‹ Explication des douze derniers livres prophétiques de l'Ancien TestamentChapitre 17 sur 18 · LES TEMPS MESSIANIQUES · texte numérisé non relu

LES TEMPS MESSIANIQUES

Jérusalem sera donc détrmte , Juda aur« ie scfft de ses ennemis et de tous les états païens. S'il en est ainsi , quelle espérance peut-il rester encore au prophète et aux vrais servileors de Dieu? Abandonneront-ib leur foi en la promesse d'un temps de sidut, de sainteté et de pais? Qqe doivent-4is i attendre?) ni, 8.

< Attendez-moi, > dit l'Elernel.

Mais quand viendra l'Eternel?

SOTBORIB. 17

t Au joor que je me lèverai pour verser ma colère sar les Gentîbet pour consumer la terre eatiére» [Ez. xxxvin, xxxix; Apec. XIX, 15-31; xx, 8).

Mais m milieu de ces jugemens exercée contre tonte la terre , et de cette mine universelle de tous les rojanmes du monde, le prophète voit apparaître un peuple nouveau dont il décrit tons les caractères.

Et d'abord, ce n'est plus un peuple unique qui admera l'Etemel, • ce seront plusieurs peuples, m, 9. Des gentils seront donc appelés dans le royaume de Dieu, n, li. Si d'une part les Israélites épars dans les contrées les plus Soignées doivent revenir alors dans leur patrie in, 10. 18-20. (Osée xi, 10. 11 , etc.) , d'antre part, tous les Israélites ne feront pas partie de ce nouveau peuple , les orgueilleux, ceux qui s'appuieraient charnellement sur les promesses, seront exclus, et il ne rratera qne les gens humbles et doux. I ni, 11-15.

< Ces peuples adoreront Dieu avec des lèvres purifiées et te serviront d'un même mouvement (d'une même épaule, conune deux hommes qui, portant un fardeau, marchent d'un même pas) . ni, 9. Il y aura pardon et oubli des péchés passés, 11; sainteté et vérité, 13; paix et joie, absence de toute souffrance, 13-16; guérison de tous maux, 19; honneur et gloire pour Israël qui avait vécu dans l'opprobre parmi les nations, -IS-SO. »

I L'Etemel lui-même sera au milieu d'Israël, ÎS. 17 (Emmanuel, E$. vu, viii; Osée xi, 9; xir, 6). lE se réjouira en son peuple d'une grande jcne, l'aimera d'un tel ' amour qu'il se taira sur tous ses péchés (Mich. tii, 19}, il tressaillera d'allégresse sur lui , 17 > (Oséeii, 19. 30; xrv, 4; Es. Lxn, 5). Quelles douces et ravissantes paroles! et que le fidèle est heureux d'avoir un Dieu qui sait aimer !

On le voit , il ne manque à la prophétie messianique de Sophonie ni le rappel des Hébreux , ausâ bien d'Israël que

de Joda, ni les jtigemeiu de Dûb wr des eoBeuais, ni la rocalioD des g«itib, ni le pardon des pécbés et U saialeté, ni la pais el la féticité , si la pçiiaoum da SapTear qui apparaît ici en sa qualité de Dieu, et qaî est J^ova lui-même.

Cette prophétie a e« an commencement d'accomplissemeot dans la renue du Uessie et l'étaJUisseinent da christianisme; mais elle attend «ictve son eaUèro réalisation. — Elle avMt attiré l'aU^ation des Juib , eomme nous l'apprend Jérdme dans son commentaire. Us avaient conclu du verset 8 qae, à la Tenue du Hessie, toutes les nations seraient réunies, que la colère de Dieu se verserait sur ^es, et que la terre entière serut consumée par le £ea; du verset 9 que tous les pei^iles ne parleraient pina qu'une seule Iftngufi comme ils le faisaient au coomiencemeat (Gea. xi], et que cette langoe serait l'bébreu.

Les versets S-20 que nous tmioos d'analyser, se divisent en deux strophes : 8-13 , l'aonQuce des temps messianiques et la description du aonvean peuple élu; 14^20, la joie de t«iit Israël et sa glmre ^ cette ^oque où Diai sera auprès de loi. .

C'est ainsi que le pn^éte , qui n'entend ttmt autour de lui que le bruit des royaumes qui s'écroulent, s'^ève avec calme du sein de qes ruines , et se trauspwle en esprit à celte ^koque de l'aveoir où Dieu rendra victorieBx les hwor bies, fera triompher la pureté de cœur, plongera dans l'oohti les pé^és de ses serviteurs, et se créera un peuple qu'A puisse aimer selon son cœur. Of c'est U la clef de toute l'histoire de l'humanité : les méchans prissent malgré toute leur pmssance , les justes triomphent malgré tonte leur iaiblesse, et toutes les gloûes du monde s'évaneuirout un jour ponr ne laùser subsister que c^e de cette église de Christ qui est toujours méconnue et souvent persécutée , mais à qui seule apputiennent les fxoateaaa de l'éternilé.

