‹ Explication des douze derniers livres prophétiques de l'Ancien TestamentChapitre 11 sur 18 · OSÉS · texte numérisé non relu

OSÉS

lation tonte noavelle de Dieu aaz hommes. Voyons qoeHe forme particulière ces grandes pensées reTétent dans le livre d'Osée.

L'élection que Dieu a faite d'Isra^ est pour ce prophète un amour et une connaissance, et un amour semblable à celnî de l'époux ponr son épouse, ain« qu'on le voit par les faits symboliques racontés dans les trois premiers chapitres, et par les déclarations eipresses des quatre derniers. Cet amour de Dieu ponr son peuple est tel, que les plus grandes inSdélités ne peuvent l'éteindre , et qn'après le temps de ta justice et du chAlîment, il reparaît pins grand encore qae jadis (xiv, 4j. Osée était le premier prophète qui assistait à la mine d'une partie du peuple élu, et il aurait pu d^espérer du rétablissement de sa nation et croire les promesses de Dieu anéanties par l'énormité des crimes de l'homme, si l'Esprit Saint ne lui eût pas révélé, dés sa vocation au ministère prophétique, l'immuabilité des décrets de Dieu , laquelle repose sur la grandeur de sa miséricorde et de son amour. Considéré de ce point de vue, le mariage typique d'Osée avec Gomer acquiert un sens pai^ licnlier : c'était une révélation nouvelle el en quelque sorte nécessaire de l'amour immense de Dieu pour son peuple, qui allait être puni avec une sévérité telle qu'elle devait sembler inconciliable avec cet amour.

Ou dirait par fois en lisant Osée, que dans son cœur le sentiment de cet amour de Dieu et celui de sa sainteté et de sa justice se livrent, comme deux armées ennemies, un combat où la victoire passe subitement d'un parti à l'autre, tant ils se remplacent brusquement l'un l'autre , et se succèdent sans aucune transition qui en adoucisse les contrastes (i; m; v, 15 et vi, 1-4; xui, 15-15). Mais dans d'autres passages, Osée concilie admirablement ces deux attributs divins ; il expose avec une clarté et avec une précision qui lui est propre, comment le châtiment el la

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souffrance sont ane preave de miaéricorde , parce qn'ïls produisent la repentance et qu'ils sont pour le pécheur l'unique chemin qui le conduise à la vie : c'est dans le désert que Dieu parle à notre &iue (n, 14; xui, S), la vallée du trouble est la porte de l'esp^ance (u, 15), c'est quand Dieu se retire et s'en Ta, qne le pécheur qu'il aime, s'inqniéte et crie à lui (v, 15], Jacob a Ironré dans son exil la femme qui a fait la joie de son cœur (xu, 15), Israël était captif en Egjpte quand Dieu lui a envoyé son prophète (xu, 14} , le châtiment est le temps de la nouvelle naissance (xiii, 15), et la repenlance a le pouvoir de triompher de la justice d'un Dien justement irrité {xu, 4-5), C'est là le deieendite ut iuc«ndatM d'Au^rnslin , et nons ne crojons pas qu'aucun prophète ait exposé cette grande pensée arec autant d'originalité qu'Osée.

Remarquons ici en passant quel usage Osée fait de l'histoire sainte et quelle interprétation spirituelle et tjpiqne il en donne. On croit te voir cherchant dans les faits anciens les traces de cet amour immuable de Dieu que l'Esprit Saint lui révélait, et suivant dans le passé, comme da'ns un miroir où se réfléchit l'avenir, les voies par lesquelles Dien va conduire son peuple pécheur et r^lle, son peuple rqientant et dodie.

Les prophéties messianiques d'Osée n'ont aucun rapport aux gentils, et en effet, le prophète qui voyait, le cœnr déchiré de douleur , la majeure partie du peuple élu mourir (xu, 1), aurait difficilement compris qne les payons qui étaient la cause- de cette mort, seraient nn jour appelés à ce même salut qu'attendaient tes vrais Israélites. C'est bien assez ponr lui de croire contre toute apparence à l'immuabilité des décrets de Dien à l'égard d'I^aël et an rétablissement futur d'une nation qui se meurt de vieillesse (vu, 9} que les ennemis dévorent [vm, 7) , qne Dieu lûî-méme va

iâ OSÉE.

déchirer comme un lion met eo pièces aa proie (xiu, 7-8),

et dont les restes seront ^rans parmi les aationg (ix, 17).

Le rappel des Hébreux, dispersés parmi les nations (xi, 9.11], leur délivrance subite et miraculeuse, qu'accompagnera une révélation nouvelle et éclatante du Seignenr [m, 1^; II, 20), et leur rétablissement dans la Judée (i, 10-11 ; u, 14-15; xir, 7; xi, 11}, où ils formeront, au sein d'une nature renouvelée (il, 18. 21. 22) , un peuple saint (i, 10; u, 16. 17. 19. 20; Di, 3; vu, 1.3; xrv, 8], très nombreux (i, 10), et florissant (xir, 5-7), sous un chef unique, sous David leur roi (i, 11 ; m, 5], tel est en peu de mots le résumé des prophéties messianiques d'Osée. Elles concernent dans leur sens premier et litt^al les temps, qui sont epcore pour nous à venir, où Dieu ramènera les Hébreux dans la terre qu'il leur a donnée et qui ne peut leur avoir été 6tée pour toujours; elles sont essentiellement nationales, hébraïques, et ne se rapportent qu'indirectement à l'économie actuelle qui a transféré l'église de Dieu aux nations.

Ces pro[ihéties nationales annoncent la repeotance du peuple et la miséricorde de Dieu ; mais elles se taisent sur la grande expiation des péchés et sur fa manière en laquelle Dieu manifestera son pardon. Nous y lisons seulement, en d'énigmatiqucs paroles, que Dieu contractera avec .Israël une alliance toute nouvelle (ii, 19-20], qu'il se lèvera sur la terre comme l'aurore (vu, 2], qu'il délivrera, par une intervention toute puissante et comme par une grâce irrésistible, les Hébreux qui ne veulent pas s'aider à ^rtir du lieu d'angoisse (un, 15-14). Aucun de ces passages ne se rapporte clairement ou directement à la personne même du Uessîe, qui n'est annoncée que dans les mots déjà cités, par lesquels le livre se termine. , Hais ces mots sont , en eux-mêmes autant que par leur position, extrêmement remarquables : ils laissent pour der~

niâre imagé dans l'cspril du lectear la figure d'an INcu lait homme et par qui seul les hommes produiseut de bons fruits. Le Messie ne Tait point défaut dans le livre d'Osée; il T est, mais voilé et silencieux, il y est planant dans un lointain vaporeux au dessus de tons les antres événemens qui doivent se passer sur la terre. L'Israélite pieux, en méditant sur cette dernière parole d'Osée, se demandait sans doute si elle n'expliquait point ce que le prophète di-^ sait ailleurs du David que le peuple rechercherait en recherchant l'Eternel , de celte lumière divine qui se lèverait au jour de la repentance, de cette délivrance que Dieu opérerait par lui-même et sans l'homme ; et nous qui venons après l'incarnation du Seigneur, nous voyons toutes les prophéties messianiques d'Osée s'accomplir dans leur sens indirect et d'une manière spirituelle en Jésus-Christ et chez tous ses vrais adorateurs.

