‹ Explication des messes de l'Eucologe de ParisChapitre 83 sur 95 · LA PRÉSENTATION DE NOTRE-SEIGNEUR · texte numérisé non relu

LA PRÉSENTATION DE NOTRE-SEIGNEUR

jour, prophétie qui sert de réponse et de confirmation à ce que l'épître vient de promettre et d'annoncer. Oui , reprend le chœur avec transport par la bouche d'Aggée : II viendra y le désiré de toutes les nations ; et je remplirai cette maison de gloire , dit le Seigneur des armées. Sa présence dans ce dernier temple rebâti par Zorobabel , éclipsera la gloire et la magnificence du premier temple construit par Salomon , et je donnerai la paix en ce lieu, La messe remplit parfaitement l'attente de ces biens immenses , et sur chaque autel catholique retentit en toute vérité cet oracle divin : Gloire à Dieu au plus haut des deux } et sur la terre paix aux hommes de bonne volonté.

Alléluia. 1s, 12.

L'évangile va nous révéler formellement que ces magnifiques promesses sont réalisées : aussi , maison de Sion , tressaillez de joie , et bénissez Dieu , parce Que le grand } le saint d'Israël est au milieu de vous. Ame chrétienne , partage cette joie et ce bonheur, tu es toi-même la demeure de ton Dieu, et son sacrifice ne finira pas sans qu'il vienne sur tes bras et jusque sur ton cœur prendre possession du temple vivant qu'il s'est consacré.

Prose.

Le début de cette prose nous transporte en esprit dans le temple de Jérusalem , au moment où s'accomplit le mystère de ce jour. Là nous saluons avec respect la Vierge mère qui porte dans ses bras le Dieu qui vient s'immoler à un Dieu ; nos cœurs volent à la rencontre de cette victime céleste , dont la présence fait du temple de Jérusalem quelque chose de plus riche que le ciel entier. Puis nous sommes initiés à ce sacrifice du matin , qui se célèbre au milieu de l'allégresse, et qui prélude au sacrifice du soir qui se consommera sur la croix au milieu des souffrances et des pleurs. Enfin , par le mérite commencé de cette oblation divine, nous apprenons à vivre et à mourir pour Dieu , à fermer les yeux aux choses du monde comme Siméon , et à n'user de

\l± LA I>llÉSKNTÀTIO> DU NOTUK-SKlf.NElïK.

cette vie et du saint temps du Carême surtout , que pour croître dans la grâce et pour ressusciter à une vie nouvelle avec Jésus-Christ.

( Après la Septuayêsime, on dit le trait suivant au lieu de /'Alléluia et de la prose.

Tuait. Ps. 3().

Ces paroles de David que Jésus-Christ , au témoignage de saint Paul , a prononcées à son entrée dans le monde , puisque son sacrifice a proprement commencé dès le premier instant de l'incarnation , ont été solennellement répétées par ce Dieu Sauveur venant dans le temple de Jérusalem pour s'offrir d'une manière sensible. L'Eglise les a convenablement placées immédiatement avant la lecture de l'évangile de ce jour, car elles expriment toute l'ardeur, toute la générosité de l'immolation de notre Dieu , et doivent nous inspirer un égal empressement de nous unir de cœur et de volonté au sacrifice de Jésus- Christ. )

Evangile. Luc, 2.

C'est le récit, du merveilleux accomplissement du mystère de la présentation au temple. Nous pouvons y puiser mille réflexions sur l'offrande du Sauveur qui se soumet à la loi antique pour remplir toute justice, sur les dispositions du cœur de [Marie, qui offre son fils à Dieu , et qui semble préluder aux fonctions du sacerdoce de la loi nouvelle , enfin sur les élans de joie , de reconnoissance et d'amour du saint vieillard Siméon qui presse sur son cœur le Sauveur du monde, la lumière des nations et la gloire d'Israël. Mais pour nous arrêter au but de cet ouvrage , remarquons les admirables rapports de cette scène avec l'auguste sacrifice de nos autels : Jésus présenté au temple , élevé en présence de Dieu sur les bras de Marie , voilà Voblalion du sacrifice j Jésus consacré au Seigneur par le rite mystérieux de l'échange et de l'immolation de deux tourterelles , voilà la consécration de la victime ; Jésus pressé sur le cœur de Siméon , inondant de bonheur ce vieillard au point

LA PRESENTATION DE NOTRE-SEIGNl- Utl. f\ t 3

de lui faire invoquer la mort dans cet heureux embrasseraient, voilà l'image de la communion sacramentelle. Apportons donc à l'offrande une ame purifiée , à l'immolation le changement de notre esprit et de notre cœur, à la communion ta joie, la ferveur, le détachement et la reconnoissance , et nous entrerons dans l'esprit de ce grand mystère.

