MICHÉE
qaé et battu , et < son jugé âtr« frappé avec !a Tei^e sur la joue » (v, 1 , ou plutôt rv, 14). — Cette prédiclion a re^u son entier accomplissement lorsque Gelni qui est , dans le temps et l'éternité, le juge d'Israël et de tons les hom* mes, s'est abaî»é Ini-méme, a bu la conpe de la douleur, et a précédé son peu{Je sur le chenÙD qui conduit par la croix à la gloire.
3. Gh. V, 1-3. Blichée passe des outrages qui attendent le roi d'Israël, à la patrie , l'isnrre et la puissance du saint roi, du Messie.
Le verset i désigne sa patrie, Bétbiéem Ephrata (Gen. XXXV, 19). D'autres prophètes, d'après lesquels le Hessia devait sortir de la famille de David , ont prédit que cette Ëimille serait déchue lorsque le grand rejeton en sortirait; Micbée, de son côté, relève la petitesse de la viQe où la Messie naîtra ; tous veulent montrer qne Dieu fera provenir sa grande «uvre de i^oses petites, méprisées et débiles. Quel contraste ! < le dominateur, dont les issues sont de toute éternité, sortira d'un lien qui est à peine assez grand pour être compté parmi les milliers de la tribu de Juda • ('). — MiUùr signifie (aaiàUe dans son sens le pins étendu. Voj. Juges vi, IS.
Verset â. < Comme le salut ne doit provenir que d'un rejeton futnr de la race de David, (c'est pourquoi] il livrera les Israélites aux nations enneoiies, jusqu'au temps où le Messie - sera oé ; alors le reste des frères da Messie retournera avec les cnfans d'Israël, i Qui sont ces frères du Messie qui ne sont pas les enfans d'Israél, et qui doivent se réunir à eux ? Ce sont les croyans d'entre les ptiens,
(*) Les traductions allemandes portent : • Toi qui es trop petite pour être au nombre des milliers de Juda. ■ Le texte hébreu autorise cependant aussi nos traduclions françaises par quoique. Mathieu , it , 6, a cité ce passage plutôt d'après le sens que littéralement.
10 HICBÉB.
reste saint qoi s'élait éloigné de la maison patemeBe, c( qui n'a retrooTé que sous ta donuDatîiHi du Hessie le die* min vers le grand sanctnaire de rhumanilé (cp. ir, 1 , 3, et Esaïe^ix, i8). Ce verset indique donc les doubles fonctions du M^sie qui , d'abord , doit délivrer les Israélites abandonnés h leurs ennemis jusqu'à sa venue , et qui doit ensuite ramener vers eux les autres frères, les brebis de l'antre bergeriCf pour ne former de tous qu'un même troupeau (Jeanx, IS, 16).
' Le verset 5 parle de la puissance du Hessie qui < apparaîtra et qui, en sa qualité de pasteur d'un seul troupeau, pâlira son peuple en la force de Dieu. Sa puissance se manifestera en ce qu'ils babiteronl en sûreté (et noa ils reviendrvnt), sans craindre nul ennemi ; son nom sera grand snr tonte la surface de la terre, et c'est lui qui sera la paix > (Ephéa.ii, H).
4. Ghap. T, 4-14. Du rojaume du Hessie. Et d'abord 4—8, de la force victorieuse avec laquelle il repoussera lônt ennemi qui tentera de l'attaquer. Les événemens futurs sont, d'après l'usage des prophètes, désignés sotis des images des temps prèsens : les ennemis des derniers temps sont nommés Assur, parce que les Assyriens étaient, à l'é— poque de Hicbée, le grand ennemi d'IsraeL < Quand l'ennemi viendra , le berger qui paît son peuple suscitera de son peuple sept bergers et boit princes d'hommes , > c'està-dire on nombre suffisant d« héros, qui rendront à l'ennemi les coups dont il voulait frapper l'église.
Les verseta 6 et 7 décrivent le rôle et la position que le peuple victorieux du Seigneur occupera parmi les gentils. H sera comme < une rosée du Seigneur, comme une pluie « menue sur le gazon. > Cette figure a plusieurs significa- Uonsqui se complètent : 1° La rosée et la pluie désignent une grande multitude ; voyez Psaume ex , 3 ; 2° elles expriment le raffratchissement et la vie qu'elles rendeal aux
MUiBÎE. 31
caaipagnes dewédiées. Le rojanme de Dieu sera xfm bènédictioD pour toates les Dations qui ne s'^éTeroot pas 0117 vertement contre loi. Les gentils acconrront à Sion pour s'instruire dans la loi de l'Etemel , et ainsi s'accomplira en entier la misàon qu'ont reçue Abraham et toute sa postérité, Gen.xii,2,5;zvui.l8;xxii, 16; 5' enfin, la neèsctta j^uie désignent l'origine cél^ta du peuple de Dieu qui yU panni les autres peuples de la terre , mais qui n'est pas conuue l'an d'eux; il est issu de Dieu, il est le peuple des «ifàns de Dieu. Cette dernière pensée est indiquée positivement par les mots qui smrent : < qu'on n'atteod point de > l'homme et qu'on n'e^ère point des enfant des hommes,» mais qu'on n'attend que de Di^i et qui vient immédiat»ment d'en haot. — Le peuple de Dieu est donc un pe<^le 4rés nombreux , qui est pour les gentils ce que la rosée eu cid est pour les campagnes qu'elle restaure et vivifie.
Hais cette image ne rend pas la force et la maiesié avec laqndle ce peuple habite an milieu des gentils : 1 il est coimnc un lion qui, eu passant, foule et déchire , et auquel nul ne peut résister. ■ La pensée du verset 7 est exprimée sans figure an verset 8.
Les versets 9-14 fout connaître la natnre morale dn royaume de Dieu , qni a pour caractère une saiate paix. Le peuple qui a désappris la guerre (ir, 5), n'a plus besoin < de cavalerie et de chariots , et il habite en sûreté dans des villes ouvertes; > car le Donùnatenr dn monde entier est sa paix et il l'a pris sons sa [uvteclion. La destruction des chariots et des villes u'indiqne donc pas ici no jngHuent de Dieu sur larael. • '
Hais si le peuple est appelé à vivre dans des reWious a.m4 intimes avec son Dieu , il doit Mre an peuple saiot : < les devins et tes idoles, > toute souillure s]ùritaeUe doivent di^arattre . Pour-que le Seàgneur habite au mîtien de son peuple, X
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but que l'ancien coramandement : Vous soret tant comme je sois saint, devienue nœ réalité.
Accord eDtre Hichée et les autrts prophètes quant à la doctrine du Messie et de son règne.
