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«Ol^Doitre » sentir même une grâce aussi prodigieuse, demandons^ui de porter lui-même dan# pos cœurs le feu de son amour, qui y coosumo tout ce qui peut lui déplaire , qui nous épuro dans le creuset de la charité, qui nousembraso d'uRQ divine ardeur, et qu| nous rende tels qu'il feut, tel qu*U mérite que nous soyons ppur lui.
P9 pmkficntL DA.^s l'octatb de la r^TB DV
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PprqlfpU (les cçnvits qui refusent 4$ vefiir a#
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«I Esta dit cette parabole : Un homme fit un grand totiper, et il invita beaucoup de monde; et ^ l'heure du souper^ il envoya sop ^epviteur dire ^ux conviés dP venir, parce que tout étoit prêt. Hais to«is , comme de 4K>ncert , commencèrent k s*cxouser. l^e premier lui dit : J'ai acheté unt fDatson de camppgne^ et c'est pour moi uno fiécessité d'aller la vpir; je vous prie de m'exiuser. Un second di( : J'ai acheté cinq paires do bœufs , je yais les essayer : je voua prie do la'excuser. Un autre dit | J'ai épousé une femme, et je ne puia yenir. Le serviteur revenu rap-
pprta cela hrson Maître. Alors le Père de famille irrité , dit à son sérvilear : Allez dans les places publiques et dans les rues de la Yille , et fiiites Tenir ici les pauvres , le»- foibles , les aveugles et les boiteux. Lç^rvitieur lui dit : Seigneur, tput ce que vous avez'eommaudé est fait , et il reste encore de la place. Le Alattre dit à son serviteur : Allez daos le» chemins et le long deshajes, et forcez les gens d'entrer, afin que ma maison se remplisse; car je vous déclare qu'aucun des hommes que j'ai invités, ne goûtera de mon souper. {Luc. xiv, i6 — 24. )
EXPLIGATIOH.
Jésus dit cette parabole : Un homme fit un grand souper, et invita beaucoup de monde.
Qu'il est grand en effet , qu'il est admirable ce repas institué par Jésus-Christ pour la sanctifi • cation de nos âmes ! Grand par le Maître qui le donne ; c'est Dieu. Grand par le npmbre des conviés; c'est l'universalité des fidèles. Grand par sa dignité; c'est la sainteté qui donne le droit de s'y asseoir. Grand par les mets qui y sont préparés; c'est la chair et le sang de Dieu. Grand par ses effets; il nous unit et nous incorpore h Jésus-Christ. Grand par son étendue ; il se prolonge dans tout l'univers. Grand par sa durée; il se perpétuera jusqu'à la consommation du siècle. Grand par sa significalion; il est. le
gS BXPLICATI09
symbole et lereootiveHement de rhieffablc mysr tère de ta rédemption du genre liumain.
Nous n'avons pas tellement une inFitation , un conseil , une exhortation de nous rendre à ce banquet sacré. Un précepte formel nous y oblige y sous peine de n^avoîr pas Ja yie en pous (i). Grand Dieu! qu'il ait fallu un commandement pour nous faire acjcepter un aussi immense bienfait? qu'une menace ait été nécessaire pour nous contraindre h jouir d'un tel bonheur ! Un esprit rai&onnable peut-il le conce- Toir? Mais ce qui est plus inconcevable encore , c'est que la loi précise de Jésus- Christ , et la terrible punitioa doot il la sanctionne , ne soient pas suffisantes vis-à-vis d'un grand nombre de «hrétiens » et n'aient pas la force de les attirer à la table sainte. Ah ! de quel étonnement ils fteroient frappés , s'ils reparoissôient un moment parmi nous , ces chrétiens si purs , si fervens , àes premiers siècles de l'Eglise ! De quel indignation ils aeroient saijsis ^ en voyant Tindifférenée honteuse de tant d'homipes qui se disent «hrëtiens, pour Tactje le plus auguste du chrislianisme ! Ces vertus si ^u^limes que nous con- UmpLons avec ado^iration » que nous n'osons , dans le ravi^semefit qU elles qou^ jettent , proposer h fïoir^ifmMÏQn f ÎU Je^s puîsoient dans la
