AH
prophétise , ce n'est point sans came, car Diea m'a parlé dans rialérieur de mon &me (8}.
Ainsi se légitiment la colère de Dien , la mission du prophète , la frajenr dn peuple et les ch&timens qui le menacent.
Après ce préambule remarquable , Amos commence son discours prophétique d'une manière brusque, inattendue et Traiment sublime, par ces paroles : ■ Criez— le sur les palais d'Asdod, sur les palais de l'Egjpte, et dites h ces païens t AssemblcE-Yons sur les montagnes de Samarie, et regardez les grands désordres qui régnent au milieu d'elle, et l'oppression qu'il y a dans son sein ► (9) .
Le discours du prophète se divise en deux parties : la première, lu, 9-15, iv; la seconde, v el VI.
La première partie, dont nous venons de citer le commencement, présente d'abord aux Ephraïmites, avec une énerve toute particulière, leurs crimes et leurs chAtimens [m, 9-12, et iv, 1-5). Les pensées se suivent de près, à rangs serrés; point de développemens, c'est le premier jet des reproches et des menaces, quialtement plusieurs fois {'). Le prophète les presse-t-il de se convertir [rv, 4, 5) ? Non ; il les connaît trop bien pour cela , il les renvoie , dans une sanglante ironie , k Béthel et à Guilgal , à leurs fêtes cri^ minelles, à leur culte hypocrite ; < car vous le voulez ainsi , 6 enfans d'Israël, dit le Seigneur, l'Eternel. > Et cependant l'Eternel a compassion d'eux , comme un père d' enfans indociles ; d une main il les élevait à un haut degré de prospérité temporelle ; de l'autre , il cherchait à les ramener à lui en les frappant de fléaux de courte durée ; il leur avait en-
(<) IV, 1 , les vaehet grana on dt Bosf an, sont lee grands et les riches d'Ephraïm , gens énervés et elléroioés , soit lenrs leminei.—Z. Pou» jetterez làvo» palaù, selon d'autres, vos (idoles de) Rimmona (2 Rois v, 18), ou voui serez emmenés ùHarmona (l'Arménie),
voyè saccessivement , et selon aoe progression <»vissante, d'abord la sécheresse, pois la brâlnre et la nielle ('), ensuite la mortalité , et enfin un tremblement de terre. Uais ils ne se sont point convertis (ft-11). Alors Amos, leur indiquant comme du doigt le châtiment fatur qu'il lenr a déjà prédit, continue en ces tennes : C'est pourquoi , ainsi te traiterai-je, et puisque je te Terai cela , prépare-toi , 6 Israël , à ta rencontre de ton juge , de Diea , de ce Dieu qui a formé les monis, etc. (13, 13).
La seconde partie du discours est nne 4 complainte! (v, I) ; c'est une exposition détaillée des péchés d'Ephraïm, entremêlée d'exhortations à la repentance , et partout empreinte du sentiment douloureux que la mine prédite aura lieu réellement à cause de l'impénitence du peuple.
La mine est certaine [3] , elle est immense (5).
Elle peut encore toutefois ne pas avoir lien : Cherchez l'Eternel, et tous vivrez ; fuyez Bélhel et Gnilgal, qoi vont être détraites; prenez garde que le feu de Jébova (i, il] ne saisisse Joseph et ne le consume ; souvenez-vous de la puissance terrible de l'Eternel {v, 4-9).
A ces exhortations relatives au culte du vrai IKeu, à ces menaces contre les sièges du faux culte d'Ephraïm, snccède la censure des méchans , qui haïssent le juste et l'obligent au silence, qui oppriment le pauvre et pervertissent son droit. Le prophète essaie, mais comme en héâtant, d'exhorter ces méchans à ebercher le bien , à haïr le mal ; alors l'Eternel sera réellement avec vous, comme vous le prétendez , peut-être aura-t-il pitié du reste (*) de Joseph. Mais
(') Voyez peut-être Joël i et ii.
C) Ce reste de Joseph ou d'Israël , auquel se raltacbent toutes les prophétie» messianiques, apparût ici et dans Joël ii, 33, pour la première fois. Nous le retroDverons bientôt dans Mi- Chée II, là; v, 3. 7. 8 ; il jone un grand rôle aussi dan^ Esaïe
l'esprit du prophète est bientôt rappelé aax scènes funestes de l'avenir, par les lamentations qui s'élèrent k ses oreilles spiritaelles de tontes les parties du pays (t, 10-17).
