I. Cf. Maximes des Saints, art. VII vrai
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ne seroit pas certaine de ce qu'elle diroit ou n'enauroit qu'une certitude momentanée en sorte que tout s'effaceroit de son esprit, ce qui luy auroit esté mis au cœur disparoistroit dans le moment sans laisser de trace. Il y auroit esté comme n'y estant pas. l'amedemeureroit aussytost après dans la plus simple et dans la plus obscure foy. Pour' Testât apostolique il est encore moins atta^ cbé a l'oraison passive, 11 y a des âmes dans cette voie que Dieu ne destine jamais a servir le prochain, du moins elles ne luy sont utiles que par leur oraison et par leurs souffrances secrettes. Il est vray qu'il peut aussi y avoir dans cette voie d'autres âmes en très petit nombre que Dieu destine a la sanctification du prochain et qui par leur simplicité mesprisable aux yeux des sages, sont plus propres a estre les instruments de Dieu que les personnes ornées des premiers talents. Ces âmes ont quelque chose d'apostolique par l'expérience de grâce et par le discernement que Dieu leur donne pour les besoins d'autruy. leur zèle sans bornes, leurs entrailles de compassion', leurs souffrances, leurs prières, leur fécondité de grâces pour gagner les âmes a Dieu ont quelque chose d'extraordinaire sans violer neantmoins les règles de l'église, tels ont esté St François d'Assise et Ste Catherine de Gênes, mais cet estât qui a quelque chose d'apostolique n'est attaché a aucun degré d'oraison. D'ailleurs il n'a ny le ministère extérieur ny lauthorité ny la révélation donnée aux Apostres^. [P. io8] Ainsy quand on voudra parler dans la
I. Cf. S. Paul, Coloss. III, 12 : « revêtez-vous d'entrailles de compassion... »
a. Cf. Premières Explications, § IV: « Je n'ai jamais cru qu'il y eut dans un certain degré de la vie spirituelle un état prophétique et aposlo-
ARTICLES SUR LES ESTATS DORAISON I OQ
rigueur theologique il n'est point permis de le comparer a la grâce de l'apostolat.
Article XXVIII.
Les voyes extraordinaires avec les marques qu'en ont données les spirituels approuvez, selon eux mesmes sont très rares, et sont sujettes a l'examen des evesques, supérieurs ecclésiastiques et docteurs, qui doivent en juger, non tant selon les expériences, que selon les règles immuables de l'escriture et de la tradition ; enseigner et prattiquer le contraire, est secouer le joug de l'obéissance qu'on doit a l'église.
Toute direction quelque intérieure qu'elle puisse estre des âmes mesmes les plus avancées doit estre toujours soumise aux pasteurs de l'église, toutes les expe-
lique... Je crois seulement qu'il y a certaines âmes extraordinaires auxquelles Dieu accorde quelquefois sans suitte et sans règle des dons prophétiques... J'ai encore moins cru que les âmes dans un certain degré fixe d'oraison parviennent à l'autorité du ministère apostolique. Les plus cminentes n'ont jamais l'inspiration pleine et entière des apostres et des prophètes. On ne peut pas nier sans brusler les vies des saints qu'il n'y ait eu un grand nomhre de saints et de saintes qui ont eu des grâces extraordinaires pour le prochain, comme le discernement des esprits, la connoissance du secret des cœurs, le don de conseil et de consolation, la soufTrance intérieure pour mériter la conversion ou le progrès de certaines personnes... Tels ont été S. François d'Assise..., Ste Catherine de Gênes... Mais encore une fois, ces dons éminents ne donnent point ce que les théologiens appellent la mission extérieure et miraculeuse des apôtres, ni aucune fonction de charité vers le prochain qui ne soit subordonnée à l'autorité des pasteurs... »
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riences doivent se réduire a la règle suprême et immuable de la foy, car Dieu ne peut jamais estre contraire a luy mesme ny faire éprouver le contraire de ce qu'il a révélé, mais quoyque les opérations de la grâce se renferment toujours inviolablement dans cette règle essentielle de la foy, il [p. 109] est pourtant vrai comme un st prélat l'a escrit qu'on ne peut jamais donner des bornes certaines et précises aux opérations de l'esprit de Dieu dans les âmes. La raison en est facile a comprendre, c'est que Dieu sans contredire ses propres révélations et sans ébranler les bornes de la foy peut mener aussy loin qu'il luy plaistles âmes dans des routes toujours nouvelles et toujours inconnues, mais toujours conformes aux principes déjà révélez. Il souffle ou il veut' et comme il luy plaist. il ny a que l'esprit de Dieu qui puisse sonder les profondeurs de Dieu mesme quand il opère dans les âmes, la sureminente science de la charité est au dessus de toute autre science, mais parmy des^ expériences on ne doit regarder comme décisives que celles des saints dont l'église a approuvé les escrits : surtout quand ces escritsont esté combattus et justifiez avant leur canonisation ; alors lauthorité de ces Sts est celle de l'église mesme, s'il y avoit quelque expérience intérieure qui ne fust pas marquée dans leurs escrits, ce seroit a l'église a en juger comme elle a jugé de leurs escrits mesmes. mais pour leurs escrits qui sont pour ainsy dire canonisez" avec leurs personnes, on ne pourroit sans une insigne témérité les croire ny suspects ny excessifs sous prétexte qu'on y voit des choses qu'on ne croit point trouver dans les anciens