‹ Explication des douze derniers livres prophétiques de l'Ancien Testament [microform]Chapitre 40 sur 49 · XI · texte numérisé non relu

XI

Tout-a-coup Zacharie change de sujet et de ton, et predit en termes, couverts la devastation de la Torre sainle (xi, 1-3) dont il expose le motif (4-17),

La mine, (xi, i-5.)

Celte ruine est celle qui a suivi de peu d'annees le refus qa'ont fait les Juifs de croire a Jesus-Christ.

Le prophete ne decrit done point ici des evenemens poslerieurs a ceux qu'il a predils au chapitre precedent, et il revient une seconde fois (ix, 11. 12) a 1'epoque a laquelle il appartient et dont il a devant les yeux les premiers commencemens.

Faibles, peu nombreux, entoures d'ennemis puissans, en apparence abandonnes de Dieu qui ne faisait plus de miracles en leur faveur, les Juifs du retour auraient succombe a lour decouragement sans les brillantes promesses que leur faisait le prophete (ix. x). Mais ces promesses auraient pu les plonger dans une fatale securile, conlre laquelle les premunissent les averljssemens et les menaces qui suivent.

Zacharie assiste en esprit a la ruine de son peuple, et tel qu'un heraut de Dieu, il ordonne au Lilian d'ouvrir ses portes. Le Liban est, ici comme x, 10, la partie de la Terre sainle qui est comprise entre le Jourdain et la Medilerranee et dont les montagnes et les plateaux peuvent etre envisages comme une dependance physique de la chaine du Liban. Cependanl le choix de cette expression indiquait que les ennemis auxquels la Judee devrait ouvrir ses portes, viendraient du Nord et enlreraient dans le pays par le Liban qui en est le rempart septentrional. Les anciens interpretes juifs avaient bien compris que cettc prophetic concernait tout specialeinent la Judee propre , car ils 1'entendaient memo

du temple construit avec les cedres du Liban, et ils en voyaient Taccomplissement litleral dans cette myslerieuse ouverture des portes du temple quarante ans avant sa ruine, dont nous parle aussi Josephe (B. Jud. 6, 5). Le feu consume les cedres du Liban, qui tombent tous, meme les plus grands, les magnifiques, I' elite d'entre eux (Jer. xxn, 7); (et les vieux cedres se distinguent en eflet d'une maniere frappante des jeunes par leur hauteur et leur beaute). Les cedres designent les rois, les princes, les puissans (Es. n, 15; xiv, 8) ; et Ton voit par la que la nation juive, lors de sa ruine, sera parvenue a ce haut degre de prosperite que le prophete vient de predire (ix, 11-17). La chute des cedres presage (Ez. xxi, 5) celle des ci/pres (et non des sapins) dont la taille est moins elevee , mais qui les suivent de pres et qui servent comme eux a la construction des palais et des navires (Es. xiv, 8; Ez. xxxi, 8). Les cypres designent les classes qui, dans la hierarchie sociale, viennent immediatement apres les princes et les grands. - Les beaux chcnes du Bascan (Es. n, 15; Ez. xxvn, 6) qui croissent au dela du Jourdain dans une contree que rien ne protege contre les invasions des elrangers, n'echapperont pas a la ruine, puisque la foret fortifiee (*) (le pays a 1'ouest du Jourdain) a ete abattue. Voice (Nah. in, 2) des hurlemens des bergers sur les hautes plaines du Bascan et de Galaad ! car ce qui faisait la gloire et la richesse de ses pasteurs est ravage. Voice des rugissemens des lions dans la profonde vallee du Jourdain I car la gloire dece fleuve (Jer. XLIX, 19; L, 45; xn, 5) r les bois epais ou

(*) D'apres Hengslenberg, Zacharie a ecrit de la vendange , de la destruction (Jug. vin , 2 ; Abd. 5 ; Jer. vi , 9 ; XLIX, 9, et la foret du fort , la foret forte , -v^n pouvant aussi elre pris dans le.sens de Tiya. II y aurait une espece de jeu de mols qui u'est point inou'i chez les propheles (Es. xiu, 22; Jer. xix, 2, etc.).

les beles sauvages trouvaient leur refuge, est devastee (Jer. xxv, 56. 58). Tout le pays est done ravage par un ennemi qui arrive da Nord, et toutes les classes de la societe sont enveloppees dans cette mine, qui atteindra la nation au sein de la prosperite. 1-5.