Ce sont ees vues géâtraiea sur la jiMioe et l'ainoar dv Diea tout paissant, dool tes servîtenra dt»Tent rester nMlIres do champ de bataille dans le redoatable et sublime combat que se Krreat sw ooUe (erre k biea et le mal , la lumière et les ténèbres, l'église elle monde, Jésus-Christ et Sat^; £e sodI, dis-je, tes raes. générales qui forment la base de toote la piophétie juire et chrétienne. En isoier les prédictions spéciales, c'est 61er à odles-ci lenr grutdenr, c'est faire du prophète on devin , et de l'accoDapfiaiement de ses paroles un heoreax. hasard ; c'est ne roir dans un tableau qœ les délai)», qui sont bien exéonléB, mais qui ne proo* Tent que dn talent, et ne pas saisir la pensée générale oè senle se manifeste le génie. Les proph^es hébreux, arant que d'être prophties , sont de pieux Israélites qui connais* sent le vrai Diea par ses révélations antérjetures , et ifà n'igowent point les principes géoéraux de son gouverne* ment du monde; et r£s(»it saint, qui les sauve et les saiK>tifie, ne fait dans nn certain sens que leur montrer l'applw calion de régies làcn connues ans év^emens de l'avenir. Mais ces vues générales ne aerûent que des prophéties très incomplètes et vraiment indignes d'an Dieu qui ne Êùt riea à demi, à elles n'étaient «raies qu'ni gros, et que les d^ taib en fassent inexacts et faux , et c'est là précisément ce qui met dans tout son jour la différence radicale qu'il y a entre les plus heureux pressentimens du génie et la prédic- ' tîon biblique. L'Esprit saint ne se borne pas à mettre au cœur da prophète de pienses espérances , de sablimes pensées, il place devant les jenx de son esprit de vivans tableaux de l'avenir, qui ont parfois même l'exactitude de l'histoire, et qui sont des évangiles anticipés. Chaque détail de la prophétie est aussi complètement vrai que les pensées mères; jusqaes à un seul iota, tout ce qui a été annoncé doit s'accomplir. Et ici le passé est le garant de l'avenir, et tes prédictions réalisées nous enseignent l'int^prétation de

ctdies qui ne le sont pas enctn^. Ainn les soixante-dix semaines d'années de Daniel, dont l'histoire noas fût connaître la littérale exactitude , nons obligent à prendre an sérïens les diiSreB des rèvëlaliong de saint Jean. La pro- {Aétie est Traiment divine, parce qn'die réanit à la pariaite vérité des mes d'ensanble, la parfaite Tenté des détails : sans les détails , die pourrait passer pour de pienx prèssentimens, et sans les vastes aperçus, elle ressemblerait à de la dinnatioa.

: Sophonie , qoi pronre son ïnspiratioD par des Tnes morales et hisloriqaes enti^wment étrangères anx pins sages des païens, le fait également par la prédsioo arec laquelle il annonce, par ezranple, le sort iabir de cliaqae ville des Philistins , on par ce qu'il dit des Japhétites (et Don des Camites) adorant l'Etemel , chaqae peuple en son lien ; et cet accomplissement litt^vl de ces prophéties qni conoernent le passé , nons dit assez conmient nous derons entendre les prédictions messianiques qoi terminent le livre. Jémsalran doit être halùtée par on peuple saint; Israël aujonrd'hni dispersé, captif, méprisé, ser* une nation gtorieose panm toutes les autres, et il reviendra, même d'an dçlà d^ fleuves de Cas , dans son antique patrie.

vni.

HABÂGUG.

. La Bible ne nous fait connaître ni la patrie de ce prophète , ni la triba à laquelle il appartenait, ni le pays et le temps où il a exercé son ministère.

Nous ne parlons pas de la légende juive qui se trouve dans les Apocryphes, d'après laquelle Habacuc, Gis de Jésus, de la tribu de Lèvi, aurait été enlevé de Judée par un ange dans un tourbillon, et transporté, avec le dlucr qu'il préparait, à Babylone auprès de Daniel , qui était depuis sept jours dans la fosse aux lions. Otte fable rabbinique, qni ressemble à une foule d'autres du Talmod, non seulement ajoute au texte sacré un étrange et inutile miracle, mais dénature le récit inspiré, en altère la implicite ou le contredit ouvertement. Ainà , la cause qui fit jeter Daniel dans la fossé aux lions [Dan. vi), est racontée tout autrement dans VHistoire de Bel, et le seul jour que le prophète a passé au milieu de ces bétes féroces , se change dans la légende en une semaine.

L'époque du ministère d'Habacuc doit se déduire de 3on livre. Au ch. j, v" 5. 6 , le prophète parle des Chaldéens comme d'un peuple nouveau, qui approche de la Judée, mais qui ne l'a point encore envahie, et que les Hétveax n'avaient point encore appris i connaître de leurs propres

yenx. Or, les Chaldéens apparaissent pour la première fois dans l'histoire juive , sons Jefaojakim , fils de Josias. (']

Environ 18 ans après lenr première apparition en Judée et 21 ans après la mort de Josias, les Ghaldéens avaient mis fin au royaome de Jëmsalem,

Les vingt dernières années du royaume de Jada sont nne époque de troubles, d'agitation et d'angoisse, qui ressemble peu au règne da paisible Josias. Jehojacbaz son fils fiit j^pelè par le peuple à la royauté ; c'était nu jeune homme de 25 ans , qui n'était point animé du même esprit qne son père. Il ne régna que trois mois; il déplut, pour

- (') Nous suivons ici Preiswerk et la plapart des coramentateurs. Toutefois ces deux versets S et 6, qai représentent les Cbaldéens comme une nation que Diea est présentement occupé à susciter, et leurs conquêtes comme on événement qne pieu prépare, nous semblent s'appliquer mal à ua temps où Nabopolassar, le fondateur de la puissance chaldéenne, était déjà mort , et où Nebucadnesar avait fait une partie de ses conquêtes à la tête des Cbaldéens. Ces événemens ne pouvaient être restés ignorés des Hébreux , au point que sous Jehojatîm, nn prophète put leur en parler comme de quelque chose dé tout nouveau. Cette considération , jointe à la place que le livre d'Habaonc occupe dans fe canon avant Sophonîe et après' Nabum, et au caractère éminemment poétique de ce livre, nous ferait supposer qn'Hahacuc était un peu plus jeune qne Sophonie, et qu'il a vécu sous Hanassé et Josias. Sa prophétie nous transporte au temps où le roj'aume d'Assyrie s'écroule , et où celui de Babylone passe aax mains des Cbaldéens, qui étendent de toutes parts leurs conquêtes. Au milieu de cette grande révolution , le prophète voit que la nouvelle puissance qui s'élève sera autant et plus nuisible à Jnda que l'éuient celles qui viennent de disparaître; et i la vue de la ruine qu'il découvre dans l'avenir, son âme, un moment ébranlée, se raffermit en regardant à Dieu et apprend ce que c'est que vivrt par la foi.

