‹ Explication des douze derniers livres prophétiques de l'Ancien TestamentChapitre 13 sur 18 · L'approche de la ruine · texte numérisé non relu

L'approche de la ruine

Hosée a monté sur le trdne pour en être chassé après neuf ans. Salmanasar, dans ane première expédition, s'est emparé du royaume d'Ephraïm, auquel il a imposé un tribut, et l'on suppose que c'est alors qu'il a détruit, après une bataille décisive, la ville d'Arbel en Galilée (x, 14;

(•) Ce passage, qui csl interprété fort diversement, seraitit peut-être uoe allusion à ce qui est dit Juges ix, 34, «des ehefs (le Sichem qni pillaient tous ceux qui passaient par le cbemiu près d'euxt •

OSJËB. 4S

i Macc iXi S). Hm9 bientôt Hosée' s'est Ias9£ dé pajef c« Iribat, et à l'imiCatiôn de ses prédécessears t\m ctercbaicnt leur force abprès des ^aodcs puissances voisines, it a' fait dliânce avec l'Egyple (vn, 11; xii, i). C'est entre la première et la seconde et dernière invasion de Salmanaiar, qtw les interprètes placent les prophéties cootenaes dans les chap. vn~xiv. La mine d'Êphra'ùn est imminente : Israël est nn vieillard débile qui va moorir (vu, 9) ; l'ennemi qui doit le frapper du coup mortel, vient déjà comme on aigle (vin, 1).

Ces huit derniers chapitres se divisenl en trois parties principales :

A) L'une qui esl toute de reproches et de menaces (viiïx, 1-9.)

B) L'autre (ix, 10-17; x, xi], dans laquelle il ; a plus de menaces que de reproches; mais déjà les menaces sont entremêlées de quelques exhortations à la repenlance (x, 11-12) , et tempérées par de faibles lueurs d'espérances {XI, 8-11).

C) La troisième (xii>xrv) qui fait succéder aux reproches les plos poignants, aux menaces les plus certaines (xn-xiii) de magniûqaes promesses (xiv) .

A) Cette première partie se divise en paragraphes qui sont à peu près de la même longaenr et qui s'enchatnent intimement les uns aox autres. Après des reproches et dès menaces générales (vu, 1 . 2], Osée dépeint : 1* l'ardeur dés passions criminelles qui brûlent dans tous les cœurs, et l'afirense corruption de- toutes les classes de la sodiétè; vu, 3- 7 (crimes en Ephraïm) ; 2° leur aveuglement , leur stnpide sécurité, leur absnrde confiance en l'homme, vu, 8-12 (relations criminelles d'Epbralm avec les étrangers) ; 3° leur résistance ouverte à l'Eternel, vn, 15-16 (rapport d'Epbralm à Dieu) ; i" l'approche de la mine, et leur fausse repeutance qui ne peut écarter le juste chAtiDOenl, vm, 1-6;

&' la certitude et ta natnre de leur cb&tîntent, vui, 7-10 ; 6° la vraie cause de leur ruiae & laquelle ils ne veaient pas croire, vui, 7-14; 7' mais leurs joies insensées vont faire place aux plus grandes douleurs, ix* 1-6; S" car le jour de la Visitation est arrivé, is, 7-9. Ainsi dans les trois premières strophes, le prophète s'élève contre des péchés de plus en plus grands ; et dans les suivantes il annoDce le châtiment, qui d'abord se présente à l'borison et effraie sans convertir , el qui bientôt éclate. Remarquons que lés dernières paroles de chaque strophe anaoncent le sujet de la suivante.

«Lorsque dans mon amour et mon inépuisable miséricorde j'ai fait une dernière tentative pour guérir mon peuple et le ramener à moi, la grandeur de la plaie s'est dévoilée en plein, l'iniqwli d'Ephràim et les michancelés de Samatie se sont manifestées. Us font le mensonge [1 lean m; 9, faire le pèchéj ; mes ennemis secrets tue volent les âmes de mes enfans par d'adroites séductions dans l'intérieur des maisons, mes ennemis déclarés me les ravissent aux yeux de tous et en rase campagne. Et ils se disent dans leurs cœwrs que je ne me souviens pas de toute leur méchanceté. Maintenant leurs méfaits les enveloppent de toutes parts comme autant de témoins, ils sont tous devant mes yeux. > — vu, l-S.

