‹ Explication des douze derniers livres prophétiques de l'Ancien Testament [microform]Chapitre 16 sur 49 · OSES · texte numérisé non relu

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n'evite aucun piege et se jelte dans les filets qu'oh lui tend, il va chercJier secours aupres de ses ennemis en Egypte (Hosee, iiRoisxvn, 4), enAssyrie (Menahem, iiRoisxv, 19). Mais quand il prendra son vol vers ces conlrees , je jeterai sur M le filet (v, 1 ; Ez. xn , 15 ; xvn , 20 , etc), etje le ferai tomber, comme roiseau que la fleche atteint au milieu des airs, quand il se croyait en surete. Je le chdtierai selon ce qui lid est enseigne par les livres de Moi'se et par les prophetes (') dans son assembles. vn, 8-11.

t Malheur a eux I car Us m'ont fui; ruine sur eux I car Us ont peche contre moi. Je les avals rachetes d'Egypte par Mo'ise dans les temps anciens (Deut. vn, 8, etc.; Mich, vi, 4), des Sjriens par Jeroboam II dans les temps recens ; et cependant Us prononcent contre moi des mensonges, ils veulent me cacher leur idolatrie (n Hois xvn, 9), ils ne sont point droits enyers moi (Ps. LXXXVII, 36), ils m'enyironnent de mensonges (XH , 1 . 2) , et suivent les mensonges de leurs peres (Amos u, 4). Quand ils hurlent d'angoisse sur leur lit , ce n'est point a moi qu'ils orient (Juges HI, 9, 15, etc. ; i Sam. xii, 10, etc.). Ilsne s'inquietent que de leur nourriture et se detoujrnent de moi. Je leur accorde des benedictions temporelies , je forlifie et dirige leurs bras (sous Jeroboam II) , et ils pensent du mal contre moi ! Quand une voie les a conduits Ters la ruine , ils rabandonnent et en eherchent une autre , mais jamais ils ne prennent celle qui seule mene a moi. Ils sont comme un arc sans force qui n'est d' aucun service (Ps. LXXVIII, 57), on dirait parfois qu'ils vont se tourner vers moi , mais leur piete est semblable a la rosee du matin (vi, 4). Aussi leurs grands periront-ils par I'epee, et les autres

( 4 ) Trace remarquable d'assemblees religieuses ou les Dix tribus etaient instruites des chatimens donfc Dieu menacait les pecheurs.

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seront converts de confusion dans la nouvelle maison de servitude ouils vont etre emmenes. viz, 15-16.

, Le moment fatal est la. t Prophete, la trompette a la bouchel Telqu'un aigle, I'ennemi (Salmanasar) seprecipite sur la maison de I'Eternel. . . Ilscrierontdmoi..., mais en vain, car Us se sont'fait sans moi et des rois et des idoles (n , 8 j xiii , 2) . C'est ton veau d'or, 6 Samarie, qui est la cause de ton exil et de ta ruine (x, 15); tu ne 1'as pas emprunte aux paiens (comme Baal, Astarte, Moloch); c'esttoi Isr ael , le peuple elu, qui I' as invente! aussi sera-t-il briseen pieces. vm, 1-6. < Ephra'im ne fait que semer du vent (xii , 2 ; Prov. xxu, 8), et a 1'epoque decisive de la moisson il recolte la tempete; le voila pauvre de Dieu , riche en maledictions , pauvre meme en ble, en biens de la terre (iv, 5) > ou si, dans sa longue carriere, il a recueilli quelque peu de richesses, elles seront la proie des etrangers. Israel est deja consume (vn, 8. 9), il est deja parmi les Gentils comme un vase meprise. Ik sont montes vers Assur malgre mes ordres, et tels qu'un ona gre qui ne supporte aucun frein ; Ephraim, a achete par ses presens 1'alliance des paiens (2 Rois xv, 19; xvn, 4). Eh bien ! je Tempecherai de courir ainsi de tous les cOtes et d'envoyer des presens a tous les peuples voisins , je les rappellerai de cette dispersion (n, 14), je les rassemblerai (dit le Seigneur avec ironie, iv, 16), et ihse reposeront un peu du tribut qu'ils paient au grand roi d'Assyrie > (2 Rois xvn, 5. 4). __ vm, 7-10.

