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5 10 ttPLICATtON
C'est donc tous qui ne voulez pas la sece?oir» <!'est'vous qui , tous absentant obstinément du lieu où il tous attend pour traiter de Toire réconciliation» lui déclarez une guerre opiniâtre. Quand tous aTez offensé un. homme puâsant et dangereux» la crainte de sa Tengeance tous rapproche bientôt de lui. N'y a-t-il donc q«fô Dieu que tous ne craigniez pas? où , semblabio à Adam après son péché , pensez-Tous , en le fuyant, éviter ses, regards? -Si la ProTidence vous aToit placés sur cette terre qui fut autrefois honorée de sa présence; si elfe vousaToit fait TiTre dans la région illustrée paries mystères de sa TÎe et de sa mort, ne tous empresseriez-TOUS pas d'aller Tisiter ces lieux célèbres? ne regarderiez- TOUS pas comane un devoir de hii rendre tos hommages dans cette étableoù il naquit) sur ce Calvaire où il expira^? ne r^ chercheriez-TOus pas sur cette terre consacrée par lui, la trace de tousses pas? Mais qu'jrîez-TOus y chercher, que tous iw retrouTiez sur ses autels? Là s'opèrent au même instant tous les mystères qui. ne s'accomplirent que successivement dans le^cours èe savie morlel/o. Là il naît, à la parole du prêtre , coname à Bethléem. Là il est ^ert par la main de son ministre, concime il le fut dans le tem]^ par sa Mère. Là il répand ses grâces sur le peuple chrétien » comme dans le cours de sa mission il versoH ses ^Hcnfaits sur la nation juive.
DSS ÉYANOILSS. 3ll
Le il^ât immolé comme sur la croix,lIéhis ! là il reçoit , des impies et des libertins , des outrages aussi douloureux que dans la maison du grand-prêtre, à la cour d'Iiérode, dans le pré* toire de Pilate. £n lui offrant tos respects dans son temple , tous Tadorez en même temps dans tous les divers états oh il a passé pendant son séjour sur la terre.
Nous déplorons l'abandon où un grand noml^re de chrétiens laissent le teiaiple.iâu Seigneur. Mais parmi ceux qui viennent quelquefois s'y présenter, combien *en est-il qu'on devroit, à ce qu'il semble, exhorter plutôt à s'en bannir I Le délaissement des églises n'est encore que le moindre scandale. Ne vaudroit-il pas mieux tju'elles restassent sans adorateurs. , que d'^re, •comme nous les voyons^ en proie aux profiliHrtenrs? Quand , dans les jours de solennité ^ aux heures consacrées au service divin , nous voyons une affluen^ce nombreuse se porteur Ters le lieu saint, nous éprouvogs un sentir* ment de joie et d'édiïlcation , en pensant que le*Seigneur va recevoir des hommages multi^ plies et sincères. Mais en entrant à la suite de cette foula dans la maisou/sainte, ah I que nous somm^ promptement détrompés 1 un sentiment bien différent vient nous saisir , iquand nous découvrons ce qui s'y passe. On vient au 4emple : et pourquoi y vient-on ? Est-ce pour Dieu? est-ce pour iui^ rendre ses adorations^
Sli fiXPLiCAtlOlf
Non : eVst uniquement |K)ur le mbnde, pour éTÎter sa censure , |>our conser? er k ses yeux (pielque dehors de religioiK On y Tient , entraîné par la coutume , conduit par la bien* «éance^ poussé par le respect htimain. On y vient par des motifs plus criminels encore , pour voir, ou pour être vu; pour exciter des désirs coupables , ou pour entretenir les siens* On vient au temple : et dans quel esprit y vient-on ? On y apporte ses passions, on s'eti occupe, on s'en entretient, on y cherche de la pâture à sa curiosité, de Tamusement à son loisir. On vient au temple : et comment y est-on ?-C*e8t là le comble du désordre. Fils de Thomme, di- «oU le Se^aeur à son prophète, perce le mur, et vois les «bomiuatiofts qui se commettent dans ma maison (i). Alors au moins on cachoit set irrévérences aux regards publics ,- on s'enfermoii dans le temple pour le pro&ner. Mainte-^ nant l'impiété marche dans le sanctuaire , le front levé^ et ce qu'elle semble craindre , c^est de n'être pas aperçue. Uindéc6nce des situations , la négligence des postures , la liberté des mouvemens , l'audace des regards , semblent pratiquées exprès pour braver la Divinité. Le J^ruit confus des conversations particulières,
4i) Et dixit ad me : Fili bominis, fode parîetem. Et ciun fodisftcm parietem, apparuit ostium unum. Et dixit a4 me : In^dere, et yide abominatioDet pcssimais, <pio% isti faciast )*i«. Ezech^ f iB. 6 cl 9.
DES iVANGILBS. SlS
toujours profkûes , souvent criminelles^ s'élère quelquefois jtisqa'k troubler les chftnU êetcréê* Si dans le moment auguste, où Jésus^Christ descend sur son autel, est^lefé, et présenté aux regards et aux adorations , on daigne, par utt reste d'égard, ou plutôt de respect humain; fléchir le genou , on s'en dédommage aossitôt. Averti qu'on Fa devant les yeux, q«i'<Nii est so«i les siens , on se lifre sans^ honte et sans crainte Il de nouvelles insolences. Des femmes mondai* nés viennent y étaler , les unes le faste de leurs parures , les autres TimmodeRStie de leurs ajtistemens. Elles viennent, idoles saperhea, disputer au vrai Dieu ses adorateurs, et lui arr»* cher les âmes qu'il a rachetées de son «uig. Les temples du Seigneur , ees écoles sacrées àe h piété, ces asiles de Finnocence, sont devenus eux-mêmes dangereux pour la vertu. C'est le „ c'est dans te sanctuaire, c'est en présence de la Majesté divine , que comm^ieeot quelquefois, et que s'entretienneiii les oriihinenes intrigues , qui font le scftndate à» la religion et k honte des familles. Grand Dieu I o<r donc pourra se réfugier la pudeur, si, jusqu'au' pied dcit autels, elle trouve d^ pté^pes? Où sera*|-eUe en sûreté , si , sous les yeux , et presqfue dans les bras de Jésus-Christ , elfe estr aHaquée ? Se* roit-il enfin près d^^arrivter, ce jour redoutable, dont l'abomination de la désolation placée dans
2l4 BJ^UCATIOU
le lied stînt » doit étce l'annonce (i) ? Les seao* dates mulUpliés qui souillent la ^naîson du. Seigneur , sonl-ils le commencement de l'acconir plissfimeoi4® son oi^e ? en provoquant sou lerriUe jq^ment^ en sont-ils ies avant-coureurs?