I Les inférieurs Oattent les honteuses passions du rot et des grands; et tous, les grands et les petits, les pauvres et les riches , tous sont consumés d'une ardeur adidtère pour les faux dieux et les voluptés. Moins ardent est le feu qu'allume dans ton four le ftouioru/er; leurs passions s'en-> flammenl de plus en plus, et ils s'y complaisent comme eo une chose bonne et Intime; ils attendent paisiblement que le moment soit venu de satisfaire leurs désirs, semblaUesau boulanger qui après qu'il a pétri la pâte et tandis qne son four se chauffe, dort en paix jnsques au moment on btpâte est levée et oii il achève son travail en mettant les pains au

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four. Le jour de fête de ttotre rot, da roi d'Israël, est on jour de déhanches et de trahison : b vin ajoute à toutes les passions un surcroît d'ardeur, ie$ grand» sont malades d'tvreite, et le roi fait signe de la main pour les inviter à boire, à des moqueurs qui se jouent de lui; en s'èDivraDl à sa table , ils couvent dan» leur cœur des pensées de ré- Tolle et de meurtre, que rien ne fait pressentir, mais qui bientôt apparaissent an grand jour; ils tuent le maliu le roi avec lequel ils ont ha dans la nail, ainsi le four chauffé le soir ne trahit point au dehors sa chaleur pendant la unit, mais ou matin il en sort des flammes ardentes. Les passions des Ephraïmites ont toute la violence de ces flammes; ils ont consumé, dévoré, comme un incendie, leur» juges (leurs princes); toiu leurs roû.Zacharie, Scallum,Pekachja,Pekach ont péri par l'épée de conspiraleors, et an milieu de cette corruption et de cette anarchie, â n'est personne qui erie à moi. » — ™, 5-7.

< C'est Ters les peuples étrangers , vers les païens , qn'£phrmm se tourne dans ses angoisses ; mon dessein avait été d'isoler mon peuple de tous ses voisins et de le maintenir pur dans cet isolement (Lev. xx , 24] , mais Ephralim s'est mile avec les Assyriens et les Egyptiens. Loin de trouver auprès d'eux force et secours, il est consumé par eux, conune l'est par le feu un gâteau qu'on ne tourne pas (Jér. XLVui, H] ; la moitié du royaume a déjà été dévastée .et détruite par Tiglat Pileser, sans qu'Ephralm ait Tonln se tourner vers son Dieu qui seul peut le sauver. Les étrangers. Syriens (2 Rois xni,- 7), Philistins (Es. ix, 11], Assyriens (3 Bois XV, 19. 29), ont dévoré sa force, et il ne le remta-gw pas; ses cheveux ont blanchi, et il n'en sait rien; tout lui annonce sa mort prochaine, et il ne prend garde à rien. Malade désespéré (Amos vi, 6. H) , il persévère dans son orgueilleuse confiance A lui-même , et sa présomption témoigne contre lut (t, &]. Telle qu'une colombe slupide qui

4& Qsisi

D'ivite ancua pwge et se jette dans les Sels «pi'on liù lendi

U va chercher iecour$ aupr^ de ses ennemis en Egypte (Hosée, nBoisxvu, i), en Assyrie (Menâfaeen, iiBoiixv, 19). Hais quand it prendra son vol vers ces contrées , je jiterai atrluilefikt{v, 1; Ez. xu, 13,-.xtu, âO.etc), et je le ferai tomber, comme l'oûeau que la flèche atteintaa milieu des airSi quand il se croyait eu sûreté. Je U cMtimii «eten ce qui bù est enseigné par les livres de Hoïse et par les prophètes ('] dans s(m assemblée. > — va, 8-11.

I Malheur à eux I car ils m'ont fui ; rume sur eux ! car ii* ont péché contre mm. Je les avm rachetés d'Egypte par Hoïse dans les temps anciens (Dent, vu, 8, etc.; Uich. vi, 4), des Syriens par Jéroboam II dans les temps récens ; et cependant ils prononcent contre moi des mensonges , ils veulent me cacher leur idolâtrie (ii Rois svii, 9j, ils ne sont point droits envers moi (Ps. lxxxvu, 36), ib m'environnent de mensonges (xii, i. 2], et suivent les mensonges de leurs pères [Ajnos ii, i). Qwmd ils ftWterU d'angoisse sur leur lit , ce n'est point à mm qu'ils crient (Juges m, 9, 15, etc. ; iSam; xn, 10, etc.). Ils ne s'inquiètent que de leur nourriture et u déUmment de mm. Je lenr accorde des bénédictions temptHrelles , je fortifie et dirige leurs bras (sous Jéroboam 11) , et iis pensent du mal contre moi ! Quand une voie 1^ a conduits vws la ruine, ils l'i^>andomieta et en cherchent une antre y Qiais jamais ils ne prennent celle qui seule mène à mot. Us tout conane un arc sans force qui n'est d'aucun service (Ps. LXxvut, 57), on dirait parfois qu'ifs vont se tourner vers moi, mais leui; piété est semblable à la rosée du matin (vi, 4r].Aas&i leurs grands périront-ils par l'épée, etlesaulres

(*) Trace remarquable d'assemblées religieuses où les Dix tribos élaieot instruites des châiimeos dont Dieu menaçait les ^cheurs.

seront eouvgrtt de confu$im d'ans ta DonVelle maison de servitude où ils Vont être emmenés, i— vn, 15-16.

