Jéhojackii
. {') Si le passage 9 Rois xxtv, 13, indique l'aDnée oùoelaar-' riva , comme la huitième du règne de Nébacadaeiar, cela ptovîent de ce que les livres historiques de l'Ancien Testament comptent le règne de ce roi depuis l'an 606, époque où il parat pour la première fois devant Jérusalem, à la tête des armées de son père, laBdia que son accessioii réelle an tràne ne tomba
«n'en l'an 604. Lorsque Daniel compte d'après les années de ébucadaezar, il part de l'an 604, ce qu'il est nécessaire de, savoir pour lever les contradictions apparentes auxquelles donnent lien ces divers points de départ dans les calculs.
(^ Ainsi, Uébémet-AIi avait formé le projet de transparier, les tîrecs de Illorée en Egypte ; ta bataille de NavarÎD a pu seule Ten^cher d'exécuter «on plan.
Le roi Sédéciae somt, pendant qœlqneB aimées, la poltti^ae commandée par les circonstances, de se soumettre patiemment à la dépendance de Babjlone. Mais la réritable crainte de Dieu lui demeura étrangle , comme elle l'avait été à ses jH'édécesseurs immédiats, et il j ai^t, en outre, dans son caractère , une certaine fay>tesse qdi fit qu'il ss laissa entratner k s'allier avec TEgypte, par le parti ateu^ et présomptueux des grands et par quelques taux prophètes et sacrificateurs. Jérémie expia par la prisw ie témoignage qu'il rendit à la vérité , et tandis qUe les fatax docteurs , pleins d'une confiance chanielle, se donnaient l'apparence d'une foi sans borne au Dieu de leurs pères, il passait pouf un homme qui n'avait pas à cœur le bien de la pabie, parce qu'il répétait le seul bon conseil qu'il y eut à donner, celui de remplir fidèlement les devoirs une fois contractés à l'égard de Nébucadnézar. Ce dernier monta, en S90, contre Jérusalem , pour infliger aux jui& le dernier cliAtiment. Il s'écoula cependant encore un an et demi jusqu'à la prise de la ville. Les alliés égyptiens ayant fait, pour la secourir, un mouvement , les Cbaldécns quittèrent les environs de Jérusalem pour ail» à la rencontre de ce nouvel ennemi. Déjà l'on se crut délivré pour toujours , on injuria le prophète Jérémie, qui avait prédit la diute de la ville, et les esclaves auxquels on avait accordé la liberté dans les jours d'angoisse, furent remis sous le joug. Le secours de l'Egypte ne fut encore cette fois que le roseau qui se brise en éclats et transperce la main qui s'y appuie. Les Egyptiens se retirèrent devant les Ghaldéeos , qui reparurent sous les murs de Jérusalem, pour tirer une dernière vengeance de la viUe coupable, et pour exercer sur elle un jugement que les prophètes de Dieu avaient dès long-temps, mab en vain, dénoncé à la génération rebelle. En S88 , la ville forte succomba à l'art miUtaire des Babyloniens. Sédécias, qui avait cherché à s'évader par une des portes de la ville , tomba
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^iiè les msiiis de Nébucadnézar, qui, après lui avoir fût crever les yeux, l'emmena à Babylone, où la plos grande partie do peuple fut pareillement transportée. La vflle et le tem]de furent réduits en cendres. Le petit nombre des infortonés Israélites qui étaient demeurés dans leur patrie désolée, s'enfuirent en Egypte après le meurtre du gouverneur chaldéeu, et Jèrémie , qui s'était dévoué, avec un cœur brisé, mais avec une fidélité inébranlable, aux derners iè^ bris dé son peuple , accompagna cette malheureuse troupe d'émigrés dans cette terre étrangère. D'après la tradition, il y reçut la mort de la propre main de ses compatriotes id»* làtres et endurcis, après une carrière prophétique qui n'a-* vaif élè tout entière qu*un martyre continnel.