t Et pourquoi ces chalimens? pourquoi tous ces crimes et un tel elat de corruption? C'est qnEplirdim a rejete la religion revelee pour s'en faire une de sa facon , qu'il a refuse d' adorer le vrai Dieu a Jerusalem , et qu'il a voulu 1'adorer sous I'lmage d'un veau d'or; il a multiplie ses auteh pour suivre son cceur mauvais , et ses autels I'ont fait pecker davantage encore (iv, 15). Je lui prescrivais mes lois en grand nombre, et il les a regardees comme une chose quine le comer-

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nait point. Malgre sa revoke ouverle centre moi, il vit dans une profonde securite : il s'appuie d'abord sur les sacrifices qu'il m'offre , mais ce ne sont que des occasions de faire bonne chair (Jean vi, 26) et non des expiations du peche, et aussi retournera-t-il en servitude (Deut. xxvm, 68). II s'appuie ensuile sur ses palais , et Juda , partageant la m^me folie , e'leve des vilks fortes (Es. xxn , 8-10 ; 2 Chron. xxvi, 15-17); mais a quoi seryent les forteresses quand ceux qui les defendent ont oublie Dieu? J'enverrai, selon la prophetic d 1 Amos , i, 11, un feu qui consumera les villes de Judaquandil aiiradevorelespalaisd'Ephra'im. vra, 11-14. Ne te livre done point , comme tu le fais , auoc joies des pa'iens; car tu es bien plus crirninel qu'eux, 6 peuple elu, et il n'est plus de joie pour toi qui as abandonne ton Dieu et qui , au lieu de lui rendre graces des biens qu'il t'ac corde, ofires d'impurs sacrifices aupres de tes dires (i, 2; n, S. 8). Mais yoici le temps vient ou ils nese nourriront plus de leur froment et ne savoureront plus leurs vins excellens (Amos v, 11; Soph, i, 15). Ils vont quitter leur patrie (v, 14; n, 14, etc.), la terre de VEterml, et oiler en exil en Egypte (VH, 46; vm, 15), enAssyrie, oil ils mangeront des viandes souille'es (Ez. rv, 15; Amosvn, 17). La, plus de sacrifices (m, 4), ils voudraient en oiTrir qu'ilsne le pourront pas ; leurs repas, n'etant plus sanctifies , seront comme des repasde deuil (Deut. xxvi, 14; 2 Sam. m, 55); leur pain ne leur servira que de nourriture et n'entrera plus dans le temple de I'Eternel. Plus de fetes solennelles ! et que ferezvous aux jours ouvous devriez les celebrer (in, 4)? Vous serez ensevelis dans la maison de servitude , et vos anciennes demeures seront envahies par lese'pines. > ix, 1-6.

< Les jours de la visitation sont venus (v, 9 ; VH, 15; vm, 13). Alors Israel verra que si les prophetes etaient, comme il le pretendait, des insenses, ils 1'etaient de douleur, d cause de re'normile de sa faute et de tons ses crimes odieux. Epnra'im

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croyait veiller comme la sentinelk, se tenir en garde centre ses ennemis et avoir a ses c6tes pour prolecteur mon Dieuj lui qui prenait les ames des simples dans les rets du mensonge (v, 1 ; vi, 9) . il accusait le prophete de 1'Eternel d'etre un filet d'oiseleur tendu sur tons ses chemins; lui dont la vie n'est qu'une longue chaine de crimes odieux, pretendait que le prophete etait comme un oty'et souille et odieux dans la maison de 1'Eternel. Leur corruption ne le cede point a celle de Guiblia (Jug. xix, xx), kur punilion sera aussi terrible. ix, 7-9.

B) Les chap, ix, 10-17, x et xi, serattachent Lien plus intimement a ceux qui precedent immediatement qu'aux trois derniers. Osee reproduit ses chefs d'accusation centre Ephraim, mais les menaces debordent de toutes parts, et le tableau du chatiment deroule a demi en vm et en ix, 1-9, se deploie maintenant dans son enlier. Cependant , une fois parvenu a ce degre extreme de souffrance, Osee commence a se retourner vers 1'esperance.

Le prophete fait usage de 1'histoire du peuple hebreu dans deux buts differens : pour rappeler a ses concitoyens 1'amour tout extraordinaire que le Seigneur a temoigne aux Israelites et les bienfaits de tout genre qu'ils ont recus de lui, et pour relever par le confraste 1'ingratitude dont ils se sont rendus des 1'origine et dont ils se rendent chaque jour encore coupables envers lui. Les menaces predominent dans la premiere partie, ix, 10-17; x, 1-10; puisellesse me'lent a des encouragemens, a des exhortations a la repentance, x, 11-15, et enfin, apres avoir ete reproduites avec une energie toute nouvelle , elles disparaissent entierernent devant la misericorde et la promesse qui eclatent en quelques paroles d'une force extraordinaire , xi.