n a censuré en premier lieu les adorateurs des faux dieux ; il s'adresse maintenant aox. taux adorateurs du vrai Dieu , à ces Waèlites qui, dans leur coupable afeuglemenl, osent appeler de leurs souhails le jour de l'Etemel ('j;ciHnme }e pourraient faire ses Trais et fidèles serviteurs, et qui croiml lui rendre un coite qui Ini soit réellement agréable , tandis qu'ils ne s'approchent de lui que des lèvres. Peu importe ici Bèthel et Jérusalem , et les prophètes de Juda adressent à leurs concitoyens des reproches tout semblables à ceux qn'Amos fait ici aux adorateurs des veaux d'or. Il ne fait d'ailleurs aucune tentative de les amener au vrai Dieu ; ils se croient en par&ite santé , conunent iraient-ils au médecin? Ils sont les saints et les justes de ce peuple perdu ; comment les convaincre de pécbé ? Toutefois Amos leur déclare qu'ils ne valent pas mieux que leurs ancêtres qui ont adoré Moloch (*) au désert , et leur annonce qu'ib seront transportés an delà de Damas (v, 18-27).
Atdos s'adresse, en quatrième lieu, aux voluptueux qui ne songent qu'aux plai^rs des sens, à ces grands et puissans qui ont toute la confiance d'Israël, le premier (") des peu- .
I, 9; z, 2S; xtti, 6, etc.; puis on le poursuit dans Jérémie XXXI , 7 ; dans Ezéchiel vi , S , et dans Zacharie xui , 8, 9. Comp. Hom.ii,27;ïi, 4-6.
(*) Voyez Joël i, IS ; ii, 4. 2. 11 ; m, lï. Nous ne cou n ai s- 'sons pas de livres antérieurs à Joël où l'expression de jour de l'Eternel se retrouve.
(*) Ce vers. 26 est traduit fort diversement : Kijnn doit être le Kemphan des Egyptiens, ou Saturne.
(') Le vers. 3 semble l'explication de ces mots : le premier des peuples, traîné , Hamalh , Galb , sout-ils plus cxcellens que vos royaumes, et leurs frontières plus étendues que les vôtres?
AMM. Id
fisa {vi , 1) , et qui ne sont point dans la donleor k caose de la mine de Joseph. Il les connaît, et ne leur adresse pas on seul mot d'exlwrtation ; il ne prend pas même la peine de leur déclarer que leur rie est en abomination k l'Etemel. Us ne le croiraient pas ; quel mal y a— t— il à jouir de ses ridiesses! le Inse est-il un péché, et le goût de la masiqne (') un crime? À. cause de ceU Us seront traïuportés des premiers (VI, i-7).
Amos termine son discoors comme il l'a commencé , par ■ne prédicalioii de ruine et de désolation ; mais il la développe et la précise par des détails saisîssans, en même t^ups ^'il en rappelle les causes (vi,8-14),
Un conp d'œil sur ces chap. v et vi nous montre le prophète censnrant, en premier lien (v, 4-9) et en troisième I (v, 18-27), l'impiété ouvwte et cachée, l'incrédulité et le pharisaïsme ; oi second lien (v, 10-i7) et en quatrième (vi, 1-7) , l'immoralité oorerte et cachée, l'injustice et le sadducéisme.
Les paragraphes 3, 3 et 4 se terminent de la même manière par l'annonce de grands malbenrs.
Dans le paragraphe 1, le verset 7 (v, 7) annonce le sujet dn second, qui traite des péchés contre la justice ; dans celui-ci, le verset ii annonce cette fausse confiance en Dieu , qui est censurée dans le troisième paragraphe , et le vers. â3, qui fait partie de ce dernier, semble en rapport arec le ver-
(*) Verset S , litter. ; i(» Crotenl que les itulrtimetis de muiique «ont pour eux somme pour Daoid, c'est-à-dire que la mueiqne
Seul lout aussi bieo être employée à éj^ayer et amuser des moDaJDs qu'à glorifier Dieu. Or, nous voyons Amos reprocher cette profaaation de la musique aux riches de soa temps avec la même sévérité que leurs festins somptueux. Mais :l est, d'après v, 23, an autre abus de la musique que Dieu ne réprouve pas moins , c'est celui dont on se rend coupable dans ces fêtes qui n'ont de religieux que le nom et l'apparence, et dont le culte catholique ne fournit que trop d'exemples.
setSdiich. VI, dont le commencement forme le qualridme paragraphe.
Les cîuipilreB qoe doos venons d'analyier penrent élre envisagés conmie le résumé de (oafe la prédication d'Amoe en Ephraïm , jusqu'au temps où des visions loi révélèrent le sort du peuple d'une manière jiva saisissante et pour lui-même el pour ceux & qui il les communiquait.
Antos voit des sauterelles se précipiter sur une prairie e4 en détruire toute t'heriw k l'époque où fe regain conmieDce k croître. Celte vision indique une mine totale. Le pré a été dépouillé de son herbe une première fois : une grande destruction a déjà frappé le pays précédemment (2 Bms xin, 1-7). Le regain commence à pousser, le pays à se relever (2 Bois XIV ). Abis des sauterelles viendront manger toute l'heriie jusqu'au dernier brin ; -le peuple sera anéanti. Toutefois, à la prière d'Amos, l'Etemel relire sa menace [vu, 1-5).