Tons les prophètes annoncent QDe époque future de per^ fecUon , où les décrets de Dieu auront leur entier accomplissement, et où l'humanilé airivera enfin par la longue route des sonfirances à son terme glorieux. Ils s'accordent à dire que toutes les nations auront part aux tnenfails de ces derniers temps; mais si elles s' élèTentcontreDieu et son royaume, elles périront infailliblement ; car l'époque du salut est en même temps celle du jugement. Puis ils prédisent tous ensemble que, dans ces siècles à venir, le peuple purifié et récondlié d'Israél formera le centre du royaume de Dieu , et le chandelier à la lumière duquel les nations hs01)iteront dans la paix. Enfin , suivant eux tons , quand le Seigneur sera glorifié , l'humanité jouira de la paix parfaite , et le lien étroit d'une sainte communion unira Dieu et son peuple. Ainsi s'accomplira dans toute son étendue le chant^rophétique des anges : < Gloire soit à Dieu dans les lieux très I hauts , paix sur la terre, et bonne volonté entre les hom- 1 mes» [Luc II, 14).
Hais chaque prophète n'a pas reçu la mission de faire connaître en détail le royaume à venir sous toutes ses faces; chacun, non plu», n'a pas vu aussi av«it et aussi clairement dans les choses futures. Examinons quelle tâche particulière avait été confiée à Michée.
i. Le royaume de Dieu ne peut recevoir que des citoyens qui soient nés de nouveau (Jean m, 3j. Cette nouvelle naissance est un temps de sonfi'rance, et il y a quelque diose d'extraordinaire dans le conseil de Dieu qui conduit
l'honune par la mort à la vie , et qui rattache le saint an point OH semble commencer la mine ; c'est là ce qne ï&chée annonce sous l'image des douleurs de l'enfantement , et par la promesse que la délivrance et le radiât da peuple auront Uea dans Babylone (iv, 10), près de cefleoTe où le découragement avait tait sospendre les harpes aux saules du rivage. Comp. vn, 8, 9. <
<■ 2. Le royaome à venir a un chef mystérieux qui est homme et pjus qu'an homme , qui est Dieu et homme , uo dominateur qui est à la fois celui qui l'a fondé et celui qui le gouvernera étern^ement. Ce roi céleste est de la race de David. Alidiée parle moins de lui qne ne le font d'autres prophètes ; mais il fait connaître le lieu de sa naissance , et c'est par lui qu'Israël savait que le Messie devait naître à Bethléem.
' 3. Le règne de ce fils de David est un régne de pais. C'est ce qne Hichée expose avec beaucoup de clarté et de chaleur, iv, 1-5 (copié par Esaïe] et v, 9-14.
i. Ce règne s'étendra sur tonte la terre, et comprendra des membres de tontes les nations païennes. Hichée voit bien les gentils accourir à Sion (iv, 1 et suiv.) ; mais il M rattache (v, 2) pas aussi clairement que d'autres prophètes leur conversion à la personne même du Messie , qui est nommé souvent ailleurs la lumière des gentils.
S. Cependant, tons les païens ne voudront pas entrer dans le royaume. PInàeurs nations réusteront et se révolteront, mais eDes périront ; car le salut est en même temps jugement. Micfaée revient à pluneurs reprises sur ce point. IV, 12; V, 7, 8, 14.
( Tontes ces prophéties contenues dans ce livre, nous demandera le lecteur, quand , comment et où s'accomplirontelles iami l'histmre, sur la terre? >
Nous l'ignfffOBS, et nous ne touIods poiol soolevw d'une main profàoe le Toile d(mt Dieu recouvre pour boo» l'avenir, et qui ne se nflie qu'à son sonfDe. Noos ne sonmie» pu de ceux qui Teulent cdetder exacteineal les ^aées auqnelles dravent aFrirer certaTos érénemens dans le rojanme de Dieu ; car nous ne mtobs pas le ebemia que prendra pendant le jour la nuée du matin , et nous connaissons biea moins encwe les voies du Diea vivant et les routes de son «KtfSe créatenr. Noos ne dirons pas bob plus avec d'ao- Ires : Yoid , il est dans te désert, et le voici dans les lieux retirés (Halth. xxiv, 26); car nous savons que sa venue sera semblable à l'édair qui traverse le àel du levant an couchant. A qn(M servirait de dire à celui qui vnt : Yois-ta l'édair? et qui voudrait l'annoncer à l'aveugle?
Noos vouions parler de ce qui est écrit, et nou de ce qui d(Mt arriver, expliquer non ce qui seca, mais ce qui est, ce qui se trouve dans le livre. Nous nous réjouissons de ce qoe notre époque se tourne , avec une f<H nouvelle , vers les révélations de IKeu ; et si c'est le devoir de chaque fidèle de prendre une part active i l'œuvre générale sdon ses fMxes, nous croyons que notre tâche est de (»ntribuw h faire que le contenu de la parole de Dieu soit connu et cru dans son entiw, et sans les altérations de td ou tel sjstàne préconçu.
« Mais tu paries des prophéties de l'Ancien Testament comme n leur accomplissement n'avait pas encore eu lieu en Jésus-Gbist ; ne sont-^les pas toutes réalisées spirituetlement dans l'Oise? Isra^ n'a plus rien & espérer de l'avenir. )
Cette opinion nous est bien connne, mais nous ne pouvons la partager. Si tontes ces proi^cties ont trouvé leur accomplissement dans l'histoire actuelle de l'église, il faut les expliquer d'une manière fOTcée, et l'on se trouvera coodoit soit à douter de la vérité des prédictions , soit à ad-
mCHÉE. 1^
mettre on meiUeor ar^r potir luvël. Qu'on explique si spiritoeliement qu'on voudra iea prophéties retatires à la paix uniTerselle des derniers temps , eHes ne s'appliquent pas à l'état spirituel de l'église on la paix ne régne point. Notre SeigneoT n'a nulle part enseigné que toutes les aoliqoes promesses faites à Israti aboutiraient à une église formée de gentils. Avant sa passion , il a pris congé de Jérusalem pour un temps limité , jusqu'à ce qu'Israël le salue comme celui qui vient au nom du Seigneur (Madi. xsni, 39). Arant «on ascension , il ne dit point & ses ap4tres que leur espérance de le voir rétablir le royaume d'Israël soit erronée; il les exhorte seulement à la patience (Actes i, 6). Et si les prophéties de l'Ancien Testament et les paroles de Jésus-Christ ne suffisaient pas pour dissiper tous les doutes, qui en garderait à la lecture du onzième chapitre de l'épttre de l'apdtre saint Paul aux Romains (vers. 39)? Enfin , les voies de Dieu relatives aux Jui& sont si extraordinaires ; qu'on ne saurait les croire destinés à venir se perdre finalement dans Jes diverses nations au milieu desquelles ils sont dispersés. Voilà les raisons qui nous obligent à croire que nombre de prophéties, surtout celles qui se rapportent à Ut gloire future d'Israël, n'ont pas encore reçu leur accomplissement.
