OU LE TROISIÈME AVANT NOËL
Foi vive en celui qui vient nous sauver :
Introït. Amos, 4- ^St 2'^«
Par la frayeur salutaire des jugemens divins , l'Eglise, le premier dimanche de l'A vent, a creusé les fondemens de l'édifice du salut, et a voulu que la crainte du Seigneur, qui est le principe de la sagesse et un principe saint et durable , établisse l'ouvrage sur le roc , et non sur le sable. Le second dimanche l'Avent, elle pose pour fondement, sur cette pierre ferme, la foi en Jésus-Christ , auteur et consommateur du salut; et dans cette pensée elle nous crie : Prépare-toi, Israël , à aller à la rencontre de ton Dieu. .Le voilà qui s'avance vers l'autel de son sacrifice ; il vient dans ton cœur par sa grâce , comme il viendra dans son jugement pour te punir ou te récompenser. Prépare- toi donc à marcher audevant de lui avec crainte , et surtout avec foi. Car ce n'est pas à un homme que tu prépares une demeure et un sacrifice, c'est à Dieu ; à ce Dieu tout-puissant créateur des vents et des montagnes , à ce Dieu de la révélation qui annonce à V homme ses oracles. Celui que tu attends en cette vie et en l'autre , est le Dieu qui d'un mot a créé l'univers, qui s'est fait annoncer par la suite des prophètes; le Seigneur Dieu des armées célestes , est son nom..
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La terre et tout ce qu'elle renferme de créatures , l'univers et tous ceux qui l'habitent appartiennent au Seigneur. Nous sommes à ce Dieu comme Fouvrage de ses mains , nous ne saurions échapper à ses vengeances si nous oublions sa rédemption et sa miséricorde ; mais il veut que par des hommages libres, et sincères nous allions sau-devant de lui, et que par notre fidélité nous méritions ses récompenses. Prépare-toi donc, ô mon ame, à venir à sa rencontre au trône de sa grâce, et n'attends pas qu'il vienne à toi , au-delà du tombeau , armé de justice et de rigueur.
Collecte.
Excitez, Seigneur, prévenez vous-même nos cœurs par votre grâce à préparer les voies à votre Fils , et pour cela pénétrez nos âmes d'une foi vive et solide ; afin que par l'avènement du Sauveur et par ses mérites , nous vous servions dans vn culte pur et sincère. Si la foi est le fondement de notre piété , cette piété sera éclairée et inébranlable : c'est la faveur que nous vous demandons aujourd'hui par la médiation du Dieu qui est venu pour nous sauver, qui vient pour nous sanctifier, et qui viendra pour nous juger.
Epitre. Rom. t5.
Nous venons de demander dans la collecte que la foi en Jésus-Christ produise une religion pure et .sincère , car si les œuvres sont mortes sans la foi , la loi aussi est morte sans les œuvres , et bien croire sera toujours le principe de bien faire. En conséquence de cette vérité, l'Eglise va nous apprendre par la bouche de saint Paul ce que la foi doit produire en nous pour le salut, et le fruit particulier que nous devons en retirer à l'autel. Et d'abord comme les vérités religieuses sont principalement contenues dans la sainte Ecriture proposée et expliquée par le corps des pasteurs unis à leur chef, l'apôtre nous déclare que tout ce qui est écrit, est écrit pour notre instruction , car en nous excitant à
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la foi et à la patience , les divins oracles portent avec eux la consolation de la vertu , et la ferme espérance du bonheur promis à nos efforts ; de sorte que nous y trouvons l'instruction de la foi , l'affermissement de l'espérance , l'accroissement de la charité , et qu'elle doit être lue et écoutée dans cet esprit. Ensuite saint Paul fixe le grand but de la foi et de l'incarnation du Verbe avec notre nature, qui est de nous unir au Seigneur, et de nous unir tous ensemble dans le Seigneur, d'avoir même sentiment , même affection, même cœur, même support mutuel ; et pour terminer toute discussion des juifs et des gentils, dont la jalousie réciproque nuisoit à cette belle unité, il établit 5 i° que Jésus-Christ a aimé les juifs, puisau'il leur a donné pour prérogative d'avoir été lui-
puisqu il leur a donne pour prérogative cl être appelés au salut par une pure miséricorde souvent prédite par les prophètes , dont il rapporte quatre citations en preuve. Reconnoissons donc que Dieu nous a tous aimés sans distinction , et que cette foi au Sauveur doit nous porter à aimer Dieu et à nous aimer tous les uns les autres. Qu'il s'accomplisse donc à la messe, où Jésus-Christ renouvelle la plus grande preuve de sa charité pour les hommes et où nous recevons le plus précieux gage d'unité , ce vœu si digne du cœur d'un apôtre et qui est le fruit et le résumé de l'épî tre : Que Dieu L'auteur de l'espérance vous remplisse de toute joie et de paix en croyant, afin que l'espérance et la vertu de l'Esprit saint soient abondantes en nous.
