XXI. Faux
La Méditation n'est qu'une étude seiche et stérile : ses actes discursifs et réfléchis ne sont qu'un travail vain, et qui fatigue L'âme sans la nourrir : ses motifs intéressez ne produisent qu'un exercice d'amour propre. Jamais on n'avance [1703 Par cette voye, Il faut se hâter d'en dégoûter les bonnes âmes, pour les faire passer dans la contemplation où les actes ne sont plus de saison.
Parler ainsi, c'est dégoûter les âmes du don de Dieu ; c'est tourner en mépris les fondemens de la vie intérieure : c'est vouloir ôter ce que Dieu donne, et vouloir que l'on compte témérairement sur ce qu'il ne lui plaît pas de donner : c'est arracher l'enfant de la mammelle avant qu'il puisse digérer l'aliment solide.
Article XXII. Vrai
Une ame peut quitter la méditation discursive et entrer dans la contemplation, [171] lorsqu'elle a les trois
marques suivantes : 1 Quelle ne peut plus tirer de la Méditation lu nourriture intérieure qu'elle en tiroit auparavant, et qu'au contraire elle n'y fait plus que se distraire, se desseiclier. et languir contre son attrait. 2° Qu'elle ne trouve de facilité, d'occupation el de nourriture intérieure, que dans une simple présence île Dieu purement amoureuse, qui la renouvelle pour toutes les vertus de son état. 3" Qu'elle n'a ni goût ni pente que pour le recueillement ; en sorte que son Directeur qui l'éprouve la trouve humble, sincère, docile, détachée du monde entier et d'elle-même. Une ame peut par obéissance, avec ces trois marques de vocation, en[172|trer dans l'Oraison contemplative sans tenter Dieu.
Parler ainsi, c'est suivre les anciens Pères, tels que saint Clément d'Alexandrie, saint Grégoire de Xuzianze. saint Augustin, sainl (îregoire Pape, Cassien, et tousles Ascètes; saint Bernard, saint Thomas, et toute l'Ecole. C'est parler comme les [dus saints Mystiques, qui ont esté le plus opposez à l'illusion.
.XXII. Faux
On peut introduire une ame dans la Contemplation, sans attendre ces trois marques. Il suffit que la Contemplation soit plus parfaite que la Méditation, pour devoir préférer l'une à l'autre. C'est amu[ 171 séries aines, et les faire languir dans une. Méthode infructueuse, que de ne Leq mettre pas d'abord dans la liberté du pur amour.