Les reproches sont d'abord presentes dans deux strophes a peu pres d'egale longueur, dont les images prin-

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cipales sont empruntees a la comparaison antique de Joseph (Gen. XLIX, 22, etc. ; Deut. xxxm, 13 et suivans), a un arbre vigoureux et fertile, et d'Israel a une vigne (Ps. LXXX, 8 et suivans). La premiere strophe, ix, 10- 17, annonce aux Ephra'imites leur ruine en tant que nation, et leur reduction par les guerres et 1'esclavagea un petit nombre d'hommes errant parmi les nations. La seconde leur predit la ruine de leur etat et de leur religion. Ces deux strophes ont d'ailleurs la meme marche et le meme mouvement : ix, 10, correspond ax, 1, et ix, 15, a x, 9.

Les exhortations qui sont fort courtes, x, 11-12 sont comprises entre deux menaces. Gette petite section emprunte ses images au labourage.

Enfin la derniere section conlient d'abord une magnifique opposition de 1'amour de Dieu et de 1'ingratilude d'Israel xi, 1-4; puis 1'annonce reileree du chatiment, qui sera un exil en Egypte et en Assyrie, xi, 5-7 ; et enfin Texpression de toute la misericorde de Dieu ct la certitude d'un pardon apres le chatiment xi, 8-11.

Ainsi qu'un voyageur qui traverse un aride desert, serait rejoui d'y trouver des grappes de raisin, ainsi j'avais mis ma joie en Israel (Ex. n, 25; iv, 25; Deut. iv, 57; Amos HI, 2} qui, dans sa captivite d'Egypte et son sejour au desert, m'invoquait comme le seul vrai Dieu, et qui etait le seul arbre verdoyant et fecond dans 1'immense desert de Phumanite pa'ienne (Michee VH, 1). Les premiers fruits que ce jeune arbre avait produits au printemps etaient bons et sains : les Hebreux qui cainpaient autour de Sinaii avaient accepte mes lois et mes ordonnances, et je m'en etais rejoui. Mais ils portaient alors deja dans leurs coeurs tous les germes du mal qui s'est deploye en plein dans la suite des siecles et qui fait la ruine d'Ephraim; deja dans le desert la nation clue

s'est souillee avec les adorateurs de Bahal Pehor et les filles de Moab (Nomb. xxv)-, d'une souillure dont elle ne s'etait point encore nettoyee au temps m6me de Josue (Jos. xxn, 17). Or, Ephrai'm a commis de siecle en siecle riniquile de Pehor : il a adore des faux dieux, et s'est livre a toute espece de dereglemens; aussi ses enfans, qui sont so, gloire, vont perir dans les combats et 6tre emmenes captifs , ils s'envoleront loin d' elle avec la rapidite de Toiseau, et meme le temps vient ou la nation ne se muUipliera plus (iv, 10), et ou les families seront detruites jusques dans leurs derniers rejetons. Ou si les peres elevent encore des enfants , je les en priverai et mil d'entre ceux-ci n'atteindra I'dge mur. Malheur d eux , car ils se sont retires de moi (vn, 15), mais malheur surtout a eux lorsque moi je me retirerai d'euoc. Ephra'im, aussi loin que je regarde du cote de Tyr, estune plantation d'ar5res faite dans un sol excellent, et je n'aurais pu lui donner une plus belle palrie ni un plus grand accroissement. Helas ! tout cela n'empechera pas qu 1 Ephra : im ne doive conduire ses enfants d la rencontre de celui qui les egorgera. Aussi , 6 Elernel. donne leur... mais que te demanderai-je pour eux, et que leur donner as-tu?.... donne leur de ne point avoir d' enfants , de n'en point allaiter ; fais-leur la grace de les priver du bienfait qu'ils demanderaient dans d'autres temps avec le plus d'ardeur. Mais combien leurs chatimens sont merites, et combien grands sont leurs peches! Ils repetent a Guilgal Finiquite de Pehor (iv, 15; xii, 12) ; c'est d Guilgal que je les hais. Aussi les chasserai-je de ma maison, comme une epouse infidele ; je leur retirerai mon amour (n, 2). Deja 1'arbre A'Ephra'im est frappe d'une blessure mortelle, deja seche sa racine, deja ses branches sont steriles. Mon Dieu, qui n'est plus le leur, les rejettera, ils seront errants parmi les nations. xi, 10-17