Le livre d'(!>sèo se compose de prophéties qui se rapportent à des temps différens et qui sont rangée^ selon leur ordre chronologique, soit qu'elles aient été composées chacune à l'époque à laquelle elle se rapporte, soit qu'Osée, vers la fin de sa carrière, les ait rédigées telles que nous les possédons aujourd'hui, par ce travail de l'esprit qui fait que' nous nous transportons dans des temps qui sont déjà bien loin de nous. Quoi qu'il en soit, ce livre forme un tout bien coordonné, dans lequel les paroles de condamnation sont précédées et suivies par celles de la miséricorde. Ou plutôt, pour parler plus exactement , l'amour et la jnstice viennent d'ahord parier ensemble aux Hèforeus (i-m), puis l'amour qui semblait le plus puissant, disparaît presque entièrement et le Dieu juste et saint reste seul à reprodier à son peuple rebelle ses iniquités (iv-x) ; mais enfin l'amour reparaît et fait entendre de loin en loin sa voix (xi-xm), jusqu'au dernier moment où la justice apaisée garde le silence (xiv}.

zecbvGoOgIC

14 OSÉB.

Ce livre se divise en deux partiies d'inégale longueur : les faits symboliques [i-ni} et les discours propbéUques.

La première présente dans l'histoire d'Osée et de Gomer une image de l'hbloire passée , présente et future du peuple de Dieu ; uous j lisons son adoption, sa rébellion et ses infidélités , son châtiment et sa rejection , sa repenlance et son retour en grâce. Le premier chapitre comprend (i et II , i) les trois premières années du mariage d'Osée; le second suppose Gomer devenue infidèle à son mari, et il est séparé par un certain intervalle de temps du troisième. Les trois chapitres se rapportent (avons nous dit plus haut] ànx dernières années du règne de Jéroboam n, qui sont la dernière époque de prospérité extérieure di) royaume des dix tribus. Ils sont un abrégé de tout le livre, et les belles promesses qu'ils contiennent et qui semblent oubliées dans les sept chapitres suivans , reparaissent au onnème et closent le livre par le quatorzième. D'ailleurs, si la manière impréTue en laquelle ces promesses succèdent aux menaces dans les chapitres i et lu , se retrouve bien dans tontes les prophéties postérieures, celles-ci ne présentent aucane page où les pe'nsées soient développées avec autant de détails qu'elles le sont dans le chapitre n; on crtnt recon-.' nattre, dans cette première partie, des temps meilleurs, où le prophète d'Ephralm parle avec plus de calme qu'il ne le fait plus tard au milieu de l'anarchie, des conspirations, des guerres et d'une corruption poissante.

La seconde partie se divise en trois prophéties , qui se rapportent à des temps diCTérens : iv, à l'interrègne qui a suivi la mort de Jéroboam n ; T et VT, au rétablissement de Tordra ; vu-xiv, au régne d'Osée et aux années qui ont précédé immédiatement la prise de Samarie par Salmanasar. Dans ces discours, le prophète ne perd point de vue les actes symboliques par lesquels il a commencé sa carrière (IV, 5. 9. 15; V, 5. 7;ii, 1. 15; xi, ll;etxiv,-4, 8,

comparés k n , 16-2f}. Cependant , il n'y Tait à fout prendre que de riwes illusions, et si pour le fond et les idées , la seconde partie n'est que l'exposition détaillée de ce qui est brièrement énoncé dans la première , il ne reste point comme enfermé dans la forme typique qu'ont revêtues les prophéties par lesquelles il a commencé son ministère, et les pensées que l'Esprit de Dieu lui inspire, s'expriment par les images les plus variées. C'est ainsi que pour indiquer le rapport général d'Israël au Seigneur, il remplace la comparaison d'une épouse infidèle par celle d'an coupable qui est conduit en jugement par sa parCe adverse (iv, 1; V, 1; vu, 2; xn, 3}, image dont Michée a fait plus lard la base de tout son livre. La marche générale de cette seconde partie a été indiquée plus d'une fois dans tes pages qui précèdent; ce ne sont d'abord que censures et menaces , qui n'offrent aux regards que d'affreux malheurs sur le premier plan de l'avenir, mais peu à peu le second plan, qui est d'une éclatante beauté, s'éclaire à la lumière du passé et se dessine nettement à l'horizon lointain , et la gloire des derniers temps console abondamment des souffrances présentes et prochaines.

Osée est un prophète d'Ephraïm, mais il ne perd point de vue le royaume de Joda, et nous devons, en finissant, dire quelques mots sur les passages relatifs aux deux tribus qui étaient restées fidèles à la famille de David. II y a une apparente contradiction entre la promesse faite à Juda i, 7, et les reproches et les menaces qui lui sont adressés dans tout le reste du livre (it, 15; v, 5. 10. lâ-15; vi, 4.11; VIII, 14; XI, 11; xn, 1. 3), et sa dispersion, que suppose nécessairement l'annonce de son retour dans sa patrie (i, 11], s'accorde peu avec la miséricorde dont il doit être l'objet à l'époque où Israël sera enlevé et détroit sans miséricorde (i, 6. 7). Je ne sais comment Osée

s'expliquait à lui-mâine cette contradiction , quand il tâchai! I de découvrir ponr quel temps et dans quelles circonstances s'accompliraient les choses que lui révélait l'Esprit de Dieu. > Mais nous qui venons après révéncment, nous savons que peu d'années après la ruine complète d'Ëphraïm, Juda échappa, sous Ezéchias et par on miracle de Dieu, à la ruine imminente dont le menaçait Sennacherib, et que ce royaume survécut de plus de 130 ans à celui des dix. tribus ; toutefois, dès les temps d'Osée, il était ron^é intérieurement par la même corruption qui avait amené la ruine de Saœarie , et aux jeux dé Dieu pour qui les temps ne sont pas , ces deux peuples frèr^ étaient également coupables , et méritaient les mêmes reproches et les mêmes châtimens.

tES FAITS STUDOUQUES.

Le mariage d'Osée avec Gomer (ch. i) et ses relations avec une femme adoUère (ch. m), d'une part, ont fourni un ample texte aux déclamations des incrédules et à leurs moqueries, et, d'autre part, ont été interprétés de bien des manières différentes par les commentateurs crojans.