Le moment fatal est là. < Propkéte, la trompette à Al bouche t Tel qu'un tùgle , l'ennemi {Salmanasar} »epréàpite sur la maison de l'Etemel... Ils crieront à moi. .. , mais en yaào', car Us se sont fait sans moi et des rois et des idoles (ii, 8; sni, 2]. C'est ton veau d'or, 6 Samarie, qui est la cotise de ton exit et de ta raÏDe (x, 15) ; tn ne l'as pas emprunté ans païens (comme Baal, Aslartë, Molocb) ; c'est toi Israël, le peuplé éln, qvi Vas inventé! aussi sera-t-il brisé en pièces. » — vui, 1-6.

I Ephralm ne fait que semer du vent [xii, 2; PrOT. xxn, 8j, et k l'époque décisive de la moisson il récolle la tempête; le voilà pauvre de Dieu, riche en malédictioDS , pauvre m£me ea blé, en biens de la terre (iv, 3), ou si, dans sa longue carrière, il a recueilli qnelque peu de richesses, elles seront la proie des étrangers. Israël est déjà consumé (vn , 8. 9), il est déjà parmi fes Gentils comme un vase m^risé. Ut sont montés vers Assur ma\^^ mes ordres, et télsqu'unona. gre qui ne supporte aucun frein ; Ephràim a acheté par ses présens l'alliance des païens [â Rois xv, 19; xvii, 4). Eh bien ! je l'empêcherai de courir ainsi de tons les cdlés et d'envoyer iea présens à tous les peuples voisins, je les rappellM'ai de celte dispersion (n, 14), je les rassenàilerai (dît le Seigneur avec ironie , iv, 16], et ib se reposeront un peu du (n&u( qu'ils paient au «/rond rm d'Assjrie > (2 Rois xvn , 3. 4.). — viu, 7-10.

( El pourquoi ces chàtimens? pourquoi tons ces crimes et un tel état de corruption? C'est qu'Ëp/trawt a rejeté la religion révélée pour s'en faire une de sa façon , qu'il a refusé d'adorer le vrai Dieu à Jérusalem , et qu'il a voulu l'adorer sous l'image d'un veau d'or ; U a miUt^Hé ses autels pour suivre son cœur mauvais , et ses autels l'ont fait pécher davantage encore (iv, IS) . Je lui prescrivm m£j Uns en grand nombre, et U les a regardées comme une chose qtà ne le concer-

fuutjio^U. Malgré sa révolte ouverte coniremoi, il vit dans une profonde sécurité : il s'appuie d'abord sur ks lacrifica qa'il m'offre, mais ce ne sont que des occasions de (aire (ontie cAotr (Jean vi, 26) et non des expiations du péché, et atiut Tttmmterar4-H m servitude (Deul. xxvni, 68). Il s'appuie ensuite sur ses paUiii , et /uda , partageant la même folie, ^fêi;>e dei viUes /brtei (Es. xsn , 8-iO; âCbron. XXTi, 15-17); mais h quoi servent les forteresses quand cenx qui les défendent ont oublié Dieu? J'enverrai , seJon la prophétie d'Amos, i, 11 , un feu qui consumera lesviUesde Judaquandil auradévorélespalaisd'Ephrdim. > — vm, 11-14. i Ne te livre donc point , comme tu le fais , aux joie» de$ pdien$; car ta es bien plus criminel qu'eux, 6 peuple élu, et il n'est plus de joie pour toi qui as abandonné Ion Dieu et qui , au lien de lui rendre grAces des biens qu'il t'accorde, offres d'impurs sacrifices auprès de tes tares [i, 2; u* 5. 8). Mais voici le temps rient où ils ne se nourriront pins de leur Cornent et ne savoureront plus leurs vins excellens (Àmos V, 11; Soph. i, 13). Ils vont quitter leur patrie (v, 14; n, 14, etc.), la terre de VElemeî, et (Uleren exil en Egypte (ni, 16; vui, 15), en Assyrie, où Ut mangerontdes viandes souillées (Ez. rv, 13; Amosvn, 17). Là, phudeiaai/ices (m , 4), ils voudraient en offrir qu'ils ne le pourront pas; leurs repas, n'étant plus sanctifiés, seront comme des repas de deuil (Deul. xzvi, 14; 3 Sam. ui, 35); leur pain ne leur servira que de nourriture et n'entrera plus dans le tefnple de l'Etemel, Plus de fêtes solennelles ! et que ferezvous aiix jours ou vous devriez les célébrer (m, 4)? Vous serez ensevelis dans la maison de servitude , et vos ancûnnes demeures seront envahies par fes épines. > — is , 1-6.