des causes qai ne nons sont pas dîtes, an roi d'Egj'pte Ne-^ cho, le Taiaqaeur de Hegiddo, qui le fit prisonnier et remmena en Egjpfe où il finit ses jours. Necbo lui donna pour successeur son frère Jehojakim, qui fit, ainsi que loi . ce qui est mauvais devant l'Eternel. Mais bientôt arrive de l'orient Nebucadnesar, qui était à la tête des armées du rcn son père , et trois ans après la bataille de Uegiddo ; il r»poosse d'Asie les Egyptiens, monte à Jérusalem qui leur était tributaire, s'empare des trésors du temple et emmène en Atage un certain nombre de jeunes gens des premières familles du royaume, parmi lesquels se trouvait le prophète Daniel. Celait la première fois que les Ghaldéens paraissaient à JémsBlem. A dater de cette époqne, la politique de Jnda hésite entre l'alliance de l'Egypte et la soumission aux Chaldéens. On redoutait ces derniers, et l'on fermait l'oreille aux averlîssemens des prophètes qui s'opposaient à toute alliance avec l'Egypte. Les rois, les princes et les cbeb d'Israël méconnaissaient la vraie position d'Israël au milieu des gentils, celle d'une neutralité tbéocratique qui re^cteraif les droits de tons et ne prendrait aucune part aux débats et aux guerres des étrangers. Mais il eàt fallu pour cela une foi calme et ferme, qui manquait; on ne pouvait croire que l'Eternel protégerait son peuple , et l'on cherchait k se protéger soi-même, et plus grandissait la puissance de Nebucadnesar, plus on se hÂtait de recourir à l'Egypte, ce roseau brisé qui perçait tonte main qui s'appuyait sor elle (Es. XXXVI, 6).

Jehojakim resta trois ans [606-605} assujetti à son maître Nebucadnesar; mais ensuite il changea d'avis, se révolta et fit alliance avec l'Egypte. Pharaon devait promettre sans peine son secours à un roi qu'il avait mis sur le ln>ne , et Juda craignait moins le peuple du Nil qui n'était pas belliqueux et conquérant , que les peuples de l'Eupbrate et du Tigre, et surtout que les Chaldéens. Ndmcadnesar était

6 aUMXC.

tian occupé à des gnores hnatmoes à l'orient de son em-i ^re , et it ne nurcfca qa'en S9d contre Juda. Le secoon promis par l'Egypte ne vint point. Snr ces entrefaites, J&hojaldm moomt après on règne de onze ans , et il eat ponr snccewenr son fils Jehojacfain, jenne hotame inconsidéré, ^é de 18 ans. Jérosalem fut assiégée, et se rendit bientôt. Le roi fut emmené captif à Babylone. et avec lui les principaux du pays, les guerriers et les artisans, ainsi qne tout ce qui restait des trésors dn t«nple. Ezédiiel fît partie de cette émigration , et il dot aller entretenir dans les ténèbres dn paganisme, parmi les exilés, U connaissance dn Dieu d'Iwael et la foi anx promesses messianiques.

Nebucadnesar établit ponr roi snr la Judée désolée et bmailiée, Sédécias (19&-188), onde do dernier roi et trmtiéme 61s du pieux Josias. Son caractère était la fidèle empreinte de cdui de son époque. Il j avait en lui une étincelle de bonne T<Jonté, mais aocone énergie ni fermeté, aucune foi Térit^e. Pendant quelques années il suivit la politique que lui imposait la néces»té, et fut soumis aux Chaldéens. Mais ensuite U prêta l'oreille, et aux. instances de l'Egypte pour qui Juda était un avant-poste et un boulevard contre les puissances de l'Euphrate, et anx séductions de l'orgueil et d'un faux patriotisme qui faisait que les grands de sa cour ne pouvaient supporter de vmr Jémsa— lem prosternée devant Babel , et aux trompeuses paroles des soi-disant prophètes et des prêtres qui flattaient les désirs des grands et qui assuraient que le Seigneur ne livrerait point Sion entre les mains des infidèles. C'était s'appnjer snr l'Eternel sans croire vraiment en lui, avoir son nom sur les lèvres et ne point l'avoir dans te cœur, faire semblant de regarder à lui tout en ne regardant qu'à l'Egypte; c'était imiter les Israélites dn temps d'Héli, qui pensaient contraindre Dieu à leur donner la victoire en aj^in^ tant snr le champ-de-bataiile l'arche de l'alliance.

Sédédu w revota cbnlre Nebacadoesar, ^ mardu ven la Jôdée avec sa redoatable armée. L'Egypte fit quelques démomlratioDS hostiles, qui ne seirirenl qu'A prolonger d'noe anaée celte latte inégale. Quand tout espoir de d^î- TTanœ fiU perdu dans la ville assiégée, Sédèdas en sortit Secrèlanent et diravha à se sauver par la fuite , mais il tomba entre les mains des Ghaldéens. Jérusalem et le temple forent brûlés,, la nation perdit son existence pt^tiqne et fut en grande partie emmenée à Babylone.

