‹ Explication des messes de l'Eucologe de ParisChapitre 29 sur 95 · QÏI EST LE PREMIER APRÈS CETTE FETE · texte numérisé non relu

QÏI EST LE PREMIER APRÈS CETTE FETE

Enfance et rie cachée du Sauveur.

Introït. Ps. i.

Initiée aux secrets de l'économie divine dans le mystère de l'incarnation , l'Eglise ne sépare jamais les grandeurs du Dieu fait chair des abaissemens de l'homme-Dieu , et si elle honore aujourd'hui l'enfance et la vie cachée du Sauveur, elle a soin de révéler la sagesse profonde de cette enfance, et l'autorité du maître qui instruit jusque dans l'âge le plus tendre. Aussi , dès l'entrée à l'autel , nous entendons sortir de la bouche de Jésus-Christ ces paroles que David avoit prononcées au nom de son Seigneur : J'ai été établi roi par Dieu même sur sa montagne sainte de Sion, pour publier sa loi et ses préceptes : pourquoi donc les nations ont- elles frémi autour de ce divin docteur si long-temps annoncé ; pourquoi les peuples ont- ils médité le vain complot de surprendre dans ses paroles celui en qui sont cachés tous les trésors de la science céleste ? Sur la montagne sainte du sanctuaire, dans les splendeurs voilées du sacrifice, Jésus-Christ est établi roi et prédicateur, il vient régner sur nos âmes et nous imposer sa loi ; ne nous étonnons pas si les désirs d'une nature corrompue frémissent dans cette attente , si l'homme de péché veut se liguer en vain contre la grâce puissante de notre Dieu ; et pourquoi notre cœur seroit-il triste , pourquoi vicndroit-il nous troubler? Espérons en Dieu , soumettons-nous déjà à son empire, et inclinons l'oreille

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avec respect et fidélité aux ordres du maître qui va

se faire entendre.

Collecte.

0 Dieu, qui avez voulu faire briller d'une sagesse céleste f humble enfance de votre Fils, et relever ainsi les abaisse mens de l'humanité qu'il a prise par l'éclat de la divinité qu'il possède essentiellement: donnez-nous quelque participation de ce nouveau mystère , afin que remplis de l'esprit de la prudence divine , nous vous plaisions par une humilité sincère, et que nous soyons de véritables enfans de Dieu, ayant à la fois la modestie et la simplicité de l'innocence , la prudence et la maturité de l'âge parfait en Jésus-Christ.

Epître. Rom. 12.

Avant que le maître paroisse , avant que le roi de nos âmes dicte ses lois , saint Paul est ici comme le héraut qui vient préparer les esprits à l'obéissance et les cœurs à la fidélité 5 et pour nous faire connoître la volonté de Dieu, pour nous faire distinguer dans cette volonté ce qui est bon, ce qui est meilleur, ce qui est parfait , l'Apôtre conjure les fidèles par la miséricorde de Dieu, qui s'est manifestée si abondamment dans l'incarnation , de consacrer au Seigneur leurs corps, comme des hosties vivantes, saintes, agréables à Dieu, et de lui faire cet hommage dans un esprit pur et sanctifié. Le prêtre de ce sacrifice spirituel et chrétien , c'est notre esprit ; l'autel, c'est notre cœur ; le glaive, c'est la mortification des actions animales ; le feu, c'est la charité qui produit les actions saintes et capables de glorifier le Seigneur ; l'hostie , c'est le corps mort au péché , vivant à Dieu et pour Dieu, animé d'un esprit pur qui s'offre soi-même avec son corps, dont il rapporte tous les actes et tous les mouvemens à la gloire divine. Mais pour passer de ce sommaire de la volonté de Dieu aux détails de cette même volonté, pour préciser davantage ce que doit nous faire entendre l'humilité de l'enfance du

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Sauveur, saint Paul usant de la grâce de son ministère recommande , 1 ° de tenir dans les bornes d'une humilité sincère les sentimens que nous avons de nous-mêmes, et qui tendent toujours à s'élever plus qu'il ne faut; 2° cle nous contenter du don que nous avons reçu et de la mesure de grâce qui nous a été donnée , afin de nous acquitter extérieurement de notre devoir dans une juste modestie. La raison que donne l'Apôtre de cette humilité de cœur et de conduite , c'est que, de même que l'harmonie règne dans le corps humain , quoiqu'il y ait plusieurs membres et que ces membres aient des fonctions différentes, ainsi les fidèles, qui ne sont qu'un seul corps, dont Jésus-Christ est le chef et dont ils sont les membres , et réciproquement membres les uns des autres, doivent vaquer au salut , chacun suivant sa vocation , en tout esprit d'humilité et de charité. Que cette haute doctrine est bien capable de nous unir parfaitement au sacrifice de Jésus-Christ i

Graduel. Joël, 2.