Amos annonce cette première vision au peuple, qui n'y prend point garde, ou du moins qui ne se convertit point; et te prophète a une seconde vision : un feu (i et u) consume un grand abtme , et attaque aussi le champ qui le borde (vil, 4-6),. L'abîme ou la mer, ce sont les paï^is; en particulier, les six peuples menUonnés dans les deux premiers chapitres; le champ, c'est Israël, dont la mine devrait être aussi complète que celle de ces états voisins. Mais eUe ne le sera pas : où sont , en effet , les descendans d'Edom et d'Ammon, des Philistins et des Syriens? Ils ont eatièrement disparu , tandis qu'il reste encore des débris des dix tribus ('] .
(') L'explication que nous doDoons ici de l'abime el du champ, dilTère de celle de Preiswerck et des autres comme atateurs que nous avons bous les yeux. Nous avons l'iatlme cODviclioD que le langage figuré des prophètes a beaucoup plus de fixité qu'on ne le suppose généralemeot, et que les symboles ont dans
AWH. àl
L'intercession du prophète a, ponr la seconde fois, écarté du peuple coupable la destruction et le jugement. Mats le peuple ne s'est point repenti. L'Eternel apparaît pour la troisième fois à Amos ; il tient un fil à plomb k la main , l'abaisse au milieu de son peuple , et en mesure une muraille qui est entière, mais qu'il va renverser. Il ne détruira pas Israël en masse ; il déterminera avec précision , et selon son exacte justice, ce qui sera renversé çt ce qui sera laissé debout (Lam. n, 8; Es. xxyin, 7; xxxiv, 17); mais sa décision est irrévocable (vn, 7-9). A cette vision nouvelle plus détaillée, plus solennelle, plus menaçante, que les précédentes , Israël s'agite et s'inquiète , mais ne se convertit pas, et le prophète est expulsé du pays [10-17].
toutes les vistoos les mêmes significations ; ce sont des hiéroglyphes dont il faot déterminer le sGns avant qne de chercher à les expliquer. Ils ne sont d'ailleurs point arhilraires ; bien au contraire, ils reposent sur les analogies réelles et vraies qui existent entre le monde moral et le monde physique. Mais ces analogies soDt difficiles à saisir, et elles le sont tout particulièrement pour nous , Occidentaux , qui ne sommes point accoutumés k rapprocher et comparer ces deux mondes. Il nous faut apprendre à considérer la nature du point de vae d'où le font les auteurs inspirés, et comme le premier chapitre de la Genèse contient les principales notions de la révélation sur la nature , c'est dans cette première page que nons devons chercher la clef des symboles. Il est bien vrai sans doute qne l'on peut connaître le sens de chaque hiéroglyphe, sans savoir pour cela à quels événemens se rapporte telte vision apocalyptique, on tel bas-relief égyptien ; mais il n'en est pas moins incontestable qa« la connaissance de ce sens est la première condition A'ano interprétation tant soit peu solide. Or, ne peatHin pas reprocher aux théologiens qni se sont occupés de l'Apocalypse, et en général des prophéties, d'être partis des événemens historiques pour expliquer les symboles , plntot qu'ils n'ont étudié à fond les symboles avant que de tenter l'explication des visions f Mais revenons à notre texte. L'abîme remonte an cahos , à ce temps où la lumière n'existait point encore (Geo. r, 2); c'est de l'abime, plaine aride, qu'est sortie la terre qu'ornent des plantes
Hais il n'en reste pas mcHiis prophète d'Ephralm , et «es prédictions pirrienneat encore aux habilans de Bélhel et de Âamarie. (Joe qiiatiiècie vision, qoi se rattache intimement anx trois précédentes, Inî annonce que le châtiment dont il connaît la natnre et la certitude, ne peut tarder beancoop; il en est d'Israël comme de Ihuls mûrs, qui ne peuvent re^ t^ plus long-temps sur l'arbre, et qu'on en détache pour les emporter (vm, 1-3; comp. le?- 5àv, 23, etv, i6àvi» 9, 10).