Mais qui sont <ses Gbaldéens que Dieu arut chargés d'exécuter ses jogemens sur Jérusalem?

■- L'histoire de ce peuple est l'un des points les plus controversés de l'archéologie biblique; et les passages des livres saints qui s'y rapportent, sanblent an premier abord se contredire. Void la solution qui se présente à nous comme la plus probable.

Les Ghaldéens nous apparaissenti pour la première fois, habitant dans la Mésopotamie, vers les avant-monts méridionaux du plateau Arménien (Gen. xi , 51). Peut-être sont-ils réellement les descendans d'Arpfaacsad, comme plusieurs le supposent ; au moins est— il certain qu'ils sont un peuple sémitique. C'est la < nation ancienne » des Gbaldéens dont parle Jérémie , v, 15.

A cette époque reculée, laBabyloaie était occupée par un peuple cuschite (Gen. x, 8-10), qui a fondé le plus ancien empire de ta terre.

Plus tard , les Ghaldéens doivent Avoir envahi la Babylonie, repoussé au delà du Tigre une partie des Cusch^, qui ont formé dans la Susiane le peuple des Giisiens, et fondé cet ancien royaume chaldéen de Bab^one , dont Bé*

rose noua a coBsorré le aouTCDir. Ainû s'expliquerait comment le seul peuple, babjloiiien que eonnaisseot les écriti prophétiques et le* Ufres dea Roi3 et des Grooiques, est toujours nommé Cbaldéen et parle une tas^e aémitiqBe , et de là encore celte aotique casto de prêtres et de sayansi que la Bible et le» autenra profanes coanaîss^ à Babylone tons le même non de Ghaldéeos.

Cependant le gros du peuple cbaldècn n'avait point abandonné sa première patrie, et il parait s'être étendu au loin vers le nord , dans les montagnes de l'Arménie et de l'Assyrie, dans ces mêmes contrées où babitent maintenant les Conrdes, et peut-être même jusque sur le versant nordouest du plateau Arménien , vers le Pont-Euxin , on nous v<^OBS l'ancien peaple des Gbalybes prendre le wm nouveau de Gbaldéens.

Les Gbaldéens des plaines diserte* dd ta Hésopotamie et des mont^nes ardues de rArmêaie coDserrêrent leurs mvnrs primitive^ , tandis qne depuis nombre de siècles les tribus de leur nation qui avaient envabi les ricfacs plaines de la Bab^Ionie , s'étaient amollies et énervées par leor mélange avec la popntatioD cm^ite, et ils apparaissent subitement dans l'histoire ecnnnieun peuple nouveau (Es. isiii, 15. 14), qui a la rudesse et le genre de vie de tons les peuples nomades de l'Asie mojenne, des Sc;^» et des Cardouches, des Tnrcs et des Gourdes.

Ce peuple , ancien et nouveau à bi fois , reprend te cbemin de Babylone, s'en empare par uoerêvoluUon qui nous Ht inconnae , et bientôt débi»^o de toutes parts sur les contrées voianes.

Les Gbaldéens sont les fondateurs de la première des quatre grandes monardiies dont parie Daniel. Ils n'ont pas tarcfô à prendre les mcews , la civiUsation, la langue et sans doute la r^gÎM des BabjltHM^s au milieu desquds Us s'étaient établis. J^m Hdtacuc , au moins dans sou premier

chapitre, lés dépeint tels qu'ils éfaicnf au moment de leur inrasioQ , et la Tèiité du tableau qu'il trace d'eux , frappe d'autant ptna qu'on l'examiné plus attentivement.

Comparons les Ass;]TÎeo8 de Nahum aux Chaldéens d'Habacnc. Voilà deux peuples conquérans , et parmi les rcprodies que leur adressent ces prophètes , il doit j en aroir plusieurs qui les concernent également , tels ceux de violences et de meurtres, de rapines et d'injustices. Mais Habacac reprocherail-il aax Chaldéens, comme Nahum le fait à Ninlve, d'avoir formé des complots contre l'Eternel? Non; ces hordes de nomades à demi— sauvag^es dévastaient la terre entière sans distinguer les états qu'ils renversaient, ils dévoraient, sans se donner la peine de les examiner, tous les poÎMOiM qui se trouvaient pris dam kurs filets; ils foulaient aux pieds la Judée sans soupçonner que ce fùl une terre sainte, sans s'enquérir da Dieu qui y était adoré. Assur connaissait au contraire les Israélites et lenr Dieu par lonas, par la destrnclion de l'armée de Sennachérib devant Jérusalem, par tons les récils qui se faisaient en Orient des miracles opérés en Jadéc , par les Ephraïmites emmenés captife vers Uf Tigre.

Un second caractère des Chaldéens, qui ne se retrouve pas dans Assur, c'est leur insolente conGancc en leurs forces , leur joie naïvement brntale h la vne de leurs succès (i; 18], lenr mépris pour ce que les peuples civilisés révèrent (10), le sommeil profond de lear conscience , leur incrédulité pratique, leur impiété irréfléehie. Ils amassent des prisonniers comme le samoun enlève le sable du désert (9j; ils ont le sentiment que leur pouvoir et leurs snccès procèdent d'eux; aussi leur force est-elle leur Dien, et ils encensent leur propre puissance (7. 11. 16).

De tels conquérans ne sortent pas d'une terre civilisée et n'habitent pas les dtès. Ce sont des fils du désert, des enfans des steppes, des peuple» à cheval, intrépides, durs,

iO HABACDC.

féroces. 11 7 avait dans les conquêtes d'Assor, dans ses injostices , dans ses rapines , nne cerlaine dignité rojale , quelque chose du lion (Nabum n, 11-13}; les Chatdéens ne sont que des essaims de loups qui se répandent le soir dans les campagnes (Hab. i , 8].

