‹ Explication des messes de l'Eucologe de ParisChapitre 85 sur 95 · L'ANNONCIATION ET L'INCARNATION DE N. S · texte numérisé non relu

L'ANNONCIATION ET L'INCARNATION DE N. S

Sauveur, le Fils du Très-Haut va s'abaisser, s'anéantir jusqu'à descendre dans vos cœurs : là l'opération céleste de l'Esprit saint formera Jésus-Christ en vous ; mais il ne vous suffira pas de recevoir ce Dieu, il faudra le produire au-dehors par une vie sainte et céleste , il faudra qu'il germe du sein de vos ames comme un fruit de sainteté , et que le fruit saint qui naîtra de vous soit appelé véritablement le Fils de Dieu. Mais comment, direz- vous, s'accomplira en moi ce mystère ? Le voici : Vous ne vivrez plus à vousmême et de vous-même , ce sera Jésus-Christ qui vivra en vous , vos pensées seront ses pensées , vos désirs ses désirs , vos affections ses affections , vos paroles ses paroles, vos actions et votre conduite la copie parfaite de ses exemples et de ses vertus.

Offertoire. Hétr, 10.

C'est saint Paul lui-même qui fait l'application de ces versets du psaume 39 au mystère de l'incarnation. Jésus- Christ , dit l'Apôtre , à son entrée dans le monde , s'adressa à son Père en ces termes : Vous n'avez point voulu d'hostie ni d'oblation telles qu'on vous en offroit sous la loi , mais vous m'avez formé un corps par lequel je puis m'offrir à votre majesté infinie , et voilà la victime digne de vous être présentée. Les holocaustes et les sacrifices pow le péché ne vous ont point été agréables, ils n'étoient que des ombres et des figures d'une hostie meilleure qui de voit les remplacer dans la plénitude des temps; ô mon Père, cette plénitude d'attente, de promesses et de grâce est comblée , alors j'ai dit : Me voici , voici l'Agneau de Dieu qui efface les péchés du monde. Le sacrifice de la croix a donc commencé dès le premier instant de l'incarnation, par la volonté constante de s'offrir que Jésus-Christ a manifestée alors, qu'il a toujours entretenue avec un désir extrême : volonté unique et persévérante qu'il a consommée sur le Calvaire , et qu'il a trouvé le moyen de perpétuer au ciel et sur la terre. Me voici ! 0 heureuse parole quand elle sort de la bouche d'un Dieu qui jest venu pour nous sauver, qui est mort pour nous

l'Annonciation et //incarnation de n. s. 4'2^ sauver, qui intercède sans cesse dans le ciel pour nous sauver ! Me voici ! c'est le cri de générosité à l'offrande , c'est le cri de miséricorde à l'élévation , c'est le cri d'amour à la communion , ce sera le cri de bonheur éternel dans le ciel.

Secrète.

Que la vertu de voire Esprit saint , 6 mon Dieu, change nos dons au corps et au sang de votre Fils unique, que sa puissante opération, ombrageant les mystères sacrés, vienne y produire Jésus - Christ , comme elle a formé le corps de l'homme-Dieu dans le sein de Marie, u fin que Nolre-Seùpieur, qui par son incarnation est devenu semblable à nous, et enfant des hommes , nous rende par ce sacrement parlicipans de sa divinité, enfans de Dieu et semblables à lui. L'essence de l'incarnation, c'est l'union de Dieu avec la nature humaine ; le but de l'incarnation , c'est l'union des hommes avec Dieu : le Verbe a participé à notre nature pour nous faire participer à sa nature divine. Le principe de l'incarnation a été posé dans le jour dont nous célébrons l'anniversaire, la fin de l'incarnation s'obtient tous les jours par la foi, par les sacremens, par les bonnes œuvres, et surtout par la communion aux mystères de l'autel. Or le Saint-Esprit est le dispensateur de tout ce grand mystère , c'est lui qui a formé Jésus-Christ semblable à nous , c'est lui encore qui forme J ^.us- Christ dans nos cœurs pour nous rendre semblables à lui ; et nous lui demandons ici avec confiance de renouveler les merveilles de l'incarnation sur l'autel, et d'en renouveler les fruits dans nos cœurs; d'être le médiateur et l'arbitre suprême de cet échange admirable , dans lequel Jésus-Christ prend ce qui est à nous , et où nous recevons ce qui est de lui. Le mystère de ce jour a donc , dans le sacrifice de la messe , son extension naturelle et sa consommation parfaite jusqu'au fond de nos cœurs.

( On dit la préface de Noël. )

Co >i m union. Jean , i .

Le Verbe i>' est fait chair et il a habité parmi nous,

\>/\ I/ÀNNONCIATION 11 l'iNCAUNA TION F)K IV. s.

voilà la grande merveille qui Buffir oit pour épuiser la uronnoissance du ciel et de la terre. Le Verbe., d'une seule parole, a fait de sa chair un pain sacré, qu'il a pétri de ses mains divines , dans lequel il a fait entrer son corps, son sang, son ame, sa divinité, ne conservant au pain les foiblcs apparences qui tombent sous nos sens que pour cju'il puisse être reçu dans des bouches mortelles et passer jusqu'au plus intime de notre être, et par cette seconde merveille, qui concentre toutes les autres, il a trouvé le moyen d'habiter dans nos cœurs , de nous nourrir de sa vérité , de sa grâce , de son esprit et de sa vie ; ô abîme de miséricorde et de bonté ! vous ne vous êtes donc point contenté, ô mon Dieu , de vous anéantir jusqu'à prendre la forme de l'esclave, vous vous êtes abîmé jusqu'à prendre la forme de la grossière nourîiture de l'esclavage et de l'exil. O sujet ineffable d'éternelle admiration ! le pain des anges est devenu le pain des hommes 5 le pauvre , l'esclave et le petit mange son Dieu , son Seigneur et son maître !

Postcommunion.

O Dieu y fiant le Verbe fait chair est le pain vivani et véritable de nos âmes, comme nous venons de le veconnoître à la communion dans l'extase de notre reconnoissance , donnez^nous d'avoir toujours faim de ce jiain ce' este, qui nourrit la foi , fait croître l'espérance et fortifie la charité. La nourriture de Famé, c'est la vérité , la vie et le bonheur : la vérité se trouve dans la foi , la vie dans l'espérance , le bonheur dans la charité : ces trois vertus sont le suc du pain céleste , vivant et véritable , et ce pain supersubstantiel n'est autre que le Verbe fait chair, devenu par l'excès du prodige un pain que nous pouvons manger. Seigneur, donnez -nous toujours ce pain , de peur que nous ne tombions en défaillance sur le chemin de la vie , mais donnez-nous toujours la faim et le désir de cette nourriture , afin que la prenant sans cesse nous avancions dans la foi , dans l'espérance et dans la charité , jusqu'à la possession immuable du Dieu qui est la voie, la vérité et la vie.

l'eNVENTÏON DES COUPS Dli S. DENIS ET DE SES COMP. 4'2-5

22 Avril.

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