‹ Explication de l'epitre de Saint Paul aux EphésiensChapitre 54 sur 64 · UL FORCE DANS LE SEIGNEUR. GH. VI · texte numérisé non relu

UL FORCE DANS LE SEIGNEUR. GH. VI

opposition à la condition des esprits purs ou des êtres revêtus d'un corps, mais d'un corps plus délié que le nôtre et que rÉcriture appelle c corps spirituel » (1 Cor. XV, 44). C'est ce dont on se convaincra en examinant Matth. XVI, 17 (c ce n'est pas un homme, € ou, ce n'est pas ton propre esprit qui t'a révélé cela, » Gai. 1, 16 < je n'ai pas consulté des hommes ; » voy. le commencement du v. 17 et le v. 1) 1 Cor. XV, 50, et surtout Hébr. H, 14, où le Seigneur est dit avoir € participé au sang et à la chair. 3

Voici donc la pensée de notre Apôtre : Ce n'est pas contre la nature humaine, contre des êtres semblables à nous que nous avons à lutter. S'il en était ainsi, homme contre hommes, luttant à armes égales, nous pourrions nous flatter de vaincre ; mais ce qui rend la victoire impossible, tant que nous luttons par nos propres forces, c'est que nous avons à faire à des ennemis à qui leur nature même assure des avantages que rien de notre côté n'est capable de balancer. Il est bien vrai que nous pouvons avoir à lutter contre des hommes, dans ce sens qu'ils peuvent être pour nous des instruments de tentation ; mais alors même, pour qui remonte, comme le fait ici l'Apôtre, à l'origine et à l'essence de la tentation, ces hommes ne sont que des instruments; c'est moins eux qui nous tentent, que le démon qui nous tente par eux; c'est contre lui proprement que nous devons diriger nos efforts, et quant aux hommes qu'il emploie, nous. ne

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devons pas cesser de voir en eux des créatures accessibles à la grâce et à la rédemption. — Par cette distinction établie entre la nature humaine et les vrais auteurs de la tentation, l'Apôtre établit ici avec une telle clarté Texistence et Tinfluence < du démon et de < ses anges, * qu'il ne reste que le choix entre croire cette doctrine ou rejeter l'inspiration de saint Paul, quelque théorie qu'on adopte d'ailleurs sur l'inspiration.

Contre les principautés^ contre les puissances^ etc. Au verset précédent, l'Apôtre a nommé le Diable seul, parce qu'il considère la puissance infernale comme se concentrant en lui, qui en est le chef et l'âme. Ici, il décompose cette puissance dans ses éléments, et nous fait voir un grand nombre d'esprits malins, composant son armée, ou son royaume. Pourquoi l'Apôtre les appelle-t-il « des principautés, des puisoc sauces, > etc. ? Est-ce à cause de l'autorité qu'ils exercent contre nous, ou de celle que certains d'entre eux exercent sur les autres? Olshausen adopte la seconde réponse, et voit ici les degrés divers de pouvoir qui existent parmi les démons. Mais la première nous parait préférable. Elle nous parait indiquée par ce qui suit, « dominateurs de ces ténèbres, > où il s'agit évidemment de l'empire que les esprits malins exercent sur notre monde. D'ailleurs, si saint Paul a voulu nommer à part ceux d'entre les démons qui sont plus considérables que les autres, il semble qu'il au-

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mt distingué nettement d'avec eux les démons d*un ordre inférieur. Si ce sont ici les chefs, où est Tarmée? Nous ne pensons pas qu'on puisse répondre qu'elle est désignée par les mots < esprits de maliee i » car rien n'indique une distance hiérarchique entre ce nom et ceux qui précèdent. Il nous paraît plus simple de voir ici des expressions diverses, toutes applicables au corps entier des esprits malins, et destinées à relever les avantages qu'ils possèdent dans la lutte que nous soutenons contre eux. Le premier avantage, indiqué par les mots principauiég et puissanceSy est celui d'une puissance supérieure à la nôtre.