Ces deux faits sont symboliques ; ils représentent à la fois les rapports de Jéhovab au peuple qu'il s'était choisi pour en faire une nation sainte et qu'il aimait de tout l'amour d'un époux pour son épouse, et l'infidélité de ce peuple qui adore les faux dieux et se passionne d'un amour adultère pour tout ce que son Dieu r^rouvc. Or, pour exprimer d'une manière extérieure et sensible ces relations, pour ainsi dire contre nature , entre un Dieu de sainteté et d'amour et un peuple tout souillé par le péché, il faut nécessairement sortir de l'ordre naturel et régulier, et comme

les lieds dn marià^ sont, par leur ialimité, les plus propres à rqtroduire aux ynix du monde, Funioii de Dieu et de son église, il s'en' sait que l'acte symbotiqoe dérra , en une ma^re qaelconcpie, se troaver «i conflit arec les lois morales qui régissent le mariage.

Mais à une première lecture , on dirsit que Dieo -n'ordonne à son prO[^te rien moins que d'épouser une courlisanne, qui continuera, pendant son mariage même, sa rie licencieuse. Un pareil ordre Tioteraît oorertement et directement tontes les lois dirînes et humaines, et serait en apposition complète avec tous nos sentimens de convenance et de délicatesse morale.

- On a répondu que Gomer, en devenant la femme d'Osée, était par là même retirée du désordre. On aurait pu ajouter qn'one prostituée n'était pas de trop pour représenter le peaple d'Israël vivant dans TidolAtrie et dans tonte espèce de débordemens, et qu'un tel mariage n'est rien de plus extraordinaire que ce miracle journalier par lequel l'Esprit de Dieu, d'un Dieu dont le nom est trois fois saint, vieirt établir sa démeure dans Tàme pécheresse, qui se sent et qui est réellement digne d'une éternelle condamnation. Le Sauveur du monde n'a-t-ll pas compté parmi les ancêtres de sa mère une Tbamar, une Rahabî et n'a-t-il p(s permis à une Madelaine d'arroser ses pieds de -ses larmes et de les essuyer de ses cheveux , de les baiser et de les oindre d'bnile? Serait-ce donc chose si monstrueuse qu'un de ces prophètes, par l'ordre de Dieu et dans un but spécial, eût pris pour épouse une femme de mauvaise vie, qui pouvait ain^ être arrachée à la mort éternelle? Et qui pourrait calculer l'impression d'étonnement et d'effroi qa'une telle alliance entre un homme bien connu par la pnceté de ises moeurs, par sa piété, par sa mission divine, et une -femme méprisée , aurait pu produire sur le penple «inunel ^i en était t^oin ?

Toutefois , les interprètes <Hit recnlé , et dod sans tmoo, devant la sapposîtion qae Diea ait donoé un tel ordre à Osée , et now verrons qa'en effet tel D'est pqs le sens des parcdes de Dieu. Mais le plus grand nombre des commentateurs , troublé par les attaques des incrédules , trompé par le premier sens que le texte présente à une lecture peu attentive, a eu recours k l'allégorie et n'a voulu voir dans ce récit qu'une parabole.

Cependant , il est évident que l'intention du propbëte est de raconter un fait historique. Il reçoit des ordres de Dieu^ il les exécute, il se marie, il devient père. Dieu lui dit les noms qu'il doit donner à ses enfans. Personne n'a mis en doute que le cbapitre vm d'Esaïe oii il est question des enfans de ce prophète, ne dût èlre pris dans son sens natu^ rd. Et l'on ne peut entendre altégoriquement le récit tout pareil d'Osée, saos ouvrir la porte à mille ioterf^'étations qui ne seraient pas plus arbitraires que celie-ci. D'ailleurs les prophètes ne parlaient-ils pas fréquemment au peuple par des actes s;[id)oliqaes, langage extraordinaire qui s'adresse à la fois aux sens et à l'âme, parabdes mises eu action d<mt le sens caché ne se révélait qi^'à ceux qui j prêtaient une s^euse attentionr (Zach. ti, 9-15; £z. iv, t; Jér. siii, xxvu, xxxn, xuii, &-15; xviu, etc.; iRoJs, xxn. H).

D'autres écrivains ue pouvant admettre, ni le sens allégorique, ni le sens historique, out eu recours à la viaon, et ont avancé que le j^ophète avait vu en esprit et dans une .extase , se passer les faits qu'il rapporte . Mais les objections qui militent contre l'allégcme , subsistent également conbe cette interprétation ; rien n'indique que le récit doive être pris dans ce sens extraordinaire , et Ton ne saurait plus désormais à quels caractères reconnaître ce qui est vision et ce qui est histoire. D'ailleurs, une action qui serait condamnable dans la réalité, ne changerait pas de nature dans

l'extase , et si Osée avait fait ua acte condamnable ou inconvenant en épousant une prostituée) la faute resterait la m'ïme quand bien mâme tout ac se serait passé qu'en esprit; car nous voyous saint Picrret dans ia vision rapportée Actes s , se refuser posilivemént à faire une chose qu'il croit un péché , et ne pas voiiloir manger des viandes impures.

Osée nous raconte donc des faits réels et qui se sont passés dans le monde extérieur, au vu de chacun. Mais peuton , sans faire violence au texte , ne pas admettre que le prophète a épousé , comme la lettre le dit , une femme de mauvaise vie? On le peut tellement , que si ce sens était le véritable , la correspondance entre Gomcr et l'église juive en serait obscurcie et troublée, tandis que nous verrons tous les détails historiques et fous les discours des trois premiers chapitres, s'expliquer d'eux-mêmes et s'appujer mutuellement, dés que l'on admet que Gomer était une païenne d'une vie honnête à l'époque de son mariage, et que c'est d'elle encore qu'il est question au chapitre troisième.

La principale difficulté réside dans ces mots : i Prends }um femme de prostUutiomt [i, 2). Ils.scmblent en français et dans notre manière ordinaire de penser et de parler, ne pouvoir signifier autre chose que : < Epouse une femme t de mauvaise vie. > Maïs les paroles qui suivent immédiatement : 1 Parce que la terre se prostituera entièrement loin > de l'Elemeî, > ainsi que le langage constant des prophètes, nous prouvent assez que ce mot exprime bien moins la licence morale que la licence religieuse , le dérèglement des mœurs que. l'abandon de l'Eternel et l'idolàlrie. L'ordre dé Dieu peut donc être simplement d'épouser une païenne. Or, que tel en soit réellement le sens, c'est ce que prouvent les mots suivans : > Et des etifans de prostitutions. > Car les en-< fans auxquels il est fait ici allusion sont Jizréhel, Loruhama

et Loammi, que rien n'indique âtre nés d'une mère adultère, et qui bien an contraire représentent les fils légitimes de l'Eglise juive, qni sans doute sont châtiés pour un temps à cause de leurs fautes, mais à qui cependant appartiennent les promesses (n, 1. 25). i Prends dans cette terre d'ido- ' > latrie une femme idolâtre, et les enfans que ta auras d'elle

> seront îdcrfàtres comme leur mère et comme les enfans de

> leur siècle, i

Mais peut-être ces paroles de Dieu an propbète contiennent-elles un autre sens encore? Pent-élre le mot de prostitution comprend-il ici, comme dans bien d'autres passages, la double notion d'idolâtrie et de mœurs déréglées ? Ce que la jeune fille que devait épouser Osée n'élaît pas alors, elle pouvait le devenir plus tard par l'action corruptrice de ces cultes païens, où la licence des mœurs élait la compagne (Aligée des fêtes. Par les mois énigmatiques de femme de prostHutiotis , Dieu donnait ainsi à entendre au propbète quelles seraient les tristes destinées de son mariage, et comment après quelques années de fidélité, sa femme succomberait aux séductions qui l'entouraient depuis son enfance.