Pour nous Ibrmer une )uste idée du j>éché de la profanation , pour sentir combien il e$t odièuK au-Seigneiir» considérons les caractères particuliers qu'il réunit» et qui le rendent plus eriminel.
D'abord il nô peut j>as , xomme l)eaucoup d'autres offenses» être excusé, ou même atténué par la vivacité des passions. Sans ^ojute , l'emportement «de la icupidité^ en causant nos pécbés 9 ne Jes justifie pas , mais il en diminue kl malice. L'Auteur de notre nature en connol^ toute l'imperfection. U se ressouvient que^nous gommes un composé iragile d'une chair foible» et d'uto esjHrit prompt à s'en aller, lent à revenir (9). Son cœur paternel est touché des idutes où entratne l'ardeur de laxoncupiscence. L'efieryeseenee qui les fiait commet^tre émeut s^ pitié «n même temps que sa colère , jet en attî -
(i) Ciim erg6 yideritU abomhiatioiieiii desolationis, qive d^cla est à'Damole prophetâ, ttantem in loco sancto, qm l^t, iatoHigat- Matth^ xxit. i5.
(a) Spiritus ^dem premptus est, caro Ter6 infirma. >/flrc. xiV. 38.
^ecoidâtds estqnîa «aroiinnt j ^^ta« vadens y et non je ^ens. Psalm. Lxxvii. 39.
ipaQt sa sévérité^ excite ^^pendant soq, indulgeoce« Mai^ TirrévéreDce dans le lieu .saint> n*est pasTefTet d'une passion* Ce p'est pas dans le trouble, c'es^ de san^roj^ ^qu'on la coni'met. C'est moins la foiblesse qni y est entrât^ née , que la volonté qui s'y porte. Ce déplo^ rable péché ne procpre àucui^erJQuissance, ne satisfait aucun ^oCit ll-ni'a d^aat^e attrait que le^plaisir^e, faire parade de l'impiété qu'on a , "OU peut7être., descelle qu'on n^'a pas.
Ensuite la profanatipu -du lieu ^aint^ au vice ^u péché» ajoute l'audace de .n'en pas rougir^ Mon contente .d'offenser Dieu» elle Touttage; en même temps qu'elle l'irrite» elle le brave. Elle va jusque sur son ai^tel le .chercher, et défier son tonnerre. Ce. n^est, pas seulement» comme daps les aut^ j>échés^.1a loi qui^st méprisée, c'esti'A^t^urmémedeia M qui est insulté, Le Roi des;|ro^,est attaqu<& dans son palais » et jusque sur, fe ff Sue de sa miséricorde.» et unissant .Fingratitude à, l'insolence» on choisit, j[>our l'offenser» |e lie^,, le moQient, où il ^ffre^ et où il r^apd ses bienfaits.. La présence du profaqalei^i; dans le temple» est^ par une inconséquence bizarre. et. criminelle tout à la foia, une ppofe^s^on et un reniement du christianisme. C'est i^çinnoUre la religion » que de venir ç'unir èf son culte; c'est la. désavouer, que ^'iusultjçr son culte. On se rend au temple , }>our n'être j)fijs cru impii^; on s^ tient indé-
5l6 BXPLICATtOX
cetntiieiit pour ne pas parotire chrétien, Lei furettrs de l'hérésie , fes (biblesses de rapostar» ât , sonl-eRes donc plas crimmelles que la démence profiittatfice ? Lequel , h voire avis , est hs plus coupttMe, du calviaiste qui blasphème h présence de Diea à laquelle if ne croit pas; ou de celui qui se dSsant catholique^ ontrage tin Dieu qu'il fait profession de reconnoître ? Cbiïïpat€frcï-TéU«Fapostitsfe de pes tnafhëureox , qui, vaincus par les supplices , renonçoient Jésû^Christ qu'ils honororent toujours au fond de leur cœur par kur douleur et par leurs re? mords, k celle des profiinateurs ren4u;s trnpies, non par crainte» ipais par ^udace , et qni , loIi| de 9 uflHgei' de leur crique ^ op^ eppore IVITroiiterie ds5'en glorifier?'*'' ; *| '
Enfin fin Bqfr0 viç^ ^tif caractérise» et qui reûd phïs Crin^Mel que tout |b rester^ }e pror fenatefir, c'est iju*il est nécess^ireniôn^ spanr daleuiu tfon seulement A r^se i Dipu ses ^do* rations, il lui enlève celles des autres^ jEion seuiement il trouble le culte , \\ travfiille ^ l^ détruire; non senjerneiit il éfo'uf|fe nhnâ* fuîr môme là religion , ri s'efforce de f anéantir dans tons les cœurs; non sevtemeii^ H est le dtscipte du démon , il se Êiît son afpôtre^ Ufi deis motifs poiir lesquels l*Ed!i$er^8senib|è ses enfaps dans le» temples , eif pour qtre 1^ piété deé uns rautvtie celle des autres. Quoi de [^|us touchant en jCUtet*, qnoT de pltTs propre à exéfter la fervetr ,
c^itô ta tu6 d^uoe jujultitAMle nombreuse^ prosternée, attentive >, recueillie dl^vant J^i ^ainta autels» comme le sont les esprit» IneiitieiiiMBilK devant Tajoitei céleste, et se servant réeiproMement de modèle et d'eiicouragemeot ? M^s paria raison contraire» les irt6¥if^i»Cù$ coma^îses dam les temples devienAcOt des leçons d'irréligioA. JSUes apprennent^ autorisent, encouragent, accoutumoQià mépriser ce. qu'il y a de plus sacré*. Hommes élevés en dignité^ pères de famille , TOUS tous enfin qui , à quelque titre que ce soit ^ jouisses dans le monde de quelque autorité, ce sont principalement vos dangereux exemples qui engagent une jeunesse lacHe h sedpire» ii vous imiter « et k prétendre ae signaler comme TOUS , par son impiétéf ;