Offertoire. Luc, 2.

Cette application que nous venons de faire des diverses circonstances de la présentation aux différentes parties de la messe , l'Eglise nous l'indique formellement dans le choix de ses antiennes pour l'offertoire et la communion de ce jour : ils portèrent Jésus à Jérusalem pour V offrir au Seigneur, et pour présenter en sacrifice ce qu'ordonne la loi. Portons donc à l'autel ce pain et ce vin qui doivent être changés au corps et au sang de Jésus , mais portons cette matière du sacrifice avec les dispositions de Marie , avec un cœur purifié et qui soupire après la pureté de ce prêtre-vierge qui n'avoit pas besoin de purification. Offrons encore ce qui est ordonné par la loi , non plus deux tourterelles , mais notre corps et notre ame , notre corps par le détachement des choses de la terre et la mortification de Jésus-Christ, notre ame par le règne de la loi , de la volonté > de l'amour de Dieu fortement établi en nous : alors le sacrifice sera parfait , et Dieu acceptera le corps et le sang de son Fils en échange de notre nature qui devroit s'anéantir en sa présence et s'immoler à sa gloire.

Secrète.

Cette prière admirable réunit dans un court énoncé toutes les richesses que le mystère de la présentation au temple a révélées à la foi , et qu'il a déposées sur nos autels comme dans un trésor inépuisable. 10 A /'ombre et à la figure des victimes grossières et charnelles qui étoient immolées dans le temple de .Jérusalem , Dieu a fait succéder l'hostie spirituelle et divine -que nous lui offrons maintenant comme le

4l4 LA PRÉSENTATION bL NOTRE SEIGNhlR.

gage complet de notre servitude. 2" Par un mystère ineffable et par une invention pleine de merveilles, la victime eucharistique est toujours Immolée, et c'est la même victime qui est toujours offerte : il n'y a eu qu'une seule immolation commencée au temple, instituée au cénacle, consommée sur le Calvaire, continuée sur nos autels : la messe est l'oblation mille lois répétée au ciel et sur la terre de la même et unique immolation de Jésus-Christ , et par conséquent son mérite est sans interruption et sans affoiblissement. 3° L'hostie qui s'est offerte dans ce mystère, et que nous continuons d'offrir a la messe., est tout à la /ois le sacrifice de notre dépendance et de ■notre dévouement vis-à-vis de Dieu, et la délicieuse récompense dun Dieu rémunérateur vis-à-vis des hommes : c'est-à-dire que les mérites du divin sacrifice sont tellement infinis qu'ils servent à nous acquitter de tous nos devoirs envers le Seigneur, et à acquitter le Seigneur envers nous de tous les biens dont il est le gage et le prix j quelles hautes pensées pour nous porter à l'offrir dignement i ( On dit la préface de iVoèï. )

Communion. Luc, 2.

Plus heureux que Simèon, qui ne peut que presser dans ses bras et sur son cœur la victime du monde, nous recevons par la communion l'hostie du salut jusque dans le plus intime de nos âmes : Bênisso?is donc le Seigneur avec des transports plus ardens de joie, de reconnoissance et d'amour. Ecrions -nous dans une sainte ivresse , qui doit remplir en ce moment nos cœurs, et les dégoûter des choses d'ici bas: Seigneur, il n'y a plus de place dans mon ame pour aucune créature , après que vous en avez rempli l'étendue et comblé les désirs 5 mes yeux ne peuvent plus s'arrêter sur le néant , après avoir fixé la source de tous les biens • détachez de plus en plus mon ame de tout ce qui passe, qu'elle trouve la paix dans ce délicieux détachement , et qu'elle trouve repos et bonheur à s'attacher à jamais à ce qui demeure éternellement.

l'annonciation et l'incarnation de n. s. 4*5

PoSTCOMMUNïON.

Seigneur, qui avez rempli l'attente du juste Simèon dans le temple de Jérusalem , comme vous venez de combler de biens nos désirs à la table sainte, consommez en nous les dons de votre grâce , achevez les divines opérations que le mystère de ce jour doit produire ; afin que comme ce saint vieillard a mérité de voir Jésus- Christ avant de mourir, et de ne fermer les yeux à la lumière que dans le bonheur d'une si sainte possession , nous obtenions la vie éternelle en mourant dans les embrassemens du Seigneur. A l'autel , le fruit de la communion est de mourir au péché avec Jésus-Christ , pour vivre de la vie de Dieu en Jésus-Christ ; mais le dernier fruit de ce sacrifice , le fruit suprême , est de nous faire mourir dans la grâce pour passer à une vie et à un bonheur sans (in ; c'est la prière que nous exprimons ici , et la grande faveur que nous sollicitons de notre Dieu.

'2 5 Mars.

Page 1