< Mais, à supposer qu'il en soit comme tu le dis, à quoi me sert cette opinion, et où veux-tu me mener? >
Ce que nous voulons, c'est, nous le répétons, de ramener nos lecteurs en arriére vers la parole de Dieu qui nous est dévoilée , et non de les conduire en avant vers un avenir voilé ; c'est de les engager à lire , sans préventions , les déclarations des prophètes, de Jésus-Christ et des ap6lres. Et l'utilité de cette étude est très grande. Car les juifs n'ont pas reconnu dans Jésus-Christ le Messie, parce qu'ils s'étaient fait à l'avance des idées fausses de sa personne et de son œuvre , en comprenant mal on en ne comprenant pas
16 MicniE.
les prophéties qui se rapportaient à lui ; et nous voyons , au jour même de sa résarreclioD, le Seigneur dire k ses disciples : < O geos sans intelligence et d'un c<Bur lardîf à croire tout ce que les prophètes ont dit > [ldc xzir, 25) . Les jni& qui attendaient un Hessie triomphant, ont rejeté le Messie souffrant ; prenons garde de nous tromper sur l'œuvre glorieuse que le Seigneur doit faire sur la terre à l'époque de sa seconde venue.
Que la parole de l'Ecriture dans sa totalité et dans sa pureté, soit la lumière qui éclaire nos sentiers !
3^ IP32<|!>4B^S 3^^ Oi'lbŒIEŒUSaUb
' Hichée annonce aux Hébrenx rebelles les châtimens dont Dieu va les frapper. Il doit les convaincre de la grandeur et de la certitude de ces chàtimeas; car ce n'est point impunément qu'on offense un Dieu qui a le mal en abomioation, et dont la justice est aussi insondable que son amour. Mais il vent en même temps leur faire comprendre pourquoi ils seront ainsi cbâtîés; car le Dieu qui l'envoie punit, non pas tant encore pour maintenir la sainteté de ses lois que pour amener le coopable à la repentancei il veut la conversion du pécheur, et non sa mort. Enfin , le prophète est le messager d'un Dieu en qui la miséricorde est par dessus toutes ses œuvres; il doit, en prédisant la plaie , annoncer aussi la guérison , montrer, après la chute, le relèvemeut-, et indiquer même que le malheur est la voie qui doit conduire à une gloire immense. Tache difficile et complexe ; le peuple auquel il parle est trop corrompu pour convenir de sa corruption et croire à l'imminence du châtiment. Sî toutefois Israël ouvre les yeux sur ses péchés et découvre la verge terrible qui le menace, il se découragera et se dira que Dieu ne se souvient plus de ses desseins de miséricorde envers son
(') Dan* 1» pages «niiantcs , l'an des cacmbtei it notre soaiti a cipoid le plan de Michte dans son oarrage, ion* un autre poîal de vue qne ne l'a tail M. Preisweirk : eu deni articLes uoiu ont staMi te compliflcr, el lei diffëreucei qa'ilt pr^nlent ne sont que de diflaib. (Edil.)
18 HicHÉe.
peuple ; et ai , revenaot de sod abatlemeot , il entrevoit dam î'aveair les heorenx temps que la ^ce de Dien loi réserve , il imaginera que le châtiment prédit lui sera remis. 1« prophète donc doit', pour produire la conviction de péché et la conversion, effrayer sans décourager, consoler sans amortir Ui frayeur; il faut que dans ses paroles la justice de Dieu ne • rétrécisse • nullement son amour, et que son amour surmonte sa justice sans lui faire perdre un seul de ses droits. Qui serait suffisant pour tine telle mission, s'il ne parlait sons l'inspiration de Dien mente f
Quel spectacle saisissant et admirable que celui des jugemens que Dieu exerce sur des nations qui sont tombées dans une complète décadence morale et politique, et qui, semblables an figuier maudit , ne produisent plus de fruits à l'Eternel 1 Hais que ce spectacle est plus imposant encore et plus digne de l'attention de tous les hommes , quand le jugement s'exerce sur le peuple saint, sur le serviteur même de Dieu, sur les Israélites ou sur l'église du Gbrist ! Non , ee n'est point une simple figure de rhétorique que ces premières paroles de Mîchée : • Vous tous, peuples, écoutez; et toi, terre, sois attentive ! •
Pénétrait par la foi et l'inspiration au delà du voile du monde matériel , Hicbée voit Jéhova sortir du palais de sa sainteté, et descendre vers la terre comme aux jours d'Abraham, < parce que le cri des péchés des hommes s'est accru , et que leur corruption est très grande • (Gen. xviii, 30). Jéhova vient en juge (Amos iv, 14); mais il ne condamne pas sans avoir auparavant exposé les raisons qui l'obligent à châtier ; il se présente donc d'abord comme un simple * lémoia > ; mais c'est na témoin dont le nom est trois fois saint (Hich. 1, 2).
Il dirige ses pas non vers Sodome, l'Egypte, Bahylone, mais vers son peuple élu ,- à cause de ses péchés. Il vient , et , à son ^proebe, tout ce qui se croyait, en son absence et par oubli de lui, grand, haut et puissant, sent avec effroi sa petitesse, sqd néant; les montagnes, les hauteurs terrestres, s'évanouissent devant lui , et fondent sous ses pas comme la cire au feu ; les deux orgaeilleuses capitales, Samarie et Jérusalem attirent tout particulièrement la vengeance de l'Eternei (3-7).
bvGoogIc
MitinéE. 19
. Le voici lui-même qui parle et qui asiionce d'sbord à Sama-< rie la totale destructioo qui l'attend (6, 7),
A cette VQe le prophète s'émeut , car qnelle que soit sa sainte haiae contre le pécbé, ce n'est point avec joie qu'il annonce les justes jugemens de Dieu sur les pécheurs. 11 a , comme son Dieu, un cœur plein de compassioit. 11 se lamente et gémit, et ses plaintes sont semblables > aux cris lugubres des animaux du désert et des animaux de la nuit > (S).
Mais ce qui augmente sa douleur, c'est d'abord que i les plaies sont toutes incurables ; i car il connaît ses frères qui ne s'amenderont point ; c'est aussi, c'est surtout que les fléaux ne se sont pas arrêtés aux frontières d'Ephraïm, et < qu'ils se sont étendus jusqu'à Juda, jusqu'à Jérusalem. Ohl ne l'annoucez point à Gath, ■ aux Philistins, aux ennemis de mon peuple (9. 10).