Parcourez les livrée saints , et Toyea les ter- ^Hbles Teqg^ancea que Dieu a constamnleot tirées^ des profanateurs, Yoyext frappés d'une mort subite, les fib d'Aaron, pour avoir alliij»é*sitr Taniel un feu étrangar ; Oza, pour avoir TiomIu soutenir deaa main Tarclie ebaueelante; 4$inquciBte mille Beilizomites» pour y avoir porté un regard peu respectueux. Voyez Ozias, :00ttTert de lèpre , parce qu'il Ureil osé pénétrer 4ans le sanctuaire. Comparez «asuRe ces irrévérences qui semblent si légères , aux affreux scandidas dont noua sommes tous tes jours té* moins. Comparez ce temple, cet autel , cette arche, à nos sanctuaires, où Dieu fait person*
îlS • EXPLICATIOTf
nelièment el corporèHcment sa résidence. Tremblée devant nibn sanctuaire, disoit-fl aux Juifs; Jfe suig le Seigneur (i). Le tabernacle dont il parloiit ainsi, ii*étoitqu*^iine raine omBre, qu'uni figure vide de celai deratot i|ui tous c(>mparotssez; el tous pourriez penser qu'il* exîgeroît 'moins derespèd, qu'A you^|>ermeltroit de vous présenter arec* moins de frayeur devant te tabernacle , qu*îl rempliif de SQ ttiajèsté? ^ ■ Mais l'aspect seul duiieu saint ne derroît-îl pas vous inspirer cette profonde Vénération ? Où vos regards peuvent*îîi se portet^ , sans Vous rappeler la présence de Weu et ses Bienfaits? En entrant dans le temple, te premier objet qiiî iie présente à vou^ ,' àe h^ht lès fônts sacrés où Jésus-Christ voua adbpia* |(K)ur'ses etifdftis,* oli vous promîtes dé te recônnoltrè, de te révérer , de te chérir comme vbtre père. Ces fonts témoins de vos ««tiKiens > v(mt-îls rêti:'e de votre parjure ? Un* peu phis levant vous déeouTrez tes dribuanux , oàie^regret de* vod&iil^ et h promesse ^'iès étitep > vous en ôb tinrent -le^ pardon. C^ pacte* ide- vcktB^ i^éconciliation ;" vou^ tesWous te violer an. lievi- môme, ott vousfàvee contracté? Avatii^ës^ et 'vous v^iis- trouvères sous cette chaire , d'a^. tant .de fois* se-répandlrent sur vous les salutaites^ vérités de k foi. Là leous fàtes instruit du re^eot tque v^us-^dèvez à
(i) Pavete ad sîmctuariùm ineum 5 ego Donunus. £m«.
h religion et à ses temples; et ee seroit là que: TOUS formeriez le projet de les profaner! £a-^ core un pas , et tous voilà au pied de la tai>le sainte , où Jésus-Christ tous a nourri de sa pcopre chair ; et vous en feriey le théâtre de vos. outrages ! et, comtne son perfide apôtre ^vousî ne Tauriez' reçu que pour le trahir ,'et le livrer h son ennemi! De-là levez les yeux, et vous verreâs en* face dfe vous, Taulel,» le; tabernacle ^ d'où Jésus-Christ, vous contemple; d'où il voit,> non seulement ce que vous ûiities , mais ce que vous méditez au fond de votre cœur; e^ ce se*^ roit sous son regard perçant que vous oseriez concevoir la pensée de l'insulter I ce seroit^ oiw vironné de tous ces objets , dont un seul devroit suffire pour ramener dans votre cœur lé respect et la sainte frayeur du lieu saint , que vous vous faisseriez aller à l'eniportement de l'irréligion et au scandale de l'impiété I
Mai» ee ne sont pas seulement la graf ké du maintien, l'humiliation de la posture, la dé^ cenccde l'extérieur ^ qui honorent convenable^ ment k maison^ de Dieu. Dieu est esprit et vé-^ mté; et c'est principalement en esprit et eo' vérité qu'il veut être adoré. Nous devons à sa» présence dans- le temple , le double culte ^ notre corps et de notre âme* Nous devons devant celui que les esprits célestes proclament continuellement le seul grand , le seul puissant,- ^ntir tput le poids de s^ gloire , ne yqîc; qim
3S0 BX»UCAT10H
lui; n'élre ooenpéftque d^ lui; recueilKr toules nos pensées , pour les remettre i ses pieds; tous nos désirs» pour les réuuir ea lui; toutes nos facultés , pour lui ea ofirir le tribut. Nous devons , dins une attitude supfdiaote, dans TimmoUlilé d*un corps humilîi , lui offrir le sacrifice de louange , hà adresser nos sollicitatîons , lui présenter nos actions de grâces. Nous dcTons en un mot lui porter dans son temple des hommages extérieurs » qui procèdent d'une piété sincère , et une piété ardente, qui se manifeste par des hommages extérieurs.
V9 DIXlkifl MII4NCHB APRkS &A tJOfncàTE.
Parabole du pharisien et du puUicain.
hin ce temps-lk » JéMis adressa cette parabole à certaines personnes ^i mettoieat leur confiance en elles-mêmes et dans lepr propre juff* tice , et qui méprisoient les antres : Deux bommes montèrent au temple pour feire leur prière; Fun étoit pharisien» et 1-autre pubticain. lie pharisien se tenant dd>ottt » prioit ainsi en lui-* même f Mon Dieu , je tous rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes»
qui «ont vofoim, bjml^» a^itères; ni tel 9us6i que ee pulUieato t Je jeûiiiie4euK feis^lt êemiàino; je donne Jft dtme de tout ce que je possède* Le pnblîcain aa eoniraire se tenant iMoigné» ne vouloit pas même lever les yeux au ciel , oiais il fai|^poît sa poitrine , €«i disant : Dieu I ayes j^ié de nu» qui suis un péckear.
