‹ Explication des articles d'Issy. Publiée pour la première fois avec une introd., des notes et des appendicesChapitre 17 sur 23 · I. Cf. Premières Explications, § V · texte numérisé non relu

I. Cf. Premières Explications, § V

RECAPITULATION

tance, mais cette non résistance qui n'est négative que pour exclurre l'inquiétude et l'empressement est très libre et très méritoire par les actes réels et positifs qu'elle contient quoyqu'on ne puisse pas les distinguer toujours avec la mesme facilité. Cette infusion ou prévention de grâce spéciale ne facilite point les actes simples [p. 169] de la contemplation et les actes distincts des vertus d'une manière qui oste la sensibilité de la nature, la révolte des sens, la répugnance, le degoust, la diffîculié et la violence nécessaire pour surmonter la tentation, quoyqu'en cet estât on s'unisse a Dieu par des actes non empressez que l'on appelle simple non résistance, et qu'on résiste a la tentation par des actes sans empressement et sans inquiétude qu'on nomme a cause de leur simplicité une pure adhérence a Dieu ou une pure non adhérence au mal, Il est pourtant vrai et réel qu'on souffre, qu'on use de toute sa volonté pour estre fidèle et qu'on résiste d'autant plus efficacement que l'on résiste par la plus parfaite coopération a la grâce, qui est celle ou l'on ne retranche que l'inquiétude et l'empressement de linterest proj)re. Si l'empressement intéressé quoyque moins parfait pouvoit encore servir a repousser la tentation, il faudroit s'en servir comme un homme qui a les jambes foibles se sert d'un baston jusqu'à ce que ses jambes soient fortifiées. Le principal est de ne perdre jamais de veiie que Testât passif n'est point un estât qui facilite tout ce qu'on doit faire. 6" l'oraison passive est en un sens perpétuelle en partie par les actes faits avec une entière attention en partie par ses actes moins attentifs et meslangez ou interrompus en partie par ses effets après qu'elle n'est plus actuelle. Car les actes distincts qui

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sont les effets de la contemplation sont d'ordinaire simples et paisibles comme elle*. On [p. i6o] nomme cet estât permanent non qu'il soit inamissible mais parce qu'il est habituel et constant si lame n'en déchoit point par son infidélité. Les dons de Dieu comme dit 1 écriture sont sans repentir^ ils ne ramènent point une ame du plus parfait au moins parfait a moins qu'elle ne déchoie par sa faute. L'habitude peut bien rendre les actes si simples et si faciles qu'on les fait sans s'en appercevoir et qu'on s'imagine y demeurer plutost que les produire ; mais l'habitude n'est point l'acte, et il n'y a que l'acte de libre et de meritoire\ celuy qui croit ne se donner aucun mouvement le croit parce qu'un mouvement simple et uni se fait bien moins sentir que l'agitation et les secousses d'un mouvement interrompu et irregulier. Mais enfin Testât passif n'est que la coopération simple et paisible del'ame a l'attrait prévenant du pur amour, ceux qui rejettent toute inquiétude et tout empressement dans les actes d'amour doivent convenir que cette coopération dont je parle est la plus parfaitte. Je ne connois point d'autre oraison passive ny d'autre estât passif; s'ils veulent quelque chose de plus pour l'oraison passive il me semble qu'ils vont trop loin.

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