Graduel. Ps, 66.
Pour correspondre au vœu que l'apôtre vient de former en terminant, les fidèles s'écrient avec ferveur : Que Dieu répande sur nous sa miséricorde et qu'il nous bénisse dans le sacrifice que nous allons lui offrir, et que pour fruit de sa présence sur l'autel et dans nos cœurs , il fasse luire sur nous la lumière de son visage , la vérité de sa foi , l'éclat de sa pro-
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tection , et qu'il ait pitié du nous. Mais la lumière ne brille que pour faire nr le chemin, et le chemin n'est connu que pour • marcher sûrement : c'est donc afin de connoître sut la terre la voie de miséricorde du Dieu qui vient à nous, et la voie de fidélité que nous devons suivre pour arriver jusqu'à lui , que nous demandons la lumière de son divin visage : c'est encore pour que le salut soit connu de tous , et que marchant dans les sentiers de la vérité nous arrivions au terme du vrai bonheur.
Alléluia. Is. /\o.
Ici , ce n'est plus le simple désir de la prière , comme dans le graduel, qui sert de réflexion après Tépître , c'est l'assurance , fondée sur l'évangile que nous allons entendre, que la foi et ses fruits vont nous être développés par la parole même du Dieu Sauveur. Oui la gloire du Seigneur va nous être révélée, le salut sera plus abondamment manifesté dans les motifs et les conséquences de la foi ; cette révélation sera si consolante , si convenable au cœur de l'homme , que toute chair verra en même temps, et d'une manière proportionnée à chacun, que c'est le Seigneur qui a parlé , que sa parole est esprit et lumière, vie et consolation. C'est dans ces senti mens de foi , de ferveur et de désir d'en profiter que nous devons écouter le saint évangile.
Evangile. Matth. 11.
Jean-Baptiste est retenu en prison par Héiodc ; ses disciples s'affligent et du peu de succès de leur maître et des oeuvres éclatantes de Jésus-Christ dont la renommée s'étend de jour en jour. Tour mettre fin à cette scandaleuse jalousie , et pour éclairer ses disciples d'une manière plus frappante sur la divinité du Sauveur, Jean-Baptiste en députe deux, et probablement des plus a tristes , avec ordre de dire : Etes-vous celui qui doit venir \ êtes vous le Messie , l'envoyé par excellence, ou devons-nous en attendre un autre après vous , comme nous attendions encore le Messie après les œuvres merveilleuses de notre
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maître? Jésus-Christ no répond pas de suite à ces questions, il continue de prêcher l'évangile à ceux qui l'entourent , il guérit les malades crai se trouvent parmi eux, et dit aux envoyés de Jean : Allez , rapportez à volve Maître ce (pie vous avez entendu et ce que vous avez vu ; donnant pour preuve de sa mission , et l'excellence de sa doctrine , et l'éclat de ses miracles, et l'accord de ses œuvres avec les prophéties. A cette réponse pleine de la dignité qui convient à un Dieu, le Sauveur ajoute : Heureux celui qui -ne prendra pas de mol un sujet de scandale et de chute ; donnant à entendre aux députés qu'il pénétrait comme Bien le fond des cœurs, qu'il dcvinoit leur jalousie et le motif de leur ambassade.