Je Taus déelane que celuî-ei retourna dans sa maison, ju^ifié, el non pas Taatpe; car qui* conque s^^è?e sera alMussé » et quiconque s'abaisse sera élevé. {Luc, vmu ^et i^.)
BXPLICATION.
Jésus adressa cette parabole à certaines personnes qui mettaient leur confiance en elles mêmes et dans leur propre justice » et qui mé* prisaient les autres. Nous voyons ici exprimé Tobjet de la parabole adressée par Jésus-Chriat à ses. auditeurs. Le but de ce divin Sauveur est. de combattre TorgueiL Dans le monde , sortant pur et exempt de défauts des mains du Créateur« Torgueil fit pénétrer pour la première fois le péché (i). n souilla te ciel, et eafit précipiter les anges (2^» Il infecta b terre, et fit
(i) InîtUim omqUpeccati ^m\*9t\m. Ecc, x» i5* Superbiam iniHiquàia m tuo sepsu^ aut in fao TerW dooH^
nari permittas^ in ip«& enim iaitium siunp»îl omnit f «rditio.
Tob, ly. 14, Ja) Quomodd ceci^îstl decœto Lucifer?... ^iVdîccba» în
corde tuo : la cœlnm coutcendai», «uper àftta Dci' cxaltabo
toltuniiicaiii***» fticcndaiii «dper allitudinèm nublum, s&iiithi
3sd BXPucikTioir^
fthaMer rkoliimftdu pMwdititeiTCilire { i^. Cai»6 priuûtive de* tous les maux qui 110119 afilig^^ ^ il ne cosse eacore àe multiplier piartni noa» les désordres et les malheurs. Sans parler de Umis le$ yices qu'il, traîne à sa suite > de tous ks crimes qu'il ne oesse d'eagendrer^ de tous les troubles dont il agite «ontinueUemeot la société bumaîoa* ce fut lui qui commit ce déles^ table forfait«qai.effîraie noire imagina tion> et sMrpasse notre iotelligeûoe. Ce^fut^ r^rgueil pha^ risaïque» qui,. poursuive sans relâche J^iis- Christ dans tout le cours de sa carrière évangélique , parvint enfin à force de calomnies , de séductions» d'intrigues^ à consommer le déicide. ...
Un caractère particulier de cette funeste passion , est son injustice. L'orgvieilleux est presque toujours celui qui a le moins de titres pouR Tétre. Voyez l'homme solidement juçte » jeter, sur ses vertus le voile de la modestie qui les pare, quoique son but soit de les cacher; qui n-'efface pas leur lustre , mais qqi tempère ; leur éclat, dont seroient blessés les yeux délicats de l!envie. L'arrogant au. contraire est pour Tordinaire unhomme vicieux. Il n'exige les égards, que parce qu'il sait qu'on ne lui en rendroit pas volontairement. Il semblé vouloir conqué-
ero Altissimo. Yertuntamen ad iafemnm detraheris in pro- flindum laci. /4a. xit. 12, i3 , i/^et r$.
(i) Et eritift sicat Dii v^^n. III. 5,
rir les hointûages qu'il 'i&nt b>en ne paà inéri*; ter. Il ne voit pas qu'il ne fait qné ise donaep un vice de plus , qui sert eneore à faire renuir^ quer tous les autres. Observez l'homaie qiiiïse^ vante de quelque quaKté. Vous pouTez pi^enpiei à coup'sttrrèpondre qu*îl*« le défeut contraire. ta jactance a presque toujours p^^r principe; ou rënvîe d*en imposer aux autres /ou le d&ir dfe se faire illusion à sioi-même. . :.
Les premières parole^ de notre évangile nous présentent deux espèces d'orgueil; qui son« comme deux brancbes' du mrême vice; L'une est la présomption de soi -^ même ^Topinâon do son mérite, la confiance dans s» propre ivéïiu;^ l'autre» qui est la suite arsséz ordinair« de Iq première , est h comparaison quç l'on fait d^ soi-même au prochain > la préférence qu'on sd donne, te mépris qu'on a pour lui.- L'idée* dd SB propre^excelbnce , celle 4e sa supériorité siHfr tes autres, voilà, non pas doux vicestd^érensv mais deux espèces , ou même , pouir parier plus exactement , deux formes distinctes du imêtmr vice. L'une offense directement- Dteo , en te que l'on s'arroge à soi-même X36*qui ne peutiétre qu'un don de l'infinie miséricorde; l'autre attCH que le prochain par l'endroit le pliis sensibley Ainsi , l'orgueil est dans ses difiS^ntes^ partie» diamétralement opposé aux différons devoirs de la charité. Il est égale^ment' contraire à*ce quer prescrit la justice et envers-Dieu , et envers le-
3s4 BULIGATIOll
prodiMQ ; {Mmqu'ti coolettei Tim soq domaine •upréaief ei^*U s'efforce de dégrader Tautro de twi mérile. Noua allens voir Jésus -ChrisI» «ondaiBMr dans sa paralnde Tune el Taulrees^ pèce d*orgmil.