La désolation de Juda se présente à l'esprit du prophète avec Ions les détails qu'aurait pu recueillir un historien après l'événement. Il voit quelles villes auront à souffrir de l'ennemi, qu'il ne nomme pas , mais qui s'avance depuis le nortd depuis la Samarie, et qui ne peut être que le puissant Assur. Il prédit même le sort particulier de chacune des villes dont il parle, et dont les noms ont, au reste, un sens emblématique (*). Le lien de sa naissance , Mareaca , sera dévasté , et • l'élite des armées d'Israël s'enfuira jusqu'à Adullam. ■ Jérusalem , d'ailleurs , ne sera pas détruite, ni même prise (10-16).
La destruction de Samarie et du royaume des dix tribus par Salmanasar, et la prise de toutes les villes fortes de Juda (sauf Jérusalem), par Sennachérib (3 Rois xviii, 13), furent l'accomplissement de cette première partie des prophéties de Hicbée.
Le jugement que Hichée vient de décrire est le premier, mais non le seul de ceux que Jéhova exercera sur son peuple. Car les Hébreux ne se repentiront pas, et ne cesseront pas d'of-
(') Bcth-haphra , maison de poudrr. SafWir , htlle ville- Tiaanan indique l'aciian de lorlir, toil avec courage pour conibaure, mil pour fuir. Maralh, amer, Ltlîi, h toirenldel chevaux {la {iremlère vilte de Judl, ■ ce qu'il parait, qui aïtaceueilli le culle «ptraïmiledn veau d'or). Moresceth Gaih , possession près de Gath (lisn : lu dois renoncer à Mor. Gath). Alàb, leurtt Irompeuse.
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20 HICHÉB.
ieDBer \k Bainteté de Dieu ; lenr persîatanee dans le mal leur attirera des châtimens de plus en plus sévères , qui iront jusqu'à la ruine entière du royaume de Juda, et à la désolalion de tout le pays. Hais ces jugemens subséquens seront, dans leurs caractères essentiels , semblables au premier : ils ont la même cause, les péchés des Hébrenjc; ils procèdent du même Dieu, et ils sont exécutés par la même nation , par Assnr. Aussi Nichée les réunit tous eu on seul, qu'il ne distingue pas d'une manière précise du premier qu'il vient de décrire (ii et m).
Il présente de nouveau au peuple ses péchés ; mais comme lo jugement dont il va leur parler est plus terrible que le précédent, il le légitime en montrant au coupable tonte la grandeur de ses crimes. 11 lui rappelle en quelques mots saisiasans l'inormité de ses injustices , ses violences, ses rapines, ses oppressions, sa fierté , et il lui annonce < une destruction complète et le partage du pays entier entre des étrangère. Le temps sera très mauvais , et les faux prophètes diront aux véritables : « Ne prophétisez pas ; mais quand bien même cenx-ci se tairaient , la confusion n'en arriverait pas moins = (h, 1-6).
A cette nouvelle accusation et à cette nouvelle menace , le criminel contre lequel s'est élevé, comme témoin, l'Eternel, ne s'est point encore humilié ; il ne nie pas ses fautes , il ne se moque pas des punitions qui lui seront infligées; mais, dans le fond de son cœur, il s'en prend à son juge, et se dit (vers. 7) : «L'esprit de l'Eternel s'est rétréci. Du tepips de nos pères, il était lent à la colère et abondant en miséricorde ; aujourd'hui il n'est plus le même , son amour est plus mince et plus étroit. Du temps de nos pères, il s'était dit notre Dieu et nous avait annoncé que nous étions son peuple élu ; aujourd'hui ses desseins ont changé , nous ne sommes plus son peuple , et son
L'Eternel lui répond avec un admirable mélange de sévérité et de bienveillance. Comme ses premiers mots répondent en plein aux pensées d'Israël (7-8j : « Mes paroles ne sont-elles pas pleines de bonté pour ceux qui marchent droitement? Celui qui était ci-devant mon peuple , s'est élevé contre moi comme un ennemi. • — Quel sérieux dans les reproches qui suivent ! et quel est l'homme qui aurait démêlé d'entre tous les crimes qui
MCHÉK. 21
MuiHaient alors Israël, celui-ci : < Vous avez ôté ma gloire pour tonjoars de dessus les petits enfans. • — Quelle saiate colère dans ces mots : < Levez-vous et marchez ; car ce paj's n'est plus un lieii de repos pour vous, parce qu'il est souillé. L'Eternel vous détruira , même d'une prompte destruction 1 ■ — Quelle sanglante ironie dans les paroles qui suivent : • Un esprit d'erreur et UD prophète de mensonge qui prophéli serait du vin et de la eervoise, serait un prophète au gré de ce peuple • (U). — Hais aussi quel magnifique avenir Jébova ne dévoile-4-tl pas à son peuple, afin' que cetut-ci ne se décourage pas et ne cesse pas de voir en lui, malgré sa colère, son père et son Dieu, dont les promesses sont immuables : • Jacob sera rassemblé , Israël sera rétabli , oui ennemi ne les arrêtera , car à leur tête est un héros puissant , ua destructeur de tous les obstacles , un roi à côté duquel te tiendra l'Eternel > (12-13). — Voilà comment l'Eternel terrasse et relève , effraie et console , frappe , mais comme à regret et avec mesure.
. Le criminel a écouté la réponse de l'Eternel , et il se tait; mais il n'est point encore repentant , et Jébova recommeoce ses accusations de plus en plus accablantes , qu'il accompagne de nouvelles menaces. Il s'élève, d'abord, contre les conducteurs politiques du peuple hébreu , qui crieront uu jour à Lui , et dont il détournera sa face (m, 4) ; puis contre les faux prophètes (') dont le chandelier sera renversé (8-7); et le vrai prophète, qni parle au nom de son Dieu, se pose avec une humble ëerté en face de tons ces conducteurs de mensonge , comme étant le vrai messager dej>îeu (8). Enfin, s'adressant à la fois aux magistrats, aux sacrificateurs, aux prophètes, Jébova leur reproche, en peu de mots, à chacun ses péchés, et leur annonce la ruine totale et la destruction du temple de Jérusalem (9-13).
De la cité de David ! du temple de Salomon ! (*) Oh ! comme Israël, à cette prédiction, a dû être saisi de douleur et d'effroi ! Que Samarie soit détruite , elle s'était révoltée contre la race de David. Que les villes fortes de Juda soient prises par l'en-
(1) Dam Juïl , le vrn prophète est respecte d* tous ; diu Amos, il est chûsë (vu ; II , 1 1 , ta) ; daos Michée , il cit en lace de diu prophéles. (>) AmosIK, I.