Au commencement donc de son ministère (t, â) et dans sa jeunesse, Osée reçut de son Dieu l'ordre de prendre pour femme, non une jeune fille craignant l'Eternel, telle qu'il y en avait certainement plusieurs encore en Israël , mais une jeune fille païenne de fait et de cœur ; et en même temps Dieu lui demande le sacrifice de son bonheur terrestre, de sa pais et de sa joie domestique, que ruinera l'infidélité de sa femme. Il n'j a certainement dans cet ordre de Dieu rien qui puisse scandaliser des consciences bien autrement délicates que celles d'un Voltaire. Cependant, ce commandement a pour nous , modernes , quelque chose d'extraordinaire , parce que nous ne sommes plus accoutumés au langage par actes symboliques. Bemarquons enfin que Dieu , en prévoyant te crime et en le faisant prédire.

ne contraiat poiat à le commettre; si Gemer eût prêté l'oreille anx enseignemens d'Osée et à ses exhortations, elle lui serait restée fidèle et se serait convertie au vrai Dieu , et nous verrons combien il est probable qu'elle a terminé sa vie dans la repenlance et la vraie foi.

Mais, nous objectera-t— on , la loi mosaïque interdisait tout mariage d'Israélite avec des infidèles {Ex. XXXIV, 15, 16, passage remarquable parle sens figuré des mots: le prostituer après leurs dkux ; Dent, vu ,3.4); et comment le même Dien qui blâme dans sa parole Salomon d'avoir épousé des femmes idolâtres (i Rois xi] , et dont les serviteurs Esdras et Néhémie font jurer â ceux de leurs frères qui avaient épousé des étrangères , de les renvoyer [Esdr. IX , X ; Nèh. xm , 23-31] , comment ce même Dieu peut-il ordonner à son prophète d'enfreindre la loi et d'épouser Gomer que nous disons avoir été une païenne. — No^us pourrions répondre que celui qui a fait la loi peut en dispenser qui il lui platt. Mais cette réponse semblerait sans doute insuffisante; nous rappellerons donc, non pas tant les exemples de Buth la Moabite qui épouse Booz, et de la fille de Pharaon qui devient la femme de Salomon (Ps. XLv}, que celui de Samson qui agissait de la part de l'Eternel en prenant pour femme une païenne , malgré l'opposition de ses parens (Juges xiv, 4]. La défense faite aux Hébreux de s'allier avec les idolâtres était une loi transitoire qui devait cesser au temps où les Gentils entreraient dans l'alliance, et elle ne s'appliquait pas aux cas où l'étranger abjurait son idolâtrie et devenait serviteur de Jébovab , ainsi que l'a fait Gomer, selon toutes les probabilités , vers la fin de sa carrière terrestre.

La femme que prit Osée , est indiquée par son nom , ainsi que son père, ce que l'écrivaio n'aurait pas fait si elle

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eût été une femme de mauvaise vie. Elle s'appelait Gomer, qui TBut dire achevé, ruiné, et le nom de son père est Di-7 Iilajim, c'est-à-dire, à ce que l'on croît , gàUau de pgues. Le peuple s'est corrompu dans sa prospérité et son bienêtre temporel; maintenant c'est fait de lui, sa ruine est arrivée; toutefois il à en Jéborab un aide, un sauveur {Osée}, mais il lui est infidèle.

Lé premier enfant d'Osée fut un fils qu'il nomma, selon Tordre de Dieu , Jizrèhel. Ce nom, qui signifie Oieu disperse (ou shiiè), était par le son presque identique, et par le sens entièrement opposé à Israël , le combattant vktorimx d'. Dieu , et c'était eo outre le nom de la résidence d'été des rois d'Ephraïm, de cette ville de Jizrèhel, qui est souvent mentionnée dans l'histoire d'Elie, d'Achab et de Jéhu, et qui doit avoir été fréquemment souillée par des crîmcset des acies de cruauté sous les rois de la maison de Jèhu. < Apipclle son nom Jizrèhel, dit Jébova à Osée, car encore un t peu de temps et je vengerai sur la maison de Jébu le sang > verse à Jizrébel, et je mettrai fin au royaume de la mai- >soD d'Israël; et il arrivera qu'en ce jour-là je briserai ) l'arc d'Israël dans la vallée de Jizrèhel. > t^s menaces, dans lesquelles les noms de Jizrèhel et d'Israël sont répétés avec l'intention évidente de les opposer l'un à l'antre, concernent , d'abord, la m^on de Jéhu; et, en effet, à la mort de Jéroboam, les dix tribus furent pendant onze ans' en proie à une anarchie, après laquelle Zacharie, le fils du dernier roi, ne monta sur le trône que pour en être précipité au bout de six mois. Ces menaces regardent ensuite le royaume d'Ephraïm qui, à dater de la mort de Jéroboam n, tomba dans une décadence de plus en plus rapide, et fat détruit enfin par Salmanasar. Celte prophétie indique en ontrc qu'Ephraïm sera vaincu et détruit dans les plaines de Jizrèhel , soit qu'elle fasse allusion à une grande baiaille dont rhbtoirc ne nous a pas gardé le souvenir, soit que

cette plaine ne soit nommée qu'à caUse dés nombreax combats qui s'y «ont livrés. ('] Elfe reparaît dans l'Apocalypse soDS le nom d'Armag»ddon , on Montagne de Megtaddo

{XTI, 16).

