‹ Explication de l'epitre de Saint Paul aux EphésiensChapitre 59 sur 64 · GH.VI^ 10-20. LA FORGE DANS LE SEIGNEUR · texte numérisé non relu

GH.VI^ 10-20. LA FORGE DANS LE SEIGNEUR

l'arbre, autre est le fruit. Cette même foi, qui opère la justification du fidèle, opère encore chez lui la conviction que Dieu le délivrera aussi dans la tentation ; ces deux applications de la foi sont assez distinctes pour que la seconde soit réalisée en Jésus-Christ (Matth. IV, 1-H), en qui la première ne pouvait Têtre ; Tune est la cuirasse du soldat chrétien, l'autre son bouclier. Nous pourrions ajouter même, si nous ne craignions de trop presser les difi'érences de détail, que l'une et l'autre de ces deux images est très bien choisie pour cette application de la foi qu'elle est destinée à représenter. La cuirasse, immobile et collée au corps, répond exactement à la foi de justification (appropriation de la justice de Dieu) qui met Tâme une fois pour toutes en assurance devant Dieu ; et le bouclier, qui se meut et se présente successivement à ' tous les coups de l'adversaire, répond avec une égale exactitude à cette foi de confiance (appropriation de la force de Dieu) que nous avons à tenir toujours en mouvement, pour l'opposer aux attaques sans cesse renouvelées et infiniment variées de nos ennemis spirituels. Es. LIX, 17 achève de prouver la vérité de notre interprétation contre celle d'Olshausen ; la cuirasse dont le Seigneur s'est revêtu lui-même, lorsqu'il a combattu pour nous, est aussi celle dont il nous revêt lorsqu'il combat en nous ; en d'autres termes, c'est sa justice qui est notre justice, et qui protège seule notre poitrine contre les coups do l'ennemi.

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Et ayant chaussé vos pieds de la promptitude de l'Évangile de la paix. Le soldat chrétien doit avoir pour chaussure la promptitude de l'Évangile de la paix. Que faut-il entendre par là ? — Quelques-uns traduisent par fondement inébranlable le mot que nous rendons par plromptitude. Ils pensent pouvoir justifier cette traduction, qui s'écarte du sens reçu du mot grec, par quelques passages de l'Ancien Testament (Ps. X, 17 ; LXXXIX, 15 ; CXII, 7) où les Septante ont rendu par ce même mot grec un terme hébreu qui signifie fondation^ fondement inébranlable. Mais il resterait à savoir si les Septante ne se seraient pas trompés sur le sens de l'original dans ces endroits, et n^ont pas pris le terme hébreu dans le sens de prépardiion, ce qui serait fort possible. Ils auraient confondu un mot avec un autre qui descend du même verbe. D'ailleurs, quand il serait prouvé qne le mot employé dans notre texte puisse signifier fondation^ cette signification conviendrait peu ici, où il s'agit non des attributs de l'Évangile, mais des dispositions du fidèle ; à moins qu'on n'entende par le fondement ihébranlable de l'Évangile, la fermeté que l'Évangile produit, ce qui serait peu naturel. Il vaut mieux traduire, ainsi que nous l'avons fait, promptitude; traduction plus littérale qu'il ne semble ; car promptitude vient d'un mot latin qui signifie tout prét^ et correspond ainsi exactement au terme de saint Paul qui signifie en grec préparation. Mais entre les commentateurs qui

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