L'evenement qui a accompli cette breve et obscure prophetic ne peut elre (xi, 4-14) que la devastation de la Judee par Titus et par Adrien , a laquelle ont fait allusion deja v et x, 2. 5.

La cause de cetle ruine.

(xr, 4-17.)

Ge morceau tout entier repose sur la comparaison d'Israel a un troupeau dont 1'Eternel (ou ses serviteurs) est le pasteur. Elle a etc employee pour la premiere fois par Mo'ise (Nomb. XXVH, 17); on la retrouve dans les Psaumes de David (xxm) et dans Esai'e (XL, 11, etc.); elle occupe une large place dans Jeremie (xxm, etc.) et Ezechiel (xxxiv, etc.), et Zacharie en a deja fait usage ix, 16; x, 2. 5.

La prophetic prend ici le caraclere symbolique de la vision, et Ton ne peut supposer que Zacharie aitrepele d'une maniere exterieure et visible les fails qu'il avail vus dans 1'extase : il ne s'est pas mis a faire paitre un troupeau destine a la boucherie, il ne s'est pas fait donner un salaire de trente pieces d'argent qu'il aurail jetees dans le lemple, etc. Autrement il aurait du retrancher dans un mois trois pasteurs , et ses brebis auraient reconnu quelle etait la parole de 1'Eternel. Le texte rntkne prouve que tout ne s'est passe qu'cn vision.

Zacharie, dans cette prophelie symbolique, represente d'abord (4-14) tous les bons pasteurs qui, lors de la decadence des Juifs et poslerieurement aux Maccabees , ont tente de ramener le peuple sur le chemin etroit de la foi en la promesse, et qui ont abouti a celui qu'ils preflguraient , au vrai berger, a Jesus-Christ : le voyant se confond ici avec le Messie, 1'Ange de i'Eternel, 1'Eternel lui-meme (9 et 10, Palliance que j'avais traitee; 12 et 13, le prix auquel je suis taxe ; comp. n, 12. 15). Puis, dans la derniere partie de la vision (15-17), Zacharie represente tous les faux messies qui sont venus avant et surtout apres Jesus-Christ , et dont le plus eelebre est ce Bar Cochebas qui a livre ses concitoyens a Tepee d'Adrien.

Ainsi a dit 1'Eternel mon Dieu : Pais le troupeau de la boucherie, le peuple hebreu qui des le temps present (i, 2-6 ; vii ) contient les germes de sa ruine finale, et qui doit un jour etre massacre par 1'ennemi etranger, le peuple remain (v, 1-4). Et ici la prophetic ajoute un detail de plus au tableau de 1'etat social et politique de la nation juive au temps de sa ruine : les Juifs seront florissans, mais sujets des etrangers. Pais ce troupeau que ses vendeurs (les Remains) egorgent, et ils ne se rendent point pour cela coupables, parce que 1'Eternel ne veut plus avoir pitie de lui ( 5 ) et qu'il 1'a livre enlre leurs mains en punition de ses crimes (Jer. L, 6. 7 oppose a n, 3; comp. xxv, 9; xxn, 7); et ses acheteurs (les Herodes, par exemple) disent : iBeni-soit rEternel, jeme suis enricM. > Et leurs berger s indigenes euxmemes, leurs propres pr^tres et magistrats (les Pharisiens, les Sadduceens) ne les epargnent pas davantage ; car je n'epargnerai pas plus long-temps les habilans de cette terre, declare rEternel. Et void, je les livrerai chacun entre les mains de son prochain ( oppressions , divisions intestines , guerres civiles) et entre les mains de son roi etranger (Jean xix, lo) qui aura pris la place du roi perse qui dominait lors de

Zacharie sur les Juifs; et ces etrangers fouleront le pays et je ne le delivrerai point de leur main. Ces deux causes de ruine : les dissensions intestines et les guerres civiles, sont egalement indiquees vm, 10; Jer. xix, 9; Es. ix, 7. 18. 19; in, 4, et 1'histoire de Josephe prouve surabondamment que cette double prophetic s'est bien reellement accomplie. 5. 6.

