‹ Explication des évangiles des dimanches: et de quelques-unes des principalesChapitre 4 sur 18 · III · texte numérisé non relu

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la leur a donnée pour alimenter leur iuxe ^ pour servir h leurs plaisirs , pour satisfaire leur» passion», pour racililer leurs crimes. Combien de riches voient d'un œil indifférent une muUîludede Lazares, soupirer inutilement après les miettes qui tombent de leurs tables! Le précepte de l'aumône est presque généralement méconnu de ceux à qui il a été dicté. On le relègue dans la classe des conseils. L'aumône, un simple conseil ! Ahl c'est faille injure à la Providence, que de la soupçonner d'avoir abandonné la classe la plus nombreuse , et qui a le plus besoin de »es soins , ^ la volonté et aux caprices de quelques individus opulens.-Si l'aumône n'étoit qu'un conseil , saint Paul chargeroit-il son disciple Tîluolhée , non ^ie prier les riches du siècle, mais Je leur ordonner de se rendre riches en bonnes œuvres, de donner avec facilité, de commun!- .qiier leurs richesses ( i )? Et le divin Sauveur luimême liv.reroit-il aux flammes éternelles, préparées pour le démon et pour ses anges , ceux qui , dans la personne des pauvres , ne l'ont pas rassasié, désaltéré, vêtu, accueilli, visité (2)? L'aumône ^sJt une dette réelle , une véritable

(4) Divitibus hujiK scctdi pnecipc divitcs ficri in bonift

4>peribu8> facile ^buere, x:oin][uunicar«. i. Timoth. ti. 17, 18.

(a) piscedite ,4 ^e qialQdicti ip ignem aetemum qui paratus est diabolo , et angeli^ ^JH^* t^urivi enim , et non dédistis mibi manducare : sitivi^ et j^on dedistis mibi potnm : bospet eraui et Qon collcj^istis me : nudus , et non coo[Rruistis >ue : iufirmus, et ,ii^ .carceie, et non yisitastis D;ie. JMatth, ^jY. ji — 43.

DES ÉVANGILES. ' 5l

Tcstîtutioo. C'est l'idée que nous en donne l'Esprit saint (i). Elle peut être un acte de charité envers tel pauvre à qui vous la donnez. Elle est une obligation de justice stricte envers les pauvres., considérés en général , à qui vous la devez, et surtout à l'égard de Dieu qui vous la commande. Vous ne lui contesterez pas, sans doute, le droit de l'exiger de vous. Il vous assure avec serment que ce que vous faites à l'un de ses frères les plus petits , xî'est à lui-même que vous lo faites (2).. 11 se subroge les pauvres pour recevoir le tribut que vous lui devez de vos richesses^ Il les établit se^ receveurs. C'est par eux que votre offrande parvient jusqu'à lui, et va former le trésor que vous retrouverez un jour amassé dans la vie éternelle.

Dieu vous a fait riche; et vous lui devez l'aumône à ce titre. Mais vous vous êtes rendu pécheur; et vous vous êtes imposé par là une nouvelle obligation. O roi , disoit le prophète Daniel à nn prince coupable de beaucoup de péchés , que mon /conseil vous soit agréable. Rachetez vos péchés par vos aumônes , et vos iniquités par votre miséricorde envers les pauvres; c'est le moyen que Dieu vous pardonne vos fautes (3).

(i) DeclÎBa paupcri fine tmtlttà aurem tuam, et redcU 4<^itiun tuum. Eccl. it. 8;.

(a) kmcn dico vobis, quamdiii fecistis uni ex bis fratribuf , n«is minimiS; milii fecistis* Matih, xxt. 4o>

(3)Quamobrcm, rex, consiiium mcam placeat tibi, et péc-

Quelle est donc cette vertu puissante de l'aumône qui résiste au péché , comme Teau éteint le feu le plus ardent ( i ) ? Cette comparaison est de l'Ecriture, Ne nous abusons pas à cet égard. L'aumône n'a pas en elle-même la force d'absoudre les péchés grares. Ce n'est , nous le savons, qu'au sacrement de la réconciliation » ou à la charité parfaite que Dieu attache ce grand pouvoir. Mais si elle ne peut pas opérer la rémission, elle la prépare. Elle dispose Dieu h l'indulgence , et nous à la pénitence. Elle fléchit son cœur et en fait descendre les grâces puissantes qui touchent le nôtre. Ce que nos prières foibles et viciées par nos péchés , solliciteroient en vain , les prières pures et efficaces du pauvre Tobliennent pour nous. C'est Dieu qui nous le dit : La prière qui sort de la bouche du pauvre s'élève jusqu'à son oreille (2). Il intercédera pour vous, n'en doutez pas, cet infortuné qui au malheur de l'indigence joignoit la honte d'en soilîctter le soulagement, et dont vous aurez prévenu la demande, et ménagé la timidité. Elle intercédera pour vous, cette jeune personne que vous aurez assistée contre la double tentation de la*mi«ère et de la séduction; qui vous devra à