Jérusalem était tombée , et il ne restait plus des deux royaumes d'Israël que quelques débris. Tout ce que les prophètes avaient annoncé s'était accompli. Mais les promesses eurent, aussi bien que les menaces, leur réalisation. Au milieu de la ruine politique et de la destruction du sanctuaire extérieur, dont les vases sacrés , et même l'arche de l'alliance, avaient été perdus, l'esprit de révélation resta debout et conàerva son sanctuaire dans les c<eurs du petit troupeau de ceux qui avaient une véritable crainte de l'E^ ternel. Ils ét^»it le germe duquel devait se développer' la plante nouvelle après que le temps d'épreuves serait passé. Us étaient dirigés et soutenus par pluaeurs vrais prophètes de Dieu, entre lesqueb nous connaissons particulièrement , dans les diOerens lieux de la dispersion, Datiiel, Ezéehiel et Jérémie. Noos ne connaissons A'Ab^as qOe sa brève prophétie contre la fierté des Edomites, qui voyaient avec une joie maligne la ruine d'Israël. Les vrais Israélites sentaient profondément dans leurs cœurs le châtiment de Dieu , étaient navrés des injures qu'ib avaient à endurer de la part de leurs ennemis , et attendaient arec une vive ^pérance le temps de la rémunération et de la délivrance. Ce sont ces sen-
— W — timem qae noas tronvAus exprimés arec «ne ardeur toute particnliàre dana le psauaie cxxxvn , dunlé Boms tes triatei Moles des rirages da fleure de Bab^one.
Tons B'éproTiraifflit pas sans doate ces regrets. La phil grande partie da peaple se troara bien dans ce pa^ étran-' ger, il est vrai, nais beaa et fertile. Ils s'; établirent, par-* Ynreat même à nae oertaine pro^ritè , et jouirent d'une aorte dladépendaDce.
- Hais si N^HKadnézar arait été eidre les mains de IKen l'instroment de ses justes jngemens sur le sanctniûre coupaUe, Babylone dot porter la pane d'avoir andadensement profane ce sanctoaire qni, lont souillé qu'il filU, était encore celui de Dieu. De la mort de œ roi puissant (en 382) ji»^ ^'i la destruction de son empire par les Mèdes et les Perses, ii ne s'écoula que vingt-trois ans. Cette courte pMod* se passa en Tiolentes rérolntions intérieures , et en gaerrei avec les pays étrangers. Le fils impie de Nébucadnëznr, Evihnérodack, fut tué, après deux ans de règne, par son bean-frére Nérighssar , lequel perdit la Tie , quatre anj après, dans une bat^le contre Cyros. Son 6b, lecmel La- ^or0toari^¥)d , saccomba, au bout de neuf mens, à une con»' joratioB, et fnt remplacé par le dénier roi babylonien, Bef^ latsar, qm est aussi nommé, dans l'histoire profane, Naboned. II doit avoir été fils d'Evilmérodach, et par conséquent petit-fils de Nébucadnézar. Sous son régne, l'empire des GhaU déens s'écroula , et à sa place s'éleva la nouvelle puissance 4es IMèdes et des Perses , qui prit bientôt , dans Tbisloire , eoDune grand empire peraque, la place qu'avaient auparavant occupée les Assyriens et les Babyloniens. Avec cette nsuvelle époque de l'histoire profane commença ausà, pour Israfll , nne dobt^ p^iode de son histoire, qu'il nous reste
Les Mêiks, yeam èû BOfd-«st, et-ke Vtnti, des moatagnea de l'est, s'eaparérent des belles oontrAes qni s'éten-t daieot an pâed des mont^nes , leur patrie. L'hûbiire an^ deiMe de ca deax paiples est fort obscnre. Apr^ la cfante 4a prenier eBBf»e as^riea, à œlte même époque où Pfeul et ses saceesseara cégnûent dans no nouveaa rojaome d' A»« sjrie, et où Mabonassar étd>li»ait en Babjkmie une ère DomoBe , Arhate paru! comnie fondaleor de l'iadépendaBce desMèdes. Mab on suppose, d'i^rés 2 Bois xvii, 6, où mhu lisons qne les Israélites emmenés du royawgae d'Epbraïm / en 72i , Sutni transportés , entre autres , < dans les villea des Mèdes, » que les Assyriens avaîeni, bientôt après, reco&t qms la sonreraineté sur ta Uédie. Ib en furent dèfinitirement diassës pu* Déjteèt, qui afirandiit de nouveau sa pairie de leur joug. PhraorU soomit tes Pertes aux Hèdes, et Gambyse , père de Cyms (') , n'était qu'un, rw perse vassal ; cependant il avait épousé Mandane, fiUe d^Axtyage, soa sozerain. Cjrus, qui était ainsi petit-fik de ce dernier, re~t çut , a^ptéè sa mort , de son fib et successeur, Cyaxaxv II ('j t le commandement des armées du rojraume médique, pour porter la guerre contre la poissance chancelMite des Gtiat— dèens k Babylooft.