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t Israel est une vigne vigoureuse qui produitdes fruits en abondance (Ps. LXXX, 9). Mais plus je 1'ai beni, plus il a abuse de mes bienfaits et tourne mes graces en dissolution. Je multipliais ses families, il multipliait ses autels, et plus j'embellissais leur patrie, plus Us embellissaient leurs statues (iv, 7; xi, 10). Us ont cru pouvoir partager leur cceur entre moi et les faux dieux, mais its vont subir le rude chatiment de leur revolte coutre moi. II (I'ennemi qui n'est pas nomme , Assur) va renverser leurs aulels , dechirer leurs statues. Alors Us diront : Nous navons point de roi, car nous n'avons point craint I'Eternel noire roi tout puissant, et que peut pour nous le roi que nous nous sommes donne centre 1'ordre de Dieu et que Dieu ne protege point (vm, 4) ? t Us diserit desparoles qui n'ont ni sens ni valeur, ilsjurent faussement, Us s'allient aux pa'iens. Aussi de la terre fertile ou je les ayais plantes , germera le cMtiment sur les sillons de leurs propres champs , conime une abondante moisson d'herbes ameres. Les habitants de Samarie tremblent pour leurs vaches (terme de mepris pour veaux d'or) de Bethel ; le peuple niene deuil sur son idole (ironiquement), et les pretres qui se croient des sacrificateurs de Jebova et qui sont de Trais pretres des idoles > s'effraient pour ce glorieux yeau d'or, parce qu'il ya etre transporte. . . , transports en Assyrie en present au roi ennemi (v, 15); alors Ephraim rougira de son absurde idolatrie. Au jour de la ruine qui approche , le roi de Samarie sera comme un leger morceau de hois qu n zm torrent emporte de son lieu, les hauls lieux de Bethel et de Guilgal, qui sont lepeched' Israel, seront delruits,l'epineetle chardon croitront sur leurs autels, et les habitants reconnaissant dans de tels inalheurs les cbaliments du Dieu de saintete dont ils ont eveille la colere, crieront, dans leur epouvante, aux montagnes : Couvrez-nous , ct aux coteaux : Tomhez sur nous (Es. n, 19; Jcr. vm, 5; Luc xxm, 50;

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Apoc. vi, 15). Israel, tes peches surpassent ceux de Guibha au temps des Juges (ix , 9 ; Juges xix) . Le lieu oii Us demeurent, tout leur pays (des Israelites) est un Guibha (vi, 7), tous sont corrompus comme 1'elaient les habitans de cette ville ; et la guerre que je vais faire aux impies, ne les atteindrait pas dans leur demeure souillee? Selon que je I'ai resolu,je leschatierai; et lespeuples se rassembleront contre eux (Mich, iv, H ; Zach xn, 5), lorsqueje les lierai a cause de lews deux iniquites (Am. 11, 6; peut-6tre leur idolatrie et leurs dereglemens) . x, 4-10.

Je lierai Ephra'im , 1'adorateur de la genisse de Bethel (x , 5) ; je lierai cette genisse (Am. iv, 1) qui ne veut pas de joug et qui rfaime que le travail facile de fouler le grain (Deut. xxv, 4). Je ferai plier son con superbe (Mich. H, 5) , elle devra tirer la char-rue , Juda labourera , Jacob liersera. Toulefois , il en est temps encore , TOUS pouvez encore echapper au joug de 1'ennemi : reyenez a Dieu, semez la justice et vous moissonnerez la grace ; rompez le champ inculte deyotreame, detruisez-en les mauyaises herbes , ouvrezle aux influences des cieux ; il est temps , plus que temps pour vous de cherclier enfin I'Eternelpour qu'il vienne et fasse pleuvoir sur vous la justice (Es. XLV, 8 ; Ps. LXXXV, 11-12} ; vous rejetiez le joug de Dieu qui est leger, et vous pensiez 6tre libres en ne faisant que votre yolonte ; mais la vie du pecheur est un rude travail , et vous labouriez peniblement. Et que labouriez-vous? L'miquitc, et vous avez moissonne I'injuslice , et vous avez mange les fruits du mensonge. Car tu t'es confie en tes propres voles, en la multitude de tes guerriers. Aussi un grand tumulte va s'elever parmi ton peupk , et tes forteresses vont etre renversces comme Arbel I'a ete par Salman, la mere y fut ecrasee avec V enfant I Voila les maux que vous attire votre culte du veau d'or. Et votre roi vous sera enleve a I'aube dujour fatal , il vous precedera dans la captivite. (2 Roisxvn, 4-6.) x, 11-15.