Les dominateurs universels de ces ténibres; et non dis ténèbres de ce siècle^ comme lit le texte reçu, qui a contre lui les autorités critiques les plus considérables. Cette correttion n'afifecte pas essentiellement le sens. Car par < ces ténèbres, > il faut entendre les ténèbres actuelles, les ténèbres qui régnent dans « le % présent siècle mauvais » (Gai. 1, 4). Ainsi, le démon est appelé ailleurs « le prince de ce monde > (Jean XII, 31, XlV, 30, etc.), et même, « le Dieu de ce siècle > (2 Cor. IV, 4). Le mot que nous rendons par < doi minateurs universels > signifie, d'après son étymo* logie, dominateurs du inonde. Harless fait observer que l'idée de mênde a perdu de sa précision dans le mot composé ; nous sommes de cet avis, d'autant plus que « dominateurs du monde de ces ténèbres » n'a pas de sens; carde renverser l'ordre, et de traduire, en

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suivant la leçon que nous avons adoptée : « domina- « teurs des ténèbres de ce monde, d cela est grammaticalement impossible. Cependant, sans trop presser ridée de monde^ il faut reconnaître qu'elle prête au mot dominateur, en s'y joignant, une nuance particulière d'énergie, que nous trouvons heureusement exprimée par notre traduction, « dominateurs uni verce sels, i> empruntée à la version de Lausanne 1889. Cett^ nouvelle épithète donnée aux démons, ajoute à celles qui précèdent, indépendamment de son énergie plui5 grande, une pensée importante : c'est que les démons sont déjà maîtres de ce monde où nous vivons et où ils nous tentent. Cette terre où nous avons reçu le jour étant tombée sous leur domination même avant notre naissance, nous sommes vatncuê'-nés dans le combat qu'ils nous y livrent; et lie théâtre seul de la tentation en garantit d'avance le résultat.

Les vertus spirituelles de la malice. Nous essayons de rendre en ces termes une locution qui ne peut être reproduite exactement dans notre langue, et qui est étrange même dans celle de l'original. Littéralement : {es choses spirituelles (adjectif pluriel neutre) de la ma' lice. Il semble que l'Apôtre aurait dû dire : les esprits malins ; mais il met un adjectif à la place du substantif, et un substantif à la place de l'adjectif. L*une et l'autre de ces sigularités ont sans doute leur but. En disant les choses spirituelles^ au lieu de les esprits, il a voulu

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peut-être, selon un emploi que Ton fait quelquefois en grec du pluriel neutre, marquer le grand nombre de ces esprits, comme s'il eût dit U$ troupes spirituelleê ; c'est le sentiment de Harless et de Bloomfield. Quant à l'expression de la malice substituée à l'épithëte ffuilm, il n'est pas douteux qu'elle ne soit destinée à donner plus de force à la pensée ; le substantif est plus énergique en soi, et, si l'on peut ainsi parler, plus vivant que l'adjectif. — La traduction adoptée par nos versions reçues et par Lausanne 1839, les malicei ou les méchancetés spirituelles^ n'est pas permise par la grammaire. Peut-être pourrait-on entendre par les choses spirituelles de la malice ^ là partie spirituelle, les représentants spirituels de la malice. On considérerait alors la malice comme un royaume qui a des sujets tant sur la terre que dans les airâ, tant parmi les hommes que parmi les anges ; et les démons en seraient l'élément spirituel. Mais l'interprétation que nous avons indiquée en premier lieu est la plus naturelle. En insistant sur ce point, que les démons sont des esprits, l'Âpôtre veut nous faire observer un nouvel avantage qu'ils ont sur nous, par leur condition même. Êtres déliés, spirituels, et dès lors invisibles pour les yeux de la chair, ils peuvent nous attaquer sans que nous puissions apercevoir ni prévenir leurs coups, en même temps qu'ils se trouvent au-dessus de nos atteintes.

Dans les lieux célestes. Ceci ne peut se rapporter

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