(*) Cyna est le nom latinisé; celui qu'oa trouve dans la Bible est Corel.
(*) Cyaxare était onele de Cyms. Le tableau géaéalogiqué qui suit indique les rapports de famille qni exîstaîeot vraisemblablement alors entre les deux maisons régnantes de Perse et de Médie.
Âtlyage.
Cyaaare U. Maadane. Camhyie,
Vne fille, Cyrv*.
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En 1139 , Cyras s'empara de Babjlone par surprise. Ayant &i( creuser des canaux latéraux , destinés à recevoir l'eau de l'Eaphrate qni passait au milieu de cette immense cité , il l'y fit entrer tout à coup peadaot une nuit de fêtes et de débauches (Daniel v] . Le lit du fleuve, ainsi mis à sec, fournit aux Mèdes et aux Perses victorieux, une voie par laquelle ils se préàpitèrent dans la ville plongée dans l'ivresse.
Gyaxare II , ou Darius le Méde , ne régna sur ces pays conquis que pendant deux ans. Il mourut en 337, et comme Gjrus avait épousé sa fille , ce nouvel empire échut à ce jeune prince, et passa ainsi à la race des Pn^es. Alors commença la monarchie de Cyros et l'empire persique.
Daniel vécut à la cour de Babylone pendant tout le temps de la gloire de Nébucaduézar, pendant la période de décadence de son onpire , et jusqu'au commencement de l'empire médo-perse. Les successeurs de Nébucadnézar l'oublièrent , et dans la nuit où Babylone fut prise , il n'y eut que la reine— mère , fille de Nébucadnézar , qui se souvint de Daniel et de sa science prophétique. Sous Darius le Hède, il jouit de nouveau d'une grande considération , et on peut vraisemblablement attribuer en partie à son influence la permission que Cyrus donna, déjà en ^36, aux Israélites de retourner dans leur patrie, et la protection officielle, ainsi que les secours divers qu'il leur accorda. Il s'était écoulé précisément sepunte ans depuis la première attaque de Nébucadnézar contre Jérusalem , en 606 , et la translation de Daniel à Babjlone. Ces septante années d'oppression et d'ignominie se comptent d'après la vie et le sort de Daniel, et toute l'histoire de cette époque , si pleine de douleur pour Israël, montre, du reste, que par ses serviteurs Dieu se tient tout prés de son peuple ch&tté , dans le temps même où il semble s'être retiré de lui, et que ses serviteurs sont appelés les premiers à boire de la coupe du châtiment commun, afin que, sympadùsant avec le peu- '
I^e et sonfirant avec lai, ik se tiennent, en intercédant pour lai, devant l'aatel des sooffi-ances.
Le Boml»^ de ceux qui profitèrent de la permission de relonm^ dans leur patrie ne iiit pas considérable. Ce fu— r^t principalement des Israélites des tribus de Juda et de Benjamin, qui appartenaient à l'ancien royaume de Juda ; aam, dés celte époque , le nom de Juifs fut-il particulièrement en usage pour désigner les nouveaux habitang de la Twre— Sainte. Cependant plusieurs Israélites de l'ancien royaume d'Ephraïm revinrent sans doute halnter la ville nouvelle , et ceux qui avaient été laissés dans le pajs , sui^ tout dans la partie supérieure de la Galilée , servirent à compléter la population de l'état juif qui se relevait. Zorobabel {'), de la IJEuaille ro;rale, etJéhomah, de la famille d'Eléazar et d'Aaron, se mirent, l'un, comme prince, l'autre, comme souverain sacrificateur, à la tète des énùgrans. La constrnolion se fit < dans nn temps fâcheux. > Les agressions jalouses des païens qui habitaient l'ancienne province d'Ephraïm , connus sons le nom de Samaritains , entrav^%nt considérablement la réédification de la ville et du temple sons les successeurs immédiats de Cjrus, et causèrent un grand découragement anx juifs revenus dans leur patrie, qui s'attendaient à voir s'accomplir immédiatement les prophéties relatives aux bénédictions des derniers temps. Ce fut seulement sous Darius, fils d'Hystaspe (qui régna depuis l'an 531), après qu'il se fut écoulé aussi septante ans environ depm's la destruction du temple, que l'on put relever et enfin consacrer, en 513, le nouveau sanctuaire.