< Les jours de la Visitation sont venus (v, 9 ; vii , 15 ; tiii. 13) . Alors Isrctëî verra que si les prophètes étaient , comme il le prétendait, des insensés, ils l'étaient de douleur, à cause del'énormttédesaffOUeetde tous tes erimei odieux. Ephrcam

«refait Teillér comme la ientinelle, se tenir en gaide contre ses enaemÎB et avoir à ses cdlés pour protecteur mon Dieu; Ini qni prenait tes âmes des simples dans les rets da mensonge (v, 4; VI, 9), il accDsait k prophète de l'Etemel d'être un fikt d'oiseieur tendu sur tous ses chemins; Un dont la lie n'est qa'aue longue chaîne de crimes odieux, prétendait que le prophète était comme un objet sonillé et odieux dans la nuùson de l'Etemel. Leur corruption ne te cède point à celle de Guift/m (Jog. six, xx], leur punition sera aussi terrible. > — ix, 7-9.

B) Les chap. ix, 10-17, x et xi, serattachent bien plus intimement à ceux, qui précèdent immédiatement qu'aux trois derniers. Osée reproduit ses chefe d'accusation contre Ephraïm, mais les menaces débordent de tontes parts, et le tableau du ch&timent déroulé à demi en tiu et en IX, 1-9, se déploie maintenant dans son entier. Cependant , une fois parvenu à ce deg^ré extrême de soaffrance. Osée commence à se retourner vers l'espérance. . Le prophète fait usage de l'histoire du peuple hébreu dans deux bute différcns : pour rappeler k ses concitoyens l'amonr tout extraordinaire que le Seigneur a témoigné aux Israélites et les bienfiâls de tout genre qu'ib . ont reçus de loi, et pour relever par le contraste l'ingratitude dont ib se sont rendus dés l'origine et dont ils Se rendent chaque jour encore coupables envers loi. Les menaces prédomineut dans la première partie, ix, 10-17; x, 1-10; pnis elles se mêlent à des encouragemens, à des exhortations à la repentance, x, 11-15, et enfin, après avoir été reproduites avec une énergie tonte nooTelle , elles disparaissent entièrement devant ta miséricorde et la promesse qui éclatent en quelques paroles d'une force extraordinaire , xt.

Les reproches sont d'abord présentés dans deux strophes â peu près d'égale loilgaeur, dont les imagés prin-

cipales sont empruntées i la comparaison antique de Joseph (Gen. XLix, 23, etc. ; Beat, xxxiu, 13 et snivans], à an arbre vigoureux et fertile, et d'Israël à une vigne (Ps. ixxx, 8 et soÎTans). La première siropfae, ix, 10- 17, annonce anx Ephraïmiles leur ruine en tant que nation, et leur réduction par les guerres et l'esclavage à on petit nombre d'hommes errant parmi les nations. La seconde leur prédit la ruine de leur étal et de leur religion. Ces deux strophes ont d'aitlenrs la même marche et le même mouvement : ixj 10, correspond à x, 1, et IX, 15, i X, 9.

. Les exhortations qui sont fort courtes, x, 11-13 sont comprises entre denx menaces, t^tle petite section em^ prunte ses images au labourage.

Enfin la dernière section contieut d'abord une magni- 6que opposition de l'amour de Dieu et de l'ingratitude d'IsraCl XI, l~i; — pnis l'annonce r»lérée du châtiment, qui sera on exil en Egjple et en Assyrie, xi, B-7; — et enfin l'expresàon de toute la miséricorde de Dieu et la certitude d'un pardon après le chAtiment xi, S-11.

«Ainsi qu'un voyageur qni traverse nn aride désert, serait réjoui d'y trouver des grappes de raisin , ainsi j'avais mis ma joie en hraël (Ex. d, 3S; tv, 25; Dent. IV, 57; Amos m, 3) qni, dans sa captivité d'^yple et son séjour an désert , m'invoquait comme le seul vrai Dieu, et qui était le seul arbre verdoyant et fécond dans l'immense désert de l'humanité païenne (Hichée vn, 1). Let premiers (rnHa que ce jeune arbre avait produits au .printemps étaient bons et sains: les Hébreux qui campaient auloar de Sinal avaient accepté mes lois et mes ordonnances, et je m'en étais réjoui. Mais ils portaient alors déjà dans lenrs cœnrs tous les gennes da mal qoî -s'est déployé en plein dans la suite des siècles et qui fait -la ruine d'Ephralm; déjà dans le désert la nation élae