Dêëx kmmMê wèênièrêiU au temple pour faire ieur ptière $ Cun pharuien, et Foutre pubUcain. Yeiei deux hommes de professions bien différentes , <|cii Toni dans le même moment adresser à Dieu leurs prières dans son temple. L*un est pharisien : classe d'hommes infiniment considérée dans le peuple j«ûf , par la régularité de ses mœurs» par la sévérité de sa coaduilOt par sa scrupuleuse exactitude à remplirions les préceptes de la loi» parla mulMl^Ucîté de ses jrànes» par Tahondance de ses aumônes. L'autre est un publicaio» c'est-à-dire, un receiretir des deniers publics > profiBssion en gé* néral mal rue du public» sott à raison de ses iianclîonsqtti sont à eharge» soit à cause de ses richesses ^utoKcitei^ J'envie; mats profession spécialensenli décriée alors dans la JTudée » par les Tfi!^9tionA et les usures dont on l'accu^oit. £t il paroH^iuece n'ék>itpas sans raison; puisi|ae ifains pli^steurs endroits de l'Evangile» nppa voyou» le litee de puWicain » et celui de pé* cbeur » donnés indiffér^nment aux mêmes per^ sonofss» Ces.deii;^ hommes doîveot, nous pé^ senior deux exeittples de prières absplumeiMdi^ iérentes; et c'est en effet ce ^i arrive, mai*
BBS iVAXOILES. 5^5
dans un sent tout opposé à eeltit ^e i'oii ^vott imaghieK C'estcelui qui a toutes les apparvacet de Ta vertu et de la sai&teté ^ qui fait uue priera criminelle et réprouvée » tandis que celui qm parott à tous les yeux un graâd pécheur, adresse une prière qui est agréable à Dieu^ et qui opère sa jusUficatioa* Qu'est^e donc qui vicie Tune» et qui épure l'autre? C'est l'oi^ueil dont est accompagnée la première » et l'homi* lité qui offre la seconde»
Le pharisien se tenant debpêU, prioU ainsi en lui-même. Jésus-Christ nous dit remarquer d*abord la posture orgueilleuse du pharisiea. Cet homme fier de ses prétendus mérites , el de la considération qu'ils lui ayoient attirée « ne daigne pas s'humilier devant cette Majesté suprême, que les anges eux-mêmes ne contemplent qu'avec tremblement. Il s'avance dans le temple, le front levé, comme s'il faisoit grâce à Dieu de venir l'invoquer. Le même scandale ne se renonveNe-t-il pas tous les jours dans les églises ? Combien de Chrétiens , à l'irrévérence de leur altitude, à l'indécence de leur maintien, à la familiarité de leurs conversations , quelque^ fois même h k malhonnêteté de leurs propos , semblent venir dans les temples, plutôt pour insulter la Divinité, que pour Tadorer.
Outre le sentiment d'arrogance qui tieçt le pharisien dans cette posture hautaine , un au'tre motif l'engage à y rester. Comme c'est pour
3S0 BXVUCATIOH
lee boomieft plus que pour Diea» qu'il a 6ût Ih démarche de Tenir au temple; comme »on but principal est de maintenir «t d'augmenter Topi* mon qu'on a de sa piété» et l'estinm qu'elle lui concilie» il esi surtout jaloux d'être remarqué^; et il oboisit l'attitude qui y est la plusr propre». Cette hypocrisie nous indigne. Mais si nous fiû*sons un retour sur nous-mêmes» combien d'entre nous s'en reconooltront coupables I Combien d'actions» dignes d'un meilleur motif»
n'ont été laites que dans la¥ue d'attirer les regards des hommes ».de se procurer de la eon^ sidération et des égards l Quei d'œuvres aux^ quelles» pour être méritoires», il n'^ manqué qu!une intention pure » que i^êtm faites poijuc Dieu » que d'avoir le bien pour objet » ont été viciées et rendues mauvaises» par le sentiment de vaine gloire qui en a été le principe » par le désir des* suffrages humains qui en ont été le vrai but I
Mon Dieu , je vous rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes « qui sont voleurs, injustes , adultères^ ni tel aussi que ce publicain* Je jeune deugo fois la jernai-, . ne; je donne la dîme de tout ce que je possàdCi Cette prière da pharisien ». mîérite-t-eUe d'être exaucée? On y voit étalées les deux espèces dbi^ueil dMit nous avon^-parlé. U commence par se comparer aux autres » et par se fiéliciter de n'.avoir pas leurs défoutst il finib
pfliii VoKaller hip>mtee. en cociskléraiioa des bonnes œuvres qu^il s'attribue. Pour connoltro lès vices de celle * prière ,. et peut'^tre d'un^ grand nombre de» notres-v il est nécessaire d'entrer dans quelque détail,
Le pbarisien commence par rendre grâces à Dieu. Ce sentiment est sans doute trèa louable en soi. La reconnmssance enrers Dieu est tout à la fois une rertu et un deyoir. Son expression est une.partie essentidle de notre bomoiage; mais pour que faction de grâces soit agréable h Dieu , et méritoire à ses yeux ^ elle doit réu-^ air trois qualités, i.® Elle doit avoir pour prin* cipes» d'une part , la conviction du besoin que nous< avons des gi^ces divines, et de l'autre la contemplation de la bonté infinie^ qui a daigné nous comblei? de ses^dons , tandis^que nous n'avions mérité que ses cbâtimens*^ «.^ Elle doit élre accompagnée dedeuxautressentimens: do la douleur d'avoir -si mal répondu aux bienfaits du. Seigneur, et de la crainte du compte qu'il nous en &udra rendre un jour» 3.^ Elle doit aroi» pour terme , non notre propre louan^ »
mais la louange de ce Maître si bon*» qui ne cesse denoM prodiguer ses faveurs» Le pécheur se glorifié; le juste rend ^oire à Dieu. D'après ces principes I il estiaoile d'apprécié l'action de grâces du^pharisien, et un gnind nombre des nâtres. il n'y a qu'à considérer d'où elles pro't cëdenti, et ce qu'dks produisent; si leur prin?-
3t8 wxfucjLrwai
cipe ei leur e£Eiil «ont , on l'orgueil» mi Thn»
nriiité.
