L'ASCENSION DE NOTRE-SEIGNEUR
ANNUEL-MINEUR
Fête d' obligation.
Le temps que l'Eglise consacre à l'exercice de Yespé" rame chrétienne a deux points bien marqués , le point de départ dans le mystère de la résurrection de Jésus-Christ , et le point d'arrivée dans le mystère de l'ascension. Jésus- Christ sortant du tombeau est le principe et le fondement, de notre espérance , Jésus -Christ montant au ciel en triomphe en est la fin et le couronnement. Le Sauveur est sorti de Dieu pour venir en ce monde ; là il a passé de la vie à la mort et de la mort à une vie glorieuse pour fonder la Pâque nouvelle : puis il a quitté ce monde pour retourner vers son Père, et voilà la consommation delà Pâque, ou du grand passage de l'Homme-Hieu ; tellement que Itr jour de l'Ascension et les jours de son octave, qui complètent les cinquante jours du temps pascal , mettent aussi le dernier sceau au grand mystère de la résurrection. Le Sauveur nous a donné à Pâque l'espérance et le droit de passer de la mort du péché à la vie de la grâce : et il nous donne dans la solennité de ce jour l'espérance et le droit de passer de ce monde au ciel, de la vie de la grâce à la vie delà gloire ; c'est noire chef qui monte dans les cieux, et qui appelle à sa suite le corps entier de ses enfans ; c'est le médiateur qui va préparer les places, et qui invite tous ses cliens à les obtenir; ce sont les prémices de notre nature portées dans le séjour du bonheur, et qui promettent
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que la moisson entière sera réunie dans les greniers du l'ère céleste ; de ce point élevé, Jésus-Christ est comme Famé répandue dans tout le corps, il communique à tous les membres la vie spirituelle, l'esprit de sa grâee , de son amour, de son adoption , et de ses éternelles promesses. Si donc la Pâque a été notre joie, l'Ascension est notre gloire, et nous devons nourrir maintenant le plus vif désir de passer heureusement de la terreau ciel, en marchant dans la -grâce et dans l'esprit de Jésus-Christ jusqu'au terme du voyage.
Introït. Ps. 67.
David a entrevu la gloire de l'ascension du Sauveur, et le début du cantique qu'il a consacré à cette grande merveille, est digne du triomphe qu'il célèbre. Que Dieu paroisse et se montre, s'écrie-t-il avec enthousiasme , et que ses ennemis soient dissipés/; que ceux qui le haïssent fuient loin de lui-, comme si le prophète vouloit dire : j'ai chanté les douleurs et les humiliations de l'homme-Dieu , et j'ai vu la fureur de ses ennemis pétiller autour de lui comme le feu dans un faisceau d'épines 5 j'ai chanté la gloire de sa résurrection , et j'ai entendu en même temps le frémissement des peuples et les vains complots des rois ligués contre le Seigneur et contre son Christ : mais aujourd'hui que le soleil de justice s'élève au-dessus des nuages , ses ennemis vont fuir à sa présence comme la cire s'écoule à l'ardeur du brasier. L'Eglise ne pouvoit donc faire un plus heureux choix pour le psaume de l'entrée à l'autel dans la solennité qui nous rassemble , tant ce cantique est clair, précis et solennel pour chanter ce mystère; on peut s'en convaincre facilement en le lisant tout entier, et l'antienne qu'elle y a choisie suffit bien pour en justifier l'heureuse application. Royaumes de la terre, qui vous êtes inutilement soulevés contre le règne de Dieu , lorsque ce règne vouloit commencer son ère de grâce au jour de la résurrection , chantez à la gloire du Seiyncur qui s'élève au plus haut des cicujc comme sur son trône , et qui reçoit au jour de son triomphe toutes les nations pour héritage et
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pour conquête. Vous ne vouliez pas que ce Dieu régnât sur vous , quand la voix de sa tendresse vous appeîoit avec tant de charmes et de douceur et vous conjuroit de vous ranger sons ses ailes : désormais il donnera à sa voix l'éclat et la force', déjà sa magnificence et sa grandeur paroissent dans les nuées, et vous ne pourrez résister à l'entraînement de sa puissance. Mais ne craignez pas ces efforts vainqueurs , royaumes de la terre ; le Seigneur ne vient vous ravir aucun des avantages d'ici bas, il ne déplacera ni vos limites, ni les bornes de votre autorité, ni les garanties de vos institutions, vous ne devenez son héritage que pour partager avec lui l'héritage du ciel , chantez donc à la gloire de Dieu , et que les cieux où il s'élève aujourd'hui vous rappellent les droits et le but de sa magnificence et de sa grandeur, Si le sacrifice de l'autel est le même que celui du cénacle et du Calvaire , il est aussi le même que celui que Jésus-Christ offre sans cesse dans le ciel , où il continue, dit l'Eglise, de présenter à Dieu , en sa qualité de pontife suprême , le sang que son amour a versé une fois sur la croix. Il y a donc analogie et rapport entre rentrée du Sauveur à l'autel du ciel et son entrée à l'autel de la terre , car si sa magnificence et sa grandeur paroissent dans les nuées , sa bonté et sa miséricorde brillent sur les marches du sanctuaire -7 s'il donne la force à sa voix dans le triomphe de sa gloire , la voix de son sang qui crie sur l'autel a la même force dans le triomphe de sa charité ; si tous les peuples sont invités à chanter la gloire de celui qui s'élève dans les cieux , tous les fidèles réunis pour le sacrifice sont pressés de chanter ici l'amour de celui qui va descendre du ciel en terre , pour s'élever de nouveau de cette terre au ciel, emportant avec lui nos hommages , nos prières , nos désirs et nos cœurs; et si la majesté de l'Ascension dissipe les ennemis du Seigneur, la grâce de son sacrifice va mettre en fuite tous les ennemis de notre salut, notre a me ne marchera plus triste et abattue , nous échaj)perons à l'oppression de l'esclavage sous la conduite du Dieu qui est notre force, et qui ne nous reje-
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tera pas quand nous nous attachons à son char dû triomphe.
Collecte.
Seigneur, Dieu tout-puissant , nous croyons et nous confessons solennellement que votre Fils unique, devenu notre Rédempteur par l'incarnation, est monté au ciel en ce jour ; nous croyons qu'il a ainsi transporté dans le bienheureux séjour les prémices de notre humanité , et que le chef est entré là où les membres fidèles se trouveront un jour réunis 5 faites que nous habitions déjà d'esprit et de cœur dans les demeures éternelles; faites que le fruit de ce nrystère soit d'envoyer d'avance nos pensées , nos désirs et nos affections dans cette maison de Dieu que nous voulons habiter en corps et en ame , par les mérites de votre Fils unique notre Rédempteur, et en nous montrant sur la terre les enfans de votre adoption , les frères et les cohéritiers du Dieu fait
homme qui nous a rachetés.
> Epître, Jet. 1.
Saint Luc , qui a écrit le livre des Actes des Apôtres , rappelle en commençant à Théophile , (à qui il a déjà adressé la parole dans le début de son Evangile) que c'est lui qui a écrit l'histoire évangélique sous le nom de saint Luc 5 qu'il y a traité de toutes les actions et de tous les enseignemens du Sauveur , depuis le commencement de sa vie jusqu'à son ascension , et que dans le nouvel ouvrage qu'il entreprend, il reprend la narration où il en étoit resté dans son Evangile, montrant ainsi l'union et la suite des faits qu'il décrit. Ce préambule admirable sert de transition heureuse pour continuer le sujet de la prédication chrétienne. L'auteur semble dire : ce Je re- » prends les choses, ô Théophile , où je les ai lais- » sées : vous savez que Jésus-Christ après sa passion » se montra vivant et ressuscité en mille manières ; •» que pendant quarante jours il apparut à ses apô- » très , et les entretint du royaume de Dieu , c'est- » à-dire, du règne de Dieu dans les âmes, tel que
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» l'Eglise , dont ils étoient les premiers ministres. » devoit Félablir par la parole, par les sacremens, w par la conduite de son autorité , après que ces » mêmes apôtres auroient attendu dans la retraite x> la promesse du Saint-Esprit, et auroient été bap- » tisés , non dans l'eau seule comme les disciples » de Jean-Baptiste , mais dans le Saint-Esprit dont » ils dévoient être inondés quelques jours après , et » par lequel ils alloient être changés en des hommes » tout nouveaux. Car jusque-là même et au moment » de l'ascension, ces apôtres n'avoient que des idées w grossières , que des vues charnelles : ils ne s'occu- » poient que de la restauration du royaume tempo- » rel d'Israël, et ne comprenoient rien encore à ce » règne de la grâce sur les cœurs dont Jésus-Christ » les entretenoit. Mais c'étoit à l'Esprit saint que w cette grande consommation de l'œuvre du salut » étoit réservée : c'est pourquoi après ces derniers » enseignemens, Jésus-Christ s'éleva dans les cieux » en leur présence , et une nuée le déroba bientôt à » leurs regards ». Cette récapitulation, que saint Luc a cru nécessaire , nous montre que le mystère de ce jour est lié à toute la suite de la vie du Sauveur , et qu'il est le couronnement de sa mission, comme il est le triomphe et le dernier sceau de nos espérances. Mais ce qui doit plus nous occuper ici , c'est la suite de ce mystère , c'est la grave exhortation que les anges donnent aux apôtres , et que nous devons nous appliquer à nous-mêmes. Chrétiens , nous disent-ils encore , pourquoi demeurezvous là à considérer le ciel , où Jésus-Christ s'élève? Le mystère est accompli du côté de Jésus-Christ ; mais il faut que vous accomplissiez en vous ce qui manque à son triomphe : ce seroit peu de borner votre zèie et votre dévotion à considérer la patrie , si vous ne prenez en ce jour votre marche et votre élan pour y arriver à la suite du Rédempteur. Or ce Jésus qui vient de s'élever dans les doux en reviendra de la même manié /e que vous l'avez vu monter : il reviendra aussi certainement qu'il y est entré aujourd'hui : il reviendra avec la même gloire el la
