BXPU€A.TION
jours et quarante nuito > jusqu'à la haute monta* gne d'Uoreb. Ce que l'ange lui dit , Jésus-Christ le dit sans cesse aux âmes encore foibles : Levez- ¥ous et mangez ; un grand chemin vous reste à faire pour parvenir où je vous veux. Avec la force que vous donnera l'aliment que je vous apporte, vous marcherez légèrement jusqu'à ce que vous atteigniez le faite de la montagne de Dieu (i).
Nous dirons enfin aux uns et aux autres :
Vous croyez-vous plus instruits des voies du salut , que les saints qui les ont parcourues , que l'Eglise elle-même qui vous les enseigne ? Le concile de Trente , dcms le zèle qui l'animoît pour le rétablissement de la piété» ne désiroit que de voir renaître la pratique de la fréquente communion. Avec ce seul moyen , il étoit assuré de rappeler parmi les chrétiens l'innocence et la ferveur primitives. Ce qui a £ait tous le» saints , est ce qui les fera encore.
Mais dans le grand nombre de ces personnages célèbres , que l'Eglise propose à notre vénération p il s'en trouve quelques-uns qui , pénétrés d^une humilité plus profonde , se sont condamnés à un^ longue abstinence de l'aliment sacré, et ce sont ta les modèles dont le relâ-
(i) Rerersnaque est aDgelns JDomiui secundo; et teti^t eum, dixitque iJli : Sui^, comede, grandi» enim tibi reçtat via. Qui cùm surrexisset, comedit et bibit, et ambulavit in fortitudine cibi illius , qiiadraginta diebus et qnadragiota noctibus, us^e ad montem Dei Horcb. 3. Meg, xix. 7 et 8.
DES àTANGtL£Sé ll3
chement et ie rigorisme prétendent s^aatoriser. D'abord , demandons-leur : Est-ce l'exception ou le principe qui fait notre règle? Est-ce Texemple d'un petit nombre de saints » ou celui de la presque universalité qui doit nous diriger? Lesquels nous estait recommandé de suivre : ou ceux qui , soit par des inspirations spéciales » soit par des vues particulières , qu'il ne nous appartient pas d'approfondir , se sont jetés dans des voies extraordinaires; ou ceux qui ont parcouru la voie ordinaire de la perfection? Disons-leur ensuite : Si ces saints d'un ordre extraordinaire sont véritablement vos gui des » imitez-les donc en tout; allez à leur suite vous enfoncer dans les déserts; reproduisez le spectacle de leurs austérités; étonnez comme eux l'Eglise, par les rigueurs de votre pénitence. Mais en faire les modèles de votre séparation» sans qu'ils le soient de votre couduite ; ne prendre d'eux que leurs terreurs» et non leurs vertus; vous éloigner avec eux de l'Eucharistie; et non du monde; c'est, ou vous abuser vous-mêmes, ou vouloir abuser les autres. Cessez donc de nous dire que la privation d u sacrement est une pénitence que vous vous imposez. Une pénitence ! Ah ! si elle étoil réelle , elle seroit trop austère. Quand l'ancienne Eglise l'infligeoit pour des années entières , combien étoit profonde la douleur des pénitens qu'elle soumettoit à cette terrible peine!
Ïl4 EXPLICATION
Que de larmes , que de soupirs , que de vœuib he leur arrachoit-elle pas J Maïs de nos malheureux jours , cette séparation inspire des •entimens bien différens : loin de â'en aflKger, on s'en réjouit intérieurement; au lieu d'en désirer la fin , on cherche à la prolonger. On se console avec le monde de l'éloignement do son Dieu^
Mais disent encorcî lés mondains, nous né Yoyons pas toujours do grands fruits de ces eommunions fréquentes. Combien de personnes sous cette pratique de la haute dévotion ,■ couvrent de grands et nombreux défa uls ? Mon do ÎBJuste, est- ce à l'usage fréqueùt de la commu-»^ nion, qu'on doit attribuer l'abus que quelques^ personnes peuvent en faire ? Enveloppez donc également dans vot^e condûmnalion (où les Ics^ actions de probité, de justice, de charité, qui sont trop souvent atccompagnées d'iûaperféc-» iions. Ces fautes, que vous relevez avec tant' de complaisance, que vous exagérez avec tant de malignité, sans l'usagéf de la communion serotent bien plus graves encore?. Vous ne parlez que des défauts qu'a pu laisser la fréquentation de I^Eucharistie; vous dissimulez tous ceux qu'elle a prévenus, ou réformé». Pour un que vous remarquez , mille qualités vous échappent. Vous trouvez des défauts dans les fidèles qui s'approchent assidûment de la sainte table. Cherchez des vertus solides et chrétiennes dans
ifÈS ÉVANGILES. , titi