Le livre d'Habacnc se distingue d'entre tous les écrits prophétiques , par la grande place qoe l'auteur même j occupe ; nous j lisons ses tristesses, ses plaintes , ses doutes , ^es espériuices, ses joies; nous le voyons chercher le pourquoi des dispensations providentielles, ne pas le trouver, le demander à Dieu et recevoir la réponse d'en haut ; il nous met dans la confidence des impressions secrètes qu'ont produites sur lui les révélations qu'il a reçues; eo an mot, il nous fait lire dans le cceur d'un prophète.

Telle n'est point la manière ordinaire des prophètes. £t en effet , ils sont des ambassadeurs de Dieu auprès de son peuple , ils viennent au nom de l'Etemel transmettre aux hommes un message ; que nous importent les dispositions dans lesquelles ib sont en s'acquittant auprès de nous de leur commission? ce que nous leur demandons, ce sont les parolesde Dieu, et en nous les révélant, ils s'oublient euijnèmes comme nous les oublions aussi, et nous trouverions étrange qu'ils voulussent attirer notre attention sur eux et en détourner une partie de Dieu vers l'homme. Mais s'il en est ainsi, comment s'expliquer le caractère distinctif d'Habacnc? Faudrait-il j voir un signe des temps de décadence dans lesqueb il vivait, an repliement maladif sur soimême que n'aurait pu vamcre la puissance de l'E^rildivin qui l'inspirait?

On ne peut citer pour le justifier lee auteurs des psaumes, qui ne sont point prophètes, et qui, loin de parler de la

pari de Dien anx hommes, ont au contraire reça la mission de parler à Dieu an nom de tons les fidèles , et de loi exprimer tons les senUmens de crainte et d'amonr dont ses diverses révélations remplissent les cœurs qui les acceptent. Sans les psaumes , la Bible aurait été incomplète : il ne soffit pas à l'église de connattre les volontés divines et les vérités étemelles, il faut qu'elle sache encore quels effets la vraie foi en Dieu produit dans les bmes, et qu'elle ait une règle infaillible à laquelle elle puisse se connaître ellemême, juger de sa vie spirituelle, se tenir en garde contre les éeueîls de la tiédeur et de l'exaltation ; et en lisant les psaumes qoi lui servent comme de diapason , elle entend bienldt si ses chants sont justes on faux. Autant donc il était nécessaire que le psalmiste nous révélât les mouvemens les plus InUmes de son Ame, autant il semble peu convenable à un prophète de parler d'un antre que de Dien. On nous objectera que plusieurs psaumes sont prophétiques. — Gela est vrai , mais la prophétie a chez David un antre caractère que chez Esale ou Daniel ; le premier n'a pas de vision , ni de révélation spéciale qui loi serait pour ainsi dire communiquée du dehors, c'est en parlant de luimême qu'il prédit le Mesàe , c'est lut-méme et son histoire qui deviennent une prophétie, sans que peut-être il la comprenne en plein ; c'est parce qu'il est lui-même juste et saint, que ses sentimens deviennent ceux du seul vraiment Juste et Saint; il est le membre d'un corps dont la tète est le Christ , et les impressions des membres ne peuvent être autres que celles de la tête qui vivifie le corps entier et seul l'anime. Le prophète proprement dit, au contraire, reçoit des révélations qu'il distingue parfaitement de ce qui se passe dans sa vie intime , et qui agissent sur lui comme des événemens historiques dont il serait le simple spectateur; c'est ce dont noos donne en particulier un exemple , Baba-

iâ UABACUC.

eue, qui ne compread pas les paroles de Diea et lai en demande l'explication.

Od pourrait dire sans doute, pour rendre compte du cftractère Ijriqne de ta prophétie d'Uabacuc, qoe lorsqu'il donne essor à ses sentimens individoels, il se sait, autant et plus que le psahniste, an arec toute l'assemblée des jostes, avec toute la véritable église. £n effet, il lui arrive de pai^ 1er de loi an pluriel : < Nous ne mourrons point i (i, 13} * tandis qu'ailleurs [ui, 14J c'était loi, Habacuc, qui était assailli au passage de la mer Rooge par les Egyptiens; .et c'est dans le sentiment de sa communion avec tous les fidèles, qu'il a composé sa prière^ au chapitre m, pour être chantée dans les fêtes du culte puUic.

On pourrait ajouter qu'il pent j avoir des cas où l'ambassadeur est chargé par son maître même , de faire connaître à ceux vers qui il est envojé , la peine qu'il a éproa-vée à bien comprendre toute la portée de son message; car ce peut être un mojen de leur en faciliter l'intelligence et de les engager par l'exemple d'autnri à l'accepter.

Toutefois ces explications ne nous satisfont pas entièrement, et elles ne font que nous amènera la vraie solution. La forme du livre correspond fidèlement à son contena. Habacuc ramène l'attention des Israélites, des fails extérieurs à un fait intérieur, à la foi, et des promesses qu'a reçues le peuple élu, aux promesses individuelles, au salut des justes par la foi. Il prophétise non pas tant contre les Gfaaldéens, que contre les mècbaAs de toute nation, il annonce la délivrance non point au peuple d'Israël, mais à tout homme juste, et il parle beaucoup de ce qu'il éprouve, parce que il a précisément pour but principal d'établir le grand principe du salut par la foi individuelle , et de donner lui-même un exemple de l'inébranlable fermeté et de la joie sereine que le juste puise dans sa foi quand tout s'écroule autour de lui. D'autres prophètes, tel qu'Osée, ne

bséni dans l'avenir que le rétablisaemenl Ae. la nation joiye, que Diea semMait UTrer à âne destruction complète ; Habacuc, au contraire, n'aaaonce poinl à la nation d«s tempg fàlars de joie et de gloire, il promet la vie au juate qui croit, et ainsi il explique et complète tontce les autres propliétiei.