(r) Amen, amen, d'ico Tdbis : IVisi manducateritit caraoni Filiî bominis , et biberitU ejut tanguincm; oon iàabebitif
DES £ràmiï.ES. , 99
^rtlcipaiion fréquente du corp« d© #é«us-ChrÎ8 1 . C'étoît à la table sainte qu'ils venoient s'armer Au courage héroïque qui les feisoit triompher des persécutions; et de l'autel, ils voloient au martyre. Ils passèrent trop tôt ces jours si beaux et sî heureux* L'Eglise eut la douleur de yoir se ralentir à la fois Tanlique piété ei l'ardeur primitive du saeremenl^. Le refroidissement de la feryeur et l'éloignement de TEucharistie , marchèrent du même pas. La sainteté n*étant plus soutejQue par son aliment nécessaire, s'aiToiblit et tomba. Sous prétexte que la loi qui prescrit la communion » n*en détermine pas les temps , on sépara ses communions , par de longs inter- Talles. Des années entières s'écouloient saps qu'on daignât y participer. Désolée de cette criminelle négligence » l'Eglise jugea nécessaire d'ymettre un frein. Au précepte de Jésus-Chfist, elle ajouta des règlemens ^ui fixoieni le tempA de le remplir. Elle attacha l'obligation stricte Èe participer au corps de Jésus-Christ» d'abord aux fé^es les plus solennelles (i), eten** «uite seulement au temps de la solennité pascale (i). Et telles sont sa discipline et notrcT^r. obligation actuelles*
(r) Seculares, qaî Natale Domini , Pasclia, et Pentecosten aOB commnmcaverint, cathollÉi non credantur, nec inter catholicos habeantur. Concil. Agath, an, 5o6. Gan. i8. ■ «
(a) Omnii utriusque sexûs fidelis postquàm $id anaos dis^» cretionif penrenerit, omnia sua solus peccata confîteatur fi ^«liter, taltcm semel in anno , proprio Sûcerdoti, et inJHnfe.
Mais il ne faut pas s*îmagîner que Ton satîs» fasse au précepte par toute sorte de communions. Analhèmeà celui qui , sous prétexte d'obéir à la loi de rEglise , violeroit la loi bien plus sacrée de Jésus-Christ ; et qui , pour ne pas man^ quer de se présenter à là table sainte , s'y rendroit en état de péché. Il est bien loin de l'esprit de l'Eglise, de commander des sacrilèges. Sa loi impose deux obligations : celle de communier, et celle de s'y disposer. On pèche également contre son précepte , en ne communiant pas , et en communiant maL
Mais hélas! Gomment dans des temps malheureux est observé ce précepte si positif, et en même temps si restreint et si mitigé! Combien d'hommes le violent ouvertement,* et secouant toille pudeur, se tiennent pendant une longue stiite d'années , éloignés du divin sacrement ! Ce qui dans les générations précédentes étoit un opprobre et que nos pères eussent regardé
iàta ahi pdeaitentiaiii studeat pro viribi» adimplere, gusci* YÀeaa reverenfer ad minus in Paschâ Eucbaristiâe «acramentnm: nisi forte de consUio proprii sacerdotis, ob aliquam rationabiiem causam ad tempos ab ejus perceptione duxerit abbtinendiim : alioquin et TÎvens ab ingressn ecclesix arceatur, e^ moricns cbrîstianâ careat sepulturâ Concil. Lateran. §e^ neraU xii. Can. 2. Anno I2i5..
Si quis negaverît onmes , et singulos Christi fidèles utrius- (râe sexûs , cùm ad annos discretionis pervenerint, teneri sjngulis annis, saltem in Paschate, ad communicandum juzta «raeceptum sanetae Matris Ecclesîae, anathema sit. Concil^ TridenU Sess. xiii, dcEucbarist Can. 9.