Ce second temple, dans lequel manquaient les vases sacrés les plus importans , et qui ne présentait pour lieu très saint qu'un espace sombre et vide , fiit construit au milieu
(') Af^ée 1,1; Esdrasi, 8. Daos ce deraîer passage, Zorobabel porte le doid perse de Setbalsar.
des eiicoarageneAB des propkète» Açfgit et Zacharie. Ces deux prophètes , avae Makcbie dont nous parlerons pl«s tord, furent les dernier» chalnras de ceHe longue s«dte de prophètes qui cooimeace à Samuel et s'étend à traven les siècles et toutes les Ticissitiides d'Israël. En eux était use rie supérieure et impérissaihle , qui sauva de l'anéanlisseine*t la nation jure qui devait cesser estièremenl d'exMer comme corps politique , et ce fnl encore cet ^^il et cette vie qui , par Aggée et Zacharie , aida à reconstruire au boo- Teau sanctuaire qui dnra jusqu'au temps où le Seiguevr dit : : t-Voici, Totre maisc» va devenir déserte» (Hatth. ism, 56). Hais ce ne furent pas seulement les Joi^ rétabUs dw< leur patrie qui durent passer p» l'épreuve , ceux qai étaient demeurés dans l'étranger y forent ausn exposés. Sous Xer~ xè$ (') , success^ir de Darius, la masse entière de ceux qni étairatt dams l'empire des Perses, fat menacée de cette destruction terrible dont le livre d'Esther nous parie , et qui , grftce h La miséricordieuse providence de l'Eternel , fut dé*. tournée par la fille adoptive de Mardochée , devenue rciae ' des Perses.
' Les affaires des jim& revenu» en Judée étaient dann an triste état torsqoe, en 458 , sons le roi des Perses Artaxerxis lamgue-maxK (*} , Esàras put amener dans la Terre-Sainta
(') Ce roi régna de 'i8S-'l6Si ; il est surtout counu dans l'histoire profane par sa uampagae contre les Grecs, et par son caractère vaniteux et fantasque. H est appelé, dans la Bible, Assiérai (Ahasvertu); mais les découvertes récentes qu'on a faîtessuY l'orlbographe primitive de ce ooin en langue persique, montrent que c'est au fond le même nom que Xerxés en grec. En effet, en langage perse, ce nom est Kh sth iversche; en hébreu il est devenu, avec un A initial, Ahasveros ; tandis que les Grecs ont changé les deux premières lettres (kh etsch). ainsi que l'avant-dernicre (sch) , en leur X, ce qui a fait le mot Xcrxès. Voyez- Gesen. "Thee. p. 74.
(*) Arlaxerxès longue-main est appelé, dans la Bible, Arlba-~ tattha. Le nom perse est Artachtclialra , d'où les Grecâ, par
«ne DodreBe cotooie. Il RA muni des pleih»-poaTo]n n^ ceseaires poiv traTuHer efficacemeat an TëtabliwemeBt d'an pei^tk d'IsraélîtCB. Soo origù» lacerdol^, ainn que m science et tu pièlè bien cta^nts , Iw acquirent , aupré* dd se» ctMBpatriotes , la coondiratioa Décewûre pour MaUir les institolioiu religiewes aana ksqodles on aurak bien pu, sang doute, fonder an nouvel élat juif, mais nOo nn« é^Kse israélile. Une cotonie juÎTe à Jérusalem, sang ocaitîtnti»!» ecdérâfitique et sans o^|;anisation reiigiense, se serdt lùenlât
Lesjuife mettent ordinairement Esdras à cdté de Hofte; e^in-â est pour eux le fondateur, et Esdras le restaBralear du jodaisme. Ib ont raison jusqu'à an certain- point. C'était des prophètes qu'était partie la rie qui arait pénétré et animé les IfHS mosaïques, à dater de Samuel, et leur actio» approcfaait de sa fin au temps d'Esdras. Hais poor ce qui> regarde les institations extérieures, Moïse et Esdrcesmitin* conlestablemeni comme les deux piliers de l'édifice religienx. Le péché national de Tidolàtrie avait amené la ruine nationale , et les tnstitalioHS mosaïques , dont on grand nombre n'avait jamais été mis en pratique , se trourérent ense- . TeKes dans les décombres et les cendres de la destruction. Ge fiit sar ces ruines qu'Esdras HeYa l'église nouveller maiS' il ne put lui communiquer l'esprit sans lequel les meilleures formes ne produisent que de vaines obserrauces. Il se fit bien encore entouré d'bommes dans lesquels était l'esprit: du Dieu Tivaut, et même après lui Malachie fit entendre la> parole de l'Elemel ; mais c'était comme la cloche du soir, qui sonnait les fonèrailles de l'esprit prophétique. Dèa lors,. UMÎDsrespnt «vaut ^marché dtâont l'égÛse iaraêlite tmmaan
une mutation de consonnes dî^îciles pour eux , ont Tait Àrlaxirxèi. Ou trouve encore aujourd'hui, dans les langues modernes , des cbangemens plus Trappansj on n'a qu'à compares L<mdon et Lohdrei ; KjÔbtnkavn et Roj^penkagen.; Chlodewi^^ tiuAcig^
une colonne de fea, pins on s'est appuyé fortement m ar-i rière sur la lettre de la loi écrite , et ainsi s'est développé , dans réglisejaivenonveUemenlorgankéeparEsdrag, le système itérai. C'est ce système qui se montre à nous , dans \t Nouveau Testament, comme pharisaïsme, et d'où s'est formé, après la destroction de Jérusalem par les Romains, le rtMimme ; rédigé par écrit dans le Tfàmtd , il a présure jusqu'à nos jours le judaïsme , qui n'est pins qu'une momie , sinon de la mort spirituelle , au moins de la eoi^ ruption et de l'anéantissement.