s'at sotiillée avec les adorateurs de Bahal Pihor et les filles de Hoab (Nomb. xxv), d'une souillure doni elle ne s'éUit point encore nettoyée an tfflnps m£me de Josné (Jos. xxu, 17). Or, Ephralm a commis de siècle en siècle l'iniquité de Péhor : il a adoré des faux dienx , et s'est livré k toute espèce de dérèglemens; aussi ses enfans, qui sont ta gloire, Tont périr dans les eombafs et être emmenés captifs , ils s'envoleront loin d'elle avec la rapidité de loiseau, et même le temps vient où la nation ne se multipliera pins [ir, lOj, et où les ftimilles seront détraites jnsques dans leurs derniers rejetoBS. Ou il les pères élèvent encore des enfants , je les en privtrai et nul d'entre eeuœ-ci n'atteindra l'âge mûr. Malheur à eux , car ils se sont retirés de moi (vu, 15}, mais malheur surtout à eux lorsque moi je me retirerai d'eux. — Ephrdim, atusihin que je regarde du côté de Tyr, est une plantation d'ari>res faite dans un «ol excellent, et je n'aurais pu lui donner nne plus belle patrie ni un plus grand accroissement. Hélas ! tout cela n'empêchera pas qu'Ëpftratm ne doive conduire ses enfants à la rencontre de cebâ qui les égorgera. Aussi , 6 Etemel, donne leur... mais que. te demaoderai-je pour eux, et que leur donneras-tu?.... donne leur de m point avoir d'enfants, de n'en point allaiter; fais-leur la grâce de les priver du bienfait qu'ils demanderaient dam d'autres temps avec le plus d'ardenr. Mais combien leurs châtimens sont mérités, et combien grands sont leurs péchés! Ils répètent à Guilgal l'iniquité de Péhor (iv, 15; XII, 13); c'est à Guilgal que je les hais. Aussi les ekasserai-je de ma maison, comme une épouse infidèle ; je leur retirerai mon amour (n, 2). Déjà l'arbre à'Epkrdim est frappé d'une blessure mortelle, déjà sèche ta racine, déjà ses branches sont stériles. Mon Dieu, qui n'est pins le leur, les rejettera, ils seront errants parm les nations. > — xi, iO-17

S4 osiM.

t Israël eit tme tiçfu vigoureutt qui produit det fnôH en abondance [Ps. Lsxx, 9). Mais pins je rail>éiii, plus il a abusé de mes bienfaits et toiffné mes grAces en dissolution. Je multip^ai» us familles, il mult^liaU ses attteli, et pins j'embel^sseâs iear patrie, plus Ut embe^aaient leur» statues (iT, 7; 11, 10). Ils ont cm pouToir jurto^er leur cœur entre moi et les fans dienx, mais ib Tont sabir le rude cbAtiment de leur réroite contre moi. // (l'maemî qui n'est pas nommé , Assurj va renverser lews autels , déclwer leurs statues. Alors ils dirtmt : • Nous n avons p<mt de r(H, car nous n'avons pomt cramt l'Etemel notre roi tout puissant, et que peut pour nous le roi que nons nous sommes donné contre l'ordre de Dieu et que Dieu ne protège point (tih, 4r)^* Ils disent d« paroles qui n'ont ni sens nivaleur, ils jurent faussement, ilss'f^ïientaa^ païens. Aussi de la terre fertile où je les arais plantés , germera le ehâtmunt sur les allons de leurs propres elwmps , cotmm une abondante moisson d'herbes anûres. — Les htànKmtt de Sama~ rie tremblent pour leurs vaches (terme de mépris pour Teanx d'or) de Bethel; le peuple mène deuil sur son idole (ironiquement), et les prêtres qui se croient des sacrificateurs de Jebora et qui sont de vrais prêtres des idoks, s'effraient pour ce glorieux rean d'or, parce qu'il t« être transporté... , transporté en Auyriè en présent au roi etmemi (t, 15); alors EphrtSm rougira de son absurde idolâtrie. Au jour de la ruine qai approche , fe rot df Samarie sera comme u» léger morceau de bois qu'un torrent emporte de son lien, les hauts lieux de Bethel et de Guilgal, qui sont le péché d'Israël, seront détruits, l'épine et b chardon cnMrottisur leurs autels, et les habitants reconnaissant dans de tels malbenrs les châtiments du Dieu de sainteté' dont ils ont é?eillé la colère, crieront, dans leur èpouvante« aux montagttes : Couvrez-nous , et aux côUaux : Tombes sur nous (Es. 11, 19; Jér. vm, 3; Luc ixiii, 30;

