‹ Explication des messes de l'Eucologe de ParisChapitre 76 sur 95 · E LA SAINTE VIERGE · texte numérisé non relu

E LA SAINTE VIERGE

SOLENNEL-MINEUR

Fête à dévotion.

En quelque moment que nous considérions la sainte mère de Dieu, éloignons d'elle, pour l'honneur de son fils , toute idée , tout soupçon de péché. Celle que l'Eglise tient avoir été préservée par une grâce spéciale de toute faute vénielle pendant tout le cours de sa vie, a bien pu être aussi préservée de la tache originelle , au moment de sa conception, par un privilège extraordinaire. C'est le sentiment le plus commun et le plus autorisé ; et bien que l'Eglise n'en ait pas fait une décision de foi , elle défend de prêcher et d'enseigner l'opinion contraire ; elle blâme la témérité de ceux qui s'arrêtent k ce qui contribue le moins à la gloire de Marie , et elle loue la piété qui embrasse de cœur le sentiment plus honorable k la mère et au fils. Ne doutons donc pas que Dieu n'ait rendu Marie toute pure et toute sainte au moment et de la manière qui ont été les plus convenables k l'exécution de ses desseins éternels, à la miséricorde dont il vouloit user envers elle, et au choix qu'il en avoit fait pour être la mère du rédempteur du monde. Ce jour est un jour de joie, il annonce le salut qui doit nous être apporté par Jésus-Christ, dont 3a mère est aujourd'hui conçue : et cette fête, placée dans i'Avent, est comme le crépuscule après les ténèbres, comme

/jOO LA CONCEPTION DE LA SAINTE VIERGE.

les premiers rayons de l'aurore qui annoncent le lever du soleil de justice. Concluons de celle solennité, que si Dieu prévient d7une si abondante bénédiction la conception de Marie, que si le Fils de Dieu s'y prend ainsi d'avance pour sanctifier et remplir de grâce celle de qui il doit naître, concluons qu'il demande de nous une grande sainteté, que nous ne saurions commencer trop tôt à lui préparer une demeure dans nos âmes , et que nous devons , dans ce saint temps de l'Avent, redoubler nos désirs, nos vœux , et nos bonnes œuvres pour nous disposer à recevoir la grâce de Dieu et l'auteur de la grâce au jour anniversaire de la naissance du Sauveur.

Introït. Pst i3i.

L'Eglise s'occupe avec raison clans cette fête du Dieu fait homme, qui est né de Marie, et des grandes promesses faites à la maison de David de l'illustrer à jamais par la naissance du Messie 3 car plus elle relève les privilèges des ancêtres du Sauveur, plus elle est en droit d'en conclure pour la conception privilégiée de sa mère ; plus elle exalte la grandeur de la grâce accordée à David et à ses descendans , plus elle est autorisée à ne mettre aucunes bornes à l'effusion de la grâce dans le cœur de Marie. Aussi a-t-elle choisi pour psaume de l'entrée à l'autel ce cantique admirable : Seigneur, souvenez -vous de David, et de toute sa douceur au milieu des afflictions : souvenezvous de sa piété et de son zèle à vous préparer un temple , et n'oubliez pas les irrévocables promesses que vous avez faites à lui et à sa postérité. En effet , le Seigneur, continue l'Eglise dans l'antienne qu'elle a tirée de ce psaume , le Seigneur a fait à David un serment véritahle , qu'il ne rétractera pas. J'établirai, luia-t-il dit, sur votre trône un héritier de votre sang ; cette grande promesse ne s'est accomplie parfaitement qu'en Jésus-Christ , fils de David par excellence , et héritier éternel de son trône ; et quand on considère que ce psaume est intitulé Cantique des degiés , que Salomon le lit chanter au jour de la translation solennelle de l'arche dans le temple qu'il venoit de bâtir en exécution des vœux empressés de

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