‹ Explication des maximes des saints sur la vie intérieureChapitre 53 sur 59 · ce que l'époux veut. Ainsi elle · texte numérisé non relu

ce que l'époux veut. Ainsi elle

bon plaisir la pureté et la beauté, et elle rejette avec liorreur la laideur qu'il rejette. Quand une aine est véritablement et actuellement dans le pur amour, on ne doit pas craindre que dans l'actuelle confession de son péché, elle ne soit dans l'actuelle condamnation detestation douleur et repentir de ce qu'elle a commis contre le bien aimé, et par conséquent dans la plus formelle, la plus pure et la plus efficace contrition, quoiqu'elle n'en produise pas toujours des actes sensibles avec une formu[24'5]le expresse et réfléchie. Si les fautes vénielles sont effacées par la simple recitation de l'Oraison Dominicale, comme saint Augustin nous l'assure pour le commun des Justes imparfaits, à plus forte raison elles sont effacées de même dans les aines transformées par l'exercice du plus pur amour. Il est vrai qu'on n'est pas obligé de rendre les Confessions toujours également fréquentes, lors que le Directeur éclairé a sujet de craindre qu'elles jettent dans le scrupule, ou qu'elles se tournent en pure habitude, ou qu'elles deviennent une décharge de cœur, et un soulagement pour l'amour propre plus contristé de ne se voirpoint entièrement parfait, que [244] fidelle à vouloir se faire violence pour se corriger ; ou parce que ces fréquentes Confessions troublent trop certaines âmes et les occupent trop de leur état dans quelques peines passagères ; ou parce qu'elles ne voient en elle aucune faute volontaire commise depuis la dernière Confession, qui paroisse au Confesseur une matière suffisante d'absolution sacramentelle, uprés qu'elles se sont mises à ses

.. condamnation de ce qu'elle ..

[243J... effacées en un instant par la...

pieds pour se soumettre ingénument a la puissance et au jugement de l'Eglise.

Parler ainsi, c'est parler un langage oonlorme aux expériences des Saints, et aux besoins de plusieurs âmes, sau> blesser les principes de la Tradition.

245 XXXVIII. Faux

La Confession est un remède qui ne convient qu'aux âmes imparfaites, et auquel les âmes avancées ne doivent avoir- recours que pour laforme et de peur de scandaliser le public ; ou bien elles ne commettent jamais des fautes qui méritent l'absolution ou bien elles ne doivent point être vigilantes même de la vigilance paisible et désintéressée de l'amour pur et jaloux pour appercevoir tout ce qui peut contrister le saint Esprit en elles ; ou bien elles ne >'>ul plus obligées à la contrition, qui n'est autre chose que l'amour jaloux qui hait d'une parfaite haine tout ce qui est con[246]traire au bon plaisir du bien aimé ; ou bien elles croiroient commettre une infidélité contre le désintéressement de l'amour et contre le parfait abandon, si elles demandoient de cœur en même teins que de bouche la remission de leurs péchez que Dieu veut néanmoins qu'elles désirent.

Parler ainsi, c'est anéantir pour ces âmes le véritable exercice du pur amour du souverain bien qui doit être en cette occasion l'actuelle condamnation du souverain

1 245].. . vigilantes de la vigilance...

mal ; c'est éloigner les aines des Sacrements et de la discipline de l'Eglise par une présomption téméraire et scandaleuse. C'est leur inspirer l'orgueil des Pharisiens : C'est du moins leur apprendre à se confesser sans [247] vigilance, sans attention, sans sincérité de cœur, lorsqu'elles demandent de bouche la remission de leurs fautes : C'est introduire dans l'Eglise une hypocrisie qui rend l'illusion incurable.