Hais Israël peot être vaincD par ses ennanïs et dispersé par toole la terre, qu'encore réstera-t-il , selon les anciennes promesses, l'otjet de la miséricorde et de la compassion de l'Etemel. Ainsi pensaient sans doute plusitiDrs des Ephraïmiles , en entendant Osée leur expliquer les moti& pour lesqnels il avait nommé son &ls atné Jizrébel. Cependant, Gomer donne aa prophète nn second enfant, ifte fille, symbole de faiUesse, et que Dieu lui-même nomme LonAama, mm aimée, pmirqtâ Dieu n'a point de miaéricordê. . 4 Car, dit l'Eternel , je ne ferai plus désormais misérleorde I à la maison d'Israël , mais je l'enlérerai et 4a transporte- I rai entièrement. ■ Et la dispersion des Juifs des dix'tribiis prouve assez que Dieu de s'iirite pas en Tain et qne sapa-' rôle, en mal comme en bien, ne retourne pas h lui sans effet. Hais tandis qne la première menace (i, 4~-8} n'est tempérée par aucune promesse, la seconde qui est plus terrible , est suivie d'une grande consolation. Tontefois, cette grâce ne fait que rendre plus amer encore pour les Ephralmites impénitms, le cfa&timent qni leur est annoncé, car elle concerne leur ennemi, leur rival, Juda , et Juda seul. (Mais à ta maison de Juda je ferai miséricorde, et je les id^vrerai par l'Eternel leur Dieu, et je ne les délivrerai «point par l'arc, ni par l'épèe , ni par les combats, par les tchevaux ni par les cavaliers.» Ces paroles annoncent la délivrance de Jada et une délivrance qui se fera par Jéhoca d'une manière paisible et extraordinaire, sans le concours de l'homme, sans armées, une délivrance semblable à celle des Hébreux captifs en Egypte. (Comparez les dernières et sublimes paroles qu'a prononcées Moïse, Deuter. xxxni ,

(') Voyez Braëm, descripliou de la Terre-Sainte, p. 37.

26-39, et qa'Osée parait avoir eues en vue). Nom avoiu déjà dit qoe celte prophétie s'est accomplie , peu après la ruine de Samarie, sous Ezéchias, lorsque l'auge exteruii- Dateur détruisit en 'une nuit devant Jérusalem l'année de Sennachmb. C'est à ce fait qu'elle se rapporte directement et en premi^^ ligne; mais elle ^t tout aussi vraie des Jui^ captifs k Babjloae, auxquels les rois de Perse accoiv aèrent librement la permission de retourner dans leur patrie et qui étaient presque tons des deux tribus de Juda et de Benjamin. Cette même {U^phétie s'est accomplie dans on sens spirituel par le salut que Jésus-Christ, qui est F Etemel leur Dieu, apporta à ces mêmes Juifs. Et elle s'accomplira à la fois spirituellement et tempordlement lors du reloor des Juifs convertis dans la terre de la promesse.

Cependant il restait encore un espoir pour ceux d'entre les Ephraïmitcs qui prêtaient une oreille attentive aux di»Tcours d'Osée : i Dieu nous dispersera , Dieu n'aura plus compassion de nous; mais après tout nous sommes soa peuple, et de quelque courroux qu'un père soit enflammé contre son fils, encore celui-ci resle-t~il son enfant. » Or, Gomer mit au monde un troisième enfant, et Dieu le nomma Loamml, non mon peuple. — Il n'y a donc , semble-til, plus aucun espoir de pardon pour Ëphraïm. Mais par une subite et remarquable péripétie , à la sentence fondrojante de condamnation : «Vous n'êtes plus mou peuple et je ne serai plus à vous, > succède de magnifiques promesses qui s'adressent non plus à Juda seul, mais à Juda et Israël, et qui annoncent que la dispersion (Jizréhel} cessera , que Dieu fera de nouveau miséricorde (Buhama) , et que Ephraïm redeviendra le peuple de Dieu (Ammi). Celte prophétie (i, 10. 11 ; ii, 1) est toute messianique. Elle contient plusieurs points très importans : 1° le nombre immense et incalculable des enfans d'Israël à une époque po»térieurc aux chàlimeus dénoncés dans les versets -i, 5, 6,

OSÉB. 9&

9. Osée s'appuie ici sar la promesse faite à Abraham, qn'il rappelle en propres termes : T'a postérité sera œmme le «oAfe dtlaiiwr(GeB. xxii, 16. i7; xxxii, 15), et qui a reçu on premier accomplissement spirituel dans Tianombrable postérité que l'église dirétienne a donnée et donne chaque jour encore au père des crojans; 2° le retour d'Israël dans kpays qui n'appartient qu'à loi, dans e«tte même contrée où le prophète lui reproche ses crimes et lui annonce les chfttimens et la dispersion qai l'attendent (Rom. ix, 36) ; 3° sa conversioD à Dieu, et sa Iransfonnation en un peuple d'mfans du Dieu fort et vivant, or, pour naître de Dieu et de- Tenir son enfant, il faut avoir reçu d'un Sauveur le pardon et la réconciliation, et posséder l'Esprit saint qui régénère ; 4" la fusion de Juda et d'Epbraïm eo un seul peuple , laquelle a été préfigurée vaguement et imparfaitement, lors du retour de Babylone, par la réunion d'un petit nombre d'Hébreux des dix tribus à ceux de Juda et de Benjamin ; qui a été opérée dans un sens restreint par la conversion de Juifs des dix tribus qui ont cm au Sauveur et qui sont devenus membres d'un seul et même corps; et qui s'achèvera à la fin des temps lors du retour du peuple hébreu en Judée ; 5° et enfin, la soumission de toutes les tribus à un seul et même chef, le Messie, dont Esdras, Nébémie, Zorobabel n'ont été que de très imparfaites figures. Le temps où toutes ces promesses recevront leur entier et complet accomplissement, est nommé te jour de Jizrébel. Le premier jour de Jizrébel est no jour sinistre de raine et de dispersion; le second, au contraire, sera celui où Dieu sèmera sa semence incorruptible (1 Pierre i, Sô] dans les cceurs des Hébreux, et où Israël racheté fleurira et portera des fruits comme ua champ ensemencé par Dieu. La plaine de Jizrébel est aussi remarquable par sa fertilité que par les batailles dont elle a été le théâtre.

' Ici se termine la première secUon do livre d'Osée. Elle comprend en qaelques lignes toutes les menaces et toutes les promesses qui concernaient la génération d'alors et les générations les pins reculées. Elle présente une gradation parfaîle des moindres ch&limens aux plus terribles, et d'une condamnation sans perspective de pardon (4-5). à des promesses qui absorbent la condamnation (10. 11 ; ii, Ij. Et cn6n elle reprend les noms sinistres des trois enfans ' d'Osée pour les converlir en autant de noms de pardon et d'espérance.

, Cependant Gomer, jusqu'alors fidèle à son mari, se laissa bientôt entraîner par le torrent, et Osée ne put la retenir dans la droite voie. Ce que Dieu avait dit d'elle lors de son mariage, se réalisa ; elle se livra sans frein à ses passions, elle abandonna le prophète, dont ta seule vue devait être pour elle un continuel reproche. Les Epbraïmites qui savaient par quels motife Osée avait épousé Gomer, et se souvenaient que cette femme était un type d'Israël, lurent alors dans sa vie scandaleuse leur propre histoire ; et leur conscience les accusait intérieurement , quaud le prophète leur dit : ( Plaidez avec votre mère, elle n'est plus ma femme et je ne suis plus son mari. >

Le chapitre n, ^25, est l'explication des éuigmafiques paroles du précédent. Quels sont les crimes qui attirent sur les Hébreux de (eb châtimens? En quoi consisteront les maux qui doivent les frapper? Gomment concilier les promesses et les menaces, et par quels chaînons inconnus les malédiclioDS tiennent-elles aux bénédictions? Quels sont cnGn les temps de paix et de gloire que le prophète annonce ? Voilà les questions auxquelles il est répondu dans ce chapitre.

