VI DIMANCHE APRES L'EPIPHANIE
Parabole du grain de sénevé et du levain. Figures des destinées de l'Eglise et des opérations de la grâce.
Introït. Jèr. 29. Ps. 84.
Les pensées que j'ai sur vous, en paraissant dans: mon sanctuaire , dit le Seigneur, doivent remplir vos âmes de désir et d'amour : ce sont des pensées de paix et non d 'affliction y je viens vous unir à moi et non vous rejeter, je viens me mêler à vos cœurs comme un levain fécond, et non vous repousser comme un levain corrompu ; vous m'invoquerez , vous m'attirerez en vous, et je vous exaucerai, et je vous ramènerai de tous les lieux de votre captivité. Les moyens de salut étoient retenus captifs dans vos aines , ma grâce va les remuer, les faire lever -, un ferment de bénédiction va se communiquer à toute la masse du monde , incapable de se mouvoir par elle-même vers la liberté des enfans de Dieu. Seigneur, vous avez donc béni votre terre, vous avez délivré Jacob de captivité. L'homme étoit captif, et ne pou voit plus de lui-même aller au ciel sa patrie ; mais vous êtes venu , Seigneur, vous unir à toute sa nature , à son esprit, à son cœur, à sa chair : ce levain sacré a agité toutes ses forces , l'a rendu capable de s'élever au-dessus de lui-même , de briser les liens de son impuissance, et de parvenir jusqu'à vous. Le pouvoir que Dieu a donné à l'homme par l'union du Verbe dans l'incarnation , reçoit à la messe tout son développement par l'application la plus admirable : le ferment divin , mêlé à toute la natuie humaine en général, s'unit, par la participa lion an
Vr DIMANCHE AI'KÈS l/éPIPHÀNIE. ÏJJ
sacrifice, à tous les individus de cette même nature, pour les ramener au ciel de tous les lieux de leur captivité.
Collecte.
Faites , s'il vous plaît, Dieu tout- puissant , qiw? les merveilles de votre grâce ne soient pas stériles en nous ; qu'occupés sans cesse de pensées saintes et raisonnables, nous vous soyons agréables par nos paroles et par nos œuvres, c'est-à-dire, faites, Seigneur, que le levain de la foi ne fermente pas seulement dans notre intelligence pour produire le respect, l'assentiment et l'admiration ; mais qu'il se communique à toute la mesure de l'homme , à son esprit pour le convaincre , à son cœur pour le toucher, à ses actions pour les tourner au bien ; et que, s'agitant dans l'esprit , il fasse lever dans le cœur un attachement inviolable , et dans la conduite un langage et une vie dignes du nom chrétien. Dans l'introït , Dieu promettoit de s'unir non-seulement à la nature humaine en général, mais encore à tous les hommes en particulier pour les délivrer de l'esclavage et de l'impuissance ; dans la collecte , l'Eglise demande que ce précieux levain ne se borne pas à remuer l'intelligence de l'homme ; mais , qu'agissant en pleine liberté, il étende ses salutaires effets jusque dans h cœur et sur les actions.
Epître. 1 Thess* 1.
Saint Paul rend ici de continuelles actions de grâces à Dieu pour les Thessaloniciens , dans le souvenir de leur foi, de leur charité, de leur patience. C'est ainsi que le levain de l'Evangile doit agir dans toute ame fidèle , en produisant adhésion dans l'esprit, charité dans le cœur, espérance et patience dans les œuvres. Il leur rappelle les circonstances admirables de leur conversion à la foi de Jésus - Christ ; il loue leur persévérance qui les rend l'exemple, non-seulement des Macédoniens et des Achaïens, mais de tous les lieux où s'est répandue la bonne odeur de leur foi ferme et constante. Enfui il les
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excite puissamment à être encore plus fermes dans le service de Dieu , parce qu'ils attendent à la fin des temps Jésus-Christ leur sauveur, leur juge et leur libérateur. Ce qui est arrivé à la prédication de la foi dans la ville de Thessaloniquc n'est qu'un exemple , entre mille autres, des merveilles de l'établissement de l'Evangile; une foible semence, piquante et dure , répandue par des hommes foibles , dans une terre ingrate et stérile , est devenue un arbre fort et vigoureux, qui a étendu au loin ses rameaux d'honneur et de bénédiction ,, et qui a invité les hommes à venir se reposer à son ombre. Un levain, qui sembloit devoir aigrir la masre , a été le principe de vie qui s'est répandu en Macédoine, en Achaïe et dans tous les lieux du monde. Mais à ces merveilles de l'Eglise naissante doivent succéder maintenant d'autres merveilles non moins admirables , une foi solidement établie sur dix-huit siècles de durée , une espérance affermie par des promesses long-temps prédites et si divinement accomplies, une charité digne de la charité de Dieu répandue dans nos cœurs , une édification qui attire tous les hommes à Jésus-Christ; enfin une persévérance qui ne démente pas l'attente du souverain juge des vivans et des morts. À votre table sacrée , ô mon Dieu ! vous serez vous-même pour nous comme pour les premiers chrétiens , le levain béni mêlé à tout notre être : puisse-t-il faire lever dans nos cœurs les vertus que l'apôtre admiroit dans la vie fervente de ses chers ïhessaloniciens !
Graduel. Ps. 101.
Au récit des merveilles de l'établissement du christianisme , dont nous allons lire la figure dans l'évangile, dont saint Paul vient de nous donner quelques traits de réalité et d'accomplissement, il est juste de joindre le témoignage des anciens prophètes, et de dire avec David : Les nations, Seigneur, qui se jouoient de vous et de votre loi , de vos menaces et de vos promesses, craindt ont votre nom: tous les rois do la terre, qui se regardoient comme les seuls dieux et les seuls maîtres du monde, révéreront voire