•<M)miiie uue séparation flétrissanie*; o douleur ! ô honte de leurs enfans ! ils sont venus à û'en plus rougir. II en est même parmi eux qui osent s'en glorifier , et se faire un trophée de leur iu)piété. Et parmi ceuxqui n>nt pas. poussé l'audace jusqu'à ce déplorable excès , qui, conservant encore le respect de la loi sainte, viennent s y conformer,, pouvons-nous croire que le plus grand nombre l'observe véritî^blemenfc? Au lieu de la Joie sainl)e que devroit leur inspirer l'approche de la grande solennité , il en est qui la voient s'avancer avec une tristesse qu'ils ne peuvent dissimuler. Ces jours d'allégresse sont pour eux des temps de deuil et de chagrin. Ils trem-^ bient d'avance de l'obligation que leur imposent les saints mystères, de faire trêve avec leurs dissipations , et divorce avec leurs passions. Us se soumettent à la loi , comme à un joug onéreux- Il faut pour les faire entrer au divin banquet , les presser, les contraindre de même que les aveugles , les boiteux et les infirmes de notre évangile. Si, pour attirer les fidèles h la cammunion pascale, l'Ëglise n'employoit que des exhortations et des conseils, la table sainte seroit abandonnée , les autels serolent presque déserts. Nous les voyons à l'époque de ces jours heureux, entourés d'un nombre assez considérable de chrétiens. Nous nous réjouissons du spectacle édifiant de cette foule qui inonde nos temples , qui se presse autour du sanctuaircr
Héias ! A celui donl le regard péaètre jusqu'au fond des cœurs , déçhîranl te voile qui courre toutes cçs consciences , nous en découvroit les profondeurs , au lieu de la consolation que nous ressentons , de quelle profonde affliction ne serions-nous pas saisis I Nous verrions des consciences endormies sur la foi d'absolutions données par des confesseurs qu'a fait choisir leur facilité ; des consciences étourdies sur Ténormité de leurs péchés , qu'elles ont voulu regarder comme des fautes légères , pour s'épargner la honte de les décIare^ ; des consciences encore enchaînées dans les liens de leurs habitudes criminelles; des consciences toutes fu-mantes de leurs passions recouvertes et non pas éteintes ; des consciences , en un mot , toutes pleines de souillures , qui viennent arracher Jésus-Christ de son autel ^ pour le placer dans cet amas d'infection. Nous sommes heureux que là foiblesse de notre vue ne nous permette pas de découvrir toutes ces horreurs. Mais ne pouvons-nous pas en juger par ce qui précède tant de communions pascales , et par ce qui les suit ? Oii voyons-nous les vertus qui y préparent ? où voyons-nous les vertus qui en résultent? Quel court intervalle entre les péchés et la communion; entre la communion et les rechutes?
Et ceux mêmes qui, avec deg dispositions moins . vicieuses , viennent une seule fois dans l'année te soumettre au précepte formel de l'Eglise ,
i>E9 ÉVàNGlLEs/ loS
ëroîent-Hs se conformer à son esprit? AhJ combien est éloignée , non seulement de la perfectîon , mais du degré de vertu nécessaire , celle obéissance servile , dont tout reflbrt consiste h se traîner jusqu'à la ligne du précepte; qui craint antant de l'outrepasser que de ne pas. l'atteindre; qui examine la loi , pour ne pas faire plus que ce qu'elle ordonne strictement ^ pour ne s'abstenir que de Cd qu'elle défend rigoureusement; qui étudie, non ce qu'elle peut faire pour plaire à Dieu^ mais jusqu'à quel point elle peut lui déplaire sans encourir ses cbatimens? Cet éloignement de la table sainte ^ pendant le cours d'une année entière , peut n'être pas criminel en lui-même , puisqu'il n'y a pas de loi qui le déclare tel; mais il l'est presque nécessairement dans son principe. Il procède communément (cl vous le savez trop bien, ô vous qui vivez dans cette déplorable habitude) , ou d'une in« différence condamnable, ou d'affections vicieuses. Quel autre motif pourroit nous empêcher de voler à Jésus-Ghrist ? Qu'est-ce qui peut justifier notre résistance obstinée à ses pressantes invitations ? Tantôt par la bouche du Sage , il nous crie : Venez , mangez mon pcin , buvez le vin que je vous ai préparé (i). Tantôt il nous répète lui-même : Venez à moi , vo us tous qui éles dans la souffrance et dans la peine, et je
(i) Ycnite, comedi te panera meum, et blbite vinum qucd niiscui Tobis. Prov. ix, 5.
