AU LA FORGE DANS LE SEIGNEUR. GH. VI
une image analogue, Ps, CXIX, 32 : t Je courrai dans € la voie de tes commandements, quand tu auras mis « mon cœur au large, »
Ayant pris en ouire^ ou enfin ; c'est ainsi que nous traduisons une expression grecque qui signifie littéralement sur toutes choses. D'autres traduisent^ avant toutes choses, surtout ; ou par^dessus toutes ces armes/ parce que le bouclier recouvre le reste de Tarmure. Mais ni Tune ni l'autre de ces interprétations ne convient à Luc III, 20, où se trouve la même expression. Harless a fort bien prouvé qu'elle a le sens que nous lui donnons*
Le bouclier de la foi par lequel vous pourrez éteindre Us traits enflammés du malin. Nous avons déjà expliqué (note sur le v. 14) qu'il esl question ici de cette foi par laquelle on se repose fermement sur Dieu et sur sa Parole pour être délivré de la tentation (2 Pierre II, 9 ; Rom. XVI, 20). Le rapprochement que l'Apôtre fait entre cette foi et le bouclier n'a pas besoin d'éclaircissement ; il est frappant de justesse. La fin du verset fait allusion vraisemblablement à la cruelle précaution que l'on prenait quelquefois d'envelopper * les flèches d'une matière inflammable à laquelle on mettait le feu avant de les lancer *. Pour échapper à ce danger, on recouvrait les boucliers de peaux humides, où les flèches enflammées s'éteignaient bien-
* Thucydide, H, 75.
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tôt. Selon Olshausen, c les traits enflammés du c malin » désignent plus spécialement c ces pen» sées horribles qui pénètrent subitement dans Tàme, et qui y allument les mauvaises convoitises, si le bouclier de la foi n'est là pour les éteindre aussitôt. ]► Peut-être est-il plus simple de voir, en général, sous cette image toutes les tentations qui offrent un caractère particulièrement dangereux.
Prenez aussi le casque du salut. Cette expression, ainsi que celle de entrasse de la justice^ est empruntée à Es. LIX, 17. Les mo\& justice et salut ont dans Êsaïe une signification moins déterminée, et, si Ton peut ainsi dire, moins évangélique que dans le passage de saint Paul ; mais les armes dont le Seigneur se revêt, pour combattre en faveur de son peuple (Es. LIX, 20), sont essentiellement les mêmes que celles dont il revêt son peuple quand il l'envoie lui-même au combat La justice, c'est la justice qui est en Dieu, et dont il fait part à son peuple, et le salut (littéralement la délivrance) c'est la puissance de Dieu pour sauver, par laquelle il sauve son peuple. Dans Ësaïe, le mot salui a la signification générale de délivrance, tandis qu'il a la signification plus spéciale de salut (délivrance du pécheur) dans le Nouveau Testament, soit ici, soit 1 Thess. V, 8. Ce dernier passage est parallèle du nôtre, avec cette seule nuance que là il est question de « Vespiraiice du salut, > et ici « du salut > même ou de la possession du salut. Mais, comme ï espérance^
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dan le langs^ge de saint Paul (Rom. Y, 5 ; YID, 24) est la ferme assurance d'une délivrance à venir, cette nuance entre l'espérance du salut et la possession du salut est à peine sensible. Gomme le casque protège la tête du soldat, la possession du salut assure le cœur du chrétien contre les doutes, les abattements et les tentations de toute nature (Éph. Il, 8 ; 1 Jean Y, là).
Et fépée de V Esprit^ qui est la Parole de IHeu. Dans l'original, comme dans la traduction, le relatif qui peut être rapporté également à Vépie (Harless) ou à t Esprit (Olshausen). Mais la question principale est de savoir si par fépée de VEsprit on doit entendre l'épée, qui représente le Saint-Esprit, ou bien l'épée que fournit le Saint-Esprit.
