XXXVI. Faux
Les âmes transformées n'ont plus besoin d'exercer les vertus, pas même dans les cas précis de précepte ou de
[236]... d'exercer le» vertus daiis les cas...
conseil. Hors de ces temps, elles peuvent être clans un vuiile absolu et une 2'.\~ inaction Intérieure. Elles n'ont qn'è suivre sans attention Leurs goûts, leurs inclinations, leur pente, leurs premiers mouvemens naturels. La concupiscence est éteinte en elles, ou bien elle y est dans une suspension si insensible, qu'on ne doit plus cri. ire qu'elle puisse se réveiller jamais tout à coup. Parler ainsi, c'est induire les âmes dans la tentation, les remplir d'un orgueil funeste, c'est enseigner la doctrine des démons, c'est oublier que la concupiscence est toujours ou agissante, ou rallentie, ou suspendue, mais prête à se reveiller soudainement dans nôtre corps «lui est celui du péché.
[238] Article XXXVII. Vrai
Les âmes les plus transformées ont toujours le libre arbitre pour pouvoir pécher, comme le premier Ange et le premier homme. Elles ont de plus le fonds de la concupiscence, quoique les effets seq&ibles puissent en être suspendus ou rallentis par la grâce médicinale. Ces âmes peuvent pécher mortellement et s'égarer d'une manière sensible. Elles commettent mémo des péchez véniels pour lesquels elles disent chaque jour unanimement avec toute l'Eglise : Remette: nous nus offenses, etc. La moindre hésitation dans la Foi ou le moindre re[239]
. le moindre retour intéressé sur elles-mêmes pourroient faire tarir leur grâce. Llles...
tour sur elles mêmes par résistance a l'attrait intérieur quand il les porte actuellement a s'oublier, pourroient par leurs suittes faire tarir la grâce dont elles sont remplies. Elles doivent à la jalousie du pur amour d'éviter les plus légères fautes, comme le commun des Justes évite les grands péchez. Leur vigilance, quoique simple et paisible, doit être d'autant plus pénétrante que le pur amour dans sa jalousie est bien plus clairvoïant que l'amour intéressé avec toutes ses inquiétudes. Ces âmes ne doivent jamais ni se juger elles mêmes ni s'excuser, si ce n'est par obéissance et pour lever quelque scandale, ni se justifier en elles mêmes par un témoignage délibéré et réfléchi, quoique le fond intime de leur conscience ne leur reproche rien. Elles doivent se laisser juger par leurs Supe[240j rieurs, et leur obeïr aveuglément en tout.
Parler ainsi, c'est parler suivant les vrais principes de tous les plus saints Mystiques, et sans blesser la Tradition.