Et je fais paltre le troupeau de la boucfierie a cause de vous, brebis les plus chetives du troupeau, vrais Israelites, qui sentez votre misere , qui appelez de vos voeux le bon berger et qui seules (Gen. xvm, 22-35) valez encore a votre peuple la misericorde que Dieu lui temoigne en m'envoyant a lui (11; Ez. xxxiv, 16). Et je prends, pour garder et defendre mon troupeau (Ps. xxm, 4) centre le double danger des invasions etrangeres et des dissensions intestines (6), deux batons (Ez. xxxvii, 19). Je nommai I'un Grace (Ps. xc, 17, etc.), la gr&ce du Seigneur qui a fait alliance avec son peuple et qui veut ecarter de lui tous les maux que pourraient lui faire les pa'iens (10). Et je nommai I'autre Liens, les liens de la fraternite qui ont exisle entre Juda et Ephraim (surtout la Galilee) pendant la duree du second temple (14). Et je fais ainsi paltre ce troupeau sous la garde de Dieu et dans la Concorde. 7.

Et je retranche les trois bergers en un mois. Ges trois bergers indiquent, comme le berger insense (15), non trois individus , mais trois classes diflerenles de bergers. Ces trois classes sont, d'apres iv, les chefs politiques (representes par Zorobabel iv, 6-10), les pretres de la loi (I'un des oliviersj et les prophetes (1'autre olivier). Cette interpretation, qui etait deja celle de Jer6me et de Theodoret, s'appuie sur de norabreux passages paralleles : Jer. 11, 8. 26; xvm, 18. -= Un mois, dans le langage prophetique, est trente annees; el ces trente annees sont en un nombre rond, soit celles de la vie de Jesus-Christ , soit celles qui ont suivi sa mort et

precede la prise de Jerusalem par Titus. Les princes , les sacrificateurs et les prophetes des Hebreux avaient pour principale ou unique mission de les preparer a recevoir Gelui qui reunirait en sa personne la royaute , la prophetic et le sacerdoce, et qui est precisement le bon berger au nom duquel parle ici Zacharie. Or les Juifs ont rejete Jesus- Christ, et la juste punition de leur crime a ete de n 'avoir plus ni chefs de leur nation, ni pretres, ni vrais prophetes. Jesus-Christ a prononce de son vivant sur les trois bergers ou classes de bergers la sentence de condamnation , qu'il a executee du haul des cieux par les Remains. Et mon ame s'est indignee (brevis facta est) contre eux, centre les bergers et le troupeau qui m'accablaient d 1 outrages, et aussi leur ame s'est revoltee avec haine et mepris contre moi qui meltais a nu leur secrete corruption. Et je dis : Puisque vous ne voulez pas me reconnaitre pour votre roi, volre sacrificateur et votre prophete, et que vous ne voulez pas que je vous guerisse et vous sauve , je ne vous ferai plus paltre : et les brebis qui dans les decrets divins sont deja cornme mortes, mourront par la famine el la maladie dans les villes assiegees, et celles qui sont deja cornme retranchees, seront retranchees par le fer de I'ennemi, et celles qui seront de reste, devoreront chacune la chair de son prochain dans des guerres civiles (xm, 8; Jer. xv, 1.2; xxxiv, 17; Ez. vi, 12). Or la nation juive a bien reellement peri par ces trois causes de ruine. 8. 9.

Le berger a annonce son intention arretee d'abandonner son troupeau, et il confirme sa declaration en brisant le baton : Grace. Ainsi est rompue I'aliiance qu'il avait conclue en favour de son peuple avec tous les peuples etrangers qui ne devaient pas 1'envahir et Topprimer (Os. 11, 20; Ez. xxxiv, 25; Job v, 23). Or, les Remains, que la main de Dieu ne contenait plus, se sont precipiles comme des

aigles sur le cadavre hebreiii peu apres le crucifiement de Jesus-Christ. 10.

