‹ Explication des tables parlantesChapitre 22 sur 58 · ECHANGES · texte numérisé non relu

ECHANGES

J'ai commencé par nos enfants , parce que c'est la réforme la plus pressée qu'une réforme dont les fruits ne peuvent mûrir qu'en quinze ans. Mais si nous ne voulons pas qu'à peine mûrs ils se gâtent, il est un germe de corruption que nous ne saurions trop tôt combattre. Ce germe, c'est la monnaie d'or et d'argent.

Je sais bien que, de long-temps, aucune autre ne sera reçue partout comme elle ; mais , cet avantage , elle ne ne le doit pas seulement a ce qu'elle est d'or ou d'argent, elle le doit encore à son empreinte.

Incapables de servir à nous alimenter, à nous vêtir, à nous loger, à nous transporter, a nous rafraîchir, à nous chauffer, l'or et l'argent ne peuvent avoir été acceptés dans les premiers échanges que par des hommes abondamment pourvus de toutes les commodités de la vie ; et, malgré Finfluence de ces hommes désormais intéressés à les exalter en même temps qu'à en garder par devers eux le plus possible, ils ne sont devenus, de proche en proche, la mesure de toutes les valeurs , que quand les gouvernements se sont avisés de les faire monnayer. Si donc les services qu'ils ont bien rendus, dans cette fonction nouvelle, ont été dès l'origine payés de mille maux, et si ces maux viennent précisément de ce qui les a fait choisir pour monnaie, c'est-à-dire de ce qu'ils sont de toutes les marchandises la plus durable en même temps que la moins capable de se multiplier à volonté , il ap-

parlient aux gouvernements de les renvoyer peu a peu, en leur donnant une monnaie nouvelle d'abord pour auxiliaire, ensuite pour successeur, à l'état de marchandises, état dans lequel ils serviront encore a des échanges, mais sans mélange de maux.

Voyons donc ce qu'ont produit leur durabilité , leur rareté, l'usage de les faire intervenir en toute affaire et leur impuissance a se trouver partout à la fois en assez grande quantité pour la masse des produits à échanger, quelque rapidité qu'ils missent a se transporter de place en place. D'abord une supériorité corruptrice des hommes qui en possédaient sur ceux qui n'avaient que d'autres produits, ensuite des variations continuelles dans le prix, des choses et dans la situation des producteurs, suivant que ces signes devenus nécessaires arrivaient à temps ou trop tard sur les points où l'on avait besoin d'eux, puis enfin sur ces mêmes points, quand leur absence se prolongeait, des resserrements de consommation , c'est-à-dire des privations et des souffrances , au milieu d'approvisionnements suffisants.

Bel effet, comme on voit, de l'achat et de la vente substitués à l'échange ! La valeur relative des choses devait dépendre de leur offre ou de leur demande respectives, et la voilà qui dépend de la rareté ou de l'abondance d'une prétendue mesure commune I voilà qu'elles ne peuvent plus se consommer si cette mesure manque' Encore si c'étaient là toutes les conséquences de l'adoption pour monnaie de deux métaux rares et d'une extraction coûteuse. Quelques unes n'affectent pas directement tout le monde , d'autres ne sont que périodiques.

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Mais il y en a une autre bien autrement grave , puisqu'elle est a la fois continue et fatale a tout ce qui a besoin d'aide. C'est l'intérêt , cette multiplication de l'or et l'argent dans les mains qui en sont déjà pleines, comme si ces métaux engendraient; l'intérêt, cette énormité sur laquelle l'habitude nous a aveuglés au point de lui assurer la protection des lois , et qui, éternisant au profit de l'oisiveté non seulement le prix d'un court travail, mais celui de la violence et de la ruse , fait du monde entier deux parts : les exploitants et les exploités, et justifierait à elle seule toutes les révolutions passées.