32 NlCBÉEi
nemi , elles ne sont ptu Jéraulem. Hais < Jérnsalem sera réduite ea monceaux, Sîon sera an champ labouré, Horija sera une colline déserte! * Toutes les promesses faites à David ne sont-elles pas liées à Jénisalemî et ne s'évanouissent-elles pas toutes avec la raine de la ville saintef
Israël désespère, mais le désespoir n'est pas la repentance, et Dieu amène à lui les péchenrs plus encore à force d'amour que par la terreur de sa justice. Sa colère même est amour. Le moment est venu de révéler complètement et avec détail à Israël ce ravissant avenir, qu'il n'a fait précédemment (ii, J3-15) que lui indiquer confusément.
Cetavenir embrasse les destinées entières desHébreux, depuis le retour de la captivité de Babjrlone jusqu'à la fin du monde. Le temps n'existe pas pour Dieu , mille ans sont pour lui comme nu jour, et, à ses yeux, ce qui n'est pas encore et doit être, est en quelque sorte déjà arrivé. Le prophète qui voit en Dieu l'avenir, ne peut distinjpjer les temps ; il a devant ses yeux un tableaucomplet qu'il décrit sans discerner les divers plans (iv, v).
Hichée présente d'abord à Israël (iv, l-^) le tableau de ce que sera, dans les derniers temps, la terre entière : < La montagne de Sion est élevée par dessus toutes les montagnes , et la loi des Hébreux devient celle de plusieurs nations païennes qui monteront à la maison du Dieu de Jacob ; les peuples qui résisteront à Jébova seront jugés et châtiés malgré leur puissance, et jusqnes aux dernières limites de la terre ; une paix universelle régnera tant en Israël et chez les nations converties , que cbej. les gentils épouvantés, et tandis que ceux-ci continueront à adorer chacun son Dieu, les serviteurs du vrai Dieu marcheront à son nom à jamais et à perpétuité, > Vision sublime de gloire et de paix , dont l'accomplissement a commencé avec la pentecôte, et ne s'achèvera que pendant le sabbat de l'humanité (Apoc. XIX, lS-31 , pour le jugement des gentils; xx, pour la paix universelle et l'existence du paganisme jusqu'à la fin du monde).
La vision se précise , de nouveaux traits sont ajoutés au tableau général. Le rôle d'Israël est indiqué d'une manière plus exacte : < Israël doit être auparavant dispersé, puis il sera rassemblé, il deviendra une nation puissante , la nation domina-
trice snr tontrâ les aatres , celle an miliea de laqaelle i^;nei« l'Eternel. L'Eterael sera au milieu d'eux; mais sa capitale ne sera plus Jérusalem même, elle sera bien encore dans la contrée de Sion, mais elle sera transportée de la ville fortifiée au milieu des campagnes, à la tour des troupeaux , près de Bethléem ; car il faut à un royaume de paix une capitale paisible et cbampétre (S-T). Cette seconde partie de la prédiction n'est pas encore accomplie ; mais le retour de la captivité de Babylone est ou gage certain que les juifs, actaellement dispersés par toute la terret seront un jour réunis, et la naissance de Jésus-Christ près de la tour des troupeaux, nous fait pressentir que Bethléem sera peut-être le lien de sa demeure lors de son règne visible (Apec. xu).
Le prophète snspend ici la description de l'avenir : le coupable contre lequel il plaide an nom de. l'Etemel , peut maintenant comprendre que les jngemens de Dieu n'anéantissent pas ses promesses, et Hichée lui adresse des paroles toutes entrelacées de menaces et de consolations : f Puisque telle est la gloire que ton Dieu te destine , pourquoi t'écries-tu si tort maintenant à l'ouïe des malheurs qui t'attendent, et pourquoi dis-tu : Dieu n'est plus mon roi, il n'est plus mon guide f 11 est bien certain que tu seras emmené captif à Babylone; maïs ne crains pas que ton Dieu t'abandonne, il te rachètera. Les nations se lèvent contre toi et se réjouissent de ta ruine; mais ce sera toi, fille de Sion, qui les déchirera et les foulera (Apoc. m, xx). Toutefois , prends garde d'abuser de ces promesses , qui sont faites pour des temps éloignés; maintenant tu seras assiégée et prise, et ton prince frappé de la verge de Diena (*) (iv, 9-11; ou 9-13 etv, 1).
' Le prophète revient à la description des. temps futurs ; il « fait connaître l'élévation d'Israël, ses rapports aux gentits, la nature pacifique de son règne, et sa capitale. Le tableau est encore incomplet, il manque le personnage principal , le roi et celui par qui s'opérera tout ce que le tablean renferme. < Le roi naîtra, non sur les montagnes stériles de la ville de la loi,, mais
;l Scmushërib; fa iccood
dans les campagues fertiles qui l'avoisiDcat, près de la tour des troupeaux , dans la maiion ferlUe du pain de vie. Son issue est de tonte éternité , il est Dieu même ; mais il est aussi homme , car les hommes sont ses frères (v, 5). C'est hii qui abaodonnera les Israélites à leurs ennemis jusqu'à ce qu'il vienne, c'est lui qui (es rappellera de la dispersion , et les réunira aux païens qui se CDUvertiront. Il régnera comme l'Eternel règne, et cette paix qui doit régner sur ta terre entière, c'est ini 'qui l'établira, il sera lui-même la paix. C'est lui, enfin, qui exercera snr Assur et sur tous les ennemis de Dieu et de son peuple ces jugemens qui remplissent d'espoir et de fierté le uxor d'hraél coupable et châtié (v, 1-5).
Hais, se dit à lui-même l'accusé, au milieu de tontes les promesses qu'on me fait, reparaissent toujours les mots d'abandon, de dispersion (vers. S). Il est donc bien certain que je dois être livré à mes ennemis, et errer par toute la terre. Quel sort plus affreux que celui-là, peut être réservé à un peuple, au peuple élu? — Le prophète, répondant à sa pensée, Ini dit : • Si ta GOnnaissais les desseins de Dieu, tu te réjouirais de ton châtiment , car ta dispersion sera la bénédiction de la terre entière ; tu apporteras à tous les gentils la connaissance du vrai Dieu et de la loi ; ils ne prendront pas garde à toi, et cependant tu leur communiqueras les biens célestes , tu seras pour eux comme une rosée qni vient de l'Eternel , comme une pluie menue que nul n'attendait ni n'espérait. Bien plus, tu seras parmi les gentils comme un lion parmi les bêtes de la forêt, comme un lionceau parmi les brebis ; quand ta te convertiras à Dieu , au roi de Bethléem, lu entraîneras à lui les gentils avec une puissance irrésistible (ce sera comme nne résurrection d'entre les morts , Rom. XI, 12, 15)^ nul ne pourra te résister, et tous tes adversaires seront retranchés. Tes malheurs seront l'origine même de ta grandeur ; dans le règne de Dieu , c'est par la souffrance et la mort qu'on arrive à la vie et à la paix ■ (6-8).