VOUS restaurerai (i). Et nous croyons nous rendre à ses instances si touchantes» remplir ce (|u*il attend de nous» satis&ire son désir» en daignant nous approcher de lui une fois dans le cours de l'année I
Et n'est-ce pas pour nous attirer fréquemment » qu'il se donne à nous sous la forme de notre nourriture la plus commune » de ce pain que nous demandons à Dieu de nous donner tous les jours ? Ne nous montre-t-il pas évidemment par là » que son sacrement doit être non pas un remède que nous prenions de loin en loin , et pour des besoins extraordinaires; mais l'aliment habituel de noire âme, dont nous avons -un besoin continuel pour soutenir, réparer et augmenter nos forces? Si c'est Tolre pain de chaque jour^ dîsoit Saint Ambroise, comment laissez-vous écouler une année entière sans vous en nourrir (2)? Vous désirez, avec le sacrement , recevoir ses heureux effets. Mais pensez-vous qu'une viande que vous mangeriez une fois par an , vous apportât un grand profit? C'est la nourriture dont on fait un usage fréquent et habituel, qui influe sur notre tempérament , qui le change , qui le réforme. En y revenant , nous en prenons peu h peu les qualités.
(i) Venite ad me omnes qui luboratis, et oncrali estis, et ego reficiam vos. Matth, xi, 28.
(a) Quotidianus est panis , cur post annum illum sumis ? 4$*. Anihn de Sacmnient* Lib. ▼. Cap. 4- N. aS.
DUS àvirwHLÊs. ' loS
Ainsi , pour que le paio eucharistique nous soit véritablement profitable , pour qu'il fasse dans notre âme une impression durable, pour qu'il en chasse tout ce qu'il y a d'impur, pour qu'il la pénètre des vertus qu'il contient^ pour qu'il la transforme en Jésus-Christ, il est nécessaire qu'il soit sa nourriture commune et ordinaire. Chaque fois que vous vous en^ nourrissez , tous acquérez une nouvelle vigueur, vous augmentez dans votre âme les principes de vie. Et vous pourriez trouver qu'il est suffisant de le recevoir d'année en année ? Et vous ne craignez pas dans un si long intervalle dû tomber en défaillance? Et vous ne seriez pas effrayé de la langueur où doit vous jeter un si lang défaut de nourriture ?
Si nous sommes chrétiens , si nous en avons les sentimens, nous désirons arriver à la perfection. Mais la fréquente communion est tout à la fois , et le motif le plus puissant pour y tendre, et le moyen le plus efficace de l'obtenir. Il est moralement impossible que je fréquente la sainte table , sans me sentir vivement excité à m'en rendre digne. C'est un grand encouragement à mettre mon cœur en état de recevoir Jésus- Christ , de penser que le lendemain , que dans peu de jours je le posséderai. L'attente prochaine de cet heureux moment est un frein qui me retient contre le mal , un aiguillon qui m'excite au bien , un motif qui me persuade de
réformer les habitudes , de rompre les liaisons, de fuir les occasions , de réprimer les passions» de* me détacher du monde, de me détromper de ses maximes, de m'interdire ses plaisirs-, d'exciter ma vigilance , de ranimer ma ferveur, de m'adonner à la prière, de multiplier les bonnes œuvres , en un mot de chasser de mon ânie tout ce que Jésus-Christ verroit avec déplaitance , et d'y placer tout ce qui pourra lui être agréable. Ainsi, mon retour fréquent à la table sainte me ramènera sans cessé aux dispositions qu'elle exige; m'engagera, me forcera continuellement à mettre entre ma conduite et mes communions , toute la proportion nécessaire , et qui dépend de moi.