Enfaus de Sion , tressaillez de joie dans le Seigneur votre Dieu , parce qu'il vous a donné un maître qui enseigne la justice : ce n'est pas un docteur vain et subtil qui ne sait que des mots , un docteur abstrait qui ne parle qu'à l'esprit , un docteur superficiel qui effleure la morale ; c'est un maître qui parle au cœur, qui va au cœur, qui change le cœur, et qui le rend heureux par le divin changement que sa justice y opère. Vous louerez le nom de votre Dieu qui a fait des merveilles au milieu de ses disciples, et vous saurez que je stiis au milieu d'Israël, et que je suis le Seigneur voire Dieu, enseignant mes enfans , leur apprenant à trouver le repos de leurs âmes dans l'humilité sincère et dans la charité non feinte, et opérant par mes leçons la grande merveille de ne faire qu'un seul cœur de cette multitude d'hommes si opposés de goûts et d'intérêts.

Alléluia. Maith* 23.

Maintenant que Dieu lui-même va nous instruire

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par son Evangile, c'est le cas de dire avec l'auteur de l'Imitation : Que Moïse se taise , que les prophètes ne parlent plus, que l'apôtre cède la parole a celui qui l'envoie ; car bien que les écrivains sacrés et les hommes apostoliques ressentent le travail de l'enfantement spirituel jusqu'à ce que Jésus- Christ soit formé dans les cœurs, il est vrai de dire que nous ri avons quhin seul Père qui est dans les vieux , et qui engendre seul les enfans de Dieu par la parole de vérité ; le zèle de ses ministres ne fait que développer le germe de cette fécondité céleste. 11 faut avouer que nous n'avons qu'un seul maître qui est Je sus- Christ, et que ses envoyés ne sont que les répétiteurs de ses divines leçons. Parlez donc, Seigneur, votre serviteur écoute, et va se rendre plus attentif encore aux exemples de votre enfance et de votre vie cachée, qu'aux traits de science et de sagesse qui révèlent en vous, dès l'âge le plus tendre , le docteur et la lumière des nations. ( On dit la Prose de C Epiphanie.)

Evangile. Luc, 1.

Ce Irai l de l'Evangile nous donne tous les détails de l'enfance et de la vie cachée du Sauveur. i° Depuis le retour de la sainte famille à Nazareth , Jésus- Christ habita dans cette ville méprisée , et dans la maison d'un pauvre artisan : là il crois soit et se fort i~ fioit, et à mesure que le développement de l'âge se faisoit voir en lui , il laissoit percer par degrés la sagesse et la grâce dont il étoit l'auteur et la source. 2" Dès l'âge de douze ans. il se rend en famille et avec régularité aux exercices publics de la religion. ( La circonstance particulière qui lait que Jésus reste dans le temple à l'insu de Joseph et de Marie , qu'il étonne les docteurs par la sagesse de ses réponses , qu'on le cherche avec ardeur , qu'on le retrouve avec juie au bout de trois jours , le langage qu'il tient à ses parens -selon la chair , et qui réveille en eux l'idée de sa divinité et de sa mission , tout cela doit être nié dite avec respect , tant cette conduite renferme d'inét metions et de mystères. ) 3° Jusqu'à l'âge de trente

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ans, que Jésus-Christ voulut demeurer caché au monde , l'historien sacré ne nous apprend autre chose , sinon que l'hommc-Dieu était soumis, que sa sainte mère consercoit dans sou cœur les moindres détails d'une vie si sublime dans sa simplicité, et que Jésus proportionnent à l'accroissement ele son âge le développement eles lumières de sa sagesse et ele la grâce ele ses vertus,- que, semblable au soleil qui, quoique toujours également lumineux en lui-même , brille cependant et nous éclaire d'avantage à mesure qu'il s'élève sur notre horizon , le vrai soleil ele justice, caché sous les voiles ele l'enfance, sembloit croître aussi à nos yeux et rendre plus éclatants les rayons de sa graneleur, selon les divers progrès ele sa force et de son âge. Pour trouver sûrement Jésus- Christ à l'autel , cherchons-le avec un esprit plein d'humilité et ele la sagesse ele Dieu , avec un cœur plein el'obéissance et ele la grâce ele Dieu , et à mesure que le sacrifice avance, avançons nous-mêmes dans la ferveur deceselispositions.