De .quoi le pltarineo remercie-l^il le Set»
gneur? de u'étre pas comme le reste des lumi* mes, qui sont voleurs, injustes, adultères. U est assex commun de déclamer contre lès hommes , costre leurs désordres ,. contre leurs tî^^ ces; mais ce n'est pas le véritable zèle qui se livre à ces satires amères et violentes. Quand les justes pensent aux péchés qui se commet^ tent si fréquemment dans le monde, c'est poot s*en affliger, pour les dépbrer devant Dieu, pour le conjurer de les faire cesser , pour en faire eux- mêmes pénitence. Que ceux qui sont chargés de la conduite des autres , que les pré» dicateurs , dans la chaire évangélique , tonnent contre le péché; qu'ils s'élèvent avec fores contre la funeste multiplication des pécheurs; c^est dans eux un xèle louable , juste , utile : mois ces diatribes véhémentes , que l'on entend souvent sortir de la bouche de particuliers sans autorité» sans mission, pèchent presque toujours par deax vices essentiels , l'orgoeil et l'injustice. C'est contre les viees dont on est , ou àoiA on se croit , ou dont on veut paroltre exempt »
que l'on s'emporte. 11 entre dauf ces dédmatiens, une comparaison tantôt secrète» taniât formelle de aei-méme avec ceux que l*on c»i* sure. On- ne parie des défauts de^auttes^, que pour faire ressortir ses bonnes qpaiîtâs^ Le aèb
doQl on se pare» n'est qu'un masque dont on' couvre sa ranitéé Comme le pharisien^ on parle des vices du prochain > tandis qu^on devroit s'occuper des sienSâ C'est que les vices du pro-» chain sont une pâture à l'orgueil , et que les vices personnels soat un sujet d'humiliation.
Ces satires des désordres du monde , sont aussi souvent infectées d'injustice. D'abord parce quWles sont presque toujours exagérées. Elles sont sans mesure , comme la passion qui les engendre. Ensuite, de générales qu'elles étoient dans le principe i eHes dégénèreut pres^ que toujours en des applications personnelles , contraires non-seulement à la charité, mais aussi à la justice. Et c'est ce que l'on voit en^ core dans la prière du pharisien. Le publicain qu'il outrage par ses mépris > a t-il mérité le reproche qu'il lui fait? Tout doit , au con* traire » lui fSûre juger favorablement de cet homme. Il le rencontre dans le temple » il le Voit prier aVec modestie , avec reeueillement', avec ferveur. C'est uniquement sur le titre de sa profession , qui le met au ning des grands pé» cfaeors. Comme si les professions les plus exposées au péché , ne pouvoient pas produire des saints. Le jugement qu'il porte de lui » est d'abord téméraire en soi , et ensuite» dans le fait, absolument injuste. Ainsi» son orgueil qui lui a&it d'abord violer la charité » lui fait encore
55o Éxp^LiCkTicnit
manquer à la justice. Il n'est pas de déboi'dre
auquel ne conduise cette détestable passion.
Nt)n-seuletnent le pharisien^ affecte un mépris répréhensible pour tous les hommes , et spécialement pour le publicain , mais il fait entre eux et lui-même une comparaison plus insultante encore. Telle est la marche ordinaire de l'orgueil. Youspouvez la remarquer dans tous ceux qui en sont atteints;, et en vous examinant a^ee srttenlion , vous trouvererpeut-être ce-penchant dans vous-même. On se compare avec complaisance à ceux qui sont au-dessous de soi , parce qu'oa y aperçoit un prétexte à se glorifier ; mais on évite de se mettre en parallèle avec ceux qtit sont au-dessus» parce qu'on y. découvriroit des ny>tifs tpop-fondés' de s'humilier^ Ah ! si nous avons à nous comparer à quelqu'un , que ce soit aux saints que l'Eglise présentée nos hom^ mages et à notre imitation; c'est là le rapprochement qui nous sera utile. Leurs exemples donneront des instructions à notre ignorance » des remèdes à notre imperfection,, des soutiens à notre foiblesse'»> des encouragemens à notre lécheté, des réponses aux vaines excuses de notre tiédeur. En/les contemplant, nou^ verrons ce que nous devons être. En considérant l^intervalle qui nous sépare d'eax, nous nous exci^ terons à le franchir. Ayons la noble émulation d'être égaux aux grands saints, .et non là basse
DEt iTANCFltBS. 53l
«t 60itè yanité d'être supérieurs aux grends péttbeurs.
Le pharisieifiseglorifie de n'êthe pas au nom^ hve dfaxrâainels; de n'être pas ^lear, injuste» adultère. Beau sujet de gloire» sans doute» de ne s'ébm^pas souillé de quelques erimes énor*»» nies. Que dirions-nous d^uti Trieur qui se tan» teroit d'être Teptoeax ». parce qu'il n'anveit- ja* aMÎs assassiné 2 Mais c'est la suite naturelle et «rdjnaire de la comparaison ^e nous- faisons Ibéquemment de noua-Biémes aux autres» Nous Perdions ciemt qui sont encore- plus vicieux qqe nous» pour nous autoriser à Tétre un peu moins qu'enxv Nous jouissons ayec n^e joie BiaKgne de leurs défioiuts^ evoyant qu'ils justi'^ £ent les nôtres. ^Eoll» jogeoss^ayee une grande «érérîté les passions dont nous nous croyons exempts» et avec me extrême indulgence cei«^ les que nous sommtes forcés de reconnoltre en aoue. Ee libertin oriaindroit de paroltre ambitieux» efc l'émbôlieux rougirei^de dovner dans le< libertinage*. L'«TaDe - déteste^ l'bvgueilieux » ^pd àisous.'tour. méprise l'avare. JI semblerott que nos vieès néciproques dussent nou$ don^ ner do l'indnlgeneevles uns pour les autres; 4|d'ils dussent établir dans la société uil traité de tolérance mutuelle. Pourquoi donc sont-ils entre nous un sujet continuel d'opposition , de médisance , et de querelle ? C'est l'eflet dé la
$3t txHÀCktiéÈ
vaoitéf doùt U§ «ont aoeompagnés (i)< Le in^ cours du PharUiea est dans tous les cœun« Chacun «^applaudit de découTrir daoa les au* très des déÎGiuts dont U se croit èxeotpt» et qu*il juge en conséquence infiniment plus gr»- Tes que les siens4 Et comme ce pharist^i t qui ne pense ni k sont oi^ueil^ ni à aon hypocrisie^ ni à tous ses auti*6s fiées , nous détournons noa yeux des débuts graves et nombreux qui so&l en nous» pouf né voit que c^ux de notre pro« diain. Nous apercoYoss jusqu'au moindre fi&ta qui altère son eMi nous ne voyons pas la pou«> tre qui offusque le nôtre (s).