ceux qui s*en éloignent. Voyez d'un côté quetques împerfeclîons , de Fa û Ire , des vices ftctoitreux; ici une piété ternie de quèlqu'ombre , là nulle apparence de piété; dans les uns des foiblesses échappées à là fragilité» dans les au^ 1res des passions emportées et sans frein. Enfin détournant vos regards de ceux à qui l'usage de la communion laisse? encore quelques împerfcctions, contemplez le grand rtombre de sainis qu'il a portés an faîte de la pferfeclîon. Quelle» sont les âmes qui donnent les plus grands exemj^les de ferveur? où ont^elles pufeé ces vertus pures , que vous êtes forcé de révérer dans elles? Au moins, dit-on^ le changement de vie qu'exigeroît l'admission à la table de Jésus^ Christ , ne peiit pas êtfe l'ouvrage d'un jour. Il faut du temps pour se préparer à une pratique qui demande une aussi haute perfection. Il faut du temps! mais un temps que l'on emploie, non pas un temps que l'on perde. Demander du temps pour se préparer, et ne se préparer j^miais , où est la raison ? oii est là bonne foi? Je vous entendrai volontiers demander du temps, quand je vous verrai pendant ce temps travailler sur vous-même; faire effort sur vos passions, sur vos inclinations , sur vos habitudes; éviter les occasions; rompre les liaisons; être plus adonné à la prière , plus assidu aux instructions, plus recueilli dans les lem-^ pies, plus répandu en bonnes œuvres. Alors je
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croirai qu'en effet c'^t pour rejoevoir avec plus de fruit Tadorable sacrement, que vous voulez du temps. Mais alors aussi ce temps sera limité; et le motif même qui vous aura éloigné de Tau- .. tel , né tardera pas à vous y ramener. Au lieu de cela , quand on vous voit prendre du temps, pour en prendre encore ensuite, et dans ce long intervalle ne rien faire de ce qui seroit nécessaire pour vous rendre digne du sacrement, entretenir les mêmes affections, vivre dans les mêmes dissipations, conserver les mêmes défauts; peut-on croire que c'est sérieusement et de bonne foi , que vous dites qu'il faut du temps ?
A Dieu ne plaise cependant, que pour rendre plus fréquente la communion, nous imaginions de diminuer la sévérité des dispositions qu'elle exige I Loin de nous , et le relâchement qui la rend trop facile , et le rigorisme qui en exagère la difficulté ! La solide piété est celle qui réunit dans sa pratique, tout ce que. le divin Sauveur réunit dans son précepte; qui pouF communier fréquemment, se dispose soigneusement; qui rend hommage à la sainteté du sacrement , en s'y préparant convenablement; et à sa puissance , en y revenant souvent. La morale exacte est celle qui n'exige, ni ne permet trop; qui, pour rendre les communions plus fréquentes , n'autorise pas les communions U^des et laaguissantés. On marche daps cette matière enli^ le
double danger i^e relever excessivement la dignité du sacrement y et de ne pas la considérer assez. L'empressement pour FEucharistie , qui n'est pas justifié par la vigilance à rT^primer ses défauts; et le respect de l'Eucharistie, qui n'est' pjts animé par le désir de la recevoir, sont également vicieux. Ce sont deux vérités enseignées par saint Ghrysostôme, que l'a sainteté n'est pas de communier fréquemment, si on ne communie dignement; et que la témérité consiste, non à communier souvent , mais à communier indignement. O vous que l'Eglise charge dS'nstruire et de diriger les fidèles, en leur parlant des dispositions qu'exige la réception du corps dé Jésus-Christ , en leur peignant les terribles effets d'une réception indigne , craignez d'employer des expressions trop fortes qui pro*duisent, au lieu d'une crainte salutaire, un désespoir funeste. Ménagez vos exhortations tellement , qu'en arrêtant par une pieuse terreur ceux qui ne sont pas suffisamment préparés, elles encouragent par une sainte confiance, ceux qui portent au-dedans d'eux des disposition»
convenables*
Pour se tenir entre ces deux extrêmes , dans le juste milieu que prescrit h saine morale , il y a des principes essentiels à poser, et des dîstinctioùs importantes à faire; Si Ton vouloît mesurer les dispositions au sacrement sur sa dignité , il faudroit fermer à tout homme le saoùc^
4lS BXPLICATIOir
iuairc. Les anges mêmes, dans qui ToBil do Pieu aperçoit des imperfections , ne seroient pas dignes d'un si grand bienfaiu C'est un abus 4angej«ux de contempler uniquement la sain<ieté de Dieu ^ sans jconsidiérer en mêine temps ^a ^^îséricofde; et de ne penser qu'à ce qu'il auroit droit d'exiger de notre piété» sans yoir é^e qu'U daigne accorder à notre £oi))lesse. Diei« n'a pas créé les hommes pour les s^cremens; ipais il <a institué les sacremens peur )e;s hommcjs. En les /établissant il s'est JStOuyenu qne nous ikomme» um chair fragilis , et un esprit facile h 4!*en)porter, difjflciie à reyeinr (i). )1 répugne^ ffioit k sfii b/o.nté p et p^éme h fia justijce, d e:^igér 4e oouA une perfection dont il ne nous a p^ créés susiceptil^Ies^- Ain^i » çe}le que demande l'Ëu/^haristie ^ est o^esjSAÎremenJ; niélée d'imperfections;. La verjtn pur/e n'appartient point à b ifefjpe ; ejt p'est ppup nous simctifier dans lo iMjnnr qu« nous y i^ison? p <jue Ie$ sajcren^eni f^ous pn* jé^é 4onpés;.