Offertoire. Sag. t.

Cherchez Dieu dans la simplicité du cœur, cherchez-le au sacrifice , avec l'ardeur sincère d'une mère qui cherche son enfant , avec l'empressement naïf d'un enfant qui cherche sa mère, et ejui ne sauroit être elé tourné ele ses poursuites par aucun autre objet : parce que le Seigneur se laisse trouver par ceux qui ne le tentent pas, et se découvre à ceux qui ont confiance en lui. Ce seroit tenter Dieu , ele le chercher à l'autel ou il est si petit et si humilié, avec un cœur plein d'enflure ; ele le chercher avec un cœur indifférent ou attaché au mal , là où il continue d'offrir réellement sa mort pour elétruire le péché et pour nous donner la vie. O mon ame, espère au Seigneur, il se découvrira à l'esprit humilié et au cœur contrit; car tandis qu'il résiste aux poursuites du superbe qui se confie en sa trompeuse justice, il ne dédaigne pas ele se révéler aux petits et aux humbles. Alléluia,

i'Mj DIMANCHE DANS L'OCTAVE DZ L 'EPIPHANIE.

Secrète.

Que les sacrifices de vos serviteurs vous soient agréables, 6 mon Dieu, qu'ils soient tels qu'ils puissent nous faire trouver Jésus-Christ, ce mai tre céleste, ce divin précepteur des âmes que nous cherchons dans son temple et au saint autel : et pour le rencontrer sûrement comme Joseph et Marie, donnez-nous de le désirer avec la même ardeur, de Y invoquer avec la même confiance, de le chercher avec la même persévérance; alors nous le verrons à la consécration , nous l'entendrons à la communion , et il descendra dans nos cœurs soumis à nos désirs, et à la fois soumettant nos affections à la puissance de son amour.

Communion. Jean, 6.

Seigneur, à qui irions-nous ? quel autre bien pourrions-nous envier au ciel ou sur la terre , quel autre maître pourroit faire goûter ses leçons après les vôtres ? Vous avez les paroles de la vie éternelle, ce que vous faites entendre à nos âmes, dans ce moment, n'a rien qui tienne du monde, de ses erreurs et de ses vanités; c'est un langage de vie qui crée un cœur pur, qui renouvelle jusqu'au fond des entrailles l'esprit de justice et d'immortalité. Ah! nous croyons maintenant et nous avons connu que vous êtes le Christ Fils de Dieu, le Verbe et la. parole de Dieu même. Parlez donc , Seigneur ; parlez , divin enfant, docteur et lumière, vérité et consolation de tout homme venant en ce monde , et surtout de tout homme qui s'unit à vous ; parlez, mon cœur vous écoute, plein du bonheur de vous avoir trouvé, plein du désir de ne jamais se séparer de votre sagesse et de votre grâce.

Postcommunion.

Nous vous rendons grâces, Seigneur, des dons sacrés que nous avons reçus à votre autel ; mais pour que notre reconnoissance ne soit pas stérile , nous vous demandons humblement que J c sus-Christ , qui

fj JANVIER. L'oCiAVE DE l'ÉPIPHAME. 1^7

s'est fait pour nous docteur de la justice > devienne en même temps pour nous l'auteur de la grâce et de la sainteté. De quoi en eiïet nous serviroit d'avoir entendu ce maître par excellence nous instruire de ce qui est agréable à vos yeux , si nous ne parvenions à vous être agréables , si nous ne croissions comme lui en grâce et en sagesse , et si les progrès constans de cette grâce ne nous faisaient arriver au terme de la sainteté. 11 est écrit que si nous ne devenons semblables à de petits enfans, nous n'entrerons point dans le royaume des cieux ; à plus forte raison n'y entrerons-nous jamais, si nous n'exprimons en nous les leçons et les exemples du Dieu enfant, qui a voulu passer par tous les âges pour les sanctifier tous , et qui n'a consacré à l'obscurité trente ans de sa vie mortelle, que parce que la plupart des hommes sont appelés à se sanctifier dans une vie simple , commune et cachée.

Le i3 Janvier.

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