cata tua clccmosynis redime, et iniquitates tuas miscricordiis paiipenim : forsitan-ignoscet delictis ttas. Daniel, it. 24.

(i) Ignejn ardentcm extinguit aqna, «t eleemosyna resistit peccatis. Eccl. m. 53.

(a) Dcprecatio paupcris ex ore U8(juc ad aures ejus pervepiel. EccL xxi. 6.

la fois sa subsistance et sa vertu. 11 intercédera pour vous , cet homme que le besoin alloit entraîner dans le crime , et que vos dons auront arrêté sur le bord de Tabimc. Elle intercédera pour vous , cette famille désolée qui périssoit dans les larmes , et que vos secours ont rendue à la vie. Ils intercéderont pour vous , les malheureux de tout genre, dont vos bienfaits auront adouci les maux , soulagé Tinfortune , soutenu Texistence. Leurs prières montées vers le ciel en feroDt descendre sur vous, comme une rosée salutaire , toutes les grâces dont vous avez un si grand besoin : grâces de conversion pour les pécheurs; grâces de persévérance pour les justes; grâces de force dans les tentations; grâces d'humilité dans l'élévation; grâces de douceur dans les contradictions; grâces depatience dans les tribulations; grâces de résignation dans les maux. Dieu les accordera toutes aux vœux que lui adresseront pour vous les pauvres. Elles se-* Pont la récompense de voire bienfaisance, le prix de vos aumônes. Vos dons , Jésus-Christ vous le déclare ici , seront la mesure des siens ; et vous recevrez de lui en proportion de ce qu'il aura reçu de vous dans la personne de ses pauvres. Votre sort est entre vos mains. Ce que vous désirez acquérir, il est en votre pouvoir de vous le procurer. Jésus- Christ vous en présente le moyen assuré , le moyen facile. Ce qu'il vous demande , c'est ce que vous pouvez donner sans'

TOUS incommoder; c^est uniquement votre superflu qu'il exige. Ne craignez pas , si vos facultés sont médiocres y de porter une petite offrande; quelque légère qu'elle soit, elle lai plaira. Si vous ét«s dans l'abondance, disoit Tobîe à son fils , donnez abondamment r si vous avez peu , donnez encore peu , mais avec plaisir (i). De toutes les aumônes versées dans le tronc du temple , la plus agréable au Seigneur est le dénier offert par une veuve pauvre (2). Ce n'est pas à l'étendue de nos dons qu'il* a égard; c'est à leur proportion avec nos moyens» et surtout au sentiment qui tes offre.

// kur proposait aussi cette comparaison : Un aveugle peut-il conduire un autre aveugle? ne tamberent'H pas tous deux dans le fossé? Le dis- . eiple n'est pas au-dessus du maître ; mais il sera parfait, s' H est comme son maître. Jésus-Christ donne ic» une importante leçon à deux sortes de personnes : à ceux qui se chargent de conduire hs autres > et à eeux qui sont sens leur direction.

(i) Si mnifum tibi fuent, aBundanter tribue : si exiguumtttn fîierit, etiam exiguiim libcnter impcrtiri stude. Tob. rr. 9.

(a) Respicien» autem vidit eos-, qui mittebant mnncra sua in gasophylacium, divite». Yidit autem et quamdam ^iduam pauperculam mittcntciu aéra minuta duo. Et dTxit : Verè dîco vobis, quia Tidua b»c panper plusquàm omnés misit. Nam omnes hi ex abundanti sibi miseront in muneM Dei : Imcc au* tem ex eo quod deest illi, omnem TÎctum: suum , quem.ka-^ buit, misit. Luc. xxi. 3 e( 4-