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même majesté : il est venu pour sauver, il reviendra pour juger; il est venu donner tous les talons pour racheter le ciel, il reviendra demander compte à ses serviteurs des taiens immenses qu'il leur a confiés. C'est ce Roi qui est allé prendre poasesion de ses Etats pour lui et au nom de ses fidèles serviteurs, et qui doit revenir pour les prendre avec lui quand les places seront prêtes : c'est lui qui nous crie avec force : Travaillez, faites valoir ce que vous avez reçu, jusqu'à ce que je revienne. Oh ! quel mécompte aifreux si notre piété se borne à célébrer ce grand jour, et si nous enfouissons ensuite le salut et la grâce qui nous sont distribués aujourd'hui ! Faisons donc valoir ce qui est entre nos mains ; opérons ce négoce divin au saint sacrifice où Jésus-Christ descend tous les jours , comme il reviendra une dernière fois à la fin des siècles ; et par nos travaux , nos efforts , nos soins dans l'affaire du salut , méritons de dire un jour : Seigneur , vous m'avez confié des taiens pour me sauver , voilà le profit que j'en ai tiré : méritons d'entendre après cette vie : Courage , serviteur bon et fidèle , entrez dans la joie , et partagez le triomphe de votre Maître.
Alléluia. Ephés. 4»
Celui qui est descendu du ciel en terre est le même Dieu qui est monté de la terre au-dessus de tous les deux , pour accomplir toutes choses. Nous trouvons dans ce peu de mots , joints aux dernières paroles de l'épître , toute l'économie du salut : un Dieu est descendu du ciel pour nous sauver ; un Dieu est monté au ciel pour nous y préparer des places ; un Dieu descendra de nouveau pour juger si nous avons mérité ces places , et pour nous y introduire. Or tous ces grands mystères se trouvent concentrés à la messe comme dans un foyer de grâce et de lumière. Jésus-Christ descend du ciel pour renouveler les fruits de la rédemption ; il remonte chaque jour de Fautcl au ciel pour continuer sa médiation puissante , et si chaque fois que nous assistons dans le sacrifice à ce retour de notre maître , nous préparions de jour eu
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>ouv nos aines au dernier et décisif retour du souverain dispensateur des places dans le royaume de Dieu , nous recueillerions tous les mérites de sa mort , toute la vie de sa résurrection , toutes les «spérances de son ascension glorieuse.
Alléluia. Daniel, 3.
Vous êtes béni, Seigneur, sur le trône de votre empire 9 vous y êtes à jamais dit/ne de nos louanges et de nos cantiques de triomphe. Il semble qu'aujourd'hui , plus que jamais, nous nous transportons de l'autel de la terre devant l'autel du ciel , où Jésus- Christ renouvelle également l'offrande du sacrifice de la croix. Prosternons-nous donc devant l'Agneau debout et immolé ; ne faisons monter en sa présence que les^accords des harpes célestes , que le parfum des prières des saints , et répétons mille fois avec transports : A celui qui est assis sur le trône du ciel, et à l'Agneau toujours offert devant ce même trône , bénédiction , honneur , gloire et puissance dans les siècles des siècles!
Prose.
La solennité présente , dit la prose , doit nous in-
spirer une joie nouvelle et surajoutée à la joie de la fête de Pâque \ car à Pâque , c'étoit la joie du captif qui est rendu à la liberté , et dans le mystère de ce jour, c'est l'ivresse du vainqueur qui passe de la captivité sur le trône. Cette hymne de jubilation offre le détail plein d'onction de ce qui a précédé l'ascension, de ce qui l'accompagne, de ce qui doit la suivre , des avantages qui en résultent pour nous dans la médiation de Jésus-Christ , et des fruits que nous en devons tirer pour mériter que les membres soient un jour unis à leur chef glorieux. Dans la prière qui termine , nous devons surtout demander les dons de l'Esprit saint, que nous allons méditer dans les jours qui vont suivre jusqu'à la Pentecôte, et par suite de ces dons, V éclat de la lumière divine , qui est la conséquence des dons de sagesse, d'intelligenee , de science s de conseil, et v 3®
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le feu embrase de la charité, qui .scia le résultat des dons de piété, de force et de crainte du Seigneur.