Toutefois, ne te trompe pas sur la nature de ta puissance future ; tu dois régner sur les gentils , mais tes armes ne seront pas chamelles , car > Diea détruira d'au milieu de toi tout ce qui rappelle la guerre, et il ne t'appellera à la puissance qu'après t'avoir purifié complètement et avoir fait disparaître de to»
HICHÉB. 9S
^ys toute trace d'!do1àtri«. Alors il fera vetigeaitce avec colère et sévérité de tontes les Dations qni ne l'auront point écouté ■ (9-14).
Le prophète a annoncé a Israël toutes les choses terribles «n réjouissantes qui lui ont été révélées. Que fera ■ maintenantl'accusé î ■ La terre redouble d'attention et suit avec auxiété l'issue du procès de l'Etemel contre son peuple (vt, 1, 3).
Que les paroles de l'Eternel sont pleines de douceur ! On dirait presque qne c'est lui qui a offense Israël, et qu'il veut l'apaiser : t Mon peuple , que t'ai-je fait , ou en qum t'al-je causé • de la peine T • et pour achever d'amollir son cœur, il lui rappelle ses bienfaits passés, la délivrance d'Egypte, et depuis cette grande et solennelle époque , tous les miracles de détail qu'il a faits en sa faveur jusqu'à son entrée dans ta terre promise (3-8).
Enfin l'accusé ouvre la bouche, il se reconnaît coupable, mais i) le fait comme à contre-cœur ; Il veut bien teuter d'apaiser l'Eternel, mais il ne parle que de sacrifices expiatoires, de cérémonies extérienres (6, 7).
Et cependant il connaît bien quelle est la seule repentance qui soit agréable à Dieu (*). L'avocat de iéhova le lui rappelle avec sévérité : < homme, qn'esl-ce que l'Eternel demande de toi, sinon de faire ce qni est droit, d'aimer la miséricorde, et de marcher dans l'humilité avec ton Dieu T La verge est levée, et lu ne crains pas Celui qui k tient. Tu ne songes pas à réparer le mal que tu as fait, à restituer ce que tu as ravi, à cesser de mal faire. Aussi scras-tu désolé, livré à l'épée. Malheureux , tu as préféré les commandemess de l'impie Achab à ceux de ton Dieu, tu seras dans l'opprobre, et l'on te sifDera * (8-16). ' Israël, à qui les brillantes promises du prophète et la douceur de l'Eternel avaient donné déjà quelque sécurité , est saisi de terreur à l'ouïe de ces derniers reproches si durs et si justes. Il tremble sons le poids de ses péchés et de sa condamnation ; il confesse ses fautes avec angoisse ; il s'écrie : •> Malheur a moi ! • II va, dans les reproches qu'il se fait à lui-même, plus loin encore que son accusalenr : • Il n'y a personne qui soit droit entre les hommes; le plus homme de bien est comme
(■) ToyraranideMtrJaCl.p. i6.
26 m^is.
nue roMce, et l'hamme le plus droit «it comne ane We d'épines ■ (vu , l-€). Mais en perdant ton procès, i) Je gtigne; il sera châtié et avec justice, car il a péché contre î'Etera«t; mais il oie maintenant regarder à l'Etemel, l'attendre BU Dieu de la délivrance; son abaissement ne durera qoe pour OB temps, et la joie inmltante de son enremi sera de courte durée (7-10). — Dénouement sublime, le pécheur endurci est vaincu ; son cceur de pierre s'est fondu au feu de l'amour de son Dieu ; il appelle lui-même le châtiment qu'il sent avoir mérité , et par sa foi il découvre au delà des temps d'affliction les tempe de pardon et de joie.
Israël se tait, le prophète reprend la parole , mais il ne sait phs que consoler, et que rappeler les promesses les plus douées au Gceur froissé àa pécheur (U-IB); Jéhova néle sa voix à celle de son prophète pour donner plus de force à ses consolations (14rl7), et Israël finit ce drame en rendant gloire à Dien> et en exaltant surtout s« miséricorde (18-30) (*).
Les prophéties de Hichée forment évidemment un seul tout qui n'a pu être composé , à des tempe éloignés , de pièces rapportées ; on recoanait une œuvre faite d'un seul jet. Cependant Sfîchée a prophétisé sous trois rob , et il serait , en effet , ab- Hirde de supposer qu'il n'a , pendant sa vie entière, prononcé , comme prophète, pas d'autres paroles que les quelques pages j]ne nous avons de lui. Nous devons donc conclure que sous l'inspiration de Dieu il a résumé , sons la forme actuelle, ce qa'il avait eu mission d'annoncer à Israël pendant le cours entier, de sit vie. 11 }r a là peut-être une indication précieuse sur la manière en laquelle ont été composés les livres de plusieurs autres' prophètes. (Voyez plus haut Amos , p. 9 , Joël , p. 21 •)
Ajoutons que le livre de Hichée est, pour les prédicateurs, un modèle inimitable de la manière en laquelle ils doivent mêler les terreurs du jugement et les joies du pardon , la voix de la sainte wlère de Dieu et celle de sa miséricorde infinie, potv toucher les cœurs et les amener à la repentance.
(1) Tcn. i^. PaulADpraple, âHtiaitf. — Lu Tciielt i5-i7 aniMDcmt qac lu jui&iorlironl da Icut ciplml^ prcscnle cl de leur dispersion, contre U.iolonM des oitioni que Dieu effrayera par des mincies lembbblcs 11 ceui qui ont ta tien Ion de la sortie d*Egyplci.
Le lirre d'Osée a été placé aacieDDement en tête des douze petits prophètes, qoq qu'il ait été composé antérieurement aux antres, mais simplement parce qu'il est le plus volumineux, ou pour mienx dire, le moins coorl.
