‹ Explication des douze derniers livres prophétiques de l'Ancien Testament [microform]Chapitre 10 sur 49 · LES FAITS SYMBOLIQUES · texte numérisé non relu

LES FAITS SYMBOLIQUES

Le mariage d'Osee avec Gomer (ch. i) et ses relations avec une femme adultere (ch. m), d'unepart, ontfourniun ample texte aux declamations des incredules et a leurs moqueries, et, d'autre part, ont ete interpretes de Men des rnanieres differentes par les commentateurs croyans.

Ces deux faits sont symboliques ; ils represented a la fois les rapports de Jehovah au peuple qu'il s'etait choisi pour en faire une nation sainte et qu'il aimait de tout 1'amour d'un epoux pour son epouse, et 1'infidelite de ce peuple qui adore les faux dieux et se passionne d'un amour adultere pour tout ce que son Dieu reprouve. Or, pour exprimer d'une maniere exterieure et sensible ces relations, pour ainsi dire contre nature , entre un Dieu de sain tele et d 1 amour et un peuple tout souille par le peche , il faut necessairement sortir de 1'ordre nature! et regulier, et comme

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les liens du mariage sont , par leur intimile , les plus propres a reproduire aux yeux du monde , 1'union de Dieu et de son eglise, il s'en suit que I'acte symbolique devra, en une maniere quelconque , se trouver en conflit avec les lois morales qui regissent le mariage.

Mais a une premiere lecture , on dirait que Dieu n'or donne a son prophete rien moins que d'epouser une courtisanne, qui continuera, pendant son mariage me'me , sa vie licencieuse. Un pareil ordre violerait ouvertement et directement toutes les lois divines et humaines , et serait en opposition complete avec tous nos sentimens de convenance et de delicatesse morale.

On a repondu que Gomer, en devenant la femme d'Osee, etait par la me'me retiree du desordre. On aurait pu ajouter qu'une proslituee n'etait pas de trop pour representer le peuple d'Israel vivant dans 1'idolatrie et dans toute espece de debordemens, et qu'un tel mariage n'est rien de plus extraordinaire que ce miracle journalier par lequel 1'Esprit de Dieu, d'un Dieu dont le nom est trois fois saint, vient etablir sa demeure dans 1'ame pecheresse, qui se sent et qui est reellement digne d'une eternelle condamnation. Le Sauveur du monde n'a-t-il pas compte parmi les ancetres de sa mere une Thamar, une Rahab? et n'a-t-il pas permis a une Madelaine d'arroser ses pieds de ses larmes et de les essuyer de ses cheveux , de les baiser et de les oindre d'huile? Serait-ce done chose si monstrueuse qu'un de ces prophetes , par 1' ordre de Dieu et dans un but special , eut pris pour epouse une femme de mauvaise vie, qui pouvait ainsi e(re arrachee a la mort eternelle? Et qui pourrait calculer Timpression d'etonnement et d'efiroi qu'une telle alliance entre un homme Men connu par la purete de ses moeurs , par sa piete , par sa mission divine , et une femme meprisee , aurait pu produire sur le peuple criminel qui en etait temoin ?

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