La première manière est sans contredit celle quj se présente le plus naturellement à l'esprit. Car répée iù ï Esprit correspond alors exactement au bouclier de la foi, au casque du salut, à 1^ cuirasse de la justice. Cette raison a paru décisive à Harless, Olshausen, etc. Le soldat, dit ici l'Apôtre selon eux, doit prendre pour épée le Saint-Esprit* L'épée, la seule arme offensive du soldat de saint Paul, est une image du Saint-Esprit, par lequel le chrétien peut non-seu* lement attendre de pied ferme le tentateur, mais en* core le repousser en arrière. Reste à expliquer les mots : qui est la Parole de Dieu, qui offi'ent alors une grande difficulté. D'après Olshausen, le qui se rapporte au Saint-Esprit ; et le sens est : Prenez pour
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épée le Saint-Esprit, et c'est la Parole de Dieu qui eçl cet Esprit ; d'après Harless le qui se rapporte à l'épée, et le sens est : Prenez pour épée le Saint-Esprit, et c'est la Parole de Dieu qui est cette épée, Selon le premier, la Parole de Dieu est Esprit, c parce que la Parole de Dieu, dans sa nature intime, est la révélation de ce qui est en Dieu, une émanation de Dieu qui est Esprit ; donc elle est Esprit, p Selon le second, « la Parole de Dieu est l'épée qui est Esprit, parce que cette Parole est Esprit et ^puissance, une Parole vivante et efiicace plus pénétrante qu'une épée à deux tranchants i> (Pébr. IV, i%).
Dans tout cela nous voyons bien des difficultés. D'abord, la comparaison du Saint-Esprit avec l'épée a quelque chose qui étonne. Ensuite, dire avec Oishausen, qui suit la construction la plus naturelle du pronom relatif, que « la Parole de Dieu est le Saint- Esprit, » c'est dire une chose singulière et peu intelligible, malgré les explications. Mais cela vaudrait mieux cependant, ce nous semble, que de dire, avec Harless, que « la Parole de Dieu est cette épée ; i car alors l'épée a deux sens ; elle est le Saint-Esprit, et elle est la Parole de Dieu.
Nous ne voyons qu'un moyen d'échapper à ce§ difficultés. C'est de donner au génitif de ïtlsprit un sens différent de celui des génitifs de la /bi, du salut^ etc., et d'entendre par Vépée de V Esprit, non pas l'épée qui représente l'Esprit, mais l'épée par laquelle le
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Sainl-Esprit combat, et qu'il nous met dans les mains ; à peu près comme les armes du soldat chrétien sont appelées l'armure de Dieu. C'est supposer, il est vrai, que l'Apôtre s'est écarté quelque peu de la construction qu'il a donnée au reste de cette période, v. 14-17; pour en maintenir la symétrie, il aurait dû dire : c Et l'épée de la Parole de Dieu. » Mais, s'il a voulu exprimer cette idée que cette Parole est l'épée de r£sprii, dans le sens que nous venons d'expliquer, comment le devait^l faire ? Devait-il dire : l'épée de la Parole, de l'Esprit ; ou, l'épée de la Parole, qui est l'épée de l'Esprit ; ou, l'épée spirituelle de la Parole, etc. ? Pour éviter toutes ces constructions embarrassées ou traînantes, on comprend, ce nous semble, qu'il ait dit ïépée du Saint-Esprit, et qu'une fois le génitif employé de la sorte, il ait substitué au génitif de la Parole de Dieu une périphrase : qui (laquelle) est la Parole de Dieu. Le sens n'offre alors aucune difficulté ; prenez l'épée par laquelle combat le Saint- Esprit, c'est-à-dire la Parole de Dieu. C'est l'épée avec laquelle Jésus lui-même a lutté contre le démon au désert (Matth. IV, 1-11), et à laquelle Tennemi n'a jamais pu résister.
Que si l'on croyait devoir absolument conserver au génitif de V Esprit le sens des génitifs de la foi, du sdui, etc., nous nous rangerions à l'avis d'Olshausen, en le modifiant ainsi qu'il suit : Prenez pour épée l'Esprit, lequel est la Parole de Dieu ; c'est-à-dire :