A cette Tision se rattachent les dernières paroles qu'Amos adresse à Ephraïm en particulier. 11 lui reproche encore ses crimes [vin , 4—6), qui sont si grands que la terre en trem-
de loate espèce (Ibid. 9-12); c'est daas la mer que vivent les moastres informes (Ibid. 21) , les serpeas immenses, les léviatans (Es. XXVII, 4), les animaux carnivores dès leur origine (comp. Geo. I, 80); la mer s'agite, comme les nations, à tons les vents (Ps. lxv, 8 et suiv. ; lvii , 20). La mer est le symbole des gentils. La terre, dans son sens de terre ferme , a été tirée du sein de la mer, comme Abraham et le peuple élu du sein des païens ; la terre ferme abonde en plantes , en fleurs, en fruits ; la terre est habitée par des animaux qui étaient herbivores avant la chute , et par l'homme ; la terre ferme est le symbole du peuple élu, de la Terre Sainte, de l'église. Ainsi les astres qui éclairent la terre entière et régnent sur le jour et sur la suit (Gen. i, Itt-ld) , sont les symboles des hommes qui régnent sur les gentils, ou qui conduisent le peuple des rachetés. Ce n'est pas ici le lieu de passer en revue tous les symboles bibliques empruntés à la nature : la lumière et les ténèbres , la terre et les cieux, le soleil, la lune et les étoiles, les plantes et les animaux , les fleuves (Gen. ii , 10-l(>) , les montagnes , les nuées , la pluie , etc. Nous ajouterons seulement que le sens prÎDcipal de ces symboles , lequel est donné par l'étude biblique de la nature, se modilie de diverses manières selon les miracles et les grands événemens de l'histoire des Hébreux (en particulier, de leur séjour dans le désert) , qui se rapportent à tel ou tel de ces objets physiques.
i>le, qa'elle sera sa^ergée comme par l'inondatioa d'un grand fleare, enveloppée de ténèbres, plongée dans on deuil comme l'est cdoi d'no fib nniqoe (Id. 7-1^. Et alors, conlinae le prophète, dont les yeux s'onfrent sur des malbenn d'an toat autre genre «t bien plus terriMes encore , alors Isra^, qoi maintenant méprise la parole de IHea , en aora fidffl et B<Hf et la cherchera partout , mais ne ta trooTera pas, mdgrè la force de ses désirs et de ses sooffi'anGee; car il Bo-a tombé et ne se relèTera plus (Id. 11-14). Celte dei^ nière prophétie s'est accomplie d'une manière effrayante i la vie spirituelle s'est éteinte en Ëphraïm , la voix du prophète a cessé de se fidre entendre parmi les dix tribus qui ont erré de pays en pays, < d'une mer à l'antre et du nord au midi , > et se sont perdues parmi les peuples de l'Asie centrale ; la trace de leur nom s'est effacée, et la parole du prophète s'est accomplie à la lettre , et est inscrite dans les tablettes de l'histoire, i Ils sont tombés et ue se sont pas t^ levés. I
S'il nous était permis de son^r les pensées secrètes des anciens prophètes , nous noos tran^orterions eu esprit auprès d'Amos qui, sans doute, est h Jérusalem; nous le vo^ rions s'afiQiger et pleurer sur Ephraïm, dont il embrasse d'un coupd'ceil les péchés, l'impéaitence et le ch&timent, et porter des regards inquiets sur Joda, qui doit aussi un jour être consumé par le feu [n, 4-K}. Mais que la destruction de Jérusalem est peu vraisemblable ; Tétat politique du royaume est florissant, et sur le trône se succèdent, de Joas à Jotham, des princes habiles et pieux ; Siou n'a-t-elle pas d'ailleurs des pnniiesses toutes spéciales? Et cependant voici qn'on jour Amos a une vision , ce fut la dernière. Le S^ gneur lui apparaît debout sur l'autel des holocaustes {'), qui
(*) Od pourrait être tenté de rapporter cette vision au temple de Béthel (tu, It). Mais l'atUel, sans antre désignation, ne peut être que l'autel des holocaustes dans le temple de Jérusa-
S4 AWM.
est dapB le parvis du temple de SalonKrii, et lui dît : < Fra^>e les dupiteaux des colonnes Joachin et Boas ( 1 Bois vu , 15-32] , et qae la porte «>a b«mble , et fais-les t<uiiber eo l^èces SOT Ut tête de tous > (a., 1]. QueUe a dû être la donleur d'Amos, en Tojast que non seoleiDeBt Juda et Jénisar kn seraient détruits , mais que le temple aussi serait nor jtxaé , et que le temple de David et de Salomoa , dans le sanctuaire duquel la gloire de l'Etornel apparaissait as dessus du propitiatoire , serait traité comme cdiu de Dafoo , que Samson 6t crouler en mi brisant les colonnes , et aous les nûnes duquel périr«il les Pbllistîns! Le culte du mû Dieu qui fiaisait la fwce de Juda, devient rinstmment de sa rnûe, part» qu'il l'a profuté ; car, dans tous les siècles, le Christ , qui est odeur de rie pour les crojans, se change en odeur de mort pour les rebeHes. L'Etemel sait bien combien une telle prédiction semblera inirais^nblable au {ntophète d'alors , mais surtoat au peuple ; aossï l'Esprit saiitf répète-l-il celle déclaration sous plusieurs images di^érentes; Dieu le fera certainentent (ix, 1-4), él il est bien assez puissant (') pour cela (Id. 5, 6). Que l'on n'aille pas se IranquïBiser par le souvenir des bienfaits passés ! l'Eterud en a ecc«wdé de tout pareils à d'autres peuples, contre lesquels il va néanmoins envoya son feu conanmaot (i, ii) ; ses grâces ne peuvent lier pour l'avenir ses maiss à sa justice ; que loi
km ; tout le chapitre ix, d'ailleurs, parle du peuple eatier d'Israël, des douze tribas. — Les deux colo.nnés Joachin et B<n» Bupporlaient Je portique du temple.