Le pharisien se glorifie de ne pas avoir lei vices qu*tl reproche aiix autres. Est- il bien cer*^ tain de ne pas en être atteint? IL peut seules ment s'assurer de n'^i avoir pas commis les ao^ tes extérieurs; mais il ignore que c'est dans k volonté que réside principalement le péché , et qa*un consentementformel donné k une pensée ilUdte , stti&t potir rendre eonpable a«x yenx de c^i qui sonde les cœursu Je nesms.pas voleur» dit-il» c'est-à-dire « je n'ai jamais em^ porté par ruse ou par violence le bien d'autruL Hais n'a44l jamais regardé avec des yeux d'em vie le bien de son prochain? Mais ne lui a-t-U
(i) Inter topeibo* semper jurgSa tant. PtXH^rh, iiii. t<K Qui te jactat, et dilatât, jiuigia concitat. Ihid, xxtiii. a5. (3) Quid autem vides festucam in oculo fratri) tui , et tra* bem in oculo tuo non vides? 3fatth, vu. 3.
DES ÉriHGILES, S55
|»as.ravi par ses médisances iiq bien plus préêëMUx encore qfu0 sa ferlune? Je ne suis pas in^josle, c'est-à*dire » je n^ai pus prononcé sur les tribu^naux» des arrêts iniques. Mais oublie-MI donc ces jq gemens^ noq seulement téméraires , mais feux, etpsfr conséquent injustes» que son ainour-propre lui jfait continuellement porter jeontre son prochain ^ et dont le publicaîn dcr fient dans le moment même uàe yictime? Je De Suis pas adultère ; c'est-à-dire , je n'ai point souillé , par mes débordepàens , la sainteté du Ut nuptial. Mais ses regards arides, mais ses jdésirs impcHrs nVnt^ils pas placé ce crime dans sdo cœur? C'est ic! une^uïte des maximes de |a secte pharisajque. Gomme ces hommes, ainsi que lésns-Çfarist le leur reproche , ne faisoient lie bonnes iq&uTçei» qUa pour .être remarqués fait {es hommes (i ), its fiiisbient consister toute leur Vertu df ns les* actions extérieures. Ils nettoyotent ave^c nne at|«n|tion scrupuleuse le dehors' du yase,, et lé ^is^ent |[«empli de saletés et de^seuBlur^' (.^)..Etipiiiurvu qu^Ms papus- 3ent aux yeux du public comme ces superbes mauspléçs qui attirent les regards^ ils s'cm- }^a|rrasso|eoi' peu que leur intérieur ne fût que
' (i) .OHmiiii vcrè ùpetù fua faohmt ut vidçantnr ah hominifmê, Àfatth* ittiit. 5.
(a) Vïe rîÀÀê , seribaK et pitanssei hypocrit» , qaia mundatis qaod 4« foris ^t caKcîs , et paropsidi^ j ratiis âutem pleni e;^ ^faninâ, et immoBilitià. Ibid. a5.
5$ 6 SXFLieATIOV
•oiie de régularité , et jouissant d'une réputA*tion de piété , en être atteintes. A Texercice des yertus 8tricteo»ent coroioaadées par FEiraiir jgile , en substitue des pratiques pieuses , ma» non nécessaires^ 0n n^ige les devoirs e$êeih' |iek de son état, pour des obserraspes minn*tieuses. Ainsi , l^bomoie est ?enu à bout d'a^ buser de tout , même de la piété. Ainsi , par une fausse idée de sainteté» on donne aux U* bertins et aux incrédules un prétexte pour ca» lomnier la sainteté elle*même» Jjes œuvres de surérogatioo peuvent être le ^upplémoit des devoirs; jamais elles ne peuvent parvenir à en être le remplacement^ WIbb , si elles y sont ajoutées elles deviennent répréhensibles lors* qu'elles y sont spbstituées. Ce renversement de la morale évangélique tient k deux causes différentes. Dans )es personneu simples , c'est ignorance , défaut de lumières ^ fiiux xèle. Dans les personnes instruites , comme dans le pliarb» sien, c'est hypocrisie, c'est 4^ir de surpren-r dre les hommages dus à la piété , aux dépens de ia piété même , et de les acquérir au meil-r leur marché possible, Car la pratique de quel? ques osuvres religieuses est bien plus &cile qc» {'accomplissement exact et soutepu de tous les devoirs.
Non seulement les louanges que se prodigue le pharisien ^ spn^ vicieuses dans le^r o|)jet9
-elles «oa4 irtisêi coupaliles en elieMnôÉn^s (i). Le chrétien instruit par la Sagesse di?îne, les mérite et ne se les donne pas. H laisse aux aulres le sein de faire son éloge, mab il ne s'en charge pas (s). Le Seigneur lui a dit que tout arrogant ^ ^n abomination deifantlui (3), et que Forgueil «st odieux à Dieu et aux hommes (4)« ^^ jugeons-en par TeOet que produisent sur nous -mômes ces konmiesque nous renconlrons trop souvent dans la société, remplie de leur propre mérite « voulant en occuper tous les auiies, «t fotiguani nos oreilles de Tétalâge fastidieux de leurs talens , de leurs connoissances» de leurs vertus^ de tous les genres de leur prétendue supériorité. Ils imaginent se concilier notre eonsidéraitoo et nos égards; et par une juste punition de leur sotie vanités ib ne sVittirent qne nos mépris. Hais quoi I n'estil donc jamais permis au juste de se donner les éloges qu'il mérite , et "de âiire connoltre les bonnes œuvres dont il a rempli sa vie? N'exa- ' gérons pas les devoirs ; et à côté des préceptes de nôtre sainte loi , plaçons les exceptions que elle-même y à^pfm^^ Le chrétien attaqué par la
(i) T» qui sapienfie eaitit m oadÎB yestrit , €t oortm yçihiê' motipsît prndentet* Isa. t. ai.
