CHAPITRE IX. I7ÇI
les gentils qui croient, aux juifs qui ne croient pas, et il les a régénérés et faits ses enfaiis dans le baptême , sans avoir aucun égard ni aux œuvres légales des juifs, ni à l'idolâtrie et aux autres crimes des gentils.
Il est donc ici question de l'adoption des gentils par préférence aux juifs , et de prouver que la justification par la foi est toute gratuite , comme saint Paul l'a dit aux chapitres 3 et 4-
Conclusion morale.
C^esl donc à votre pvu-e miséricorde, ô mon Dieu ! que je dois la grâce de mon baptême, où j'ai été fait chrétien, votre fils adoptif, frère de Jésus-Christ, votre héritier et le cohéritier de Jésns-Christ. Je ne la dois ni à moi, ni à mes pai*ens, ni à aucune créature; mais je la dois , cette grâce , tout entière à votre bonté qui m'a choisi , avant la création du monde, pour être saint et sans tache à vos yeux; qui m'a prédestiné pour être votre enfant adoptif en Jésus-Christ , et par Jésus- Christ votre Fils naturel et consubstantiel ; et qui , dans le temps , a tellement disposé toutes choses, que, conlinviant sur moi sa miséricorde , elle a exécuté son dessein éternel , par ma régénération spirituelle et divine 9U baptême. Grâces immortelles ^ ô mon Dieu ! pour une faveur inestimable : Miserieordias Domini in œternuin cantabo. Je ''*■ 88. chanterai vos miséricordes et dans le temps et dans l'éternité.
14. Que dirons-nous donc contre 14. Quid crcela, c est-a-dire , contre la preierence
l80 ÉPÎTRE AUX ROMAINS.
de Jacob à Esaû dans les choses temporelles , et contre la préférence des gentils aux juifs dans les choses spirituelnumqiiid iiii- jes ? Y a-t-il Dour cela quelque iniustice Deiim ? Absit. cn Dieu qui a fait ruiie et l'autre préférence , sans aucun mérite dans ceux qu'il préfère ? Dieu nous garde d'une pensée si impie.
i5. Moysie- i5. Il n'y a pas d'injustice en cela, TeTehàr'^ ci^ûs P^rcc quc l'unc et l'autre préférence est miseieor : et une aciion de miséricorde. Or Dieu fait
misericordiam .,. ,x .. |. ^ ,
piœstabo cujiis misericordc a qui bon kii semble, selon misère or. q^^il a dit à Mo'ïsc *. J'aurai pitié de qui
je voudrai , et je ferai miséricorde à
qui il me plaira.
16, igitur 16. Donc la bénédiction paternelle non voieniis , ^^ Dicu sur Ics chrétiens , et leur iusti-
neqiie ciirren- ^ ' '
lis, sed mise- fication ne dépendent pas de la volonté
rentis est Dei. , 1 1 1 ' ' t , •
des hommes , comme la bénédiction paternelle d'Isaac n'a point été dans la puissance d'Esaii , qui l'a voulue et qui a couru pour l'obtenir; c'est une œuvre de pure miséricorde.
Concevons une bonne fois ({ue Dieu est le maître de ses dons ; que sa divine misérieorde n'est fondée que sur elle-même ; que comme, à l'exclusion d'Ismaël et des enfans de Céihura, il a choisi Isaac; comme il a préféré Jacob à Esaû, quoique l'un et l'autre fussent dans un même sein et formés en même lemps,