oaia. 5$

Apoc. vî, IS). Itraël, ta piché$ lurpowent ceux de Gt^ka an temps des J'ag:e8 [iz , 9 ; Juges xixj . Le lien où tb d»^ meurent, tout leur pays (des IsraélUes] est on GnH)ha [ti, 7), tons sont corrompus comme l'étaient les habitaas de cette ville ; et la guerre qae je vais faire aux impie$, ne les aiteindrt^t pas dans leur demenre sontllée? Sehn que je l'ai résolu, je les châtierai ; et kt peuples se rassembleront contre mx (Mich. ir, 1j; Zacb. xii, 3), lorsque je lêsUa-ai Aeautê de leurs deux iràqu^és [km. n, 6; peut-être leur idol&trie et leurs dérèglemens). > — s., 1-iO.

I Je lierai Ephrt&m, l'adoratenr de la génisse de Bélhel (x, 5] ; je lierai cette génisse [Xm. iv, 1) qui ne veut pas de joug et qui a'aime qae le travail facile de fouler le grain (Deut. XXV, 4). Je ferai plier ton cou superbe (Micb. n, 5]» eBe devra tirer la charrue , Juda labourera , Jacob ierserOi Toutefois , il en est temps ' encore , vous ponvez encore échapper au Joug de l'ennemi: revenez h Dieu, semez la justice et vous moissonnerez la grâce ; rompez le champ inculte de votre àme, détruisez-en les mauvaises herbes, ouvrezle aux influences des cieax; tl est temps, plus que temps pour vous de chercher enfin l'Etemel pour qu'il vienne et faste pleuvoir sur vous lajusOcefEB.xtv, 9; Ps. Lxxxv, 11-12); vous rejetiez le jong de Dieu qui est léger, et vous pensîei £lre libres en ne faisant que votre volonté ; mais la vie da pécheur est un rude travail , et vous U^uriez péniblement. Et que labonriez-vous? L'iniquité, et vous avez moissonni l'injustice , et vous avez mangé les fruits du mensonge. Car tu t'es eonfii en tes propres votes, en la multitude de tes guerriers. Aussi un grand tumulte va s'ébver parmi ton peuple , et tes forteresses vont être renversées comme At^l l'a M parSabnvm, la mire y fut écrasée avec l'enfant l Voilà les maux que vous attire voire cnlte du veau d'or. Et votre roi vous sera enlevé à l'aube du jour fatal, il vous précédera dans la captivité. (SRoisxvn, 4-6.) .— x, 11-15.

S6 oâiB.

t Quand braël ^ait jeune , je l'tàmai comiue Diea sait aèmer. je le nommai mon fib et l'appelai de l'Egypte (Ex. ir, 23;Deut. tr, 57; Jër. n, 2; £z. xti). Maaon les a^toit et ils s'ébngruùent de ceux que je leur envoyttis (de Hoïse et des prophètes). Ht saerifkàent à Bahalet encensaient les statues. J'ai appris à morcfer à Ephraïm et je U tenais par la main avec tonte la sollicitude d'une mère pour son petit enfant (Deut. I, 51 ; xxxn, li-12). Mais il$ n'ont pmnt pris garde que c'était mm qui kur venm en aide dans toutes leurs détresses, et qui les guérissais de tous leurs maux (vi, 1; vn, 1). J'ai attiré d moi, j'ai conduit ce peuple tel qu'une génisse que son mattre affectionne j avec des cordeaux de douceur et des Sens d'amtié ; je lut enlevais moi-mime pour ainsi dire là bride de la bouche et bà présentais de mes mains la nourriture. — Mais tfe n'ont pas voulu retourner à moi. Ne devront-ils donc pas retourner en Egypte, et l'Assyrien ne sera-t-U pas leur roi? L'&pée sévira dans leurs villes et brisera leurs portes et dévorera , à cause des résolutions impies et insensées auxquelles ils se sont arrêtés. Mon peuple tient ferme à sa rêxlhon contre moi; on feurcricde se retourner ver* fe Trèshaui, mais nul d'entre mx ne l'exalte. — Comment te traiterai'je , Ephrdim? Faudra-t-il donc, 6 Israël, que je te lixre à rennemi? Comment pourrais-jcT moi qui t'ai tant aimé, te traiter comme Aâma, te détruire comme Jwboïm (Dent: xxix, 25)? Mon cœur s'y refuse et s'agite en mot , toutes mes composions s'enflamment en même temps. Je n'ejùécuterai point ^ardeur de ma aÀère , je tu détruirai pas Ephrmm enfi«rem«nt ; cor je «iw Jiiea.et non un homme , je sms le Saint (Es. sii , 6) au milieu de toi qui participes de ma sainteté et qu'elle prtitège contre mes jugemeus, je ne viendrai poj avec colère. Je disperserai sans doute mou peuple sur toute la surface de la terre ; mais un jour (l, 10. 11 ; n, 14-25; m, 3] j'élèverai parmi les nations ma Toix puissante , je rugirai comme un bon , et k l'onïe de cet appel , les Israélites , saisis à la fois de crainte