On ne possède sur la personne et la vie d'Osée que les renseignemens contenus dans son livre. SonpéreBéeri (i, 1) est inconnu. Nous renvoyons pour son mariage avec Gomer
(') Cet article sar Osée est un travail original , fait sur le texte hébreu avec le secours de Rosenmuller et d'Ewald, par un des membres de notre société. L'Interprétation d'Osée offre de si grandes difficultés, qu'il fatlail, ou en expliquer chaque verset l'un après l'antre , ou passer sous silence, comme l'a fait Preiswerk, les chapitres iv-xiti , ponr ne traiter que des passages qui cootieDnent des prophéties messianiques. Nous osons croire que dos frères nous sauront gré d'avoir choisi le premier parti, et ne trouverout pas disproportionnée la longueur de cet article, comparé à ceus de la première livraison. Ils s'étonneront peut-être de voir les explications contenues dans ces pages, ne pas coocorder toujours avec le sens que nos traductions françaises donnent à lels versets; mais le texte hébreu est si . concis et par fois si éntgmatique dans sa concision, que les interprètes varient beaucoup sur le sens k donner à nombre de passages. (Edit.)
à l'explication qae nous donnons {dus bas des Irob premiers chapitres. Il est incontestable qu'il a reçu dans le rojaume des Dix Tribus : c'est aux Ephraïmites qu'il adresse foutes ses paroles, et il ne le fait pas comme ub étranger qui, tel qu'Amos, serait yenu de Juda en Samarie, il nomme leur roi notre roi (vu, 5}, il vit au milieu d'eux, il connall exactement Galaad et Sicbem (vi, 8-9), il dépeint d'une manière très spéciale tous les péchés d'Ëphraïm.
Le temps de son ministère s'étend, d'après i, 1 , ainsi que d'après les inductions tirées de ses prophéties, depuis les dernières années de Jéroboam ii jusques au commencement du règne d'Ezèchias. Jéroboam étant mort en 784 avant Jésus-Christ, et Ezèchias étant monté sur le trdne en 723 , le ministère d'Osée ne peut avoir duré moins de 60 ans. Le prophète a donc été appelé fort jeune, et c'est aussi ce qu'il nous donne à entendre, quand il nous dit qu'il n'était pas encore marié lorsque le Seigneur commença à lui parler (t, 2). Jérémie et Daniel ont de même Servi le Seigneur dès leur jeunesse et continué leurs pénibles fonctions de prophètes jusques à un Age très avancé.
Osée suit de près Amos, et traverse à peu prés la même période que lui. Il le cite (viir, 14, comparé avec Amosi et II), et il fait plus d'une fois usage [iv, 15 ; x, 5. 8) du nom de Belh aven (mats&a de vanité et d'iniquité) , donné par Amos à Belhel (maison de Dieu, v, 5).
La vie d'Osée peut se diviser en deux parties : les der^ nières années de Jéroboam ii , qui sont un temps de prospérité extérieure et d'ordre social, et pendant lesquelles ont eu lien les faits rapportés dans les trois premiers chapitres; et les temps subséquens de troubles et de désordres, qui ont vu deux interrègnes anarchiques (à la mort de Jéroboam II et à celte de Pékach) , quatre rois assassinés par des conspirateurs (Zacharie, Sçallum, Pekacbja et Pekacfa), et quatre invasions des Assyriens (de Pul sous Menahem,
ie Tighl Pileser sous Pekacb, et de Salmanasar au commencemeut el à la fin du règne de Osée, 2 Rois sv el xvo). C'est pendant cette dernière époque qu'Osée a prindpalement exercé son ministère, el il a assisté à la ruine de sa patrie, comme Jérémie à celle de Jada , avertissant et n'étant point écouté, menaçant et n'effrayant personne à salut, reprenant el ne corrigeant point, annonçant la miséricorde el le pardon et ne touchant point les coeurs, comme fou de douleur et traité de profanateur (ix, 8).
L'état moral et religieux d^ Epbraïmites an temps d'Osée est celui qai se trouve déjà décrit dans notre article sur Amos, p. 4-6 : des rois assassins et débauchés, et les grands . semblables à leurs r(Hs(Tii, 5-7); des sacrificateurs de Jdiova qu'on prétendait adorer sous la figure des veaux d'or (x, 5) abusant de leur influence pour séduire les Ames (v , i ; vi, 9; vn, IJ , et ne voyant dans le repentir des pécheurs qu'un moyen de vivre dans l'aisance (iv, 8) ; des prêtres des idoles répandant dans tout le pays leurs fêtes criminelles et leurs orades (rv, lâ-i-i; x. i-2; xni, 2); les partis s'appuyant les uns sur l'Assyrie (Henahem et Pul, 2 Rois xv, 19), les autres sur l'Egypte (Hosée, âRois xvii, 4), et la nation entité ne cherchant sa force qu'auprès de l'homme (v, 13;vii, 8^12; vui, 9-10; X, 4; xii,2; puis, xu, '9; VIII, 14, etc.] ; tous les crimes faisant irruption dans la société (iv, 2), le feu des passions embrasant tous les cœurs (vu, 5-7) , et les biens de la terre poursuivis avec la même ardeur par Ephraïm que par Canaan [xu, 8-9) ; une sécurité insensée aveuglant tous les esprits (v, S ; vn, 9-11; IX, 7-8) , inspirant le ipépris pour les averttssemens des prophètes et des justes (iv, 4; ix, 8), et faisant place an moment du danger k un repentir des lèvres (t, 6; vu, 16; vm, 1-2) ; un entier oubli de Dieu et de sa loi (iv , i.H; viu, 12; IX, 17); une résistance ouverte à tout joug (iv, 16;
g OSÉB.
V, 11; IX, 15; xiv, 9; x, 11), et avec toat ceb aoe mensongère apparence de respect et d'amoor pour l'Eleniel (TU, I3;x, 13; xu, 1).
Il est tonjonrs. difficile de traça* le caractère d'un ècrt- Tain, il devient presque téméraire de le faire quand on n'a de lui que peu de pages, et surtout quand il parle au nom d'an autre , et qne cet autre est Dieu. C'est souTenl paie ses écarts que l'homme trahit son caractère, mais chez l'aotenr inspiré tout est contenu dans de justes limites par !'£»• prit Saint, qui établit une coiaine harmonie entre les facultés de l'âme et un parfait équilibre entre les md>iles secrets qui déterminent les ji^:emens et les pensées. Disons néanmoins quelques mots de ce qui non» parait distbguer le livre d'Osée des antres livres sacrés.
Ces pages sont cél^res par l'obscnritè éuigmatiqne du sljle. On peut presque les dire intraduisibles, tant le sens en est douteux en plusieurs endroits, et tant est grande la difficulté de reproduire sans de nombreuses adiËtions nu texte anasi concis. Cette condsion est telle qu'on a été josqnes à prétendre qne nous n'avions que les notes qne dans l'instant de l'inspiration le prophète avait mises par écrit, et qne par respect pour la parole divine, il aurait conservées sans 1^ retravailler. Uais il est plos probable qne les prophètes recevaient l'iaspiralioa d'en haut dans le moment même oà ib parlaient au peuple, et les pages qne BOUS avons d'Osée n'ont point l'apparence de fragmens ajoutés les nus ans autres.