t Quand Israel etaitjeime , je I'aimai comme Dieu salt aimer, je le nommai mon fils et I'appelai de I'Egypte (Ex. iv, 22; Deut. iv, 57; Jer. ii, 2; Ez. xvi). Mais on les appelait et Us s'eloignaient de ceux queje lew envoy ais (de Mo'ise et des prophetes) , Us sacrifiaient dBahaletencensaient les statues. J'ai appris a marcher a Ephra'im et je le tenais par la main avec toute la sollicitude d'une mere pour son petit enfant (Deut. i, 51; xxxn, 11-12). Mais Us n'ont point pris garde que c'etait moi qui lew venais en aide dans toutes leurs detresses, et qui les guerissais de tous leurs maux (vi, 1; vn, 1). J'ai attire a moi, j'ai conduit ce peuple tel qu'une genisse que son mailre affectionne , avec des cordeaux de douceur et des liens d'amitie; je lui enlevais moi-meme pour ainsi dire la bride de la bouche et lui presentais de mes mains la nourriture. Mais Us n'ont pas voulu retourner a moi. Ne devront^ils done pas retourner en Egypte , et I'Assyrien ne sera-t-il pas leur roi? L'epee sevira dans leurs villes et brisera Isurs porte-s et devorera , a cause des resolutions impies et insensees aux quelles ils se sont arreles. Mon peuple tient ferme a sa rebel*lion contre moi; on leur crie de se retourner vers le Tres haut , mais nul d'entre eux ne I'exalte. Comment te traiterai-je , Ephra'im? Faudra-t-il done, 6 Israel, que je te livre a 1'ennemi? Comment pourrais-je, moi qui t'aitant aime, te trailer comme Adma, te detruire comme Tsebo'im (Deut. xxix, 25)? Mon cosur s'y refuse et s'agite en moi, toutes mes compassions s'enflammcnt en meme temps. Je n'executerai point I'ardeur de ma colere , je ne delruirai pas Ephra'im entierement; carje suis Dieu et non un homme , je suis le Saint (Es. xii , 6) au milieu de toi qui participes de ma saintete et qu'elle protege contre mes jugemens , je ne viendraipas avec colere. Je disperserai sans doute mon peuple sur toute la surface de la terre ; mais un jour (i, 10. 11; n, 14-25; HI, 5) j'eleverai parmi les nations ma voix puissante , je rugirai comme un lion , et a I'ou'ie de cet appel, Ics Israelites , saisis a la fois decrainle

ct de joie, accourront a moi depuis I'occident (Es. xxvii, 13 LX, 8; Zach. x, 10), Us accourront comme des oiseausc liors de I'Egypte , comme des colombes Jiors d'Assyrie , et je les ferai habiter en paix dans leurs demeures , a dit I'Eternel. xi.

C) Les chapitres xn, xin, xiv ont plus d'un trait de ressemblance avec la section precedente ; dans ces deux propheties, Osee fait un grand usage de 1'histoire d'lsrael , et dans les deux il commence par les reproches pour finir par les promesses. Mais ces sections n'ont point le meme sens , le meme but : la premiere veut , par 1'histoire , convaincre Israel d'ingratitude , tandis que dans la derniere Thistoire doit enseigner au peuple le chemin de la repentance ; celle-la presente la ruine imminente d'Ephrai'm comme une juste punition de sa yie tout entiere; celle-ci, au contraire , montre dans le chatiment 1'epreuve salutaire qui purifie et qui conduit a une toute nouvelle existence ; dans 1'une parie la justice du Dieu trois fois saint, qui ne fait entendre que vers la fin la voix desa misericorde ; dans 1'autre sans doute , la justice foudroie les rebelles de ses coups les plus terribles (xin, 7. 8. 15. 16, etc.) , puisque ils perse verent dans leur impenitence (xn, 1. 2), mais souvent aussi le Dieu tres saint supprime les menaces, et les eclats de son tonnerre ne font qu'interrompre quelques instans le discours que la misericorde divine adresse au peuple.

Cette prophetic est, comme la precedente , posterieure a 1'alliance d'Hosee avec I'Egypte (xn, 2), et elle a peut-etre precede de peu la prise de Samarie , sans qu'on puisse toutefois supposer qu'elle ait ete prononcee pendant le siege meme. La ruine est imminente , mais la securite est encore complete (xn, 2. 9 ; xm, 2).