(*) Ces deux versets, S et 6, sont semblables an verset 8 da chapitre précédent, et cette correspondance çutre deux ohapi- Ires, dont l'un a Irait à Ephraïm, et l'autre au peuple hébreu , prouve l'intime connexion qu'il y a entre toutes les parties de ee livre, qui n'est point formé de pièces rapportées, et qui a été bien certainement composé d'un seul jet , ou du moins d'après un même plan.
AHOB. 9S
fiut le n<Hn dn royaume pécheur? tout pécheur seracbftiié, tout royatpne pécheur aboli (ix , 7, 8).
Gepei^ant t la maiaoD de Jacob (c'e8t-ft-£re le peujde hébreu, mais tout particulièrement EpbraHm, que menacent les jugemens les (rfus sérères, vin, 34), la maison de Jacob ae sera pas entièrement alx^; > car l'Etem^ ne peut reûter aucune des magnifiques promesses qu'il a faites à son peB|Je, et qui se rèalûeront toutes poor les vras Israélites. ■ faraud fiera agité parmi toutes les nations, mais, comme le blé l'est dans le Tan ; il ne sera que criblé ; la poussière et la paille se sépareront des grains, dont aucun ne sera perdu (9) , tandis qne ceux qui pèdient contre le saint Esprit et Mnt sourds aux commaDdemei» de IMeu , périront seuls ^ mais périront tons» (10). Ici l'aTcnir se découvre aux jeux du jvopbète des menaces , comme oœ br^ante aurore au Kia d'ime mort ténébreuse et après nne Tioleate tempête. (Eb oe temps-là, » dit-il, < dans ces temps messianiques qui riors apparaissaient à l'horizon dans un lointain indèter- EÛné , et qui pour nous ont commencé arec ta venue de la Parole en chair, mais qui ne se termineront qu'avec l'entier aecon^lissemenl de l'oeofre de Jésus-Clrât sur la terre , en œ temps l'Etemel relév^a la cabane renversée de David. > Abbos ne parle point de la forteresse, du palais de David, ear sa maison royale ne sera ptus alws qu'une penvre cabane : c'est ainsi qu'Esaïe a vq l'arbre nu^nifique de David coupé jusqu'à la racine, et ne {voduire qu'un faible rejeton (xi, 1 ). Mais Ephralm ne peut en douter: c'est tneo de Juda que viendra le salut dans les temps de gloire qne garde l'av^ur aox Hébreux ; de Joda , contre qui les dix tribus se sont sonlevèes , et dont elles sont eatiéremenl séparées. Quand la maison de David sera rebâtie comme elle était andennement , la terre sera bénie extraordinairemenl (voy. Joël ni , 25), les semailles , la moisson , les vendanges se succéderont sans interruption dans la patrie du peuple
Sfi jjios.
saint (IS) ; l« joieet la ftix j téfntÊtoot à jamais dans les villes et les campagoes (14, 15, par oppositkHi à iv, 6-9 ; V, 11 ; IX, 11, etc.). Cependant Ëdooi, soamis par Darid, et de DOuveaa indépendant lors de la décadence da roj'aame de Jada, reconnaîtra enfin, pour ne pins s'y soustraire , la domination du Boi des rois ; mais il ne sera pas ie seul des païens à le faire; d'antres nations ad(»«ronl le vrai Dieu. Toatefoîs Amos ne parle qne des restes d'Edom et des restas des nations ; car si , d'âpre son témoignage , il a'j awa qn'un reste de sauvé de la maison même d'Israël , combien plus en s^a-t-il ainsi des païHis? Le jugement passera sur eux et les détruira ; mais ceux qui ne résïsteroDt pas k Diea jusqu'à leur dernière benre , feront partie du peuple qae Dieu nomme le sien ('}.