E v a ngile . Marc, 1 6 .
Saint. Marc rapporte ici la dernière apparition de Jésus à ses apôtres , le reproche qu'il fait à leur incrédulité et à la dureté de leur cœur de n'avoir pas cru- ce miracle sur la déposition de tant de témoins oculaires , et d'avoir voulu , pour se rendre à l'évidence, voir de leurs yeux, toucher de leurs mains; eniin les paroles solennelles de la mission que le Sauveur confie aux disciples qui vont continuer son œuvre auprès des hommes. Allez , leur dit celui qui a toute -puissance au ciel et sur la terre, allez par tout le monde , prêchez V Evangile > ou la bonne nouvelle du salut, à toute créature, sans distinetitm de peuple ou de nation, de juif ou de gentil, de grec ou de barbare, de savant ou d'ignorant , de pauvre ou de riche , de libre ou d'esclave. 11 leur promet de soutenir cette mission qu'il leur donne, i° par l'opération intérieure de sa grâce, en sauvant ceux qui croiront et seront baptisés, et en condamnant lui-même ceux qui n'auront pas cru a la vérité publiée par une autorité si imposante : 3° par l'opération extérieure des miracles divins, tels que les ont vus en si grand nombre les premiers siècles de l'Eglise lorsqu'il étoit nécessaire de consolider ainsi la nouvelle prédication , et tels qu'ils les montrent encore çà et là dans la suite des âges , toutes les fois que Dieu les juge nécessaires pour la conversion des nouveaux peuples , et pour l'affermissement de la foi prête à s'éteindre dans quelques contrées. La toute- puissance de Jésus- Christ a exécuté ces promesses faites en faveur de la mission des apôtres , et je vois ici deux départs admirables : d'un côté , c'est le Seigneur Jésus qui part pour le ciel, et qui du trône élevé où il est assis à la droite de Dieu \ régit son Eglise , influe sur ce corps mystique pour lui donner l'accroissement et la vie; comme l'a me répand son activité
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dans tous les membres : de l'autre , ce sont les apôtres qui partent ( après la Pentecôte ) pour la conquête des aines, et qui vont, prêchant partout, à Pombre de la coopération du Seigneur, et sous Pinfluence de la grâce qui confirme leur prédication par les miracles qui l'accompagnent. Oh ! que cette issue du mystère de l'Ascension est noble et consolante, et comme elle fortifie la foi , en montrant l'enchaînement divin et la perpétuité admirable de l'enseignement évangélique ! Mais ce qui doit édifier notre piété, c'est de retracer en nous tous ces fruits de l'Evangile , qui nous est parvenu escorté par dix-huit siècles de triomphes ; c'est de demeurer fermes dans la foi , fidèles dans la pratique des sacremens , soumis à l'autorité de l'Eglise de Jésus-Christ, inébranlables dans la voie du salut : c'est de montrer, d'une manière spirituelle , les signes de la grâce victorieuse dans nos cœurs, en en bannissant le démon et le péché, en parlant un langage tout nouveau et tout céleste, en faisant que le souffle empoisonné du monde ne puisse nous nuire, et en entretenant la vigueur de nos âmes, toujours prêtes à tomber dans la langueur et le dépérissement. Ace prix, Jésus -Christ s'élèvera de l'autel d'ici bas pour monter à l'autel du ciel ; et nous , quittant le sacrifice , nous partirons pour le voyage de cette vie à l'éternité , sous l'assistance de l'Esprit du Seigneur , revêtus de la force qu'il communiquera à nos résolutions , et environné des prodiges d'une conduite sincèrement chrétienne.
Offertoire. Hébr. 10.
Jésus- Christ , après s'être offert une seule fois comme victime pour les péchés, est assis pour toujours à la droite de Dicu\ ce que nous pouvons entendre de deux manières : la première , que le Sauveur, par l'unique oblation de soi-même sur la croix, nous a sanctifiés autant cru'il est en lui , et qu'il est convenable de sa part , puisqu'il a donné par ce sacrifice un prix achevé, abondant et surabondant de rédemption ; puisqu'il a établi , en vertu de ce sacrifice , une source immense et inépuisable de sanctifi-