‹ Explication des maximes des saints sur la vie intérieureChapitre 34 sur 59 · XVI. Faux · texte numérisé non relu

XVI. Faux

La propriété des Mystiques, qui est l'amour intéressé, est une impureté réelle. C'est une souillure de l'ame. Les vertus de cet état ne sont point [141 1 meritoires.il faut perdre réellement le fonds de ses vertus. Il faut cesser d'en produire les actes mêmes les [dus intimes et les plus directs. Il faut perdre réellement la haine du péché, l'amour de Dieu, les vertus distinctes de son état dans le cas du précepte. Il faut perdre réellement la

. du péché même. Elle lia !..

[140]... l'amour, qui est autorisé...

certitude momentanée nécessaire pour la droiture de la conscience, et le désir môme désintéressé de l'effet des promesses en nous. 11 faut aimer nôtre abjection, en sorte que nous aimiuns véritablement nôtre péché même, parce qu'il nous rend abjects et contraires à Dieu. Enfin il faut pour être entièrement pur se dépouiller de ses vertus, et en faire à Dieu un sacrifice désintéressé par [142] des actions volontaires qui violent sa loi et qui soient incompatibles avec ces vertus.

Parler ainsi, c'est faire un péché de l'amour intéressé contre la décision formelle du saint Concile de Trente. En même tems, c'est dépouiller les âmes de la robe d'innocence, et éteindre toute grâce en elles sous prétexte de les en desaproprier. C'est tourner en mépris toutes les vertus qui sont aimables et nécessaires a cause de leur conformité a l'ordre qui est Dieu même. C'est autoriser le Mystère d'iniquité, et renouveler l'impiété des faux Gnostiques, qui vouloient se purifier par la pratique de l'impureté même, comme nous l'apprenons de saint Clément d'Alexandrie.

[143, Akticlh XV11. Vray

Il y a un très petit nombre d'ames qui soient dans ces dernières épreuves, où elles achèvent de se purifier de tout interest propre. Le reste des âmes, sans passer

[142].. sa loi écrite, et qui ..

... «iesapproprier. C'est autoriser...

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par ces épreuves, ne laisse pas de parvenir a divers degrez de sainteté très réelle et très agréable a Dieu. Autrement on réduirait l'amour intéressé à un culte

Judaïque on insuffisant pour la vie éternelle, contre la décision du saint Concile de Trente. Le Directeur ne doit pas se rendre facile pour supposer que les tentations où il voit une aine sont des tentations extraordinaires. On ne [144] sçauroit trop se défier de l'imagination échauffée, et qui exagère tout ce que Ion ressent ou qu'on croit otir. Il faut se délier d'un orgueil subtil et presque imperceptible, qui tend toujours à se flatter d'ètro une anie extraordinaircment conduite. Il faut se défier de l'illusion qui se glisse, et qui fait qu'après avoir commencé par l'esprit avec une ferveur sincère, on finit par la chair. Il est donc capital de supposer d'abord, que les tentations d'une ame ne sont que des tentations communes dont le remède est la mortification intérieure et extérieure, avec tous les actes de crainte, et toutes les pratiques de l'amour intéressé, li faut même être ferme pour 1 141); n'admettre rien au delà sans une entière conviction que ces remèdes sont absolument inutiles, et que le seul exercice simple et paisible du pur amour appaiae mieux la tentation : c'est en cette occasion que l'illusion et le danger des égarements est extrême. Si un Directeur sans expérience ou trop crédule suppose qu'une tentation commune est une tentation extraordinaire pour la purification de l'amour, il perd une ame, il la remplit d'elle-même, et il la jette dans une indo-

j 144 j .. cooânitte. Lnfin il faut. .

lence incurable sur le vice où elle ne peut manquer de tomber. Quitter les motifs intéressez quand on en a encore besoin , c'est ôter à un enfant le lait de sa nourrice, et le faire mourir cruel [146]lement en le sevrant mal à propos. Souvent les ame» qui sont encore très imparfaites et toutes pleines d'elles mêmes, s'imaginent sur des lectures indiscrètes et disproportionnées à leurs besoins, qu'elles sont dans les plus rigoureuses épreuves du pur amour, pendant qu'elles ne sont que dans des tentations très naturelles qu'elles s'attirent elles mêmes par une vie lâche, dissipée, et sensuelle. Les épreuves dont nous parlons ici, ne regardent que des aines déjà très avancées dans la mortification extérieure et intérieure, qui n'ont rien appris par les lectures prématurées, mais par la seule expérience de la conduite de Dieu sur elles, qui ne respirent que candeur et do[147]cilité, qui sont toujours toutes prestes à croire qu'elles se trompent, et qu'elles doivent rentrer dans la voye commune. Ces aines ne sont mises en paix au milieu de leurs tentations par aucun des remèdes ordinaires qui sont les motifs d'un amour intéressé, du moins pendant qu'elles sont actuellement attirées par la grâce du pur amour. Il est vrai seulement que cette grâce aussi bien que l'état pour lequel elle est donnée admet quelques variations sans suitte. Mais quand la grâce du pur amour agit sur ces âmes, il n'y a que la fidelle coopération à cette

[146]... des âmes déjà consommées dans la. .