» t'amc du méchant s'enfle et n'eu point droite en lui, mats h juite vwra dans m pH. > Telle est la pensée capitale et le thème de tout le livre d'Habacac. Et c'est là aussi tout ce qu'il coBlieut de prophéties messianiques. 11 pose an sein de l'andenne alliàRce qui concernait toute une nation , le principe de \» nouvelle alliance qui ne concerne qae des individus, et il établit, sons la loi, que Tunique justice qui fait vivre est celle da croyant. Il prophétise en annonçant l'Evangile avant la venue du Messie. Cette parole : k j'uMtf vit de sa /bt , est devenue pour l'apôlre Paul le texte sur laquelle il a étabti la doctrine de la justification gratuite s&ds les œuvres de la loi; pour le père de l'église Augustin, la perle de grand prix qui l'a rendu riche en Dieu , et pour Luther, demandant ea vain le salut à tous les antels et à toutes les images de l'église romaine , l'aarore qui dissipa ses ténèbres et qui bientôt éclaira plosiems nations.

Le malheur, et la mort des méchans, la vie et la félicité des justes, sont sans doute des pensées qui se trouvent à chaque page deâ livres de l'Ancien Testament antérieurs à Habacuc, et en particulier Abraham, le père des croyans, connaissait déjà la justice de la foi. Mais jamais avant notre prophète, ces vérités n'avaient été présentées comme le résumé de toutes les révélations divines et comme la clef d^ toutes les énigmes de l'histoire ; jamais non plus elles n'avaient été appliquées de manière à faire disparaître de devant le prophète la natidn tiufi , pour ne laisser subsister que dtô iodiridus, qae le petit troupeau dcK croyans.

Nous disoDt qoe Habaenc troave dass ces vèrilés la drf de l'histoire. Ea eScl, la grande question qu'il débat avee Dieu est celle de la prospérité des méchaas; Jah l'aTait résolue par la soomîssîoD aax décrets d'an Diea toAt puissant, et Asaph ta arait douné la vraie réponse pour les indÎTidus; mais réuignie restait entière ponr les nations, et c'est Habacuc qui la résout par la réT^tion que lui doBoe l'Eternel.

La solation est que le temps entraîne avec lu dans.sea flots tout ce qui n'est pas justice et foi, que le peuple de la foi survivra non seulement aux Clialdéen», mais anx Perses, aux Grecs, aux Romains et h tons les rojanmea da monde chr^îeo, et que l'église des crojans est le. seul rockm inébranlable an sein de l'immense océan de rhumanîté, la seule lumière qni brille dans les ténèbres de la terre et qu'an— CDOé tempête ne peut éteindre. Le juste vit de sa ëm, et sa vie dépasse même le temps et se prolonge dans l'éternité.

La grandeur de la question, la sublime simplicité de la réponse , la diversité des sentimens par lesquels passe Habacuc , la variété des tons , la vivacité des images , l'origi— nalilé de la conception générale , tout concourt à fure de ce livre, à la fois Ijrique et prophétique , un des écrils bibliques les plus remarquables au point de vue litl^aire>

Le plan d'Habacuc est fort simple. Le chapitre 1" con-^ lient l'énigme, le chapitre 3* la solution, et le S* un caittique du prophète.

Le livre s'ouvre par des paroles de plaintes et de reprocbes que le prophète adresse à son Dieu au sujet de la corruption qui règne chez son peuple, et de l'oppression qu'éprouvent de la part des méchans les justes, les vrais Israélites, ceux avec lesquels il s'identifie complètement et au nom desquels il parle. < Jusquts à quand, d Etemd, off^kni-je au secows? et tu n'écoules pas. Je crie à toi :

HABACDC. 19

vjsfenee , et tune détiore» pat les tieat, tn toe réprimM ai oe «Itftties les mbehuta. Pmtrqtioi me faU-tu voir, en sign»ant ma vue spirituelle, éei mqtdtië et de» loufJraMei que d'ratres ne voient pas, si lu ne vettx pat euucer les prières que tous ces maux me roirt.éleTer à toi? La ruine et la vioieaee m'eulonrent de toales paris, elc. > i, 2-4.

A cette [Mainte, l'Eternel répond «a «nnon^nt et décri- Tant la venue des Chaldéei» > qui renvenenl tout sur leur passage et étendent leur empire aU loin, qui panent sur les peuples comme U tmtt d'orimf sur le déserietempoTMiK de» pritomàert comme du uAk. Après ces conqnAteSt après tontes c^ crnaatés et ces ntriences, qui ne sont en quelque «orle que les actes d'une force brutale, aveugle, physique, kurt cœurs s'étëverotit, s'enorgueilliront, t/i àépaeeeront les dernières limites du droit et de la modèrattOa, ilsp^A«ront, ils se demanderont d'où leur viennent leurs succès, et ils répondront que bntr feree est kur Dieu. > i, S-J1. Cette description des conquêtes des Chaldéena est moins remarquable encore par sa beauté poétique, que par la distinction qui j est faite entre un peuple barbare qui fait le mal sans réflexion, et ce même peuple se livrant Tolontairemlentà ses pensées mauvaises , et ciHumettaot de vrais péchés. Le commentaire dogmatique de oe passage fort remarquable, se trouve daos les paroles de J^us-tlhrbt : < Si vous étiez aveugles, vous n'auriei point de pécbé > (Jean ix, 39-41; XT, Sâ-34j, et le commentaire historique, dans le livre de Daniel, où nous voyons le roi chaldéen Nebneadnesar, s^ duit par la voix intérieure de Tragueil, s'écrier : i N'est-ce pas ici la grande Babylone que j'ai b&lie par ma force? > pécher et subir immédiatement la peine de son pécbé (Dan. iv).