vous qui vous éloignez de ce sacrement , qui séparez vos communions par de longs interyalles , considérez la multitude de biens dont vous vous privez; car telle est la nature de cet adorable sacrement : en demandant des dispositions , il les perfectionne ; en exigeait des vertus, il les augmente. Il nous oblige d'être saints, pour nous rendre pUis saints encore. Une corar munion parfaite ^st une préparation et un attrait à une autre plus parfaite. Elle y prépare par les dons célestes qu'elle répand, elle y attire par les saints désirs qu'elle excite. Vous vpus plaignez de ne pas sentir de goût pour le pain eucharistique; vous dites que c'est là le principe de votre éloignement; c'est au contraire votre
éloîgnemenl qui cause le dégoCitque vo^js éprouvez. Pour le faire cesser, allez au banquet céleste; c'est là que vous puiserez eelte soif ardente du sacrement qui' vous manque. Eu apaisant votre faim spirituelle, le pain sacré Tirrttera encore. Plus vous recevrez votre Dieu , plus vous aspirerez à le recevoir. Mais au contraire, si vous vous retirez de Jésus-Christ, il se retirera de vous. Moins vous vous approcherez de son sacrement , moins vous aurez d'ardeur pour y revenir. Et le premier effet de votreéloignement de la communion , sera de laisser éteindre en vous tout désir de la communion.
Mais tous, comme de concert, commencèrent à s^excaser. Le premier dit : J'ai acheté une maison de campagne ^ et c'est une neces* site pour moi d'aUer la voir : je vous prie de m'excuser. Un second dit : J'ai acheté cinq paires de bœufs, je vais les essayer; je vous prie de m'excuser. Un autre dit : J'ai épousé une femme, et je ne puis venir. Les projets d'agrandissemens , les affaires temporelles , les plaisirs du monde , représentés par ces diverses excuses des conviés; voilà les^ motifs principaux qui détournent de la participation à l'Eucharistie. Mais il est rare que ce soient ceux qujs Ton présente. On n'est pas ordinairement d'assez bonne foi pour les avouer. On cherche à co- Irrer son insensibilité. On veuft donner à son il)^. différence un prétexte plausible. Et ce qui e»t
plus cxlttiordiDaire encore» et plus funesle, on prétend ériger en vertu des senlimens aussi vicieux. La plus commune des excuses dont on entreprend de justifier Féloignement de la sainte Eucharistie , est qu'on ne se sent pas assez pur pour y participer. Nos communions sont rares , dit-on , parce que nous nous reconnoîssons indignes de les rendre plus fréquentes. C'est le prétexte le plus ordinaire; c'est aussi le plus dangereux» parce qu'il est le plus spécieux» parce qu'il cache le fonds de froideur et d'opposition sous un simulacre de respect ; et que pour détruire la piété , il en emprunte l'apparence. Ce langage insidieux peut avoir deux causes différentes » et même opposées. Dans les uns» c'est relâchement; dans les autres » rigorisme. Les uns sont des pécheurs qui veulent rester tranquilles dans leur péché» ou au moins des chrétiens lâches qui tiennent à leurs affections mondaines ; ils craignent » non pas comme ils affectent de le dire, l'abus de l'Eucharistie» mais les sacrifices qu'elle exigeroit : les autres sont des hommes accoutumés à se former des systèmes opposés h la doctrine de l'Eglise. Les "Serrans de notre temps» comme ceux de tous les siècles » cherchent à se donner du relief par un extérieur de rigidité qui flatte leur vanité , en impose au vulgaire, et leur donne occasion d'accuser l'Eglise de relâchement , de décrief ses usages » de calomnier ses principes.
