DIEU
Examinons, comme nous nous sommes examinés nous-mêmes, l'univers, c'est-à-dire 1° les mondes, en d'autres termes, les nébuleuses, les comètes, les planètes et leurs trois règnes; 2° les étoiles fixes ou soleils; 3° l'immensité qui nous semble vide. Nous serons obligés de reconnaître que, dans les mondes,
c'est la matière qui domine, et qu'elle domine même à l'état de gaz dans leurs atmosphères : car, si ce n'était pas, notre sang ne serait pas retenu, jusqu'à la limite de l'atmosphère de la terre , dans nos corps, quand nous nous enlevons en ballon ;
Que, dans les soleils, c'est de l'électricité : car, sans cela, ce ne serait pas de notre soleil que partiraient, pour nous , la lumière, la chaleur et la vie;
Que, dans l'espace, il n'y a hors des mondes, des soleils, et de leurs tourbillons , que de l'électricité de passage et presque point de matière : car, aux confins de notre atmosphère , notre sang s'échappe, ce qui prouve excessive raréfaction de matière , et si , ne pouvant aller plus loin, nous nous formons un diminutif de l'éther en faisant le vide dans une sphère creuse de verre, nous voyons paraître et disparaître instantanément un éclair dans cette sphère, pour peu que nous la secouiions de manière à faire traverser de force ses pores par l'électricité de l'air : preuve que cette électricité n'y reste pas.
Il deviendra donc évident pour nous que , dans l'univers tout entier , il n'y a, comme en nous, que trois substances; que celle appelée en nous intelligence est, dans l'univers, l'éther, lequel , impalpable, impondérable , invisible et pénétrant tout, connaît les sensations des mondes et des soleils, et leur communique ses volontés avec une rapidité instantanée par le moyen de l'électricité, de même que par le moyen de l'électricité notre part d'intelligence connaît nos sensations et dirige nos actions; que par conséquent l'Etre éternel, l'Être suprê.r
me, TÈlre dont tout procède, Dieu, en un mot, c'est l'univers, Trinité immense dans laquelle ne sont limités que l'un par lVutre les trois éléments dont elle fait, à doses inégales, tous les êtres , et dans laquelle l'intelligence occupe une telle place, l'espace infini, tandis que l'électricité et la matière occupent des points seulement dans cet espace, qu'il est impossible de concevoir plus grande la supériorité d'intelligence d'où résulte la perfection de Dieu.
Maintenant pourquoi ce travail incessant de l'intelligence universelle, qui est l'éther, sur la matière universelle, qui sont les mondes, par l'électricité universelle, qui sont les soleils? Pourquoi ces transformations perpétuelles de gaz en nébuleuses, en comètes, en planètes ou minéraux, et de ces planètes en végétaux, en animaux, puis en gaz?
C'est apparemment que ce grand être , l'Univers , trouve sa béatitude dans cette perpétuelle activité de son intelligence, de sa matière et de son électricité ; ou que, sa matière lui semblant indigne de son intelligence, il éprouve un besoin perpétuel de la perfectionner; ou bien encore qu'il se passe en lui, entre l'éther, l'électricité et la matière, des combats Semblables a ceux qui se passent en nous, entre notre part d'intelligence , notre part d'électricité et notre part de matière, et qu'il modifie sans relâche ces deux principes l'un par l'autre , pour que ces combats, qui se sont produits et se produiront probablement toujours, ne se produisent plus.