A pe^tiB incontestable yérité » a)outon&-en un« f ulre ^^}e;ne^t c^pJLaipe ; c'est que rjEupharis* ^ie n\^ pas étié instituée seulement pour le petit npp^re d^âp^e^s privilégiées qui sont parvenues .#M pluj^ ^aul jdegrjé de sainteté. Elle ji^est pas uniquement la récompense des yertps acquises; ^lle esj aussi le pcioyen de Ips acquérir. Npn-
(i) Aecordatus est quia caro timt, Bpiritu» vaden», et non ;j»dlitnt. Psalm, lxxyii. S9.
seulement elle les couronne^ mais elle les per.fectîonne. Elle suppose la vie de la grâce, et elle Taugmeote. Ëuger pour cp sacrement les dispositions les plus parfaites, c'est ne lui rien laîs,- »er à faire; c'est lui ôter le plus précieux: de -set effets. En réserver l'qsage uniquement a,ux plu/i ji^tes d'entre les justes, c'est le resserrer daiw des bornes tellement étroites, qu'il en reste presque anéanti.
Reconnoissons de plus avec Saint François de Sales, ce grand maître de la vie spirituelle , que ce qui n'est pas un obsiacle à des communion! rares, et séparées par de longs i^tervalles^ pr.ul s'opposer à la communion fréquente. Il est ais^ de sentir que la participation souvent réitéré^ au corps de Jésus-Christ, formant avec lui une union plus habituelle et plu^ intime, exige unjd plus grande pureté; et que^ comme elle est up moyen plus puissant de perfection , elle dcr mande un désir plus ardent de la perfection , des efforts plus grands pour l'acquérir.
11 est impossible dans la spéculation, de coqlester ces principes : mais.il est très-rfacile d'en abuser dans la pratique. Des maximes aussi générales ne peuvent pas être des règles fixQS pour les circonstances trèsTvariées où l'on peut se trouver. Poiur en faire l'application aux coiir jonctures particulières , distinguons avec les théologiens , d'abord la communion qui est de précepte, de celle qui est libre; et ensuite les
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dispositions qui sont strictement prescrites, de celles qni sont simpleinent conseillées et recommandées. Pour remplir te defvoir de la communion pascale, il est nécessaire et suffisant d'ê^ trë dans le degré de siiinteté ordonné par te concile de Trente, c'est-à-dire, d'avoir purgé sa conscience de tout péché mortel, et son cœur de l'affeclion à ce péché. Cette communion étant impérativement commandée, et 1©$ dispositions de k plus haute perfection ne l'étant point, il est évident qu'on est tenu de satisfaire , et qu'on satisfait à la loi , quoiqu'on ne les ait pas. Mais gardons- nons de croire qu'aussitôt qu'un chrétien se sent délivré de se» péchés énormes qui le rendoient ennemi de Dieu, il soit autorisé à venir fréquemment le recevoir dans son sacrement, efc-que, parce qu'il a eu le bonheur d'être admis h sa table» il lui soit permis de s'y asseoir habituellement. Le témoignage de toute la sainte antiquité s'élevèroit contre le moralistie qui oseroit ensei^ ' gner une aussi dangerrense doctrine. Pour mériter l'insigne faveur 4® recevoir sourôiit te corps de Jésus-Christ , ce n'est point assez de ne pas le profaner, il fiiut encbre l'honorer. Aux dispositions de stricte nécessîléet d'exemption de fautes, il faut joindre des dispositions de convenance et de ferveur. SHa sainteté d'obligation et de précepte suffit pour la communion commandée , la sainteté de ooi^seil et de
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perfection est nécessaire pour les communions de plus haute piété* Directeurs inexpérimentés, qui vous hâtez d'accorder la participation fréquente de l'Eucharistie aux âmes que vous avez retirées du désordre; qui^ de l'habitude du péchés les faites passer promptement à l'habitude de la communion ; qui, parce que fous les avez mises en état de remplir le devoir pascal, croyez les avoir rendues dignes de revenir continuellement à la table sainte; voyez si un habile médecin se presse d'accorder une nourr riture abondante à celui qu'il vient de retirer d'une maladie mortelle; voyez avec quelle précaution il proportionne h son état les, ali mens qu'il lui permet, observant le progirès de ses forces, ne iui donnant que ce qu'elles peuvent supporter, et augmentant graduellement^ à mesure que ce qu'il lui a donné les augmente. Médecins spirituels , c'est en cela que consiste votre art. Mesurez de mên^e la manne célestç sur le besoin des. âmes , sur l'accroissement dç. leurs forc^, sur leur avancement dans la piété; faites-leur continuellement mériter par leurs eilTorts la jouissance plus fréquente de ce grand bonheur , et que la participation au corps de Jésus-Christ soit povir elles un encouragement .à la perfection , cpuune elle en est umk moyen. Mais quoii la fréquentation du sacrement ne «era-t-eUe. ûçc^wlée. qu'aux âmes parfaites?
