‹ Explication des Epitres de saint Paul, par une analyse qui découvre l'ordre et la liaison du texte, par une paraphrase qui expose en peu de mots la pensée de l'apôtre, par un commentaire avec des notes pour le dogme, pour la morale et pour les sentiments de piétéChapitre 27 sur 224 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

et se disaient sages, sont devenus véri- pientes, stulti tablement insense's. '^'''' *""'•

.25. Voyez à quel point est montée 25. Et muia-

•>/•!• 1 I j •! • veriint iiloriam

la Toiie de ces prétendus sages : ils ont incomiptiijiiis rendu Thonneur et le culte qui n'est dii ^^'. '" ?'"'■''

. . ^ tudinem imagi»

qu au Dieu unmortel et incorruptible, nis comipiibià des représentations d'hommes mortels voinrrum"^ ' et et corruptibles , et , ce qui marque en- qua^'upedum

11 r r - 1 c 1^ • et serpentium.

core plus leur loue , a cleô ngures d oiseaux , de serpens et de bêtes à quatre pieds.

Pans ces trois versets, 21, 22, 23, saint Paul exprime l'ingralitude des philosophes. La première est qu'ayant connu Dieu , ils ne Tont pas glorifié comme Dieu : 2 1 . La seconde rst qu'ils se sont enorgueillis et sont venus à je point de vanité , de se donner le nom de sages , et de se regarder avec admiration comme les premiers auteurs de leur sagesse. 21, 22. La ti'oisième est que, par un étrange aveuglement d'esprit ils sont devenus idolâtres : 23.

Qu'il est donc terrible d'abustv de la science , puisque cet abus produit , en celui qui en est coupable, l'extravagance de l'esprit, l'oubli de Dieu et l'idolâtrie même !

La science naturellement doit nous donner une haute idée de la divinité et un souverain respect pour sa majesté , à cause de l'excellence infini" de son être et de son souveraiu domaine

La science doit produire en nous de profonds sentirneus d'humilité et de continuels

fà iPÎTRE AUX ROMAINS.

anéantissemeiis , à cause de notre essentielle dépendance de Dieu en toutes choses. La science doit donc, dans ces deux vues de la souveraineté de Dieu et de notre aépendance universelle , nous porter à de fréquens , et , s'il était possible, à de continuels actes de religion , d'adoration , de prières , d'actions de grâces , etc.

Que fait l'abus ou le mauvais usage de la science? Trois choses tout opposées. 11 rend vain , enflé et orgueilleux un homme qui devrait être humble et toujours anéanti ; il fail oublier Dieu à un homme qui devrait le regarder dans tous les objets ; il rend idolâtre un homme qui devrait tout sacrifier à la gloire de Dieu.

Ce sont les trois déréglemens terribles que l'abus de la science a produits dans les philosophes païens , mais trois déréglemens qvii doivent faire trembler tous les philosophes chrétiens , dans la crainte d'un pareil abus et d'un pareil châtiment.

Que la punition des païens soit donc l'instruction des chrétiens.

Saint Paul, dans le reste du chapitre, nous exprime les péchés énormes dans lesquels Dieu a laissé tomber les philosophes , en pusition de leur triple ingratitude.

«4. Propiei 24. C'est en punition de cette impiété ilu« De^îs ' il! 'V^^ Dieu , les abandonnant à la tyrandesidena cordis nie de Icui's passions, les a laissés tom-

coi uni , m im- 1 v 1 1 •

munditiam : ut ber daus les cxces les plus abomina-

coûtumeliis af- 1 1 i 1 -i . *

Êciaut coipora "^^^ » P'^^' Icsquels US Ont eux-nicmej

stia iu senietip-

CHAPlïRB I, td

•Icslionoré leurs propres corps de loues les manières les plus infâmes.

i II maruue donc trois sortes d'abandonneiieiis. Le premier, aux désirs de leurs cœurs: cisct 24. Le second, avix passions lionteucs : verset 2G. Le troisième , à un sens rérouvé, ou à vm renversement d'esprit qui dit prendre le bien powr le mal, et '<; mal tour le bien : verset 28.

Premièrement, en punition de ce qu'ayant lonnu Dieu ils ne 1 ont pas glorifié , Dieu les i livrés aux désirs de leurs cœurs, non eu es poussant au péché, mais en les abandontant à la tyrannie de leurs passions, aux tenations des démons, aux amorces du péché , bailleurs ne les retenant pas, ne les fortiiant pas par le secoius spécial de sa grâce ; l'oii il est arrivé qu'ils ont été entraînés par a corruption de leurs cœurs dans toutes sores de péchés.

Terrible, mais juste punition ! ils ont abauionné Dieu : Dieu les abandonne , il les laisse i eux-mêmes ; il leur permet de faire tout ce [u'ils veulent, les choses les plus infâmes, par esqvielles ils se déshonorent , parce qu'ils l'ont pas honoré Dieu.

Il est donc vrai que le péché , que l'abanionnement au péché est une punition , et la )lus effroyable punition du pécheur.

Mon Dieu, mon appui, ne ni'abandon- ^^"^- '*^- 9^ lez pas 3 et ne me méprisez pas , ô Dieu , }ui êtes mon sauveur.

25. Parce donc quHls ont changé le aS.Quîtoju- /éritable Dieu vivant el immortel pour

mutaverunl «i»-

«4 ÊPÎTRE AUX ROMAINS.

nuxem Dei in dcs dieux faux et imaginaires , auxquels Sen^iu"!' et ils oiît reiidu le culte qui était uniqueservieruntciea i^g^t J^ au vrai Dieu , et ou'ils ont par

tuiae poilus i i • ^ i

quàm creaiori , conséquent reuclu plus de glon-e a la

dictii?ln sœai- crc'ature qu'au Créateur, quoique Dieu

la. Amen, j^ig,-j ^jj. j,gçy aucun véritable tort , et

qu'indépendamment de toute créature

il soit glorieux et béni dans tous les siè

clés. A m en.

En second lieu, en punition de ce qu'ils ont renversé l'ordre de la nature , en honorant comme Dieu les créatures qu'ils devaient sacrifier à la gloire du créateur, Dieu les a livrés à des passions honteuses , qui leur ont fait renverser l'ordre de la nature.

Les honunes et les femmes, confondant l'office des deux sexes , se sont plongés en des r'ers. 26. excès abominables.

26. Piopte- 26. Dieu néanmoins, offensé de leurs DiMis in passio- impiétés, Ics a livrés aux passions les

lies ignominre. 1 1 . 1. ^ 11 •.

Nam femince pbis liontcuses , permettant que 1 un et eonim immuia pautrc scxc fit dcs actioiis Capables de

verunt natura- . . ^

lem iisum , in faire l'ougir la nature. Leurs femmes ,

eum usum qui . i . . i . i '

est contra naiu- ayant perdu toute pudeur, ont change '""^ entre elles les lois de la nature.

Page 1