L'obscorité de son stylo prorienl d'nne extrême conc^ sion et d'nne rare vivacité d'imagination. Chaque verset on plutAt chaque membre de verset est c<»ame nn tableau qu'an graAd mattre a dessiné en quelques traits, et qoi pw fois ne révèle sa signification qu'à un examen (rés attentif; . car il n'offre aucun de ces détails qui aident à comprendre
osjSe. 7
reosemble , et il suffit de Dégliger oa de mat saisir un seal trait poDF ne pas troarer le mot de l'énigme. Le stjle de tons les prophètes hébreux a sans donte quelque chose de lapidaire, mais nul ne présente ce caractère k un degré aussi grand qu'Osée. Osée veut être, non In couramment, mais médité phrase par phrase ; chaque mot a son poids complet.
Ces tableaux au trait se soccèdent d'une manière n inattendue, et ceux qui se touchent se ressemblent par fois si peu que c'est là une seconde cause de l'obscurité d'Osée. Par fois sans doute la même image se reproduit dans toute une série de versets : telles celle d'un four pour exprimer l'ardeur des passions cachées dans le fond des ccenrs et éclatant an dehors au moment donné (vii, 4-7], on celle d'Israël comparé à un arbre, à une vigne (ix, 10, 15, 16; x, 1-4], ou celle d'un procès entre l'Etemel et son peuple, ou enfin celle d'nn mariage spirituel qui nnit Israël à Dieu. Mais alors même chaque image reparaK de phrase en phrase sons une face nouvelle ; ce n'est point une idée unique qui se développe de plus en pins , c'est une même argile qne le potier façonne en objets divers. D'ailleurs Osée passe souvent, ' sans aucune transition, d'une certaine image à nne autre entièrement différente (voyez dans le même verset yn, 8; T, 10; Ti, 5], et ce qui est vrai des images, l'est également des pensées exprimées amplement, ou des faits anxqueb il fait allusion [xu, 5; Tl, S~9; ix, 15, etc.]
Chaque pensée saillante qni monte an cœur d'Osée, forme tableau dans 'son esprit et prend des contours très précis. Il l'exprime dans, le moins de mots possible, sans aucnn développement, et il passe à nne autre pensée d'une égale importance sans que le papier conserve aucune trace de ce qui l'a conduit de l'une à l'autre. C'est un mm sans moellons, mais un mur cydopéeq, ou parfois c'est une série de coups de foudre qui éclatent sans gronder longue-
8 osiB.
ta«a.t dans la nue. Il n'est pas d'anlenr sacré qui nous Casse
mieux toacher du doigt l'immense différence qu'il j a entre l'esprit oriental et sémitique et l'esprit occidental, entre la langue.de l'aucien testament et les langues de l'Europe .moderit!%.
Noufi ne disons rien des obscurités qui ne provienoent que des allusions k des faits qui nous sont inconnus (vi, 8. 9; X, 14j. Mais nous signalerons la dernière phrase du liïfe (xiv, 8) : « Je serai comme un cjprès toujours vert et Ion fruit se trouTcra en moi ; > c'est évidemment une énigme que le prophète livrait en terminant à l'intelligence de ses lecteurs. (■]
A celte puissance d'imagination, à cette vigneor de pensée, à cette énergie d'expressions, dont Echyle lui-même n'ap[ffocbe point parmi les écrivains profanes. Osée nnil un cœur plein de sentiment, eu qui l'Esprit de Dieu a versé cet amour spirituel qui est la livrée des vrais fidèles. On lit entre les lignes des trois premiers chapitres comlNen it a aimé sa femme, même après qu'elle l'avait abandonné, et il nous apprend que son amour pour son peuple, qu'il voyait , malgré tous les avertissemeos d'en haut , se précipiter vers sa ruine , le rendait comme insensé de douleur (ix, 7j. Tout son livre repose sur le mariage mystique du Seigneur et d'Israël ; les liens sans doute en sont rompus, l'adultère, la proslituliou est le grand crime de l'église
(') Ajoutons qu'Osée fait de fréquentes allasioas aux faits de l'histoire des Hébreux depuis la sortie d'Egypte jusqu'à la division des tribus en deux roj'aumes, sous Roboam. Il nous parait en particulier nourri du Penlateuque , et Hengstenberg (Authenticité du Penlateuque, p. 48) a fort bien prouvé par Osée que de son temps les livres de Moïse, et en particulier le Deutëronome, existaient déjà, et que les Israélites des dix tribus, « la conscience desquels le prophète voulait parler en les leur «itant , en reconnaissaient la divine autorité.
jnjre, celai qoî résnme et engendre tons les autres, et aussi te Dieu aa nom duquel Osée parle , ne peut faire entendre à son épouse infidèle qne des paroles de reproches et de menaces. Mais l'on sent toujours sous la colère un amour qui la |conlient, et qui par fois éclate à l'improviste an .grand jour, tel qu'un fleuve qui pendant nne partie de son cours coulerait sous terre cl apparaîtrait de loin en loin à la surface (vi, 1—3 ; xni, 14) ; et dans la dernière partie du livre la justice se cacbe aux regards et la miséricorde , reste seule.
Comme, dans le langage biblique, connaître Dieu c'est l'aimer, et que la science de Dieu suppose nne communion réelle de l'&me avec le Seigneur, il' n'est point surprenant que le propbéte cbez qui l'amour divin et la charité fraleruelle brûlaient d'un feu si vif et si pur, soit aussi celui qui, toute proportion gardée , fait le plus grand usage de l'expression : connaître pour désigner les vrab et les plus intimes rapports des hommes à Dieu (u, SO; iv, 6.1; v, 4; VI, 3.6; vm, 2; xm, 5, etc.)
D'ailleurs les temps sont tels qu'Osée ne peut que tancer et menacer. Sa position est toute semblable à celle de Je* rémie. Il y a dans la douleur d'Osée, pins d'énergie, de passion, de violence, de grandeur, dans celle de Jérémie plus de larmes et de douceur.
Si nous passons à l'examen spécial du livre d'Osée, de son contenu et de sa disposition, nous y retrouvons au premier abord les élémens principaux dont se compose en général la prophétie juive, et qui sont : l'élection que Dieu a faite des Hébreux d'entre toutes les nations pour conclure avec eux une alliance éternelle; les chàtiotens qu'ils s'attirent par leurs rebellions et qui vont jusqu'à la captivité et an rejet temporaire, et le retour eu grâce qui se manifeste par une délivrance miraculeuse et par une révé-