CH. VI, 10-20. LA FORCE DANS LE SEIGNEUR
nous avons à faire ne manquera pas de se prévaloir. C'est pour cela que TApôtre nomme, une à une, chacune de ces armes, tant défensive qu'offensive (2 Cor. VI, 7), et c'est ce qui distingue notre passage de 1 Thess- V, 8, et de Es. LIX, 16, 17, où l'on ne trouye qu'une énumération incomplète.
Cette armure est appelée une armure de Dieu, selon les uns, parce que c'est l'armure que porte le Seigneur lui-même en livrant pour nous le combat qui nous procure le salut (Es. XI, 5*; j>ÏX, 16, 17; rapprochez Matth. IV, 1-11, et XII, 29)*; et, selon les autres, parce que c'est l'armure que Dieu fournit au fidèle; la seconde explication est préférée par Olshausen et par Harless. Il now semble que ces deux explications sont vraies l'une et l'autre, qu'elles sont moins distinctes en réalité qu'en apparence, et qu'elles tiennent ensemble par une idée commune, qui est précisément celle que l'Apôtre a voulu exprimer. Quand nous combattQns dans la force de Dieu, c'est moins nous qui combattons que Dieu qui combat en nous. Rapprochez 2 Chr. XX, 15 : < Cette bataille n'est pas à vous, mais à
< Dieu » (traduction littérale), et 2 Cor. X, 4 : « Les
< armes de notre guerre ne sont pas charnelles, mais a puissantes à Dieu » (traduction littérale), et non par
1 Au lien de la fidélité, traduisez la vérité.
* n est vraisemblable que l'Apôtre aurait dit Varmure du Seigneur, plutôt que r armure de Dt^u^s^l avait eu exclusivement la pensée qu'on lui attribue ici.
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Dieu (Lausanne, 1839), ni par la vertu de Dieu (Martin). Le vrai combat est entre le Seigneur et le Diable. Dès lors^ comme la force de Dieu (v. 10) n'est pas seulement la force que Dieu fournit au fidèle, mais la force que Dieu possède et qu'il déploie dans le fidèle, les armes de Dieu ne sont pas seulement les armes que Dieu fournit^ mais les armes par lesquelles Dieu combat dans le fidèle. C'est une troisième explication qui réunit les deux autres et que nous croyons plus complèy et plus vraie que l'une ou l'autre prise isolément. Cette distinction peut sembler subtile^ mais elle nous parait avoir son importance, même pour l'interprétation des versets suivants. Parce que les armes dft Dieu sont pour nous les armes avec les^ quelles Dieu combat, < la vérité > (v. 14)» « la justice > («dé), etc., sont aussi pour nous la vérité de Dieu, la justice de Dieu^ etc., et non la sincérité du fidéh^ la sainteté du fidèle^ etc., comme l'entend Olshausôn. Nous reviendrons là-desius.
Afin qm vous puissiez tmif ferme contre les séductions (Voy. la note sur IV, 14)* dw Diable (Note sur IV, 27). Ce langage suppose deux pensées dont il esit également nécessaire d'être pénétré pour prendre l'arriiure (iomplète de Dieu : la première^ c'est que nous ne pouvons pas vaincre sans cette armure, tant nos en-
1 Le mot séduction est mis au singulier datis ÎV^ 14, et ici au plu- Hel^ parcd quMl désighe^ là^ UAe dùpôHtion générale^ et ici les Vn^yens employés î les sétludtiotis, c'est-à-dire les artifices. (Vdye* la note stir H, 1.)
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nemis sont puissants ; la seconde, c'est que nous pouvons vaincre avec die, tant elle est irrésistible. Cellelà doit nous prémunir contre une sécurité qui perd ; celle-ci, nous préserver d'un découragement qui énerve* L'une, indiquée d'abord ici par les artifices du Diable, est reprise et développée dans le v. 12; l'autre, indiquée ici par le mot tenir ferme (ce n'est qu'un mot dans l'original), est reprisé et développée dans le v. 13.
Car notre lutte n'est pas contre le sang et h chair, mais contre les principautés^ contre les puissances, coMre les dominateurs universels de ces ténéhres, contre les vertus spirituelles de la malice^ dans les lieux célestes. Cette expression le sang et la chair a une toute .fiutre acception dans le Nouveau Testament que dans notre idiome < £n français, le sang et la chair, ou, comme l'on s'exprime de préférence, la chair et le $ùng, ce sont les affections de la nature corrompues Oster^ vald, trompé par cet usage, a entendu ces mots de la sorte dans notre texte ; mais comme il a senti qu'on ne saurait nier que l'homme ait à combattre les affections de sa nature corrompue, il a pris la liberté d'ajouter au texte le mot seulement, qui défigure tout b fait la pensée de l'Apôtre. Le sang et la chair, dans le langage de l'Écriture, c'est la nature humaine par
1 Dictionnaire de VAûadémie, aux mots chair et sang* V Académie se trompe en prêtant ce sens à l'Écritnre sainte, et notamment à Matth.