Amos , aTODS-nou» tu , avait une mtsàon de censures el de menaces auprès d'un peuple oi^eiDeux et criminel , et les dix tribus, auxquelles il étaft tout spécialement envoyé, ne devaient avoir, à cause de leur rébellion , qu'une très fiaible part aux promesses âiites k Abrabam et à ses descendans. L'élément messianique ne peut donc occupa une grande place dans le livre d'Amos, et la seule de ses prophéties qui ait trait à ces temps de relèvement, de gloire el de paix, n'ouvre aucone vue particoliére , ne présente aucun trait qui loi soit propre. Toutefois, malgré sa brièveté, elle contient toutes les idées principales qui servent de base à la totalité des prophéties mesdaniqoes, et qui sont : 1° Le royaume futur de Dieu n'admet que des citoyens régénérés dans leur cœur et sanctifiés par l'esprit de Dieu (ix , 8-10) ; l 3° les hommes saints forment une église sacerdotale et pure I sous un chef unique , le Fils de David , le Messie ( indiqué
(') Preiswerk semble conclure, da vers. 12, que les païens seront ou détruits ou convertis ; mais le passage ne signifie-t-il pas plutôt que le peuple de Dieu possédera tous ceux d'entre les païens qui invoqueront son nom ?
AHOS. 27
ao vers, il) ; 3' dans ce royaume règne la paix du cam* et h paix sociale ; les maux physiques comme ceux de l'&me y soDt abolis ; toutes les ancieDues promesses de Dieu y trou- Teot leur accomplissement final ; toute lutte , toute inimitié, tout désordre cesse, et la création entière célèbre la fête àe son rajeunissement (13-15) ; A" les nations étrangères, païennes, entrent dans ce royaume en se convertissant & Jésus- Christ; ou S" sont expMées au jugement du grand jour du Seigneur (13).
Quelque brére et concise que soit la prédiction mesna— nique d'Amos , ses paroles ont cep^idant trouvé une place dans le Nouveau Testam«it , et servi d'appui à l'apôtre Jacques, pour établir que la porte de l'église du Seigneur s'ouvrait aussi large aux païens qu'aux juiis [Actes xr, 14—17). C'était im moment critique et-décisif pour l'église naissante : qudipies-nns de la secte des pharisiens , qui avaient cm , voulaient élever, tout autour du parc des brebis de Christ , l'ancienne barrière de la loi nKealque, et assembler les fidèles BOUS un joug que nul n'avait su porter ; mais Jacques leur opposa les paroles d'Amos (ix, 11 , 12), et leur prouva , comme il le fait encore à nous , que les prophètes de l'ancienne Alliance sont d'accord avec les témoins de la nouvelle, qu'un seul Esprit les anime tous, quoique sous des formes qui varient selon les divers degrés de développement du règne de Dieu sur la terre, et qu'il leur présente à tons le même but , l'accomplissemeut de toutes les promesses et de tous les décrets de Dieu en la personne de Jésus-Christ et dans son royaume.
MIGHEE.
Hichée était orig^ÎDaire d'une Tflle de Saàa , qui portait le nom soit de Moreseth, soit de Maresa (') . Voilà tout ce qu'il nous apprend et tout ce que nous savons de sa patrie (■].
I[ a reçu ses révélations sous les régnes de Jotham, d'Achas et d'Ezécbîas (ibid.). Il était donc contemporain d'E— saïe, et il ne faut pas le confondre avec ce prophète Hichée, fib de Jemla, qui virait, près de deux siècles auparavant, sous les rois Josaphat de Juda et Àchab d'Ephraïm , et qui était un contemporain d'Elie (1 Boisxxn).
Le temps où vécut le prophète Michée dont nous avons an livre , fut un temps de décadence et de danger pour les deux royaumes, de Juda et d'Ephraïm, et surtout pour ce dernier. Dans les premières années du règne d'Ezéchias , h
(*) Micbée est d'une petite ville de Juda, située dans le bas pays, et loio de )a capitale. Ses regards s'attachent tout particnlièreaient sur tes villes de ta campagoe (i , lO-iS), et sur Bé' ihléem , qui doit être , et non Jérusalem , la patrie du Messie (y, 8; v, I). Il s'occupe beaucoup de l'état moral de son peuple, et fort peu de ses rapports avec les pays voisins. (Trad.)
(*^ On remarque entre Michée et Esaïe de très grands rapports dans les expressions, les images et le style. (IVoâ.)
poissant roi d'Assyrie, Salmanasar, détruisit le royaame de Samarie ; et pea d'années après, son fils, Sennachérib, assiégea Jémsalem, devant les nuirs de laquelle il essnja ane défaite miracoleose , pendant que dans la ville le roi Ezéchias priait et le prophète Esaïe parlait au nom de l'Eternel. Mais quelque menaçantes que fussent les drconstaoces extérieures, et quelque inquiétant que fût l'état intérieur des deux royaumes, nul, pour ainsi dire, n'y prenait garde, et il régnait chez les grands et le peuple cette sécurilé qui précèdent d'ordinaire les grandes calamités.