Un des maux les pitis Aincstes et les plus couimuns qui affligent la société , est là manie prèsqu'universelle d'obtenir les emplois élevés^ et qui donnent de Tautoriié snr les autres , san« cxauïiner si on a les qualités propres à les exercer. On les consklère uniquement comme l'apanage de la naissance , comme le prix de la richesse, comme la proie de Finlrigue, et nullement comme le partage du fiïérite. Capables et incapables, tous aspirent à dominer. Les pères, dans leur aveugle tendresse, sont bien plus occupés de pousser leurs enfans aux dignités, que de les en rendre dignes. Ils les instruisent avec bien plus de soin des moyens d'acquérir les places, que de ceux de leà remplir; et les enfans ne sont que trop fidèles à-ees fatales instructions^. Ils se présentent audacieusement h toutes les charges; ils prennent, pour y parvenir, toutes sortes de voies, étant absolument dépourvus des eonnoissances et des lalens qu'elles exigent. Lorsqu'ils les ont acquises , ils se réjouîsseni c^ se glorifient de leurs succès. Les insensés ! ils ne sentent pas que c'est leur ntalhcur qu'ils se sont attirés. Et, sans parkr du plus affreux de tpus , qu'ils se sont préparé dans la vie future, ils vont, dès celle-ci, recevoir la punition de ledr témérité. Le mépris public, attaché à leurs pcrson^ nos , sera leur premier châtiment. C4ombien avons- nous vu d'hommes qui, dans des étals communs» dans des emplois peu élevés, eussent

mërilé l'estime et I»i considération , et qui on t passé dans l'opprobre des jours avilis, unique— me^it parce qu'ils a?oîent réussi h s'élever h des postes au dessus de leur capacité !

Ce n'est pas seulement dans le nK)nde que l'on voit ces déplorables abus. Ce qui fait la honte du siècle, est aussi le scandale du sanc(4jaire. L'honneur que nul ne devroit recevoir, à moins que d'y être appelé de Dieu, comme Aaron ( i ) , devient trop souvent la proie de la cupidité. Dans ce ministère sacré, où les plus grands saints n'eniroient qu'avec un religieux tremblement , on s'ingère avec une présomptueuse audace , n'ayant pour vocation que la destination de ses parensjpour motif que l'ambition, pour but qwe la jouissance des trésors du temple, pour mérite qu'une vaine suffisance. On l'exerce avec les criminelles dispositions qu'on y a apportées. On court après les dignités de l'Eglise; on n'en remplit pas les fonctions. On calcule le profit; on néglige les charges. £t au milieu de ces profanations , on a , comme dit le grand Apôtre , l'insolente confiance d'êlre les conducteurs des aveugles , la lumière de ceux qui sont dans les ténèbres,les docteurs des insensés^Ics maîtres des enfans ; de posséder, avec la vérité, la science de la loi ; de prétendre instruire les autres, ne sachant pas s'instruire soi-même; de se glorifier

(i) Nec quisquam sumit sil>i honorem^ sccl qui voçatur à Dco, tinquam Aaron. Ifebr. y. 4*

BBS iVASGlLESr 5?

de la loi que l'on prêche, tandis qu^on la déslionore par ses prévarications (i). Ce sont ces pasteurs, soit incapables, soit indignes, qae Jésm- Christ appelle ici ^des conducteurs aveugles , qui, en tombant dans la fosse, y conduisent encore les autres. Car tel est le sort de ceux qui sont revêtus de cet important ministère : ils ne peuvent ni se sauver, ni se perdre seuls. Ils s'avancent vers Téternité , accompagnés des âmes qui leur furent confiées ; et vont , ou les porter en triomphe au pied du trône céleste,^ ou les précipiter avec eux dans l'abime qu'ils se sont creusé.

Entre les conducteurs aveugles et ceux qu'ils conduisent, le danger est commun; et nous devons concevoir de là combien est important le choix de ceux qui nous guident dans la vojc du salut. Ils sont bien téméraires ceux qui livrent leurs âmes sans examert , sans discernement, aux soins du premier venu. Du directeur auquel ils se confieront, dépend peut-être le sort do leur éternité. A-t-on un procès , on va consulter Tavocat le plus éclairé; est-on malade, on appelle le médecin le plus expérimenté. Et dans Tailàire du salut, la plus essentielle

(i) Gonfidîs teipsam esse ducem caecoram, lumea eoram qui in tcDcbris sont, eraditorem insipientknn , magistropt rafantium, habeotem formam scion tîae , et vcritatls in lege. Qui ergo aliiim doces, teipsum non doccs.... qui in lege gloriaris, pet prœvaricalioncm legis Doum inlionorans. Romil. 19 et ai.

