‹ Explication des maximes des saints sur la vie intérieureChapitre 45 sur 59 · XXX. Faux · texte numérisé non relu

XXX. Faux

L'état passif consiste dans une Contemplation passive qui est perpétuelle, et cette Contemplation passive est une espèce d'extase continuelle ou licature miraculeuse des puissances qui les met dans une impuissance réelle d'opérer librement. Parler ainsi, c'est confondre l'état passif avec la Contemplation passive, et c'est encore avoir de la Contemplation passive une très fausse idée. C'est supposer un état [ 214] d'extase miraculeuse et perpétuelle qui exclut toute voye de Foi, toute liberté, tout

mérite et tout démérite, enfin qui est incompatible avec le pèlerinage de cette vie. C'est ignorer les expériences des saints et confondre toutes leurs idées.

Article XXXI. Vb*y

Il y a dans l'état passif une simplicité et une enfance marquée par les Saints : mais les enfans de Dieu qui sont simples à l'égard du bien sont toujours prudents contre le mal. Ils sont sincères, ingénus, tranquilles, et sans desseins. Ils ne rejettent, point la sagesse, mais seulement la proprie 215]té de la sagesse. Ils sedesaproprient de leur sagesse comme de toutes leurs autres vertus. Ils usent avec fidélité en chaque moment de toule la lumière naturelle de la raison et de toute la lumière surnaturelle de la grâce actuelle pour se conduire selon la Loi écrite, et selon les véritables bienséances. Une ame en cet état n'est sage ni par une recherche empressée de la sagesse, ni par un retour intéressé sur soi pour s'assurer qu'elle est sage, et pour jouir de sa sagesse en tant que propre. Mais sans songer à être sage en soi, elle l'est en Dieu en n'admettant volontairement aucun des mouvements précipitez et irreguliers des passions, ou de l'humeur, ou de [216 1 l'amour propre, et en usant toujours sans propriété de la lumière tant naturelle que surnaturelle du moment présent. Ce moment présent a une certaine étendue morale où l'on doit renfermer toutes les choses qui ont un rapport naturel et prochain à l'affaire dont il eit actuellement

question. Ainsi à chaque jour suffit son mal, et l'ame laisse le jour de demain prendre soin de lui même, parce que ce jour de demain qui n'est pas encore à elle portera avec lui s'il vient sa grâce et sa lumière qui est le pain quotidien. De telles âmes méritent et s'attirent un soin spécial de la Providence, dans le sein de laquelle elles vivent sans prévoyance éloignée et inquiette [217] comme de petits enfans dans le sein de leur mère. Elles ne se possèdent point comme les Sages qui sont sages en eux mêmes malgré la défense de l'Apostre. Mais elles se laissent posséder, instruire, et mouvoir en toute occasion par la grâce actuelle qui leur communique l'esprit de Dieu. Ces aines ne croyent point être extraordinairement inspirées. Elles croyent au contraire qu'elles peuvent se tromper, et elles ne l'évitent qu'en ne jugeant presque jamais de rien. Elles se laissent corriger et n'ont ni sens ni volonté propre. Tels sont les enfans que Jésus Christ veut qu'on laisse approcher de lui. Ils ont dans la simplicité de la CoLombe toute la prudence du Serpent. [218jmaisuneprudenceempruntéeqn ilsne s'approprient non plus que je m'approprie les rayons du Soleil quand je marche à sa lumière. Tels sont les pauvres d'espi'd que Jésus Christ a déclaré bien heureux, et qui se détachent de leurs talents propres comme tous les Chrestiens douent se détacher de leurs biens temporels. Tels sont les petits ausquels Dieu révèle avec complaisance ses Mystères, pendant qu'il les cache aux Sages et aux prudents.

[^I6|.. la Providence, dan:s le .soin de laquelle..

Parler ainsi, c'est parler suivant l'esprit de t'F,vaneile et de toute la tradition.

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