‹ Explication des articles d'Issy. Publiée pour la première fois avec une introd., des notes et des appendicesChapitre 11 sur 23 · I. Matt., VI, U · texte numérisé non relu

I. Matt., VI, U

a. « Je vous le dis, en vérité, si vous ne vous convertissez et ne devenez comme les petits enfants, vous n'entrerez point dans le royaume des cicux. Celui donc qui se fera humble comme ce petit enfant, est le plus grand dans le royaume des cieux. » Matt., XVIII, 3, 4.

3. Cf. Maximes des Saints, art. XXXI vrai: « ... Ce moment présent a une certaine étendue morale oii l'on doit renfermer toutes les choses qui ont un rapport nalurel et prochain à l'afTaire dont il est actuellement question...'», etc. (éd. critique, p. aôy-a'jo).

I C 6 EXPLICATION DES ARTICLES d'iSSY

elles ne trouvent nulle sagesse résidente en elles sur laquelle elles puissent s'appuier. Mais elles usent sans propriété et comme par emprunt de la sagesse de Dieu en chaque moment, comme j'use en marchant de la lumière du soleil qui n'est point la mienne. Ces âmes mesme sont quelquefois portées a certaines actions [p. io5] qui ne sont point contraires a la loy de Dieu, mais qui paroissent au monde foibles et puériles, ce sont des épreuves du pur amour pour arracher a l'ame tout reste de propre sagesse et de propre grandeur. C'est ainsy que St François d'Assise faisoit de certaines choses qui paroissent d'un esprit foible, après lesquelles il s'appelloit luy mesme le petit follet' de J.-C. destiné comme un instrument vil et méprisable a faire les plus grandes choses pour convertir le monde, beaucoup d autres saints ont esté de mesme. de telles personnes disent comme St Paul Nos stult'i propter Christum, Vos autem prudentes in Christo^. Il y a un amour ordinaire qui tient les âmes sages en J.-C. Mais il y a un autre amour pur dont les saillies rendent les âmes insensées pour luy. Mais cet amour qui oste la sagesse propre ne va qu'a s'humilier et qu'a mourir aux plus subtils attachemens de l'amour propre avec une docilité d'enfant pour ses supérieurs, en cet estât on est toujours prest a croire qu'on se trompe et a se laisser corriger, on croit faire des fautes, on en fait effectivement et on se trouve souvent surmonté par les moindres diffîcultez, car on ne trouve aucune force en

I. S. François d'Assise se plaisait à répéter à ses Frères: « Nous sommes les troubadours de Dieu » (Th. de Cclano, Vila secunda, p. m c. Lxviii, ap. P. Léopold de Chérancé, S. François d'Assise, p. l\02 n.).

a. I Cor., IV, 10.

AKÏIGLES SUR LES ESTAT8 D OUAISON IO7

soy et on ne se soutient en chaque moment que par un appui estranger. Il n'y a plus de sagesse fixe, ce n'est plus qu'un rayon passager qui n'est point en nous ou du moins qui n'est pas a nous, en cet estât l'homme n'est point sage d'une manière a se posséder, mais a se laisser [p. io6J posséder de Dieu, tout cela se réduit a dire que l'homme perd en apparence la sagesse comme les autres dons jusqu'à ce qu'il en use sans propriété,

Article XXVII.

On ne doit point attacher le don de prophétie et encore moins Testât apostolique a un certain estât de perfection et d'oraison, et les y attacher, c'est induire a illusion, témérité et erreur.

Le don de prophétie n'est attaché a aucun estât, Dieu le donne a qui il luy plaist, il n'eqt deu a aucun degré de perfection'. Ce seroit ignorer toutes les maximes de la voie passive qui se réduit toute entière a la coopération paisible du pur amour et a la purefoy que d'y attacher ces dons gratuits et lumineux, ce n'est pas que l'homme passif ne puisse estre prophète, ny que la prophétie soit une imperfection, mais c'est que si Dieu inspiroit la prophétie a un homme passif, il accommoderoit ce don gratuit avec le fond de grâce qui seroit dans cet homme, ainsy Dieu pourroit donner a cette ame le don de prophétie pour certains moments passagers [p. 107] de manière que cette personne ou

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