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que Ton puisse avoir , dans les maux ie i^àme, les plus funeste» dont on puisse être affligé, on s'abandonne inconsidérément aux conseils incertains d'un guide que.Fon ne connoii pas.

Souvent mémo on pousse Fayenglement jusqu'à se tromper voionlairemenL Au directeur le plus éclairé et le plus pieux , on préfère le plus indulgent et le plus facile* Combien de fois n'a- Tons-nous pas entendu louerdes ministres évangéliques, non de ce que leur morale est exacte» mais de ce qu'elle est douce; non de ce qu'ils toucbent les âmes » mats de ce qu'ils les rassurent; non de leurs vertus, mais de leur mollesse? Ainsi exprès, et de propos délibéré , en TA apprendre la science du salut de celui qui ne kl sait pas; demander la règle de ses mœurs à celui qui l'ignore; interroger sur les maxhnes de l'Evangile celui qui y substitue ses vames opinions. Est-il étonnant que parmi ceux mémcs^ qui se piquent do régularité, on voie souvent si peu de piété, et qu^aux exercices de la dévotion s'allie si fréquemment le relâchement mondain? Jésus 'Christ nous en donne ici la raison. C'est que le disciple n'est pas au-dessus du mailre. 11 ne pratique que ce que lui prescrit son maître; il n'évite que ce qu'il lui défend. A Dieu ne plaise cependant que nous invitions à choisir ces directeurs outrés > qui exagèrent tous les principes» qui érigent en crimes les actions incocentes» allligent les âmes de scrupules mal-

DE» EVANGILES. bf)

fondés , et les désespèrent par de yaines lerreurs. L'esprit de Jésus-Christ est contraire à tout excès. L'exactitude de sa morale est également opposée au rigorisme et au relâchement, et la sainte sé?érité de ses règles s'allie avec la douceur de son joug. Voici , sur le choix d'uji directeur , ce que nous prescrit la prudcnco chrétienne. D'abord elle exige que nous nous adressions au Père des lumières, pourleconjurer de nous les communiquer; et comme autre* fois il adressa Corneille à saint Pierre, et Paul à Ananie , de nous faire aller à celui qui guidera nos pas a?ec sûreté. Ensuite nous devons procéder avec une grande réflexion à notre détermination; ne nous en rapportant pas facilement à certains talens , plus propres li flalter la vanité qu'à produire l'édification: examinani les réputations, mais ne nous y fiant pas absolument ; considérant par qui sont dirigées les âmes les plus pieuses, et nous attachant à celui qui sait le mieux concilier l'austérité des principes , avec la douceur des exhortations ; et la foiblesse du pécheur^ avec les devoirs du pénitent.

Pourquoi apercevez -vous un fétu dans fœil de votre frère, et ne voyez-vous pas la poutre (fui est dans le vôtre? Ou comment pouvezvous dire à votre frère : Mon frère, laissez-moi êirer de votre œil le fétu, ne voyant pas la poutre dans le vôtre? Hypocrite, commencez^ par àUr la poutre de votre œil^ et vous ver^

6o EXPLICATION

rez à ôter le fétu de l'œil de votre frère* Jésus- Christ relève ici un vice bien commun dans le monde, et dont il marque nettement deux degrés ; c'est de considérer toujours les fautes d'autruiy et de ne ja mars voir les nôtres , de vouloir constamment réformer les défauts du prochain , et de ne jamais travailler à nous corriger de ceux dont nous sommes infectés.

Remarquez quels sont ceux qui jugimt le plus mal de leur prochain» et qui relèvent avec le plus d'aigreur ses défauts , vous trouverez conslarament ceux qui sont eux-mêmes atteints de plus de vioes. Presque toujours vous verrez le censeur mériter des reproches plus graves que celui qu'il critique. Vous verrez l'hérétique déclamer violemment contre quelques abus qui peuvent s'être glissés dans l'église romaine, san» tipercevoir le crime de sa séparation. Vous entendrez les plus libertins d'entre les laïques » crier vivement contre la dissipation des ecclésiastiques. Vous reconnoîtrez parmi ceux qui accusent les personnes dévotes de vanité et d'humeur f les mondains les plus orgueilleux et le» plus colères. Nous considérons les défauts d'autrui et les nôtres, à travers deux verres différons, dont l'un grossit les objets , et l'autre les ditninuo. S'agit-il du prochain ? rien ne nous échappe de ses défauts ; ses imperfectioins sont à nos yeux des vices , ses. fautes les plus lègues des crimes. S'agit-il de nous-mêmes? c'est tout le