La mission que Hichée avait reçue de l'Etemel était de reprocher leurs péchés à Ephralm et Samarie , à Juda et Jérusalem , de leur annoncer leur ruine imminente, et en même temps de leur dire que le salut qu'ils attendaient de leur Dieu était très éloigné encore, n'arriverut qu'après de terribles jugemens, et serait d'une- toute autre natnre qu'ils ne s'y attendaient. Des passages tels que ii, 11, déroileolà la fois le sens charnel du peuple à qui les jouissanœs nut^ rielles du moment faisaient oublier tous ses sonds, et sa foi illusoire en des prophètes qui l'égaraient. Les versets 9-13 du cbap. m désignent, en quelques traits pleins d'éoergie, la corruption des principaux de la nation et la grandeur de leur ruine à venir. Michée avait à lutter contre la dépravation générale des mœurs et contre une fausse foi qui ne faisait qu'endormir plus profondément les esprits dans une vaine sécurité.
La position de Michée a une grande ressemblance avec celle de Jérémie , qui vint un siècle plus tard , et qin vécut à une époque de plus grande décadence et d'une sécurité . plus aveugle encore. Malgré les déclarations les plus pod— tives de Jérémie , le peuple s'obstinait à croire que le secours de Dieu ne lui manquerait jtas dans la détresse, St un jour que les prêtres, les faux prophètes et le peuple voulaient punir le prophète de ses menaces en le l^nt périr.
qaelqac9-Dns des ancieiia s'élerèrent d'«etre cepx da peu- ^e qni avaiest pris sod parti, et direat que Hichée, Mora»* die, avait, en soa temps, aanoncé but Jënudem les mêmes malheurs que Jérémïe, mais qu'on avait alors craint Dieu, et qu'on n'avait fait aacan mal au prophète (Jér. xxvi).
Le livre de Michée se divise en trois parties principales , dont la première comprend les (^ap. ^-m; la seconde , iea diap. iT et V, et la troisième, tes chap. vi et vn.
La première se rapporte aux temps présens, auxquels le prophète revient dans la trtnsième, après avoir annoncé dans la seconde le saint réservé, dans les temps futurs, an peuple de Dieu après ses cbâtimens et sa repentance.
Dans la première partie , Hichée annonce la destruction de Samarie et de Jérusalem , juste punjlioa des pèches énormes de leurs habitaos. Ces menaces sont interrompues à la &n du chap. n, (vers. i% 13), par une promesse générale et vague d'an rétablissement filtnr, qui contrebalance • la frayeur que ces menaces devaient inspirer, et qui soutient respèrance des fid^es.
Après les reproches sévères et les sinistres prédictions du diap. m, le prophète s'arrête et annonce *en détail l'évangile do salut qui doit être rév^é dam les derniers temps (IV. V).. •
Puis S ramène les regards de ces temps éloignés snr le présent (ti et vn) ; car les promesses du salut et de la victoire ne doivent pas endormir les esprits dans la sécurité, ni faire croire que ces faux prophètes ont raison qui ne parlent que de paix et que de la grftce de Dren. Les péchés du peuple et sa corruption profonde lui sont de nouveau mis devant les yeux avec beaucoup d'affection et à la fois de sérieux ; et la vraie repentance lui est en même
temps ÎDdiqnée eonime l'oniqus dtémm qui conduit aa •dot et i la joie.
ni»
Les prophéties messianiques appellent toat particulièrement noire attention.
Les chap. iv et T se subdivisent en plusieurs portions qui présentent de difTérens cdtés la grande ceurre du salut. Le prophète décrit : 1* les temps messianiques comme un temps de paix (iv, 1—7) ; 2° il indique le chemin du . salut, qui ne mène jamais à la ^ire autrement que par la croix, et la souffrance (tr, 8-14) ; 3° le regard du voyant se porte sur la p«w>nne du Sauveur, son origine, son «Buvre et sa poissance (t, i, 5, i). Enfin, Mîchée décrit le royauoe du Messie d'abord dans ses caractères extérieurs (t, 4-8], puis selon sa nature intérieure et morale (v, 9-14). .
1. Chap. IV, i-7. Le temps du Messie y est dépeint comme ud temps de paix.. < Paix sur la terre , ■ chanlaieBt les chœurs des anges à la naissance de lésus-Cbist , et leurs paroles ont reçu un entier accomptissement. ■ Les gentils eux-mêmes désapprennent la guerre et accourent i Sion ; et tous, réconciliés et sanctifiés , h^itent sans crainte sous leur vigne et lenr figuier > (1-5).
Cette paix universelle vient uniquement de Dieu , qui étend sa grAce lihrement but tous, même t sur les plus pauvres et les plus délaissés de son peuple* (6—7).