Hab auparayant Osée fail entendre qd cri d'alarme ', un appel à la repentance (2, 5, 4). Il s'adresse anx men^res sains de la nation malade : iS'il est encore parmi ce peuple idolâtre quelques vrais Israélites, de quelque tribu qu'ils soient, et quelle que soit leur position sociale, qu'ils élèfcnt la Toix et mettent sous les yeux de leur église ses égaremens et ses souillures I qu'ils plaidml contre elle , et qu'ils fassent tous leurs efforts pour la retirer de ses péchés, pour la sauver de la ruioe qui la menace, et pour mettre leur propre âme à l'abri des cbAtimens qui frapperont avec die m enfans coupables. ■ Ces paroles d'Osée sont fort remarquables : elles indiquent quels sont, dans les temps de décadence de l'église , les devoirs de tous les vrais serviteurs de Dieu, elles les appellent tous à dévoiler les fautes de leur mère sans autre mission spéciale que l'ardeur de lenr zèle et la pureté de leur foi. C'est là ce qu'ont fait nos réformateurs, et l'église romaine qUi a méprisé leurs plaidoyers jContre elle, sera frappée d'une riiine semblaUe à celle qu'Osée annonçait à l'église juive.

Après cet appel à la repentance. Osée expose avec sa brièveté ordinaire, en trois versets (5, 6, 7) ; 1° le crime d'Israël ; il se prostitue, il adore le» faux dieux auxquels il attribue les biens qu'il reçoit de Dieu (8), et il place sa :Confiance dans les peuples païens qui sont ceux qu'il aime ; il recherche leur alliance, et par le commerce ils lui font part de leurs richesses [12], tandis que l'église de Dieu ne doit pas s' enrichir des biens de la terre et des présens du monde ; — 2° le châtiment d'Israël ; il sera mis à l'étroit (Job ui, 35), et serré de si près qu'il ne pourra pour ainsi dire remuer dans sa prison ni en sortir; — 5° les heureux effets de ce châtiment, qui le convaincra qu'il n'y a pas de salut auprès des faux dieux ni des peuples païens, et qui lui inspirera une sincère repentance et on véritable désir de retourner vers l'Etemel, son premier mari. Cette con-

versioDparlasoaOranceestprédsément l'annean qm onit les menaces et les promesses da premier chapitre. — ^Notez tout ce qu'a de solennel le parce que au verset 5, et le c'eit pourquoi dn verset 6. avec le chaugemeiit da discours indirect au direct, je barrerai ton chemin. — Ezéchiel, dans le chapitre xvi, a repris et développé les images des versets 3, S, 7.

Osée vient d'exposer toute sa pensée ; il va la développer, et il reprend les divers points qu'il a indiqués aux versets S, 6, 7, pour les traiter avec détail et dans le même ordre du verset 8 à la fin du chapitre.

(L'Etemel comblait les Hébreux de ses biens, et abusant des grâces de Dieu, ils les tournaient en dissolution, oubliaient qui les leur donnait , et faisaient réellement et spirituellement, de l'or et de l'argent dont Dieu les enrichissait, des idoles. C'est pourquoi il les dépouillera complètement, tf leur 6tera ces richesses qui couvrent leur honte en prêtant au vice un hu\ éclat de grandeur, il les jettera dans cette pauvreté qui rend le péché lùdeux anx yeux de (oos, îl découvrira leur ignominie devant leurs alliés, dont aucun ne les sauvera de la destruction (raine du rojaume de Samarie par Salmanasar). Leur culte cessera avec toutes leurs joies (dispersion des dix Iribos par toute la terre, laquelle dure encore ; captivité ponr Juda). Leurs vignes et leurs jardins seront changés en forêts où demeureront les bétes sauvages [par exemple, les lions qui dévoraient les colons étrangers dans la Samarie soumise aux Assyriens, 2 Rois xvii, 35). Ainsi seront punis les longs jours des Bahalins , de ce culte idolâtre qtii a commencé peu après la mort de losué (Juges n, 8-15) , qui s'est perpétué à travers toute l'époque des Juges [m, 7; vi, 35; viil, 53), jusques au temps de Samuel (1 Sam. vn, 4), qui n'avait sans doute pas cessé entièrement sous David et Salomon, et qui éclata avec plus de force que jamais sous Acfaab (1 Bois XVI, 31 ; xvai, 18).

La puBÎtion sera ptoporlionnée à la longueur de ces jonrs d'idol&trie et de débauche, où Elle faisait fwner Veneent de-i vant les iddies et parée de ses joyaux s'en allait après ceux qu'elle fàmaitr. . . et m'ovhliait l dit l'Eternel. >

Tels sont les crimes, tels seront les chAtîmeas, et Toid

La femme infidèle a été chassée dans ce désert dont Diea l'avait menacée [il, 5]. Et ici le prophète (ait un admirable usage de l'histoire des Hébreux sous Moïse. 11 représente l'Eternel , non point comme chassant dans sa colère les Israélites criminels hors de leur patrie et de la terre promise, mais comme les attirant par la persuasion loin d'une conirée qui est leur Egypte spirituelle, leur maison de servitude morale, et les menant dans un désert, l'Assjrie, le monde païen, qui sera pour eus un lien de délivrance et de salut, et où il leur parlera selon leur cœur repentant et contrit (Esaïe xl, 12). Ite Ai, il leur rendra leurs vignes, leur patrie, ainsi que du désert de Sinal, il a donné à leun ancêtres ce même pays de Canaan; et le temps du troiàtle, c'est-à-dire de l'esclavage et de la repentance, sera précisément celui on leurs cœurs réconciliés avec Dieu comprendront qu'il ; a encore nn repos pour eux dans ce monde et un repos bien plus doux encore dans le monde à venir- La veUlée de Hacor ou du trouble, par laquelle les Hébreux sons Josué montèrent des [daines arides du Jour' dain et de Jérico sur les belles et fertiles montagnes de U terre promise, et qui était aussi célébré en Israël par la faute et le chfttiment de Hacan (Josué vn), et par ta victoire décisive qui suivit (Ibid. vu) que par sa grande fertilité (Esaïe Lxv, 1 0) , deviendra la porte de l'espérance, le chemin vers l'avenir de paix et de sainteté qui est réservé à Israël renouvelé. AXats les Hébreux chanleront, en chœvrs qui se répondent l'un à l'autre, des chants de salut et de victoire

