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TApôtre, sont des armes de Dieu; c'est-à-dire, ainsi que nous l'avons dit plus haut, des armes que Dieu n'a pas seulement fournies au chrétien mais par lesquelles il combat lui-même dans la personne du chrétien. D'après cela, les forces spirituelles, représentées par ces images, ne doivent pas être de simples dispositions du chrétien, mais des forces divines dans le chrétien. La vérité^ par exemple, ne sera pas la sincérité de l'homme, mais la vérité de Dieu dans Y homme yla justice ne sera pas la sainteté de l'homme, mais la justice de Dieu dans l'homme ; la paix sera la paix de Dieii, ou la paix avec Dieu, etc. Dieu est ici sur le premier plan ; à lui est le combat et la victoire. Harless fait remarquer que la description du soldat armé de toutes pièces, qui occupe les v. 14-17, se compose de deux parties distinctes. La première, qui se compose des v. 14 et 15, dépeint l'armemeîit préparatoire du soldat; la seconde, qui se compose des V. 16 et 17, son armement proprement dit. La ceinture, la chaussure, la cuirasse même, sont moins des armes que les parties du vêtement ou de Puniforme guerrier; le bouclier, le casque et l'épée sont les véritables « armes du combat. » Cette remarque paraîtrait à la première vue appuyée par la coupe de la période de l'Apôtre : car le bouclier étant seul entre les cinq dernières pièces de l'armure, introduit sans la conjonction ce, il semblerait que la pensée est reprise au commencement du v. 16, après une légère
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suspeûsioîï* Mais le style de notre Apôtre n'a pas une précision assez symétrique pour que cette preuve soit décisive ; et d'ailleurs les mots en outre peuvent tenir lieu de la conjonction et ali commencemetit du v. 16. La distinction de Harless nous paraît un peu arbitraire ; nous ne voyons pas, par exemple, pourquoi la cuirasse ne serait pas « une arme du combat > à aussi bon droit que le casque. Dans tous les cas, il nous serait impossible de suivre Ilarless, lorsqu'il établit un pa* rallélisme rigoureux entre les trois parties de Tuniforme et les trois pièces de Târmure; la foi correspondant à la vérité, le salut à la justice, et la Parole de Dieu à l'Évangile de paix. Tout cela est ingénieux, mais forcé. Nous aimons bien mieux supposer que TApôtre, peu soucieux de ménager dans son tableau ces compartiments symétriques, a peint à grands coups de pinceau les six pièces soit de l'uniforme, soit de l'armure du soldat, et cela probablement dans l'ordre où il avait vu de ses yeux les soldats romains s'en revêtir.
Ayant ceint vos reins de virité. Selon Olshausen, la vérité est la tendance opposée au mensonge, qlii est Télément du Diable, la sincérité ou droiture d'esprit. Nous croyons devoir rejeter cette interprétation, par la raison alléguée plus haut (p. 437), Ou, comme s'exprime ici Harless, parce que « l'armure que porte le chrétien, est une armure de Dieu. > Cette remarque est confirmée par Es. XI, 5, que l'Apôtre a sans doute
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eu devant les yeux, et où « la vérité > est € la ceinture i> du Seigneur. Mais Tinterprétation de Harless lui-même nous paraît prêter à la même objection, si toutefois nous comprenons bien sa pensée, ce dont nous ne sommes pas certain : la vérité est selon lui, ici comme dans IV, 21, « la vérité morale du vouloir et du connaître, qui est rétablie chez le chrétien par la foi en Christ. » Pour nous, la vérité est cette connaissance vraie de Dieu, de nous-mêmes et de toutes choses (1 Cor. Il, 15) qui caractérise Tâme régénérée en Jésus-Christ (Col. III, lO). Cette connaissance vraie des choses est bien le fondement de la sincérité chrétienne (id. 9), mais elle diffère d^avec cette sincérité, comme le principe d'avec l'application, ou le général d^avec le particulier. Harless paraît opposé à cette interprétation par deux raisons : l'une, que la vérité révélée trouve sa place ailleurs dans le tableau de l*Apôtre, au v. 17 ; l'autre, que l'article manquant avant le mot vérité^ ce mot ne doit pas s'entendre d'un objet si déterminé. Nous répondrions, à la première de ces objections, que bien que la parole révélée soit le principe de la vraie connaissance, elle en iest pourtant distincte, et distinguée ailleurs par l'Apôtre (1 Cor. î, 5 : « en toute parole et en toute « connaissance d) ; et à la secondé, que nous prenons le mot vérité, non dans le sens déterminé d'une doctrine spéciale, ni même de la doctrine évangélique en général, mais dans le sens indéterminé d'une vue
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Saine des choses de Dieu, dans le même sens où TApôtre prend le mot connaissance dans Col. III, 10, où Tarticle manque également. La vérité, telle que nous venons de la définir, est très justement comparée à la ceinture du soldat. Car, de même que la ceinture relève et rassemble les parties flottantes du vêtement, par où elle assure la vigueur et la liberté des mouvements, la connaissance évangélique peut seule fixer l'esprit irrésolu, éclaircir les notions confuses, relever l'être moral, donner un but à la vie et tracer un chemin net et droit dans le vague et immense espace de la pensée humaine.
Et ayant revêtu la cuirasse de la justice. Ldi justice» selon Olshausen, est l'accomplissement de ce qu est juste, la sainteté, par opposition à la malice des ennemis (v. 12). Nous trouvons avec Harless que cette exjjplication ne répond pas à l'image développée par l'Apôtre. La justice, faisant partie de l'armure de Dieu, doit être la justice de Dieu, « la justice qui « est de Dieu par la foi » (Phil. lU, 9 ; Rom. III, 22). Aussi, dans l'endroit correspondant de 1 Thess, V, 8, l'Apôtre substitue-t-il à « la cuirasse de la justice, i « la cuirasse jde la foi et de la charité. » A cela 01shausen objecte que la foi est mentionnée ailleurs dans notre tableau, au v. 16 ; mais cette objection nous touche peu ; tout se tient dans les forces spirituelles du chrétien, sans doute ; mais autre est la foi, autre la justice qui est par la foi ; comme autre est