et de joie, accourront k moi depuis l'ceeident (Ei. xxm, 43 * Lz, 8; Zach. x, iO], ilsaccourront cotrnne des oiseaux Jiors de l'Egypte , comme des colombes hors d'Assyrie , et je les ferai habiter en paix dans leurs demeures , a du l'Etemel. >.— r xi.

C) Les chapitres xii, xnr, xiv ont pim d'un trait de ressemblance avec la section précédente ; dans ces deux prophéties, Osée fait un grand usage de l'histoire d'Israël , et dans les denx îl commence par les reproches pour finir par les promesses. Mais ces sections n'ont point le même sens , le même but : la première veut , par l'histoire , coDTaincre Israël d'ingratitude , tandis que dans la dernière l'histoire doit enseigner au peuple le diemin de la repentance ; celle— là présente la ruine imminente d'Epbralm comme une juste punition de sa vie tout entièi^e; celle-ci, au contraire , montre dans le ch&timent l'épreuve salutaire qui purifie et qui conduit à une tonte nouvelle existence; dans l'une parle la justice do Dieu trois fois saint, qui ne fait entendre que vers la fin la voix de sa miséricorde ; dans l'antre sans, doute , la justice foudroie les rebelles de ses coups les plus terribles [xiu, 7. 8. iâ. 16, etc.), puisque ils perjiévèrent dans leur impénitence (xn, 1. 3 J, mais souvent aussi le Dieu très saint supprime les menaces, et les éclats de son tonnerre ne font qu'interrompre quelques instans le discours que la miséricorde divine adresse au peuple.

Cette prophétie est, comme la précédente , postérieure à Falliance d'Hosée avec l'Egypte (xu, 2), et elle a peut-être précédé de peu la prise de Samarie , sans qu'on puisse toutefois supposer qu'elle ait été prononcée pendant le siège même. La ruine est imminente , mais la sécurité est encore complète (su, 2. 9; xin, ^.

Cette prophétie se divise en cinq paragraphes , qm sont à-peu-près d'égale longueur.

I 1 . Le châtiment est certain , toutefois la repentance a une {luîssance si merveilleuse qu'elle pourrait encore forcer

K6 osâB.

Dieu k pu-doaner. > .Ce premier paragraphe (xu, 1-7] codceroe Epbraïm et Jada ; les soivans ont plus spédalement en Tue Epbraïm.

« 2. 5. Mais le peuple ne se repentira pas, il est trop endurci pour cela ; il sera donc châtié , il foira dans le désert , il retournera dans la maison de servitude; mais c'est dans ses malheurs qu'il retoarnera vers Dieu et que Dieu le délivrera. • Ces idées sont développées dans deux paragraphes xn, 8-iâ, et xui, i-8, qui se correspondent (xii, iO, et xin, i], et qui cooticnnent des reproches spéciaux (amour des biens de la terre xn, 8-9, et idolâtrie, xiii, 1-5), l'annonce du ch&timent (xu, 10; xiu, 3), l'assurance de l'amour que Dieu a ponr son peuple, et l'indication, par des exemples historiques, des salutaires conséquences du chfttimeut (xii, 10, 11, 15, 14 ; xiu, 4-5). Cependant quelque soit la miséricorde de Dieu, sa justice subsbte en plein ; sa vengeance seva terrible (xit, 15; xm, 7-8j.

( 4. Le châtiment est justement mérité; il est certain ; et les coupables, ne comprenant point les vues de Dieu, ne feront rien ponr abréger leur temps d'éprenve. Mais Im*, l'Eternel, délivrera... toutefois après que la sentence de condamnation aura reçu son entière exécution. > — ^xni, 9-

<5. Alorsilpardonnera, guérira, aimera, bénira en IKeu) — XIT, 1-8.

