‹ Explication des articles d'Issy. Publiée pour la première fois avec une introd., des notes et des appendicesChapitre 16 sur 23 · I. Ne faut-il pas lire : qui enlève à l'homme sa liberté · texte numérisé non relu

I. Ne faut-il pas lire : qui enlève à l'homme sa liberté

RÉCAPITULATION l53

l'est pas de celle d'autruy, mais quoy qu'il doive respondre de luy mesme et eslre fidelle, sa fidélité ne doit pas l'intéresser pour luy plus que pour un autre. 2" la contemplation pure et directe que plusieurs spirituels nomment quiétude n'est ny un acte toujours subsistant par luy mesme sans répétition ny mesme un tissu d'actes que rien n'interrompe jamais pendant tout le couis de la vie. La pure quiétude n'est que passagère et elle est souvent interrompue par les devoirs extérieurs de la vie et par les épreuves intérieures ou cet amour contemplatif sort de la généralité et s'appliquant aux occasions produit les vertus distinctes, [p. 157] De plus la contemplation est interrompue par l'impuissance ou sont toutes les âmes les plus eminentes que Dieu a fait connoistre jusqu'icy de persévérer sans interruption dans ce regard simple et amoureux sans meslange d'aucun autre objet. 3" la quiétude contient éminemment tous les actes distincts des vertus chrestiennes. c'est la charité par excellence qui reunit dans sa simplicité toutes les vertus. Les actes n'en sont pas moins réels et moins parfaits pour estre simples et indistincts. Une ame que Dieu tiendroit par un privilège sans aucun exemple dans cette pure et actuelle contemplation pendant touts les moments de sa vie nauroit aucun rapport avec Testât des chrestiens les plus parfaits que nous connoissons. quoyque cette personne fust encore libre pour mériter et pour démériter elle seroit un miracle continuel qu'il n'est pas permis de supposer. Croire qu'il y a des personnes dans cet estât ou qu'il y aune voie réglée qui peut y conduire, c'est le comble de la témérité et de l'illusion, /i" Cette contemplation qui contient éminemment tous les actes des vertus dis-

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tinctes ne dispense d'en produire aucun, les intervalles que la contemplation laisse dans la vie et les devoirs tant intérieurs qu'extérieurs déterminent l'amour gênerai ou contemplatif a une application particulière qui fait les vertus distinctes. 5° Testât passif dit deux choses, l'action de Dieu et celle des hommes. De la part de Dieu ce n'est point une inspiration miraculeuse* ny un de ces dons gratuits et lumineux qui ravissent l'ame [p. 1 58 j d'une manière indelibérée. C'est seulement la grâce spéciale du pur amour qui prévient lame qui l'incline qui la dispose tantost pour les actes indistincts de la quiétude tantost pour les actes distincts des vertus. Cette grâce est sans doute toujours prévenante, comme il est de foy que la grâce prévient sans cesse tous les justes, c'est mesme une véritable inspiration, car l'esprit de Dieu ne cesse de nous inspirer tandis que nous sommes ses temples. Mais cette inspiration encor une fois n'est point miraculeuse, elle n'est différente de celle du commun des justes qu'en ce qu'elle est spéciale pour la prattique de l'amour désintéressé, et que son attrait augmente toujours a mesure que lame est plus fidèle plus souple et plus docile a l'onction de ce pur amour. De la part de l'ame ce n'est que la coopération ordinaire des justes a la grâce avec cette différence que la coopération du pur amour se fait sans inquiétude ny empressement. L'ame souple a l'impression divine et habituée a la coopération la plus simple, coopère en cet estât par des actes si tranquilles et si unis, qu'elle croit ne rien faire et laisser faire tout a Dieu, elle appelle sa coopération une pure non resis-

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