Cependant, en ce jour que ralliance fut rompue, les brebis les plus chetives du troupeau, qui ecoutaient avec attention et docilite la voix da bon berger, comprirent que c'etait bien au nom de I'Eternel qu'il annoncait au peuple la rupture de Palliance. Elles s'atlacherent a lui, quilterent tout pour le suivre et echapperent ainsi a la ruine de leur nation. Et nous savons en effet que les disciples peu nombreux de Jesus-Christ crurent a ses paroles lorsqu'il declarait que le temple allait e"tre renverse, le royaume 6te aux Juifs, la vigne donnee a d'autres vignerons et les sujets rebelles mis a mort (Malth. xxi, 43, etc.). 11.

Le bon berger a fini sa mission aupres de son peuple : il a ete rejete de tous, si ce n'est des pauvres et des petits (Luc iv, 18; Matth. xi, 25-30, etc.). II va done abandonner ce peuple qu'il a si souvent voulu rassembler autour de lui , comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes ; niaisilsne I'ont pas voulu (Matth. xxm, 57). II se presenle line fois encore devant eux tous , comme 1'ouvrier fait devant son maitre a la fin de la journee ; el il leur demandc son salaire pour ses longues annees de service (Deut. xxxir, 6). II le fait pour meltre a une derniere epreuve leurs sentimens et pour que le fond de leur coeur apparaisse au grand jour. Calme et noble, il leur dit : S'il vous semble bon, donnez-moi mon salaire; sinon, laissez-le. Et ils le meconnaissent au point qu'ils ne soupconnent nullement sa pensee : ils croient qu'il vient bien reellement demander de Fargent, ils ne comprennenl pas que tous les tresors du monde ne sauraient payer ses services, et qu'il ne demandait d'eux qu'une seule chose, leur cceur. Mais, bien plus, ils ont pour lui un lei mepris qu'ils fixent son salaire a trente pieces d'argent, a la somme avec laquelle on achete un esclave (Ex. xxi,' 6). 12.

Alors I'Eternel dit au berger : Jette-le au potier, ce prix magnifique auquel je suis taxe de leur part. Ces mots au potier et non : a un potier quelconque , ont donne lieu a un grand nombre d'explications difierentes. Voici celle qui nous semble la plus probable. Un voyageur digne de toute creance nous a dit , a son retour de la Terre sainte, que le Champ du Sang ou Akeldama, sur le flanc meridional de la vallee de Ben Hinnom on de Gehinnom, est le seul endroit de Jerusalem et de ses environs ou se trouve de la terre a potier. II ne pouvait done y avoir dans cettc ville qu'un seul potier : Jette au potier. B Ce potier demeurait dans cette vallee de Hinnom (Jer. xviu, 1.3; xix, 2) et a c6le de Tophet ('). Le Gehinnom etait la sentine de toule la ville ou arrivaient toutes les immondices, d'apres le Talmud qui en fait la bouche de 1'enfer, et ce nom est le meme que celui de Gehenne qui, dans le Nouveau Testament, esl synonime de 1'enfer. Tophet etait le lieu oil les habilans de Jerusalem brulaient leurs enfans en 1'honneur de Moloc, et Josias 1'avait souille pour prevenir le retour de telles abominations (2 Rois xxm, 10). Le potier devait done, aux yeux du peuple, participer du plus au moins a la souillure du lieu qu'il habitait ; et jetcr au potier un objet quelconque exprimait d'une maniere tres energique le mepris qu'on en faisait. Mais pourquoi ne pas dire sirnplement : Jelte dans la Gehenne, a Tophet dans ces lieux maudits, puisque la souillure du potier ne provient que de celle de I'endroit ou il demeure? G'est que I'Eternel veut rappeler une des plus importantes propheties de Jeremie (xvm, xix) dans laquelle 1'unique potier de la ville et la vallee de Hinnom jouent un grand r6le : Jerusalem devait etre brisee comme un vase d'argile, ses habitans seront ensevelis dans Tophet,

( 4 ) Tophet juxla agrum Acheldama. Onom. Voyez Raumer, Palcestina, p. 302, sec. edit, (en allemand).