Nous disons aux premiers : La pureté requise
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pour communier, que vous exaltez arec juste raison» ne vous éloigne du sacrement, que parce que vous ne voulez pas l'acquérir. C'est la dépravation de votre volonté qui fait le motif de votre séparation. Soyez conséquens, et vous ferez le raisonnement contraire à celui que vous proposez. De l'irrégularité de votre conduite , vous concluez que vous ne devez pas communier. Concluez au contraire de l'obligation de communier, cfclle de réformer votre conduite. Il peut y avoir, nous en convenons, des séparations causées par un véritable respect; mais elles se reconnoissent à l'affliction qu'elles répandent dans le cœur, à l'amertume dont elles le remplissent. Montrez-moi un chrétien , sentant tout le malheur de sa privation , pénétré de douleur des fautes qui le retiennent loin de l'autel , soupirant après le moment qui l'y ramènera , faisant effort sur lui-même pour se rendre digne de s'en rapprocher; à ces heureux traits je reconnoitrai une séparation de respect. Mais ce ne sera pas une séparation entière, une séparation longue. Quand ce sera un vrai respect qui l'aura éloigné pour un temps de l'autel , il ne tardera pas à y retourner. Voilà ce qu'opéroit en vous lerespect de l'Eucharistie, s'il étoit véritable. En vous faisant abhorrer le sacrilège qui la profane , il vous feroit détester les péchés qui en éloignent. En vous faisant sentir votre indignité, il vous engageroitàla faire cesser. Mais croyez-
TOUS rendre tout ce que vous devez au* sacrement de Jésus-Cbrist , en disant , Je suis pécheur, et en vbulaat continuer de l'être ? Vous êtes pécheur; c'est un obstacle à la communion, mais non au désir de la communion. C'est une sévérité illusoire que celle qui ne se retranche que les sacrèmens. C'est un respect hypocrite que celui qui , dans toute la religion , ne respecte que l'Eucharistie.
Nous adressant aux seconds , dont la rigidité exagérée repousse du sanctuaire tout ce qui n'est pas arrivé au faite de la perfection, exclut de la table sainte la fragilité humaine, et fait des dis*posilions nécessaires à la communion, un obstacle à la communion; nous leur disons r Quaod Jésus-Christ commandoit de manger son corps , et de boire son sang, ignoroit-il celte fragilité à laquelle vous prétendez l'interdire ? Ne séparez pas deux choses qu'il a intimement unies, la disposition au sacremept, et l'usage du sacrement. De même que Tusage du sacrement ne dispense pas des dispositions, de même les dispositionys, quoique nécessaires , ne doivent pas empêcher l'usage. On ne peut sans doute être trop parfait pour recevoir le corps de Jésu«-Christ : mais on* peut exiger trop de perfection dans ceux qui le reçoivent. Ce n'est pas seulement pour les plus grands saints qu'a été instituée l'Eucharistie; et la sévérité outrée qui la refuse à tout ce qui n'a pas atteint le plus haut degré de piété » la leur
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accorderoît à peine. Ce ne seroîent pas môme eux qui jouiroient de ce bienfait. Les plus grands saints sont ceux qui croient le lùoins l'être. La vertu la plus pure est celle qui se méconnoit. Les seuls dignes du banquet sacré croiront devoir s'en retirer, tandis que les présomptueux , qui par là même s'en rendent indignes , s'empresseront à s'y asseoir. Le corps de Jésus-Christ , qui doit être le prix de l'humilité» deviendra la proie de l'orgueil. Directeurs austères, qui refusez à la fragilité la fréquentation de l'Eucharistie , que penseriez -vous d'un homme qui refuseroît la nourriture , parce qu'il est foible , et les remèdes pm*ce qu'il est infirme? C'est dans la communion que se puise la perfection; il n'est donc pas nécessaire de l'y apporter. Mais vous , par une interversion d'idées , pour élever vos disciples au faîte des vertus » vous commence* par leur intercepter la source de toutes les vertus. Vous leur ôtez , et le courage ,. par ce que vous exigez d'eux; et la force , par ce que vous leur retranchez. Elie , ce modèle du zèle le plus intrépide; Hie, accoutumé à porter aux roîs avec une ferme assurance les ordres divins , Ëlie éprouve dans sa vie un instant de foiblesse. Ii>timidé par ks menaces de Jésabel , il succombe accablé de lassitude et de frayeur. C'est le moment où un ange viemt lui apporter un pain céleste. Ranimé » fortifié par cette nourriture dîviae, il se lève, et marche pendant quarante