Mais après ce témoignage si fort que le précurseur venoit de rendre au Messie, quoique d'une manière indirecte , il convenoit que le Seigneur rendît à sou <our témoignage à la foi de Jean-Baptiste : sans cela le peuple auroit pu mal saisir l'esprit et le but de la députation, et s'en scandaliser. Aussi dès que les disciples de Jean se furent retirés, Jésus-Christ demanda au peuple : Qu'été: -vous allé voir dans le désert , quand vous couriez à la prédication du précurseur? Croyez-vous que ce soit un roseau ayilè par le vent, qui naguère me proclamoit l'Agneau de Dieu, et qui aujourd'hui doute de ma mission ei de ma divinité? Croyez-vous que ce soit?^ homme vêtu mollement , comme on en voit dans les palais des princes , et que son court séjour auprès du roi llérode ait afFoibli sa foi et énervé son courage ? Hélas! il n'y a paru qu'un instant, il y a parlé le langage de la vérité et de la vertu , et pour prix de son zèle il n'a en ce moment qu'un cachot ] ouipalais , que des chaînes pour ernemens. Etes- vous allé avoir un p?ophètc? oui,, et plus qu'un prophète -, car il a montré du doigt ce que les autres n'annoncoient que clans le lointain des siècles, et c'est de lui qu'il est écrit : Voici que f envoie mon ange, pour me préparer immédiatement le chemin.
Or dans cet évangile , Jésus-Christ nous donne ; \°lQsmotif$ de la foi : comme la mission de son divin
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auteur, la religion chrétienne est appuyée sur les prophéties et sur les miracles; comme Jésus-Christ, elle peut dire à ceux qui lui demandent ses lettres de créance : Examinez ma doctrine et mes oeuvres, ce que vous avez vu de moi et ce que vous avez entendu : voyez le monde aveugle éclairé par la vérité, le monde sourd ouvrant les oreilles à ma prédication, le monde esclave rendu à la liberté sociale et à la liberté des enfans de Dieu, le monde corrompu sortant du tombeau et de l'abîme des vices, le monde pauvre enrichi par mes bienfaits, le monde accablé de misères renaissant à la paix et au bonheur partout où j'ai porté mes pas ; et si vous trouvez dans mon sein des sujets de scandale , attribuez-les aux passions qui se servent de ce voile sacré pour arriver à leur but, et non à mes eiiseignemens et à mes lois qui proscrivent tout excès , et qui sont le frein le plus sûr à tout débordement. '2° Jésus-Christ nous donne les règles de la foi : elle doit être solide , et ne pas plier comme un roseau à tout vent de doctrine ; elle doit être conséquente, et ne pas nourrir des membres délicats et sensuels sous un chef couronné d'épines ; elle doit nous rendre des prophètes par la fixité de nos principes , et des anges par le charme de notre édification ; c'est ainsi que nous préparerons la voie au Sauveur dans nos âmes , et que nous attirerons les hommes dans cet heureux sentier par la force du bon exemple et par la bonne odeur des vertus de l'Evangile.
Offertoire. Pu 71.
La foi nous apprend une grande vérité qui est la source de mille vertus , c'est que nous n'avons rien et que nous ne pouvons rien de nous-mêmes dans l'ordre du salut. Voilà ce que nous devons surtout reconnoître en allant offrir Jésus-Christ , lui disant en toute simplicité : Qu'avons nous à vous présenter qui ne vous appartienne ? nous sommes des pauvres devant vous , et nos pauvres cœurs , que nous unissons à l'oblation de votre corps et de votre sang , ne sont après tout que votre ouvrage et votre bien.
