‹ Explication des messes de l'Eucologe de ParisChapitre 10 sur 95 · DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

DÉCEMBRE

ANNUEL-MAJEUR

Fête d'obligation.

L'usage maintenant en vigueur que chaque prêtre célèbre trois messes, le jour de Noël, n'a pas toujours existé, et n'a pas été dans tons les siècles exclusivement attaché à celte fête. Dès le cinquième siècle, on trouve trois messes destinées pour la nuit et le jour de Noël, sans qu'il y ait en cela rien de particulier, puisqu'alors les prêtres avoient toute liberté de dire plusieurs messes par jour, et d'en user suivant les mouvemens de leur dévotion. Ce fut, dit-on, vers Tan 1022, qu'un concile en restreignit le nombre à trois messes par jour pour chaque prêtre ; mais peu de temps après , le pape Alexandre II abolit cet usage, et ne laissa plus la liberté de dire trois messes qu'au jour de Noël. Alors on en fixa les intervalles : la première devoit se dire à minuit ou au chant du coq, la seconde vers l'aurore, la troisième en plein jour à l'heure ordinaire des grandes fêtes : et c'est l'usage que nous suivons encore à l'office public. Toutefois, l'Eglise a bien voulu tolérer pour les messes basses et privées qu'on les dise toutes de suite, à telle heure qu'il plaît, depuis minuit jusqu'à midi. En France, avant le neuvième siècle, et dans d'autres conlrées, chaque prêtre ne disoit pour l'ordinaire qu'une messe au jour de Noël : depuis , plusieurs Eglises d'Occident usèrent de la permission laissée par Alexandre 11 de célébrer trois fois, en cette fête, le saint sacrifice, et cette pieuse coutume s'est conservée jusqu'à nos jours pour les motifs pleins de religion et de mystère dont nous allons dire un mot. En effet , l'Eglise a une intention particulière dans chacune des messes de cette solennité : à la messe de minuit, elle veut célébrer spécialement la naissance temporelle du Verbe fait chair,

20 DÉCEMBRE. LE SAINT JOUR DE NOËL. Si

qui se. leva alors comme la lumière et, la vie du monde, sur les peuples assis dans les ténèbres et à l'ombre de la mort : à la messe de l'aurore, elle prétend s'occuper de la naissance spirituelle de Jésus-Christ dans nos cœurs, l'application des mérites de cette bienbeureuse venue étant pour nous l'aurore du salut et de la vie éternelle : a la messe du jour, elle chante et publie la naissance éternelle du Verbe Fils de Dieu, dans le sein de son Père, au grand jour de l'éternité. Cette intention de l'Eglise est indiquée en général par le sujet de l'évangile à chacune des messes, mais cette distinction n'est pas tellement marquée qu'on ne trouve dans la liturgie plusieurs traits qui **e rapportent à la fois ou indistinctement à cette triple naissance du Sauveur que nous célébrons dans ce grand jour. Il n'y a pas obligation précise de dire ou d'entendre trois messes à Noël; toutefois la piété ne se dispense de cet usage vénérable que très- difficilement et pour de solides raisons.

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