Article XXXIX. Vrai

Les âmes dans le premier attrait sensible qui les fait passer à la Contemplation ont quelquefois une Oraison qui paroît disproportionnée avec quelques imperfections grossières qui leur restent encore, et cette disproportion fait juger à quelques Directeurs qui n'ont pas assez d'expérience, que leur Oraison est fausse et pleine d'illusion, comme sainte The[248]rese assure que cela lui est arrivé. Les âmes exercées par les épreuves extraordinaires y montrent quelquefois pour des occasions passagères un esprit irregulier affaibli par l'excez de la peine, et une patience presque épuisée, comme Job parut imparfait et impatient aux yeux de ses amis. Dieu laisse quelquefois aux âmes même qu'on nomme transformées, malgré la pureté de leur amour, certaines imperfections qui sont plus de l'infirmité du naturel que de la volonté,

[247|... disproportionnée avec quelques défauts grossiers qui... ]248j... Dieu laisse souvent aux âmes...

et qui Bont suivant la pensée de saint Grégoire Pape, le contrepoids de leur Contemplation, comme l'aiguillon de la chair étoit dans l'Apostre l'Ange de Satan pour l'empêcher de s'enor[249jgueillir de la grandeur de ses révélations. Enfin ces imperfections qui ne sont aucun violement de la Loi, sont laissées dans une ame, afin qu'on y voye des marques du grand ouvrage que la Grâce a eu besoin de faire en elle. Ces infirmitez servent à la rabaisser à ses propres yeux, et à tenir les dons de Dieu sous un voile d'infirmité qui exerce la Foi de cette ame et des Justes qui la connoissent. Quelquefois même elles servent à lui attirer du mépris et des croix, ou pour la rendre plus docile à ses Supérieurs, ou pour lui ôter la consolation d'être approuvée et assurée dans sa voye, comme cela est arrivé à sainte Thérèse avec des peines incroyables ; enfin pour [250] cacher le secret de l'Epoux et de l'Epouse aux Sages et aux prudents du siècle.

Parler ainsi, c'est parler conformément aux expériences des Saints sans blesser la règle Evangelique, parce que les Directeurs qui ont l'expérience et L'esprit de grâce ne laisseront pas de pouvoir juger de l'arbre par les fruits, qui sont la sincérité, la docilité, et le détachement de lame dans les occasions principales avec l'exercice réel de toutes les vertus convenables a son état. De plus il y aura toujours d'autres signes certains que l'Onction de l'Esprit de Dieu donnera suffi-

[250]... occasions principales. I»e plus il y aura toujours i]'nutres signes que...

samtnent pour se faire sentir, si on examine patiemment de prés l'état de chaque aine en particulier.

[251 j XXXIX. Faux

On peut regarder une ame comme contemplative, et même comme transformée, quoiqu'on la trouve pendant des tems considérables négligente sur son instruction des principes de la Religion, inappliquée à ses devoirs dissipée, sensible, et immortifiée, toujours preste à s'excuser sur ses défauts, indocile, hautaine ou artificieuse.

Parler ainsi, c'est autoriser dans l'état le plus parfait les plus dangereuses imperfections : c'est couvrir du nom d'états extraordinaires les défauts les plus incompatibles avec une véritable pieté : c'est approuver les illusions [232] les plus grossières : c'est renverser les règles par lesquelles on peut éprouver les esprits pour sçavoir s'ils viennent de Dieu : C'est appeler le mal bien, et encourir la malédiction de l'Ecriture.

Article XL. Vray

L'ame transformée est unie à Dieu «ans milieu en trois manières : 1° Eu ce qu'elle aime Dieu pour lui seul sans aucun milieu de motif intéressé. 2° Qu'elle le contemple sans image sensible ni opération discursive. 3° Qu'elle

... de chaque ame.

accomplit ses préceptes et ses conseils sans un certain arrangement des formules pour s'en rendre un témoignage intéressé.

| 2.")3| Parler ainsi, c'est dire ce que les saints mystiques ont voulu dire quand ils ont exclus de cet état les pratiques de vertu, et c'est une explication qui ne blesse en rien la tradition universelle.

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