Cette prophetic se divise en cinq paragraphes , qui sont a-peu-prcs d'egale longueur.

1 . Le chatiment est certain , toutefois la repentance a une puissance si mcrveilleuse qu'elle pourrait encore forcer

Dieu a pardonner. i Ce premier paragraphe (XH, 1-7) concerne Ephraim et Juda; les suivans ont plus specialement en vue Ephraim.

< 2. 5. Mais le peuple ne se repentira pas, il est trop endurci pour cela ; il sera done chalie , il fuira dans le desert , il retournera dans la maison de servitude; mais c'est dans ses malheurs qu'il retournera vers Dieu et que Dieu le deli- Yrera. Ces idees sont deyeloppees dans deux paragraphes xn, 8-15, et xln, 1-8, qui se correspondent (xn, 10, et xin, 4), et qui conticnnent des feproches speciaux (amour des biens de la terre xn, 8-9, et idolatrie, xni, 1-S), 1'annonce du chaliment (xn, 10; xin, 5), I'assurance de 1'amour que Dieu a pour son peuple, ct 1'indicalion, par des exemples hisloriques, des salutaires consequences du cha timent (xn, 10, 11, 13, 14; xin, 4-5). Gependant quelque soit la misericorde de Dieu, sa justice subsiste en piein ; sa vengeance sera terrible (xn, 15; xin, 7-8).

4. Le chatiment est justement merile; il est certain ; et les coupables, ne comprenant point les vues de Dieu, ne feront rien pour abreger leur temps d'epreuye. Mais lui, 1'Elernel, deliyrera... toutcfois apres que la sentence de condamnalion aura recuson entiere execution. xni, 9-

5. Alors ilpardonnera, guerira, aimera, benira en Dieu* xiv, 1-8.

f 1 . Ephraim m'a entoure de mensonge et la maison d'lsrael de Iromperie ; ils font semblant de se reunir autour de moi pour m'adorer, mais ce n'est point moi qu'ils scrvent ni recherchent. Et Juda continue a errer de droite et de gauche et a courir apres les faux dieux, lui au milieu de qui demeure le Dieu fort, le Dieu trois fois saint, immuable et fidele (xi, 9). Ephraim, qui voit les dangers qui 1'entourent, se nourrit de vaines esperances (vm, 7; Prov. xv, 14; Es. XLIV, 20), et ne cherche du secours qu'aupres des

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hommes et des pa'iens, il appelle a lui Assur , et bient6t le perfide envoie des presents precieux au roi d'Egypte; il ment et a Dieu et aux hommes. L'Elernel plaide depuis long-temps contre Ephrai'm (iv, 1) , et il va plaider aussi contre Judo,, qui s'est rendu aussi coupable que Ephraim (iv, 15). La nation enliere (Jacob) recevra le juste chatiment de ses peches. Et cependant Jacob avail ete prepare de Dieu a de grandes et extfaordinaires destinees. Des sa naissance , il avait supplante son frere alne : quoique le cadet de la famille humaine, il avait devance toutes les nations en connaissance de Dieu et en saintete. Et dans son age mur, il avait triomphe de Dieu meme. C'etait dans un moment de grand danger; Jacob venait a la rencontre de son frere a qui il avait enleve par un subterfuge la benediction paternelle, et qui avait declare hautement son intention de se venger en le faisant mourir ; mais pendant cette nuit en Peniel , Jacob contraignit Dieu par la sincerite de sa repentance, par ses pleurs et 1'ardeur de ses prieres a lui accorder son pardon, et a le sauver de la mort. Oh, pourquoi ses fils ne suivent-ils pas son exemple, et dans un danger semblable ne luttent-^-ils pas avec 1'Ange, et ne le forcent-ils pas a les benir. II est encore pour nous des maisons de Dieu (Bethel), le Dieu qui s'est revele a Jacob pres de Bethel, est pret encore a nous y parler. Car il est le Tout-Puissant (le Dieu des armees) , et 1'immuable (celui qui est). Toi done, convertis toi a ton Dieu , garde la mise'ricorde et la justice, et espere conlinuellement en ton Dieu. > xii, 1-7.

2. Mais c'est Ephrai'm surtout qui est coupable, c'est lui surtout que mes menaces concernent. II s'est rendu semblable aux peuples criminels qu'il devait delruire et remplacer ; il est un Cananeen, tout occupe d'amasser des tresors par le commerce (comme les Pheniciens) , et recourant, pour s'enrichir, a la fraude et a la fourberie (Am. vm, S;

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