■ 1 . Ephraîm tn'a entouré de mensonge et la moùon d'fs~ ntël de tromperie ; ils font semblant de se réunir anlonr de moi ponr m'adorer, mais ce n'est point moi qu'ils serrent ni recherchent. Et Juda continue à errer de droite et de gauche et à courir après les faux dieux, lui au milieu de qui demeure le Dieu fort, le Dieu trois fois smnt, immuable et fidèle (xi, 9). Ephrdim, qui voit les dangers qui l'entonrent, le ftourrit de «aines espérmices [viu, 7; Prov. xv, 14; Es. xuv, âO), et ne cherche du secours qu'auprès des

liommes et des païens , il appdie i lui Àitur , et bienût le perfide mvme de» pritents prédem an roi d'Egypte; il ment et à Dieu et aux hommes. L'Etemel plaide depuii long-temps contre Ephraïm (iv, l), et U va plaider ausri contre Juda, qui «'est renda aussi coupable qae Epbralm (ir, IS). La aation entière (Jacob) recevra le juste cb&timent de ses pécbés. El cependant Jacob avait été prépari de Dieu à de grandes el extraordinaires destiaées. Dit n naissance , il avait st^buOi son frire aUii : quoique le cadet de la famille bomaine, il avait devancé toutes les nations en connaissance de Dieu et en sainteté. Et dans son âge mMT, U avait triamphi de Dieu même. C'était dans an moment de grand danger; Jacob venait à la rencontre de son frère à qui il avait enlevé par un subterfuge la bénédiction paternelle, et qui avait déclaré hautement son intention de se TCDger en le faisant mourir; mais pendant cette nuit en Peniel , Jacob contraignit Dieu par la sincérité de sa repentance, par ses pleurs et l'ardeor de ses prières à lui accorder jon parêon, et à le sauver de la mort. Oh, pourquoi ses fils ne suivent-ils pas son exemple, et dans un danger semblable ne lultent-ils pas avec l'Ange, et ne le forcent-ils pas à les bénir. Il est encore pour nous des maisons de Dieu (Betket), le Dieu qui s'est révélé à Jacob prés de Betbel, est prêt encore à nous y parler. Car U est le Toat-Puissant (te Dieu des armées) , et l'immnable (ceMqmesl), Tôt donc, convertit foi d (on Dieu, gardelanùsiricorde et la justice, et e^econlinue^ment en Ion Dieu, t — xu, 1-7.

< -â. Hais c'est Ephraïm surtout qui est coupable, c'est lui surtout que mes menaces concernent. Il s'est renda semblable aux peuples crimînéb qu'il devait détruire et remplacer ; il est wt Cananéen, tout occupé d'amasser des trésors par le commerce (comme les Phéniciens), et recourant, pour s'enridiir, i ia fraade et à Ai fmaUrie (Am. vin, K;

60 osiE.

Hîchée VI, il) , et il est fier et content de su WcheMM, et se dit qae û en les acquérant il a commis quelques iafid4~ Utis, ce ne sont pas là de vrais péchés, qui puissent attirer sur lui la colère de Dieu (Zacb. xi, S). Mais quelque grands que soient les péchés , je suis encore ton Dieu, je le sois depïiû ton s^'our en Egypte, je le sois maintenant que je prépare ta ruine, et c'est dans mon amour pour toi que je Tab (e faire sortir de ton pap et (c rejeter dans le désert où tu vivras de nouveau soua des tentes [u, 14), et ce temps de détresse temporelle sera un vrai temps de fête spirituelle. Tu peux reconnaître mon amour pour toi aux. prophètes que je t'ai envoyés, aux visiom que je leur donne, aux paroles insp,rées que je mets sur leurs lèvres. Mais (u ne (e repens point : an delà du Jourdain, Gaiaad qui n'^ fait qu'iaiqiiiii et idolâtrie (ni, 8) , n'est plus qu'une ruine [depuis Tiglat Pileser) ; en deçà du Jourdain , ik sacrifient aux faux ^ieus des taureaux à GitUgal (tx, IS), et aus» leurs autels vont— ils être renversés et n'être plus que comme des monceaux de pierre (gai) sur les ^ions des champs. Tu vas fuir loin de- ton pajs : mais dans (on exil ne perds pas courage, ton Dieu t'aime encore ; souviensloi de Jacob qui -lui aussi a dû fmr loin de la maison paternelle , vers ks plameS de la Syrie , et c'est là qu'étant serviteur et gardant les troupeaux d' autrui, il a trouvé et épousé une femme telle que Rachel. Tu retourneras, en captivité : mais souviens-toi de l'Egypte d'où Dieu t'a fait sortir par un prophète tel que Moïse. Mais que fais-je de te parler avec tant de douceur ? Epkrdim a provoqué Dieu à une amère in^nalion ; aussi Dieu laissera-t-il peser sur hit le sang qu'il a versé, et Mrendra-t-il l'opprobre qu'il a mérité.' — xii, 8-15.

1 5. Ephrmm était la terreur des peuples voisins, qui trem- , btaient à sa parole, il s'étail élevé en Israël par dessus les autres tribus; mais il a péeM par Bàhal, et voici i7 est

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