N'ouvrira-t-on que rarement le sanctuaire à III. 6
«elles qui tombent dans des péchés légers» qui •ont tachées de quelques imperfections voloataires , maïs peu graves ? Préservons-nous de •et autre excès; et d'après les saints Pères, ret- «onnoissons qu'il est des péchés yénieis qui lais- •ent l'accès libre è la fréquei^te communion^ et d'autres qui l'interdisent.
Des péchés qui échappent à la fragilité, plutôt qu'ils ne sont commis par la volonté ; des pé* chés passagers, et qui reviennent rarement; mais surtout des péchés dont oa s'efforce de se préserver, dont on a un vrai repentir^ que l'on travaille à expier parles œuvres de la pénitence , loin de rendre dangereux f usage fréquent de ^Eucharistie, le rendent souveraine^' ment salutaire. D^s péchés ainsi détestés ne sont-tls pas réparés , même avec «me sorte d'a^ vantage^ par les vertus quf'ils donnent occasioQ de pratiquer, par la vigilance qui les prévient^ par l'humilité qui s'en confon^ , par ta eomr ponction qui s^'èn afflige, parla mortification qui s'en panit ? O vous , qui rejgrettez ainsi lef fiiutes où JTOus avez le malheur de tomber, qi4 •n évitez les occasions , qui en combattez les tentations, qui en déplorez les rechutes, qui demandez à Dieu sincèrement, et avec ^pckur, b grâce de les expier et d^en prévenir de nou^ relies, allez souvent , allez continuellement 1^ •hercher à l'autel ; c^est là que von» la puiserez^ Jésus-Christ vous y recevra avec tous tes trér
fors.de: sa misëri<x)rde^ potifrles rei^t are^ nboadâBce dans voire âme. Chaque fois ^aw ^us vouft nourrirez du pain des IbrU, vousiaeqoérres une nouvelle force.i Plus vous tecevre» dans VGÎus ie divin Sauveur^ pkis vous vous rem-f jpéîrez de x^ette perfection doni; il est le modèle et le principe. >." j" , ',
Mais des péchés .que Tq» 'ComiQet a^wic tm ai* ienlion réiltehiéet4]pe volonté positive; des péahés dont on ne cherche ni à prévenir rodeasion^ iirà se défendre quand, noecasionvSssit venues (les péchés que l'on oemmet sans mpenùc, que |?on avoue sans itfgret, pieuventrib être compara fibles.avec la sainteté qiie démenée la participatioii fràqixentè de TEuebaristie? Vous donc qui menant d'ailleurs une vip chrétienne ,: pénétréir d'une sainte horreur pouif^out .péché aii>riel^' a^nt un |uste éloîgnefipfe^r pour les YjBm\éiS\e% I^s plaisirs du roond^^ vûus livrait 4 h prai^que des bonnes^ œnvr^s^ nourrisses ç^peiulapt au foad de vôtreccsiir Bp^ «attache Fc^lçnt^rcf et Jià- UUielie à quelque >péché véniel, craignez dm monter trop>s0iiyentè ^^ut^l; ne vous j pi^ sentez que 4e loin iea loin, eti demandant J^ Dieu la grâce: ;de vous détache^. 4e ^çtte afiec^N tion vicieuse^ La priitii|ue.dangere,u$e«.qui.pi:ién teoèroitr ^vouf » In^êntt r Iréquepoiment hls^ fablo: samte r lré|)roukée daKis tous 1^ jsièote^ de Tllglile; a été formellement! condiimiiéç4an$')Besiè* fb pi^r l'ElgUie de France. De mèrn^ que l'alta-sr