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et la cite deviendra lout entiere comme Topbet ; et ce dernier endroit, ainsi que Gehinnom, sera nomine a 1'avenir la vallee de tiierie. Jeter au potier le vil salaire du bon berger, c'etait done faire revivre en quelque sorte les crimes commis aulrefois dans cetle vallee et en combler la mesure. E je prends les trente pieces d'argent , poursuit le prophete, et je le jette, ce salaire, dans la maison de I'Eternel au potier. Le berger le rend avec mepris et indignation au peuple de ralliance theocralique. Mais celui-ci ne le garde pas, el la somme passe, on nesait comment, du temple au potier, des mains du peuple et de ses pretres au lieu souille qui seul lui convient. 15.

Telle esl celte extraordinaire prophetic qui exprime sous une forme toute speciale le mepris que les Juifs feront du Messie, et qui devait, comme celle de ix, 9, recevoir un litleral accomplissement. La nation juive, en la personne de scs preHres, a evalue Jesus-Christ a trenle pieces d'argent. Mais le traitre qui avait recu cetle somme ne la garde pas et la jette dans le temple, dirigc qu'il est a son inscu par le Dieu qui avait parle a Zacharie. Les pretres ne veulent pas verser dans le tresor du temple ce magnifique prix auquel ils ont taxe I'Eternel lui-meme : ils achetent avec ce prix du sang innocent (Malth. xxvn, 6. 4) un champ du sang (ibid. 8; Act. i, 19) dans celieu qui aulrefois deja avail etc rempli du sang des enfans innocens (Jer. xix, 4) ; le lerrain qu'ils acquierent apparlenait au potier ; et les elrangers y sont ensevelis en attendant le jour prochain ou les Romains precipiteront par milliers, dans cettc meme vallee, les cadavres des Juifs eux-me'mes (Jer. xix, 11-6).

L'alliance de grace a etc rompue la premiere (10), et Dieu a retire sa proteclion de son peuple. La source des benedictions a tari. Cependant le peuple ne peril pas immediatement, les eaux du fleuve prcnnent un certain temps a s'ecouler, et la prosperite temporelle survit a la mort spiri-

tuelle ainsi que le cadavre ne se corrompt pas a 1'instant ou 1'ame s'cn separe. Mais le berger n'a pas differe beaucoup de briser le baton Liens : la fraternite enlre Juda et entre Israel a pris fin,, et elle fait place aux guerres civiles, sympt6me de la decomposition d'un corps social, 14.

Le vrai Messie rejete, les faux messies arrivenl. Le troupeau qui a fui son berger tombe enlre les mains des merceuaires el des larrons, tels que I'etaient les Pbarisiens qui pretendaient elre les vrais pasteurs, el qui, apres s'6tre defails de Jesus-Christ, sont restes seuls mailres du peuple (Jean ix, x); lels que 1'etaienl egalement les faux prophetes et les chefs politiques qui ont perdu et foule aux pieds les Juifs jusques a Titus et a Adrien.

Et I'Eternel me dit dans la vision : Prends encore I' equipage d'un pasteur insense, d'un pasleur qui a etc assez insense pour crucifier le Fils de Dieu , et qui des lors est comme en demence (Jer. iv, 22). Car void, je vdis susciter tout un corps, toutc une troupe de bergers (8) qu'animera un meme esprit de folie. 77 ne visitera point les brebis qui vont perir, il ne cherchera point celies qui s'tyarent (et non : celles qui sont jeunes), il ne guerira point les blessees, il ne nourrira point celles qui sont faliguees et qui sont si faibles qu'elles restent a la meme place; et, lei qu'un boucher, il choisira les plus grasses et en mangera la chair, et il brisera leurs ongles pour devorer jusques aux plus petits morceaux de chair (Ez. xxxiv, 54; Jer. xxm, 1. 2). Mais, apres avoir ainsi fait souffrir et perir ses brebis, il sera a son tour atleint par la douleur etla mort. Malheur au pasteur indigne quiabandonne le troupeau ! le bras avec lequel il devait le defendre et I'ceil droit qui devait veiller sur lui , seront frappes par

I'epee des etrangers : son bras sechera tout-d-fait, et son ceil droit sera entierement obscurci. 15. 16. 17.

Remarquons qu'ici, ainsi que v, 5-11, Zacharie n'annonce point la mine totale du peuple elu , qui doit en effet subsisfer a travers les siecles jusques a son retablissement.

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