(a) Laudet te alienus, et non 09 tuum : extraneus, et non iabia tua. Prw, xxvii. a.
^ (3) Abominatio Dotnim est dînait arreçms. ibid,Ttu 5.
(4) Odibilis eornBi Deo e»t et bominBHi» «uperbiiu Ec* x. 7.
nu là
im EJCrUCÂTIMI
taIoHMM*4Mk, 8«D§ doute» de te disculper* C*e9t méckie une oblij^tieii'daiis celui doot \& ministère exige une réputation intacte. Il doit aux fonction doot il est chargé, de ne pas tes laisser avilir par d*to)usles accusations. Saint Paul rempKsaoît ce dewr« Ionique, pour se -la^er des neproches qui lui éloient inteptés » il -détaillotl aux Corinthiens, et les péfiihles souffrances ^U'il avott endurées pour le Seigneur, et les grâces signalées qu'il en a?oit reçuesi^ Job ne péchoit pas non plus , lorsqu'aux déiradions de sea cruels amis r il opposoit le déifelil d« ses yerCus et de ses bonnes ceuvres, DiatfBguoos Tapelogie du panégyrique. Ne cob^ Ibtidons pas la justificatioo et là fa^tance^ Il est tout diffiéreat de pe pas se laisser opprimer j^ fa cailomnie • ou de prétendre écraser les autres de sa ispériorîtéf Une jus|e dé£^i3e a'est pas l'orgueil.
Enfin un dernier Tioe 4® bi prière du phari- •i^i » c'est que , tout occtfpé de lui-même et de •e$ prétendus mérites , il p'imagirte pas de rien demaiider k Dieu. Il n'implore ni la rémission dt ses pécihé^, il croirôi^ ISure injure à soninr noçence ; ni la réformation de ses défauts , il ne s'en CoanoU «ueun ; ni raugmentation de ses Tcrtus, il Icjs croit au plus haut degré; m |a grâce de persévérance , il se garde bien de jouter èe aos forces. Tandisqiie les plus grands v^ârùts nVpèrept fenr jwrfut iijci'ayeo lerpt^ ej
DBS ivANGILBS. SSg
tremblement (i) ; cp'ils ne sont pas même^ans frayeur svir les péchés qui leur ont ét^ pardonnés (2); qu'ils ne cessent de demander pardon, et de leurs feules qu'ils rgnorent» et de celles d*autrui auxquelles ils ont pu participer (S) ; tandis que ces modèles de perfection ne sont pas assurés de leur persévérance , et que jusque dans les purs esprits qui environnent son trône » Dieu aperçoit d,es imperfections (4) ) cet homme gonflé d^orgueîl , et gangrené d'hypocrisie , ose se croire sans tache 1 Son insolente présomption le pl^ce à un point de pe^^^eclion où il n*a plus ni le moyen de s'^ley^r , ni le risque ^e déchoir. Aveuglement (uneste ^ qui e^t tout h, la fois, et l'eflet, et la première peine de sa détestable passion. Jugement juste, ^ui punit i orgueilleux par la vanité même de ses pensées. Jugement terrible», qui le dépouille de ^ dernière ressource. {)|ieu peripet que ce mé« connoissant lui-mêipe » il pjpr4e jusqu'à l'idée de se convertir. Il le la|sse tooi^^er dans l'état de .ces malades , à qui il ne reste plus ni la connoissapce de leur mal , ni le sentjment de leurs besoii^s , nî le désir de leur guérisqn.
) Cpi9 Ifwbi «t j^rcmoire, T^«tram s^l^teni ep^^i^iku. f^kili^D. II. 12.
[i) De prtifpltiato peccs^to noli esse sine metii. Eccl. r. 5.
(3) Ab occnltis meis taanda me; et ab alietiis parce serrot tao. Psalm- xvin, i3^ .
(4) Eçce «pii serviuQt ei,,i^^ swit sta^lçs, et iu angelîf Siii&.rcpcrit pravitatem. Job. iv. i8.
o4o EXPLlCATJOfV
A Forgueil du pharisien, Jésus-Christ oppose ^rhumililé du puhlicain. Nous ne nous étendrons pas autant sur cette partie de notre évangile^ parce que nous aurons occasion de parler eo ffautres endroits de rhumilité. Contentonsnous de remarquer le contraste en^re Phomme qui passe pour pécheur , et celui qui a usurpé i^ réputation de piété.
fj€ pubjticain , au amJtraire, se tenant étoigné , ne vouIjqU p^s même lever tes yeux vers ie ciel 9 mais iji fropppU sa poitrine, en disant : O Dieu ! ayez pitié df pioi qui suis un pécheur, Qi^bHc diÇérenCçe entre ^e ^odèle «rhumilité ejt de pénileiy:e , ,el Texemple d'or- gueil que nous yenpns de voir j Tandis que le liupcrhe pharisien , par KarroffanxJe de spn attitude^ i^suj|t/e les bomçies et Jl^rave Dieu ^ le ver,tueux pubjipain érite les regards ^e la terre , et redoute ^euy jdg ciel^ Il se pj«nce Iqîç de Taulcl, <Jans la partie d»i ^eniple fa poios rejaiar^ual)le, C*est de pieu ^^1 qu^ij veut cire aperçu, IL,ne ise ju^e pas jcepeniiaçt /J'glje jf approcher de lui ; il chojsit la dernière place^ Si I^a conT templatiôn de la divine miséricorde lui inspiré la ronfianee de venir Timplorer dans son temple . le sentiment de sa propre Indignité lui f^il rcr garder comme une ia^^^ur d^é^re ^dniis au rang hî phjis bas, Jl n'ose pas même lever lès yeux vors le Juge qu*îl invoque; ta honte les tient ^/lissés ^ers la terre. Il ne se contente .pos i|.e