Hais que signifie cette réponse qoe fait l'Eternel au prophète qui demandaiit la délivrance des justes en Israël bien plus que le ch&timeni de» médMUU,- et à qui il est dit sin>-

16 BABACCK.

pleBacBt qoe oonAn de pays ront être dérastès par mie bation barbare? Ecoutons Habacnc qui reprend la parole. - - 4 Etemeî, n'^-tupoêde UmU étentité, ntim D^, mon iokitf Ta me protégeras dans celle ruine universelle; en châtiant lea péchears, ta te souviendras des justes ; toi qui es le saint , ta aimes les saints, et nous , les vrais Is-aélites , nom nt mourron* pa», le Cbaldéen ne détrnira pas ton ^(lise. 7^ l'a* itabH pour exercer les jugement sur tes ennemis; t<H qui es notre rocher et notre haale retraite, tu l'a» prépari pour cMitter tes coupables. ■ Ain^ le pn^ète a reçu ane réponse pleineaienl satisraisante jt ses premières plaintes ; les opprimés en IsraCl seront dèthrés des mains de lenn frères, et épargnés quand le châtiment fondra sur les coupables. Hais une nonvetle difficulté se présente A son esprit : les Cbaldéens que Dieu a préposés ponr ce châtiment, sont autant et plus coupables que les Hébreux qu'ils Teoleat diAlîer, la description même que l'Eternel vient de faire d'eux, met dans tout son jour leur cruauté, leur insolente présomprion , leur orgueil impie. Dieu ne sait-il donc mettre fin à un mal qoe par un mal plus grand encore? I Toi, à Dieu, dont k» yeux sont trop purs powr vi^ le moA et qui ne peux prendre pftu'str à la violence, pourquoi verrcàttu toujours le$ impies remplk la terre de douleurs , «l tê Kùraiâ-lu quand le miehtmt dévore de ^us juste» que M? » Habacnc considère en esprit ces Cbaldéens parcourant la terre en la ravageant, et s'emparant des nadons comme si elles n'avaient point de maîtres pour les défendre : < As-tu donc fait les hommes comme les poissom de la mer et comme ks reptiles qui n'ont point de chefs? Le Chaldéen fffi tire tout avec soK hameçon,... il b'iomphe de ses succès et il s' encense hU-^éme....>—i, 12-17.

' . L'Etemel se tait ponr un temps i ces nouvelles plaintes de son prophète qui attend sa réponse, l'esprit au gUet, tel qn'one sântiaeile sur sa tour. — ^ n , 1 .

HABACDC. 17

Et ttientM l'Eternel doDira la réponse dérirée, et révèle la chute des Ghaldéens dans ane vision, qa'Habacac reçoit l'ordre d'écrire en lettres distinctes sur des tablettes, et dont l'accomplissement tardera peut-^tre , mais viendra cerlaioement.

Cette prophétie commence par cette sentence d'une îm< mense portée, d'une application universelle, qui contient la solution de tons les problèmes da monde moral :

< Voila ! elle s'sst ENFLis , elle n'est powt dboitb ,

SON AHB , AD SODàta DE LDI , HAIS LE JUSTV DANS SA FOI yiVBA. *

Cette sentence est conçue à dessein en termes généraux: l'&me qui s'élève est celle dn Cbaldéen (i, 11), mais c'est aussi celle de quiconque pèche comme le Cbaldéen. Il n'y est point dit quelle sera la destinée du méchant , mais elle se déduit de celle dn juste qui seul i la vie, et elle ne pest être que la mort. Il faut d'ailleurs saisir dans toute sa pl^ nitude le sens des mots : elk i'est enflée , eUB n'est pas droite ; il s'agit ici de ce de^ dans le mal on l'on s'élève contre Dieu et où l'on entre dans des voies décidément mauvaises, où l'on s'enorgueilKt et «e pervertit, connue l'a fait le Cbaldéen après ses conquêtes.

La sentence générale est appliquée an cas particulier dans le reste du chapitre : < Out, i'ivreœ (d'orgueil comme de vin) rend insolent, etc. > Le Cbaldéen périra ; déjà même, anx yeux, du prophète, il est chassé de son lieu, et voici toutes les nations qu'il a foulées aux pieds, qui se réuni»sent autour de lui pour lui crier : Malheur ! et pour loi re* procber ses crimes.

Ce chant de malédictions se divise en cinq strophes.

La première (6-8) rappelle les injustes et sanglantes conquêtes des Ghaldéens, qui, bien loin d'acquérir ainsi de Is gloire et de l'éclat, n'ont fait que secomrù' mx-mémsi comme d'une boite tfpojsse qui les soiiiUe et Irà défigure.

18 BABACDC,

La seconde Btropke (9-11], reproche ans Chalâéens leur avidité et lenrs richcsws mal acquises, avec lesquelles ils se croieDt à l'abri des coups de la fortune. Mais fei pierrei de leurs palais leur arietU : < Tu as bftii ces morailles avec le froil de tes rapines, > et du milieu de ta charpente la p(mtn répond : • Tu nous as dérobée. >

Dans la troisième stropbe (13-14), il est question de Bab^lone que les Ghaldéeus ont a^andie et comme fondée; ils j ont fait travailler 1m peupie% conquis, mais tous ces édifices qui r<pasmt lur l'iniquité , sont voués an feu [qui les consumera sons C;ms} et aa aéant. Et tous traTanz semblables auront un sort semblaUe, jusqu'à ce qu'enfin tous les hommes rendent glwre à VEUrnel. (Le verset 14 est souvent cité dans nn sens qu'il n'a pas; il s'agit ici non point de la eonnatsiance de VEiÊnel , <^ la foi au vrai Dieu, mais simplement de la coiuMUMOtiGe de la gloire de l'Etemel, qui doit remplir la terre comme Im eaux reemmrma U fond de» mers; et en effet les prophéties nous parlent bien d'nn règne universel dn Christ sur toute l'humanité, mais non d'une conversion de tous les hommes au Seigneur.)

