XL. Faux
L'Ame transformée est unie à Dieu sans aucun milieu ni du voile de la Foi, ni de la grâce médicinale de Jesus-Christ toujours nécessaire, ni de la Méditation de Jesus-Clirist, par lequel seul on peut en tout état aller au Pcre. et l'infirmité de la chair n'empesclie point cette union.
Parler ainsi, c'est renouveler l'IIeresie des Beguards condamnez au Concile de Vienne.
[2.'i4| Articlb XLI. Vrai
Saint Bernard assure que l'épouse est par la pureté de son amour au-dessus même des enfans, quoique les enfans soient sans interest. Les plus saints contemplatifs des derniers siècles ont suivi cette idée, ils ont ap-
[253| .. île la Foi, ni de l'infirmité de la chair malade depuis la chute d'Adam, ni de la grâce...
.. au Père.
Parler ainsi...
[254] Article XLI. Vrai.
Les nopces spirituelle; unissent...
pelle nopces spirituelles cette union intime de l'aine épouse avec l'époux bien aimé. Sainte Thérèse, le bienheureux Jean de la Croix et beaucoup d'autres, ont parlé d'un état si sublime. Suivant leur langage, ces nopces mystérieuses unissent immédiatement l'Epouse à l'Epoux d'essence à essence, ou de substance à substance, c'est a dire, pour parler correctement, de volonté à volonté, par cet amour tout pur que nous avons expliqué tant de fois. Alors Dieu et l'ame ne sont plus qu'un môme esprit, comme l'Epoux et l'Epouse dans le mariage ne sont plus qu'une même chair. Celuy qui adhère à Dieu est fait un même esprit avec lui par une entière conformité de volonté que la grâce opère. L'ame y est dans un rassasiement et une joye du saint Esprit qui n'est qu'un germe de [255] la béatitude céleste. Elle est dans une pureté entière, c'est à dire sans aucune souillure de péché (excepté les péchez quotidiens que l'exercice de l'amour peut effacer aussi tost) et, par conséquent elle peut, sans passer par le Purgatoire entrer dans le Ciel où il n'entre rien de souillé ; car la concupiscence qui demeure toujours en cette vie n'est point incompatible avec cette entière pureté, puisqu'elle n'est point un péché ni une souillure de l'ame. Mais cette ame n'a pas l'intégrité originelle, parce qu'elle n'est exempte ni des fautes quotidiennes, ni de la concupiscence, qui sont incompatibles avec cette intégrité.
Parler ainsi, c'est parler a[256]vec le sel delà sagesse qui doit assaisonner toutes nos paroles.
c'est-à-dire de volonté...
Articlk XLI. Faux
Lame en cet état a l'intégrité originelle ; elle voit Dieu face à face ; elle jouît pleinement de lui comme les bienheureux.
Parler ainsi, c'est tomber dans la même hérésie des Beguards.
Article XfJI. Vr.w
L'union nommée par les Mystiques essentielle ou substantielle consiste dans un amour simple, desinteivssr. qui remplit toutes les affections de toute lame, et qui 257] s'exerce par des actes si paisibles et si uniformes qu'ils paroissent comme un seul, quoique ce soit plusieurs actes très réellement distinguez et que les personnes éclairées peuvent discerner sans peine. Divers Mystiques ont nommé ces actes essentiels ou substantiels, pour les distinguer des actes empressez, inégaux, et faits comme par secousses de l'amour qui est encore mélangé et intéressé.
Parler ainsi, c'est expliquer le vrai sens des Mystiques.
Article XLII. Faux
' Vtte union devient réellement essentielle entre Dieu et l'âme, en sorte que rien ne peut plus ni la rompre ni
|257J .. réellement distinguez. Divers...
l'altérer. Cet acte substantiel est permanent et indivisible comme la [258] substance de lame même.
Parler ainsi, c'est enseigner une extravagance autant contraire à toute philosophie qu'à la Foi. et à la pratique véritable de la Pieté.
Article XL1II. Vrai
Dieu qui se cache aux grands et aux sages, se révèle et se communique aux petits et aux simples. L'ame transformée est l'homme spirituel, dont parle saint Paul, c'est a dire l'homme parfaitement agi et conduit par l'esprit de grâce dans la voye de pure Foi. Cet ame a souvent par la grâce et par l'expérience pour toutes les choses de simple pratique dans les épreuves et dans [259J l'exercice*du pur amour, une lumière que les sçavans n'ont pas quand ils ont plus de science et de sagesse humaine que d'expérience et de pure grâce. C'est d'une
L. 4, [i 535 ame élevée a cet étal que saint Clément dit que l'homme divinisé jusqu'à l'apathie n'ayant plus de souillure de-
L. 7, p. 767 vient unique. Ailleurs, il dit que c'est un Dieu conver- • » p' oi saut dans la Chair. Celui, dit-il encore, qui abandonne son ame a la vérité devient en quelque manière Dieu d'homme qu'il etoit.
Ce sont ces aines que saint Augustin appelle le Ciel
[258|... c'est-à dire l'homme agi et..
1 259] . . pure grâce. Elle doit néanmoins se soumettre...
des rieux en comparaison desquelles les aines coin m unes ne sont que la terre. l)ieu, dit-il. les a tellement élevées qu'elles ue sont plus capables d'être enseignées que de Dieu seul. Cœlum cœli domino qui erexit et su- Serru.inps. blimavit quorumdàm sanctorum mentes in tantum ut nulli hominum sed ipsi soli deo suo dociles fièrent. L'aine la [dus parfaite, quoiqu'elle ait plus d'expérience que certains hommes savants doit néanmoins se bou mettre de eœur aussi bien que de bouche, non seulement a toutes les décisions de l'Eglise, mais encore h la conduite des Pasteurs, parce qu'ils ont une grâce spéciale pour conduire sans exception toutes les brebis du troupeau.
Parler ainsi, c'est dire la vérité avec exactitude.
Article XLI1I. Faux
L 'ame transformée est l'homme spirituel de saint Paul, en sorte qu'elle peut juger de toutes les veritez de la Religion. 200; et n'être jugée de personne. Elle est la Bemence de Dieu qui ne peut pécher. L'onction lui enle tout: en sorte qu'elle n'a besoin d'être instruite par aucune personne, ni de se soumettre a ses Supérieurs.
Parler ainsi, e'esl abuser des passages de l'Ecriture tt les tourner a sa propre perte. C'est ignorer que l'onction qui enseigne tout n'enseigne rien tant que L'obéft saine, et qu'elle ne suggère toute vérité de Foi el de pratique, qu'en inspirant l'humble docilité aux Ministres
[259 ... vérité avec certitude.
29fi -
de l'Eglise. En un mot, c'est établir au milieu de l'Eglise une secte damnable d'indépendants et de fanatiques.
[261] art. cle XLIV. Vrai
Les Pasteurs et les Saints de tous les tems ont eu une espèce d'oeconomie et de secret pour ne parler des épreuves rigoureuses et de l'exercice le plus sublime du pur amour qu'aux âmes à qui Dieu en donnoit déjà l'attrait ou la lumière. Quoique cette doctrine fût la pure et simple perfection de l'Evangile marquée dans toute la Tradition, les anciens Pasteurs ne proposoient d'ordinaire au commun des justes que les pratiques de l'amour moins désintéressé proportionnées à leur grâce, donnant ainsi le lait aux enfans et le pain aux aines fortes. -
[262] Parler ainsi, c'est dire ce qui est constant par saint Clément, par Cassien et plusieurs autres saints Auteurs anciens et nouveaux.