XIX. Faux
L'oraison vocale n'est qu'une pratique grossière et imparfaite des commençans. Elle est entièrement inu-
... parles Supérieurs, aucune...
... d'obligation. L'Oraison...
tilo aux aines contemplatives. Elles sont dispensées par lVminence de leur état de la recitation des prières vocales qui leur sont commandées par l'Eglise, par(159Jce que leur contemplation contient éminemment tout ce que les différentes parties de l'Office Divin renferment de plus édifiant.
Parler ainsi, c'est mépriser la lecture des Livres sacre/ : c'est oublier que Jésus Christ nous a enseigné une oraison vocale qui contient la perfection de la contemplation La plus haute : c'est ignorer que la pure contemplation n'est jamais perpétuelle en cette vie, et que dans ses intervalles on peut et on doit reciter facilement l'Office qui est de précepte, et qui par lui même est si propre à nourrir dans les urne» l'esprit de contemplation.
[160] Article XX. Vrai
La lecture ne doit se faire ni par curiosité, ni par le désir de juger de son état ou de se décider soi même sur ses lectures ni par un certain goust de ce qu'on appelle esprit et des choses élevées. Il ne faut lire les livres les plus saints et même l'Ecriture, qu'avec dépendance des Pasteurs, ou des Directeurs qui tiennent leurs places. C'est à eux à juger si chaque fidelle est assez préparé si son cœur est assez purifié et assez docile pour chaque lecture différente. Ils doivent discerner l'aliment proportionné à chacun de nous. Rien ne cause tant f 101 ' d'illusion dans la vie intérieure que le choix indiscret des
livres. Il vaut mieux lire peu et faire de longues interruptions de recueillement pour laisser l'amour imprimer en nous plus profondément les veritez Chrétiennes. Quand le recueillement nous fait tomber le livre des mains, il n'y a qu'à le laisser tomber sans scrupule. On le reprendra assez dans la suite, et il reviendra à son tour pour renouveller le recueillement.
L'amour quand il enseigne par son onction, surpasse tous les raisonnemens que nous pourrions faire sur les livres. La plus puissante de toutes les persuasions est celle de l'amour. Il faut néanmoins reprendre le livre qui est au dehors, quand [162] le livre intérieur cesse d'être ouvert. Autrement l'esprit vuide tomberoit dans une oraison vague et imaginaire, qui seroit une réelle et pernicieuse oisiveté. On negligeroit sa propre instruction sur les veritez nécessaires. On abandonneroit la parole de Dieu. On ne poseroit jamais les fondemens solides de la connoissance exacte de la Loi de Dieu, et des mystères révélés.
Parler ainsi, c'est parler suivant la tradition et l'expérience des saintes âmes.