La quatrième strophe (15-17) déteint le mal moral qne Bab^lone fera aux nations soumises à ses lois (Jér. li, 7] , qu'elle emorera avec ce secret et odieux plaisir qne le méchant trouve à nuire à ses semblables; mais elle en swa punie selon son péché (Jér. xxt, â7; Lam. ir, 31). Et le prophète lui rappelle ici que son plus grand crime est la manière en laquelle elle a dévasté la Terre sainte , k Liban (El. XVII, 3; Deut. m, 25).

La cinquième strophe, qui est comme les précédentes de trob versets, mais qni en dilTère à -plusieurs égards, est prononcée par le prophète, qni reprend la parole après les natioiâ pour compléter leurs accusations en j ajoutant le reproche d'idoUtrie, et qui réclame de tous les peuples h silence devant l'Etmui des armées.

SABACUC. 19

Ce dernier verset (ii, 20) prépare te lecteur an canliqoe du di. m. AToale des revotions que Diea a miges sur les lèvres de soii prophète , ceiai-ci s'est recueilli et a élevé soa ftmo vers l'Eternel ; la poissaDce de celai qui d'an mol peol renvHser les, onpirea les plus pnissans, l'a remp^ de crainte, et il a senti la folie de ses plaintes, i Eternel, aeeompUt (es jugemens data h cours des atmée» (et non lorsqu'il n'j aura plus de temps, dans l' éternité) ; mais dan» ta ccière contre les peuple coupables, n'mibhe pas tes faibles serviteurs. I

Le cantique qui suit [m, 5-19) est un des pins beaux morceaux de la poésie sacrée , mais il est presque inintelligible dans nos versions françaises, et jamais traduction n'en reproduira l'énergie et la grandeur.

- Les scènes du Sinal, le passage de la mer Bouge et du Jourdain, les ruisseaux sortant du rocher à la voix de Mtâse. le soleil et la lune s'arrétant dans leurs demeures k la parole de Josaè, sont rappelées dans la première partie de ce cantique (3-lS], qui exalte la toute-puissance de Dieu détruisant les ennemis des justes (14), et délivrant son peuple, c'est-à-dire son peuple pour autant qu'il est oint (15; Ps. cv, 15). Le prophète a d'ailleurs devant les jeux le contmencement de la dernière bénédiction de Moïse (Denter. xxxin, 2), le psaume zvin, le lxsvii, etc. (Dieu s'avance dans une tempête qui couvre le ciel entier, il est enveloppé d'un nuage ténébreux qui renferme dans sou sein un feu brillant comme le soleil, et duquel partent mille foudres; il s'arrête et mesure la terre pour trouver le chemin par lequel il fera sortir son peuple du milieu des nations qui l'oppriment; les peoples sont saisis d'épouvante, tonte la nature se bouleverse, l'Elernd descend sar son char de victoire, les flols se partageât, les montagnes s'écroulent, l'abîme crie, la mer élève ses vagues vers les cieux comme des mains saj^aales, la terre s'ouvre et fait

30 BABACDC.

jaillir des tomas, lefe aslrts snspeudcot lear cours, et' au milieu des tonoMTes et des édàin et de tons ces prodiges étranges , les Israélites s'avançait, bombles el jojeox, TCts la teire qui leiu* est destinée. > — Lecteon, qui penl-élre mettez en donle la vérité de l'histoire jarre, est-ce ainn qœ rfaomme tnTente, et arez-rons jamais tronVé pamniës fictions des poêles, rien qui égallit en sublimité' ce taMeaO toot historique des miracles du désert? ^

Contre qui l'Eternel marcbe-l-il? G'eal contre tons set ennemis. Mais parmi ses ennemis s'est rangé Israël Idîméme, qni opprime les justes et les croyans (i, â-4j. A cette pensée, le eaw da prophète se décbire ; l'amonr qa'H a pour son peB{de, fait qoe ses os amt rongh de doaletu-. n sait qu'il doit vivre juaiptes tatjmir où Dieu montera eonOt le peuple (dans le texte om et non goSj b^ren pour k bri~ m. — \Q.

Hais si Diea détndt les Hébreux , c'est parce qu'ils sont semblables an figuier etérUe et qa'ils ne prodniaeat aucon fruit. Ausà le pays sera-t-U enlisement dépeuplé. — 17.

Hais les Hébreux ne sent pas les jostes, l'In^Cl selon ta diair n'est point l'Isnël spirituel. Les pédieors impéniteos M Inda sont ce que sont tons les pdens : des étraogets au rojanme des Geux. Leur ruine n'est pas la nôtre; ils sont du monde el nous sommes à Dieu, t Moi , en l'Etemel je me réjonirai , je tressaîHirm de joie an Dieo qiâ me AéXb~ •ntTB (moi et tous eeax qid avec moi sont memlffes da corps de Christ). L'Eterod est ma force, etc. > (18. 19.) CesA ainsi que te prophète de la fm vivifiante, se recoeltant devant Dieu et imposant silence à ses afiiections et à ses pensées chamelles , pousse en finissant un cri de joie et de reconnaissance , qni domine le fracas des royaomes qui s'é- «mdent toot autour de loi.

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