SES ÉVANGILES 6t

contraire; nous n'apercevons pas la plupart de nos vices ; et ceux que nous ne pouvons pas nous dissimuler, noulsles atténuons» nous les pallions, nous les excusons; souvent même nous prétendons ériger nos passions les plus criminelles en vertus. Nous appelons notre orgueil, élévation; notre ambition, désir de £iire le bien; notre avarice, économie; notre prodigalité, générosité; notre aigreur, zèle; notre malignité, justice^ notre exigeance, exactitude; notre foiblesse; bonté. De toutes les connoissances la plus nécessaire, celle dont on se pique le plus, et cependant la plus rare 5 est celle de soi-même. Il n'y a personne qui ne croie se connoUre à fond, et presque personne qui se connoisse véritablement. Ce ne peut pas être par un coup d'œil superficiel jeté sur nous , que nous connottrons notre esprit, noire caractère, notre humeur , no^ goûts, nos inclinations , nos passions; que nous en distinguerons les nuances ; que nous démêlerons les variations , les modifications qu'y apportent les diverses circonstances; que nous découvrirofis tous les cbangemens qu'y font naître l'âge , les réflexions, les situations difRérentes. Ce doit être l'étude de toute notre vie. Nods devons employer à nous approfondir notis mêmes, tout le temps que nous mettons à examiner les autres ; et au lieu de rechercher avec une indiscrète et maligne curiosité le fétu qui altère

6% ËXPLiCATtorr

Toerlldu prochain» nous devons nous occuper en

la poutre qui est dans le nôtre.

C'est déjà une interversion de principes hrb% fâcheuse» que celte attention si inquiète sur les défauts d'autrui jointe à cette grande indifférence pour les nôtres. Mais il y a un mal plus dangereux encore » qui résulte de celui-là » et que J. C^ relève parerrHement ; c'est la prétention beaucoup trop commune de eorriger les défauts de nos frères, en ne nous occupant nullèiîient de la réforme de nos vices. Les avertîs- •emens , les exhortations à nos frères» peuvent ôtre louables» sans doute; mais ce n'est que lorsque la charité les dicte. Cette admirable vertu imprime son caractère à tout ce qu'elle inspire. Elle a le don d'adoucir ce que la correction fra* temelle pourroit avoir de rude et de rebutant.. On ne s'offense point des avis qu'on sait être demies par un sincère et tendre intérêt. La prudence » compagne de la charité » en choisit les objets» en saisit les momens. Même en repreoant» ces deux vertus savent plaire : et à l'avantage d'être utiles » elles joignent le mérite d'être fgréables. Mais au contraire , les reproches dictés par l'orgueil , ou par la malignité, en prennent la {orme et le ton. Au lieu de servir» ils nuisent» et à celui qui les fait,. par le motif qui le» produit » et à celui qui les reçoit, I|u1ls ne font que révolter et opiniâtrer. Et n'a* vons-nous pas une matière abondante à nos re^

DB9 ^.TANGILSS. %S

prcKîîies les plus sévères? Tournons-fes contre Dous-inéroes. Au lieu du soin nïinulieaxdc lifcr le fétu de l'œil de noire frère, arrachons la poutre de notre œit; c'est là notre principale affaire. Ço nVst pas sur les péchés de noire proehain que nous serons jugés , c'est sur ceux que nout aurons commts. Rectifions nos înch'nalions, redressons nos penchans, plions nos habitudes; réprimons nos passions ^ n'est-ee pas là une oc* cupation assez fraportanle , et assez élendue ? Plus nous aurons (ail, plus nous sentirons quil nous reste à faire. Ce n'est que cefut à qui beau* eoup de réformes serortint nécessaires , qui a la. présompUon de n'en avofr pa'S besoin. Plus ta poutre est grosse, plus elle ôle la vue. Noms n« voyons pas ce qui nous aveu)î;lo. Nous ncr désirons pas d'être guéris d*un mal que nous n« senions poinu Noua sommes dbs mahides à qui la TioFence du mal en oie ta connoissance; et qui, au moment dé la mort, se crojanif en pleine santé , rejettent avec une déplorable obs-^ tioalion , les seuls remèdes qui pourroiont lo% rendre k U vies

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