Les 3 prenùers versets de ce chapitre se retrouvent dans Esaïe , au commencement du chap. n. Il est probable que c'est Ësaïe qui a fait cet emprunt k Michée. D'antres ont supposé, sans nécessité, que ces versets faisaient partie d'un écrit plus ancien, duquel ils auraient été transcrits par Micbée comme par Esaïe.
MIGlrtiB. 7
' S. Chap. IV, S-14. Mais c'est par ks souOriaces qne le chemin de Die^ ieonduit k la gtoire. Les aoditears, re- Urés par les briHanles prophéties de ravenir, ne doivent pas onbti» qa'ilest lute porte étroite par laquelle ils doivent nécessairement passer, et que l'homme pécheur ne peat entrer ^bs la Cité sainte qu'en traversant rohscnre vallée de la pnrification et de la mort à soi-même. Ainsi notre Seigneur, à qui Kerre venait de dire , an nom des douze , qu'ib le reconnaissaîent pour être le Christ de Dieu , leur parie immédiatement de ses souffrances : quoique l'oint du â^gneur, il doit, en tant que Fils de l'homme, passer, lui aussi, par l'opprobre ei la douleur pour arriver à la gloire , et tons ceux qui veulent le suivre doivent de même prendre le chemin de la croix (Luc ix , S0-â3j . AiAsi encore, le Seigneur qui vient de parler de Paul comme d'un înstrumait qu'il a choisi pour porter son nom devant les rois eties peu[des, ajoute de suite qu'U lui mon- .trera combien il faut qn'il sonflre pour son nom (Actes ix , IS, 16). Ainrâ l'esprit de Dieu annonce, par le prophète Mîchée, Le» souOrances du temps de Iransilion, en même fmips qu'il dévoile le but magnifique auqud les faommef doivent arriver.
Le verset 8 est obscur : i Et toi , Tour du troupeau ,
• forteresse (ou colline) de la fille de Sion , à toi viendra
• et relonmeta la précédente domination , le royaume de la t fille de Jérusalem . » CeUe Tonr du troupeau ne peut être une des tours de Jérusalem ; nulle part ailleurs il n'est fait mention d'une tour de cette ville qui portât ce nom. Ella n'est pas non plus synonyme de ^on , dans le sens de la tour qui protège et défend le troupeau du peuple dont le roi est le bei^r ; cette fif^re est peu conforme au style laïque, mie est cette tour dont il est lait mention dàoa l'histoire-du patriarche Jacob (Gen. sxxv, Si] , Uigdal Eder, la tour des troupettua; , près de laquelle il dressa ses ten-
tes après la mort de Racbel , et qui é(«t dans le Toïsi- Hage de Bethléem , de cette ville dont le profdiète parle encore plus bas en la désîgiiant du sornom d'Ephrata, qu'elle porte dans ce même passage de la Geoèse. Peat- Alre que du t«nps de Hichée il restait encore des débris de cette antique tour, et le prophète rattache aux ruines des sièdes reculés la promesse de la gloire fature : e'est de ce lieu sacré où Jacob , l'un des ancêtres des Hébreux, a pleuré, prié, espéré, et d'où est sortie la race royale de David , que doit partir le ré(aUiss«nent de Sion , c'est laïque doit commencer le royaume de Dieu. — Cette tour des troupeaux deviendra < la forteresse de la fille de ^on , > de son peuple sauvé : c'est-à-dire , de la race presque éteinte de David sortira le Restaurateur de son peuple. : Les souffi*ances par lesquelles le peuple doit passer, sont comparées à celles d'une femme qui accouche (10), et cette image, qui se rencontre souvent dans les prophètes, avait été s! bien comprise par les savaos juifs, qu'ils désignaient . communément par l'expresaoD : travail d'enfantement du Messie , les rudes combats et les douleurs qui devaient préparer sa venue. — < Le peuple doit être emmené captif ji Babylone ; mais c'est là qu'il sera délivré et racheté > (10] ; car c'est par l'humiliatiou qu'on est élevé, et par la ruine complète qu'on triomphe. Les gentils, au contraire, s'élèvent et se rassemblent contre Israël, qu'Us pensent anéantir ; mais < ils ne connaissent pas la pensée de Dien , et ils ne s'assemblent que pour être foulés aux pieds par la fille de Sion , > qui vaincra au moment où elle se croyait menacée d'une destruction inévitable. Cependant Michée se hâte de revenir de ces temps éloignés aux ten^s présens : I Mab maintenant prépare-toi au combat , fille de troupes (guerrière), > dit-il à la puissance ennemie que Dieu charge pour un temps de l'exécution de ses juge— mens sur son peuple. < Maintenant t Israël doit être atta-