30 osés.

pareils à ce cantique de Hoïse (') que le peuple au temps de sa jeunesse chaula sur les bords de la mer Rouge (Exode xr; Esaïe xn; Apoc. sv, 3). Encejour-là (que préfigurent confusément les temps d'Esdras et de Nébràiiè et ceux des Haccabëes, et qui est dans son sens. spirituel l'époque de la venue de Jésus-Christ, et dans son sens plein et complet celle do rétablissement futur des Hébreux dans la Judée), en «e jour là, t'ég-lise reconnaîtra pour son époux l'Etemel, qu'elle abandonnait aux temps d'Osée comme s'il eût été un faux Dieu et BaluU l'Eternel. L'attachement du peuple à Jéhova (Micfc. v, 13; Zach. xm, 2; Exode xxni, (3) sera tel'que loin d'être coolinueUement tenté de se détour^ ner'de Ini, on n'entendra plus même prononcer les noms des Bakalins (vrai des Maccahées, de l'église chrétieone, des derniers lenàps). Et lorsque l'Esprit de Dieu aura épanché dans les cœuis des vrais Israélites un tel amour pour Dieu et une telle obéissance à sa loi, ce rétablissement de l'ordre au dedans de: l'homme sera accompagné et snivi d'une raerreilleûse révolution dans la natuT% [selon les pressenti— mens de Job v, 35, et selon la prophétie de Moïse, Levit: XXVI, 5 et Buivans, qu'Esaïe et la plupart des prophètes ont reprise et développée avec Osée, et qui reparait sous un jour plus brillant et mystérieux encore dans l'épitre aux Romains vni, 19 et suivans). Dieu traitera aliiance tmee les bites féroces descMnips, avec les oiseaux des deux, les sauterelles et les insectes destructeurs, avec ks repliks de la terre: En même temps la paix régnera paroii les hommes dans U terre sainte et les contrées voisines, et les fidèles reposeront en .sûreté sans avoir de guerre ni d'invasions à redouter (Michée iv, 10, 11). Toute inimitié, tout combat cessera et dans le cceor de l'homme et dans- le monde physique et dans la société ; le mal sera vaincu dans tontes ces sphères,

{*) Olahauaen. De l'iDlerprétation biblique, p. 41.

qui sont au point de vue bibliqae ÏDtîméDieDt anies les nues aux aulres, et ne forment qu'on seul tool. Toutes choses seront faites nonrelles, il ne sera plus fait menlîon des fautes passées de l'épouse de Dieu et de son ancienne alliance. Régénérée, faite une antre créature, elle deviendra la fiancée de l'Eternel par une alliance toute noqvélle; l'Etemel l'épousera pour toujours, et il lui apportera en pré* sens de noces, {ajustiez et le droit, la grâce et la miséricorde; OQ, selon le langage de saint Jean, la vérité et la grâce (Jean i, 14); Ul'aimerad'unammirmcUtériAte, et le bnl de cette alliance sera : La cormaiisfmce de l'Etemel, sa communication à l'âme fidèle. >

Osée achève sa prédiction messianique par an tahleaa (31-33) qui surpasse certainement en beauté littéraire toot ce que les poètes profanes pourraient opposer de semblable. Le prophète efface en quelque sorte toutes les menaces qu'il vient de prononcer et contre son' penpie et* contre la terre elle-même , et peint à nos jeux ctHnme un fleure de bénédictions qui découle de Dieu et s'abaisse par les cieux et la nature terrestre' vers Israf*!, mais qui ne descend de degrés en degrés qu'aux successives et bienveillantes intercessions des créatures les unes pour les autres. < Alors j'exaucerai, dit l'Etemel , alors sera le temps de l'exaucement (Es. Lvni, 9). Et les deux m'imploreront en Eaveor de la terre et je les exaucera, et la terre implorera les deux en faveur du froment, du vin et de l'buile, et les deux l'exauceront. Et te froment, et le vin et f'hutfe imploreront la terre en faveur de Jizrébel, et fa terre les exaucera. Et Jiz~ ribel, qui est le terme où viennent aboutir ces bénédictions, implorera le froment, le vin et l'buile , 9111 l'exauceront. El je sèmerai cette divine sanence (Jizréhel) sur la (erre, et j'aimerai celle qxU n'est point aimée ( Loruhama ),. e( je dirai à celui qui n'était pas mon peuple (Loammi) : Moa

fmple, et il me dùVi .' Jfon Dieu. » Ainsi l'Anionf de Dieu pour l'homme retournera enfin de l'homme à Dîen.

Gomer se livrait loin d'Osée à loas les plaisirs qni penvent te trouTer lois de Dieu, quand elle vit arriver dans la maison de son amant , le prophète qui annonce son intention de la reprendre chez lui. Il l'achète comme une esclave, an pris de 50 sicles, dont 15 en argent cl 15 en orge. U la prend dans sa maison et lui dit : < Pendant une longue smte de jours tu demeureras chez mm, car tu es ma femme (Dent. XXI, 15), tu ne t'abandonnerat plus et tu ne aéras à aucun homme, et moi aussi je n'aurai aucun commerce acte toi, tu n'auras ni amant ni mari. > [')

(*) Au moment de livrer ces pages à l'impressioD , doos trouvons dans l'ouvrage allemand. d'Hoffmaon (1^ prophétie et Bou accomplissement dans l'aucien et daos le nouveau Testa-' ment, 1841), une e\plication des trois premiers chapitres d'Osée, conforme à la nôtre. HolTmanii pense aussi que la femme dont il est fait mention au chap. m, est la même que Gomer. II traduit le premier verset ainsi : « Va et aime de nouveau » comme ta femme celle qui était aimée de son mari et qut > était adultère. > — Il ajoute que , d'après ii Rois vu , 1 , ott peut admettre que dans les teros ordinaires l'épha d'orge valait nnsicle, et que le prix de IS sicles et de 15 éphas d'oi^ équivaut à 30 sicles ou à 30 éphas d'orge; que d'après Exode XVI, 16. 56, un homèr ou la dixième partie d'un épha était la nourriture d'un jour pour un homme, et que l'orge était l'aliment des pauvres; qu'ainsi Gomer était tombée dans une telle pauvreté, qu'elle consent à abandonner sa mauvaise vie pour avoir du pain d'orge pendant 300 jours. Sfais ces 500 jours ont probablement un sens figuré ; les semaines saintes depuis le premier jour du mois Abib jusqu'à la Pentecôte , comprenaient 6S jours, qui, additionnés aux 300, forment une année so-