[147]... pendant qu'elles sont dans la grâce du pur amour. 11 n'y a que la fidelle coopération a la grâce de ce ,'pur amour qui calme...

grâce qui calme leurs tentations, et c'est par là qu'on peut distinguer leurs épreuves des épreuves communes. Les aines qui ne sout pas dans cet état tomberont infailliblement dans des excez horribles, si on veut contre leur besoin les tenir dans les actes simples du pur amour ; et cel[148]les qui ont le véritable attrait du pur amour, ne seront jamais mises en paix par les pratiques ordinaires de l'amour intéressé. C'est pour le soulagement de ces âmes peinées que nous avons dit dans nôtre 33e article qu'on peut leur inspirer un consentement a souffrir les tourments éternels au lieu des biens éternels qui leur sont promis ; si on ne va pas jusqu'à inspirer ce consentement, du moins on peut le laisser faire quand ou a reconnu que ces âmes sont vraiment humbles que leur trouble est invincible par les actes ordinaires, que le cœur en ces ennuis spirituels comme dit saint François de Sales tombe en une certaine impuissance de penser a leur fin et par conséquent d'être allégé par L'espérance. C'est ainsi que ce grand saint avoit eu lui-même besoin de ce remède extrême lorsqu'il porta assez longlems une impression de reprobation et une réponse de mort assurée. On voit qu'il fallut selon l'auteur de sa vie, dans les dernières presses d'un si rude tourment en venir a cette terrible resolution que puisqu'en l'autre vie il de voit être privé pour jamais de voir et d'aimer un Dieu si digne d'être aimé, il vouloit au moins pendant qu'il vivoit sur la terre faire

[148]... l'amour intéressé Qui est-ce qui a résisté à Dieu, et qui a eu la paix !■ Mais pour faire un discernement des âmes si délicat el si important, il faut...

tout son possible pour l'aimer de toutes les forces de son aine etc. Cette supposition quoique impossible donna lieu a un acte où le saint homme trouva sa délivrance, puisque comme dit l'auteur de sa vie le démon vaincu par un acte d'amour si désintéressé lui céda la victoire et lui quitta la place. Voila le fruit de ces terribles résolutions et de ces grands sacrifices. C'est pour un acte d'amour si désintéressé que Dieu jaloux permet ces tentations extrêmes. Le Directeur ne doit pas empescher eu désintéressement d'amour pour lequel il permet le trouble de l'ame. On ne mettra jamais une urne dans une paix solide en lui faisant faire a eontretems, certains actes qui ne sont pas ceux que Dieu veut, et qui sont ceux d'amour désintéressé. Qui est ce qui a résisté a Dieu et qui a eu la paix "î Les vies des Saints des derniers siècles sont pleines de semblables sacrifices d'amour, et ces exemples suffisent pour les autoriser, car on ne peut blâmer ce qui est canonisé pour ainsi dire par l'Eglise. De plus les anciens Pères que nous connoissons moins en détail ne laissent pas de nous fournir de ces exemples

[148] copie mus. . quitta la place. L'auteur de l'imitation de J.-C. nous représente un solitaire qui ne vainquit la tentation de désespoir qu'en concluant suivant une inspiration qu'il en eut qu'il falloit faire dans l'incertitude du salut, les mêmes choses pour Dieu, que si on étoit assuré de la persévérance.

Rodriguez raconte qu'un saint homme ayant l'imagination remplie de ces paroles que le démon y mettoit, jamais tu ne seras sauvé, il répondit ce n'est point à cause de la récompense que je sers Dieu mais c'est à cause de lui-même, l'ar cette seule réponse, dit Rodrigue, il se délivra de la tentation qui le pressoit et rendit le démon confus. Voilà...

admirables. .Mais pour faire un discernement des âmes humbles et parfaittes a qui ce désintéressement de l'amour convient, il faut éprouver les esprits pour savoir s'ils viennent de Dieu et il n'y a que l'esprit de Dieu qui sonde les profondeurs de Dieu.

Parler ainsi, c'est parler avec toute la précaution nécessaire sur une matière où la précaution ne sçauroit être trop grande, et c'est en même tems admettre toutes les maximes des Saints.

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