CHAPITRE XI
regardant le Ciel avec l'œil de la foi , nous mépriserons la terre et nous souffrirons avec joie.
De même que les astronomes , par le moyen des lunettes de longue vue , découvrent dans les cieux des merveilles que les anciens n'ont point aperçues , ainsi les saints voient par la foi ce que les infidèles ne voient pas ; et de même que plus la lunette est longue et mieux faite, plus aussi les astronomes voient de choses nouvelles et avec plus de clarté ; ainsi plus la foi des •jaints est grande, plus leur sainteté est parfaite ; plus ils méprisent les choses présentes, et plus ils se consolent dans les adversités.
Prions donc souvent , en disant :
Seigneur , augmentez ma foi.
En second lieu.
Admirons les effets de la foi dans les saints patriarches qui , quoiqu'ils eussent à vivre long-temps , cependant n'ont pas possédé de terre ni bâti aucune maison, mais ont passé la vie logeant dans des tentes, marquant sensiblement par là qu'ils étaient voyageurs et pèlerins sur la terre, et qu'ils cher-
554 épItre aux hébreux.
chaient une autre demeure , la céleste Jérusalem , la cité dont Dieu est Tau- TWt. 9-10. teur etrarchitecte.
Si la foi a produit un si grand dégagement d''esprit et de cœur de toutes les choses temporelles avant la venue de Jésus-Christ , que ne devrait-elle pas faire dans les chrétiens , qui sont citoyens du Ciel et domestiques de Dieu?
Souvenons - nous que nous sommes citoyens du Ciel, que nous sommes pèlerins ei étrangers sur la terre; dans ce souvenir , dégageons-nous de plus en plus de tout ce qui n'est que passager , attachons-nous uniquement à ce qui est permanent et éternel : regardons souvent par la foi cette divine cite dont Dieu est Tauteur , dont Dieu est le trésor , le plaisir et le bonheur.
Ah ! que la terre me paraît méprisable quand je regarde le ciel !
Sur la terre il n'y a que vanité , que convoitise, qu'un moment de vie ; dans le Ciel on trouve la vérité, la charité, réterni té.
En troisième lieu.
Admirons particulièrement en Abraham la fermeté de sa foi , malgré ton-