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Toutefois vous daignez les agréer, et vous nous dites ]>ar le prophète : Le Seigneur saucera les âmes des pauvres, et leur nom, si méprisé des hommes, sera honorable et précieux à ses yeux . Ces vrais pauvres d'esprit et de cœur rendront à Dieu des adorations d'autant plus profondes , que le vide qu'ils découvrent en eux sera comblé par les richesses de la victime sainte ; et ils béniront le Seigneur tout le jour , c'est-à-dire, qu'en Jésus-Christ et par Jésus-Christ ils rendront de dignes adorations , de sincères actions de grâces. Il ne s'agit donc pour bien profiter de la messe, que île se tenir sans cesse uni au Sauveur dans un esprit d'humilité et d'anéantissement : c'est l'offrande digne de Dieu et convenable à de misérables créatures.
Secrète,
Laissez-vous donc fléchir , Seigneur , par les prières et les hosties de notre humilité , puisque nous n'avons pas de meilleur titre à présenter à votre miséricorde ; et comme nous ri avons rien dans nos seuls mérites qui parle en notre faveur, et que cet aveu, si convenable à notre néant, produit la défiance de nous-mêmes , la confiance en Dieu, l'esprit de prière et de sacrifice , de vigilance et d'humilité, faites-nous sentir continuellement le secours de votre miséricorde. Comblez le vide de nos misères par l'abondance des richesses de votre bonté , car plus nous avouerons notre pauvreté en votre présence, plus vous serez disposé A répandre de l'autel sur nos cœurs l'affluence de vos bénédictions.
Communion. Earuch, 4 et 5.
Jérusalem , aine fidèle, qui venez de vous incorporer à l'hostie du sacrifice et à la force de sa vertu, levez-vous maintenant, car il ne convient plus de rester dans l'humiliation. Tenez-vous stir un lieu élevé , puisque la foiblesse de votre nature est absorbée par la grandeur du Dieu qui est venu à vous ; voyez les délices que le Seigneur vous envoie, à la place des misères sous lesquelles vous demeuriez comme écrasée. Chrétiens qui vous êtes humiliés à
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la préparation de la messe et à l'offertoire , qui êtes morts au péché au moment où se renouveloit sur Tau tel cette mort qui a détruit et expié vos offenses, levez-vous maintenant pour jouir d'une vie nouvelle, ne tenez plus votre cœur appesanti sur la terre , cherchez et goûtez les choses d'en haut, voyez les délices que votre Dieu vous apporte dans la communion par l'esprit de grâce qu'il répand sur vous. Au moment donc de communier, levons-nous , sortons de cet engourdissement mortel que l'apôtre nous recommandoit de fuir dansl'épître du premier dimanche de l'Avent. Tenons-nous sur un lieu élevé, par le détachement des choses périssables et par la ferveur de nos dispositions ; alors nous verrons combien le Seigneur est doux , combien sont grandes les délices qu'il prépare dans son sacrement à ceux qui le craignent et qui l'aiment tout à la fois.
Postcommunion.
Donnez, Soigneur, à votre peuple } par la vertu des saints mystères que nous venons de célébrer et de renouveler à l'autel , l'esprit de vérité dans une foi pure et sincère , et l'esprit de faix avec vous et avec le prochain , qui est la conséquence des oeuvres de la foi. Habitez en nous , Seigneur , plein de vérité, de iiràce et de paix, afin que par les mérites de l'avènement de votive Fils en ce monde , et de sa venue sur l'autel et dans nos âmes, nous vous connoissions de tout notre esprit par la lumière pleine et vive de la foi, et que nous cherchions de tout noire cœur, par les œuvres d'une foi courageuse , ce qui vous est agréable , et ce qui doit nous rendre agréables à vos yeux. 11 est impossible de plaire à Dieu sans sa foi, cette foi doit vivre dans le cœur du juste , mais le juste en retour doit vivre de la foi , tout en lui doit être animé parce principe de vie spirituelle : c'est la grâce que nous demandons aujourd'hui comme fruit de la communion.
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