A l'œuvre ecclésiastique d'Esdras vînt s'adjoindre , plus lard (depuis 435) , l'œuvre politique de JVihime. Les murs de Jérusalem étaient encore en ruines, et les ennemis des Juife avaient réussi jusqu'alors , sinon à empêcher la reconstruction de la ville et du temple , du moins à arrêter celle éea murailles qui devaient les fortifier. Néhémie, muni des pouvoirs nécessaires, s'appliqua à cette œuvre arec une énergique activité et une fidélité infatigable , et donna au nouvel étal des bases légales pour la vie civile , comme Esdras l'avait fait pour les choses ecclésiastiques ; et après un séjour de douze ans à Jérusalem, il retourna (selon la parole qu'il avait donnée, Néhém. ii, 6; xiii, 6) à la cour de Perse, en l'an 452, Plus tard ('] , vraisemblablement après
(') Faute de renseîgneaiens suflîsans, il est très-difficile de détermJDer le moment où Néhémie revint pour la seconde fois en Judée; on est réduit, à cet égard, à dca suppositions. En fixant pour celt l'an 413, nous avons suivi les supputations des chroDologistes les plus dignes de confiance. Nos versions disent que Néhémie revint en Judée t au bout de quelque temps, » celle de Luther dit même • après un certain nombre de jours;» quelques cornmeatateurs ont voulu entendre par là l'espace d'un an; mais dans un si court espace de temps les Juifs n'auraient pas pu avoir conclu des mariages avec des femmes étrangères , cl avoir déjà des enfans parlant asdodien. Néhém. xui, 34. On sait, du reste, que l'expression hébraïque leketjamin , désigne un espace de temps tout à fait indéterminé.
s'élre libéré da service du roi , Néhémie rerint ane seconde fois dans sa chère patrie , esseDUellemenl pour parer aux désordres et aux abus qui s'étaient inlroduits parmi les juifs, et probablement aussi pour faire reposer ses cbeTeiix blancs dans la terre de ses pères.
Ces derniers efforts du fidèle Néhèmie furent appujës par les saints aTertissemens et par les prédictions de MataeNe , le dernier des prophètes. Cet envoyé de Dieu n'indique pas, il est vrai, dans son livre, l'époque de son ministère; mais le rapprochement des circonstances dont il parle et de celles qae présente le livre de Néhémie , montre que sur le soir de sa vie, ce dernier put jouir, pour mettre la dernière main à son œuvre, de la lumière répandue par Malacfaie.
Il fut révélé à Malachie qae ta voix de la prophétie ne se ferait dorénavant plus entendre à Israël. Aussi , à la fin de ses prédictions, renvoie— t-il immédiatement au Seigneur lui-même, comme à l'ange ou an messager de l'alliance qui doit venir dans son temple pour exercer son jugement.
Avec Malachie se clol cette succession de prophètes ininterrompue pendant sept siècles ; avec lui se closent I^ livres canoniques de l'Ancien Testament, avec lui se clôt l'ancienne alliance. La période qui s'écoula entre Malachie et l'incarnation du Messie annoncé par lui et par tous les prophètes, fut privée de la parole de l'Eternel , et elle montre clairement combien est impuissant l'attachement le plus cousdencieux et le plus entier à la lettre de la loi, quand l'esprit du Seigneur n'anime pas son peuple et ne lui donne pas la véritable rie.