‹ Explication des maximes des saints sur la vie intérieureChapitre 15 sur 59 · II) P · texte numérisé non relu

II) P

J'ai gardé pour la fin saint Bernard (1), parce que Fénelon en a tiré son principe de la cupidité soumise, capable désormais, à ses yeux, de résoudre toutes les difficultés. Remarquons bien ce principe, cette clef, comme j'appelais, dans le commentaire de la première édition, les actes directs (-2). Cette fois, la clef est d'ordre théologique, et non plus d'ordre psychologique.

C'est en appliquant cette méthode, que Fénelon a opéré une de ses premières modifications, une de celles qui devaient, en quelque sorte, donner le ton à l'édition nouvelle : son livre ne commence plus par une Exposition </es divers amours dont on peut aimer Dieu; mais par une Ex/>ositio?i de cinq divers états d'amour de Dieu.

On mesurera mieux le changement survenu dans son attitude, si l'on se reporte, non plus seulement aux a Maximes » de 1697, mais à la première « Explication des Articles d'Issy », qui vraisemblablement date de 1695. Là Fénelon marquait peu de goût pour la méthode d'autorité ; — ses citations étaient peu nombreuses, et même il déclarait : V Eglise... n'est pas moins animée par le Saint-Esprit dans le xvnP siècle, que dans les six premiers (3). Il s'embarrassait peu alors d'une terminologie trop exacte 4) : « il n'est pas question, avouait-

(7) Voir plus haut, dans l'Histoire des corrections. (2 II revient cependant à ses « actes directs », pour préciser sa théorie, et l'approcher davantage de l'orthodoxie, p. 122. 3 P. 7^ de l'Exp. inéd.

(4) P. 5. Id.

il délibérément, de disputer xur les mots, et je laisse volontiers l'eschole décider sur les termes. »

4° Attitude à l'égard de quelques dogmes.

Dieu, Jésus-Christ, le trouble involontaire. — Il n'y a, dans l'Edition nouvelle, qu'une correction qui intéresse l'idée de Dieu. Fénelon veut désormais que dans la Contemplation pure et directe se présente l'idée purement intellectuelle de l'Etre infini, et non plus l'idée purement intellectuelle et abstraite (1).

Nous ne trouvons plus rien, cette fois, du Trouble involontaire, de Jésus-Christ. L'auteur dit seulement, dans ane phrase toute générale : La partie inférieure ne consistant que dans l'imagination et dans les sens est par elle-même aveugle, incapable de reflexion, et ses impressions sont entièrement involontaires (2j. Il avait songé un moment à défendre l'adjectif malencontreux qu'il avait abandonné d'abord, et le duc de Che vreuse l'encourageait. Mais le passage demeure biffe dans son Edition préparée. Il devait d'ailleurs en reprendre l'essentiel, dans sa « Réponse à la Déclaration des Trois Prélats » , et dans sa « 4* Lettre en réponse aux divers écrits ». << La personne, dira-t-il, de qui il vient (le mot involontaire) a voulu marquer que la volonté de J.-C. n'etoit pas troublée, quoique le trouble

fût commandé par sa volonté (1). Ce trouble ou répugnance est un mouvement de la partie inférieure, qui est commandé par une volonté très délibérée. Mais ce trouble ou répugnance n'est point en soi un acte délibéré, ni même un acte d'une puissance qui soit capable de délibération. Voilà le véritable sens dans lequel celui qui aroit ajouté dans mon livre le terme d'involontaire à celui de trouble l'avoit entendu. Ce sens est incontestable » (2). Or, voici le commentaire destiné d'abord à l'Edition : « J'ai ostè de cet endroit le mot d'involontaire qui etoit da?is la première édition. Je puis dire avec vérité que ce terme ne venoit pas de moi, et par cette raison je n'aurois qu'a l'abandonner a la censure du lecteur. Mais je dois remarquer pour la décharge de celui de qui ce mot est venu, qu'il ne peut jamais faire dans la place ou il etoit aucun sens contraire a la foi. C'est seulement un pléonasme , car la partie supérieure est V entendement et la volonté. Dire que la partie inférieure qui est l imagination ne communique point son trouble a la partie supérieure c'est dire quelle ne communique point son trouble involontaire a la volonté ce qui est une expression superflue. Mais ces paroles ne peuvent jamais par elles-mêmes signifier dans cet arrangement que le trouble qui îi'est point communiqué par la volonté n'a pas été commandé par elle. Ce trouble est volontaire en tant que cotn-

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