'est pourtant-pas indépendant du premier; cela nous paraît évident d'après Col. III, 16. Tandis que les chrétiens chantent les louanges de Dieu, soit dans leurs réunions religieuses, soit ailleurs, il ïaut que chacun chante aussi intérieurement, c'est-à-dire qu'il se réjouisse en lui-même dans le Seigneur et le bénisse du fond de son âme.

Rendant grâces en tout temps pour toutes choses. Selon saint Chrysostome , « dans la peine comme dans la joie, et pour la première comme pour la seconde; » selon Harless, « pour tous les sujets de joie, même pour les plus petits; car ils viennent de Dieu comme les grands. » Ce n'est pas que ce dernier commentateur prétende exclure Tapplicatiou de la maxime de l'Apôtre aux amertumes de la vie y seulement, il ne lui semble pas qu'elle puisse être sur le premier plan, dans un endroit où l'Apôtre traite delà joie chrétienne et de ses manifestations, par opposition à la joie du monde. Malgré cette remarque, l'application indiquée par saint Chrysostome nous paraît se présenter plus naturellement à l'esprit que l'autre, et elle a pour elle 1 Thess. V, 17. Au surplus, la pensée de l'Apôtre est conçue en termes si généraux qu'on ne peut douter qu'il n'ait voulu tout embrasser.

Au nom de notre Seigneur Jésus-Christ. Dans cette

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formule, le nom de Jésus-Christ signifie, selon Oishausen (sur Jean XIY, 13), « l'essence même delà divinité dans tout l'ensemble (complea^tu) de ses propriétés; » et selon Harless, « le Seigneur lui-même, sa personnalité, non telle qu'elle est en soi et pour soi, mais telle qu'elle s'est révélée et qu'elle peut être connue et possédée. » Pavoue que ni l'une ni l'autre de ces explications, qui, du reste, sont à peu près identiques, ne me paraissent suffisamment claires et démontrées. Autre chose est, ce me semble, le nom du Seigneur, autre chose sa personne. Faire une chose au nom du Seigneur, c'est la faire de telle sorte que Christ apparaisse plus en nous que nous-mêmes, et qu'on ne puisse en comprendre l'esprit qu'en substituant son nom au nôtre. Par exemple, si je prie au nom de Jésus-Christ, je prie dans un tel esprit (car il s'agit de l'esprit de la prière et non pas d'un nom qui est placé à la fin), que ma prière puisse être considérée de Dieu comme lui étant offerte, moins par moi qui la prononce que par Jésus -Christ, et qu'il ne puisse refuser de l'exaucer sans repousser en quelque sorte son propre Fils. C'est ce qui arrivera si, me reconnaissant indigne qu'il m'écoute, je n'implore sa faveur que comme due aux mérites, au sacrifice, à l'intercession de son Fils. Alors, je me cache en Christ, je m'enveloppe de Christ; c'est lui qui parait et non pas moi ; ce n'est pourtant pas sa personne, c'est seulement son nom, parce que c'est moi qui suis dessous;

c'est, si j'ose ainsi dire, ma personne cachée sous son nom. J'expliquerais de même être outragé au nom de Jésus-Chrisl (1 Pierre IV, 14; c'est lui qu'on outrage dans ma personne) ; être sauvé au nom de Jésus-Christ (Actes IV, 12 ; c'est à lui que la vie éternelle est donnée dans ma personne) ; commander au nom de Jésus- Christ (2 Thess. III, 6 ; c'est lui qui commande par mon organe); et aussi rendre grâces au nom de Jésus-Christ^ c'est-à-dire pour une félicité dont je ne jouis qu'en lui et dont il jouit en quelque sorte en ma personne. A celui qui est Dieu et Père. Littéralement : au Dieu et Père, que nous ne savons pas comment rendre autrement dans notre langue. Cela peut signifier à notre Dieu et Père ou au Dieu et Père de noire Seigneur Jésus-Christ^ ou l'un et l'autre à la fois ; et ce sens compréhensif nous paraît le véritable. Il répond à l'action de grâces offerte par nous, mais au nom de Jésus-Christ^ ainsi que nous venons de l'expliquer. C'est le Dieu et Père de Jésus-Christ, devenu, dans ce rapport, notre Dieu et noire Père (Jean XX, 17). Le nom donné ici à Dieu achève de nous convaincre que la traduction que nous avons suivie avec Olshausen, dans I, 3, « le Dieu et Père de notre Seigneur a Jésus-Christ, > est préférable à celle de Harless : « Dieu, qui est le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, puisqu'il faudrait, par analogie, traduire ici : « à « Dieu qui est le Père, » ce qui ne nous paraît pas avoir de sens.

L'habitude constante de Faction de grâces est le dûrnier trait et le plus haut point de cette élévation que le Saint-Esprit communique à Tâme chrétienne. Aussi n'est-il rien dans la vie chrétienne, ni de plus difficile à pratiquer pour le chrétien, ni de plus impossible à comprendre pour l'homme du monde.

Ghap. V, 21 -VI. 9.

1® Devoirs réciproques des époux. V, 21-33.

21. Vous soumettant les uns aux autres dans la crainte de Christ. 22. Femmes ^ soyez soumises à vos propres tnarts, comme au Seigneur, 23. parce que le mari est la tête de la femme, comme aussi Christ est la tête de l'Eglise, et il est lui-même le Sauveur du corps. 24. Mais, ainsi que l'Église est soumise à Christ^ que les femmes aussi le soient de même à leurs propres maris en toute chose. 25. Maris, aimez vos femmes, comme aussi Christ a aimé l'Eglise, et s'est livré lui-même pour elle, 26. afin qu'il la sanctifiât, Vayant purifiée par le lavage d'eau dans la parole, 27. afin qu'il se présentât l'Église à lui-même, glorieuse, n'ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable, mais afin quelle fût sainte et sans défaut. 28. Ainsi les nuiris doivent aimer leurs femmes comme leurs propres corps ; celui qui aime sa femme s'aime soimême. 29. Car personne n'eut jamais en haine sa propre chair y mais il la nourrit et la soigne tendrement, comme

aussi Christ V Eglise^ 30. parce que nous sommes membres de son corpSy de sa chair et de ses os. 31. C'eit pourquoi Ihomme quittera son père et sa mère, et s'unira à sa femme; et les deux deviendront une seule chair, 32. Ce mystère est grand ; or Reparle, quant à moi, par rapport à Christ et à l'Église. 33. ilu reste, quant à vous tous aussiy que chacun aime sa femme comme soimême, et que la femme craigne son mari.

Vous soumettant les uns aux autres dans la crainte de Christ. On est étonné de voir un sujet nouveau introduit par un participe : vous soumettant; on eût attendu plutôt à cette place l'impératif : Soumettez - vous. Cette difficulté a paru si grande à plusieurs comnrientateurs ou éditeurs du Nouveau Testament (Harless^ Hahn, etc.), qu'ils ont cru devoir réunir le v. 21 au développement précédent, et ne faire commencer qu'avec le v. 22 l'exposition des devoirs de la vie domestique. On explique alors sans peine le participe vous soumettant^ en le faisant dépendre de l'exhortation du V. 18 : Soyez remplis de l'Esprit, ainsi que ces autres participes : vous entretenant^ chantant, rendant grâces.

Mais on se crée d'autres embarras, plus grands que ceux qu'on évite. Car, outre que la fin du v. 20 a tout l'air d'une conclusion, la soumission réciproque prescrite dans le verset suivant n'a pas de rapport avec la pensée des v. 18-20, tandis qu'elle en a un tout naturel avec la pensée des v. 22 et suivants»

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