Quels étaient les motifs de cette siagnKJre condaite d'Osée? Il avait reçu IWdre de Dieu d'a|^'r ainsi , et il devait obéir ; mais cet ordre répondait aux setrèfes pensées de son cœur. Osée pouvait-il avoir eSàcé de son sonvenir sa jeune femme, et ne pas la suivre de ses prières an sein même de ses égaremeus? Il l'aimait encore au Tond de son cœur, quand Dieu lui commanda de l'aimer de nouveau , et cet ordre «gnifiait plalAI : < Déclare aux jeux de Ions , &is éclater par on acte manifeste l'affection sainte et plane de tristesse que to as gardée pour ta femme infidèle. > Mais le véritable amour Teut la vraie félicité de la personne qui «D est l'objet : Osée cbercbe comment il pourra ramener au bien la malbeureusc Gomer, et Dieu lui en révèle lei moyens. Elle rentrera dans la maison de son mari, elle y sera soumise à l'action salutaire de la foi et de la piété ; mais elle sera privée de tonte espèce de joies, afin que dans 8on isolement et sa tristesse elle rentre en elle-même et se tourne enfin vers le vrai Dieu- Or, nous ne mettons pas en doute que Gomer n'ait achevé ses jonrs en digne femme d'un propbèle, le Ijpe semble l'exiger.

Le type, disons— nous; car la vie entière de Gomer et la conduite du prophète à son égard depuis leur mariage jus* qnes à leur mort devaient être symboliques. L'Eternel semblait CHiblier son épouse adultère et la laisser vivre au

laire; et l'Eternel semble dire par Osée à son peuple : • Peu"- . ■ Anal 300 jours je me tiendrai loin de vouq et vous abandonne^ . * rai à votre afQictioD et à vos souSranoes, mais après cela vien>-

■ dront lessemaîoes saintes qui commeocent l'année nouvelle et

■ avec lesquelles recoiumeucerout aussi les temps de bénédic-

■ lions, de sainteté et de paix. • C'est au commencemeat de l'année qu'Israël est sorti d'Egypte ; c'est au commencement de l'aDoée qu'il est entré dans Canaan. — Nous avons emprunté plus haut à Hoffmann l'explication des noms de Gom^r et de son père.

54 iistOB.

gré de ses passions. Mais il n'en élait rieD; tandis qu'elle adorait les fanx dienx et lenr offrait ce» gâteaux de roùtn qui étaient en grand usage dans les cultes païens et surtout en Pbénicie (Jér. tu, 18), Jéhova l'aimait encore de œt amour dont Osée aimait sa femme adultère, et qni loi inspirait un ardent désir de la sauver de la mort. Un temps viendra donc où JéhoTa reprendra sous sa discipline les Ira-aéliles qui, pour leor perdition, sont maintenant libres de tout joug : (Pendant une longue suite de joun, ils n'auront m rois, ni grands, ni culte du vrai Dieu, ni culte des idoles ou des colonnes (2 Rob lU, 2; x, 26. 27], nil'Hihod Au souverain sacrificateur, ni les Ihéraphins des prêtres païens. > Ils seront comme Gomer dans la maison d'Osée, sans joies permises et sans joies illicites, ils seront privés de la communion spirituelle de l'Eternel et des fêles sensuelles de Bahal, ils n'auront plus aucun mojen de connaître la volonté de Dieu et l'avenir, ni par l'épbod d'Aaron (i Sam. xxni, 9. 10), ni par les tbérapfains (2 Bois xxxu, 34; Ëzéch. xxi, 26; Zach. x, 3), statues fatidiques de di- Terses grandeurs (Geo. xxi, 34, et 1 Sam. xix, 13), qui étaient censées rendre des oracles et répondre aux questions qu'on leor adressait touchant l'avenir (Jér. u, 27; Bab. u, 19; Es. xl, 20; xliv, 13).

Noos plaçons les faits racontés an chap. m, vers la fin du r^ne de Jéroboam n, et nous voyons dans l'interrègne qui suivit sa mort, un premier et partiel accomplissement de la. prophétie que nous venons d'exfdiqner. Alors, eu effet, Ephraïm se trouva sons roi, et une telle imarchie qni était on fait inonï en Israël depuis Saill, et qui fut accompagnée de désordres de (ont genre (iv], dut être considérée comme on gage de l'entière réalisation des menaces du prophète.

Ces menaces s'accomplirent d'une manière plus frappante pendant la captivité d'Assyrie et de Babylone; alors il n'y

ibïGf^Oglc

09ÉB. 85

«Ht DÏ rot ni cuUe. Cependant des prophètes consolaient encore les exilés et leor montraient dans an avenir prochain des temps meilleurs.

La prophétie ne s'est réalisée en plein qne par la dispersion des Juifs dans tontes les centrées de la terre, et par l'clal politique et moral où ils sont depuis nombre de siècles. Ils habitent bien réellement danê te désert (n, 5. 14) ; partout ils ont perdu et leur existence politique et nationale, et leur culte; ils n'adorent point Jèbovar puisque Jéhova c'est Jésus-Cbrist, qu'ils rejètent; mais ils n'adorent pas non plus de faux dieux ; ils sont comme une fenune qui n'a ni mari ni amant. Bien plus , sans être osclaves , ils sont partout traités en esclaves, soumis à des gouTememras étrangers, humiliés par les lois, opprimés par les hommes. Et cependant leur nation subsiste toujours, intacte, Tivace, et attendant depuis plus de 18 et de 37 siècles ce que Dieu fera d'elle, telle que Gomer prisonnière dans la maison de son mari et comptant les longs jours de sa réclusion. Quel saisissant tableau de l'état actuel des Juifs dans ces quelques mots prononcés il y a 2600 ans : ■ Sans roi et sans grands, > sans sacrifices et sans idoles « sans éphod et sans th^- »phinst.

Cependant Gomer ne restera pas jusques à sa mort captive chez son mari, Israël qui ne doit pas se fondre dans les peuples au milieu desquels il demeure, ne restera pas non plus dans sa servitude présente. Son séjour dans le désert, nous le savons, est nn temps de repentance, le temps d'une longue et insensible purification (u, 14-17). ■ Après »cela les cnfans d'Israfil se convertiront et rechercheront il'Ëternel leur Dieu, et ils révéreront l'Elernel et sa bonté «vers la fin des jours, i Cette prophétie reproduit et complète en un point capital les prophéties semblables de i, 10. 11 , n, 1, et de II, 7 et 14-23; elle dit que le ch^/ unique que se donneront les douze tribus rémiîes sera David , celui

36 oaÊBt

doDt David était à la fus le type et l'ancélre [iée. xxs, 9; Ez. xxxiv, 33 ; xxxvn , 24) . Ajoutons qoe , comme lea Ephraïmites auxqoels Osée prophétisait, s'étaient sonstraita i la domination de la maison de David , il y avait dans cette prédiction l'indirecte condamnation de lenr réToUe polîtiqoe et un appel à reconnaître lenr faute et à quitter le ctille des Teaox d'or pour oeini du temple de Jérnsalem.

LES PKOPHÉTIES.

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