J'entends dire que l'intérêt est le prix d'un service, soit que l'emprunteur consomme, soit qu'il s'enrichisse , grâce au prêt. Un service qui ne coûte a rendre ni sacrifice ni peine ne mérite pas de salaire. Si le prêteur n'eût pas prêté son agent, il aurait eu la peine de le garder, peine que l'emprunteur lui épargne ; ou il aurait consommé, et il ne lui en resterait rien; ou il n'en aurait tiré parti qu'avec du temps, du travail et des risques, soit de lui, soit payés par lui. C'est ainsi, et non autrement, que l'emprunteur Ta utilisé. Ce qu'on exige de lui est donc un impôt sur son travail ou sur sa vie , et le sens de l'intérêt qu'exige le prêteur est ceci, que disait, il y a trois mille ans , un vainqueur païen à son ennemi : « Sois mon esclave , ou meurs. » L'emprunteur est un vaincu, un esclave. Le riche qui prêle au pauvre à intérêt ne sait pas qu'il y a de cela dans son action. S'il !e savait, il se ferait horreur.

Toutes ces suites d'un mauvais choix de monnaie ont fait chercher dans le crédit des movens d'v remédier.

Les lettres de change, tirées a terme contre envois de marchandises, et renouvelées au besoin jusqu'à ce que celles-ci fussent réalisées, ont réduit les déplacements d'or et d'argent à des soultes d'envois réciproques des pays commerçant entre eux. Les banques ont, a leur suite, réunissant en capitaux beaucoup de petites sommes sans elles disséminées et insignifiantes, et avançant ces capitaux sur lettres de change non échues , hâté l'usage comme monnaie du montant de celles-ci; puis ces banques ont créé des billets, ici ne représentant que leurs métaux en cave ou s'arrêtant à une somme dont le remboursement en écus ne pût pas se faire en moins de temps que n'en mettraient à rentrer toutes les lettres de change escomptées, la ne s'arrêtant pas même à cette question de temps et continuant sans hésiter de s'émettre contre toute lettre de change bonne a prendre.

Mais chacun de ces remèdes a l'insuffisance des métaux a, comme eux, produit presque aussitôt qu'appliqué encore plus de mal que de bien.

Parles lettres de change, quelques individus se sont approprié des trésors, en différences ignorées du public entre le cours et la véritable valeur des pièces de métal de tous les pays ; concentration de richesses qui est assurément un mal. Puis, tout le monde payant ses achats en signatures, il a été mis en circulation pour une seule et même marchandise autant de fois sa valeur qu'elle a de fois changé de mains, et cette création de faux signes a faussé le prix des richesses. Puis des imprudents et des fripons , tirant les uns sur les autres sans se rien envoyer qui vaillo, ont pu faire perdre a des milliers

de familles , en ne les payant pas a leurs échéances , des sommes bien autrement importantes qu'ils ne l'auraient pu sans cette invention.

Par les banques, les fondateurs et leurs gérants sont devenus des puissances en ne distribuant le crédit et le numéraire qu'entre eux, et ce succès d'un abus a soumis les propriétaires aux banquiers.

Par les émissions arbitraires de billets, cette aristocratie nouvelle , tour à tour trop confiante et trop craintive, a prodigué le crédit toutes les fois que , la consommation allant bien , la production et le commerce auraient pu aisément se passer de lui, l'a refusé toutes les fois que , la consommation s'arrêtant, tous deux ont eu pour quelque temps besoin de secours, et s'est ainsi rendue la plus grande cause peut-être de tous les bouleversements de fortune qui accompagnent ou suivent chaque embarras financier ou politique.

Enfin les gouvernements se sont servis du crédit au nom des peuples , et il en est résulté d'abord quelque bien, parce que là, divisé entre des millions d'hommes, un travail tributaire au profit de quelques suzerains est insensible. Mais presque aussitôt une grande imprudence de ces gouvernements a fait de ce bien un mai redoutable.

En créant des montagnes d'effets publics, en les confiant a quelques financiers, eten leur donnant pour marché, dans chaque pays, un seul point, la bourse de la capitale, d'un côté, ils ont accru démesurément la disproportion du métal avec les ventes et achats qu'il faut qu'il paie ; de l'autre, ils ont mis a même ces spéculateurs sans

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pitié, parce qu'ils ne voient pas qui ils ruinent, de lui opposer tour à tour ou beaucoup ou très peu d'effets, d'épuiser toutes les bourses comme une pompe aspirante et foulante, à l'aide des variations de prix causées par ces variations de quantités, et de s'approprier ainsi la substance de l'agriculture et de l'industrie.

Je regrette bien que le Grand-Livre de notre dette publique n'existe pas depuis assez long-temps sans banqueroute , pour qu'un millier de francs placé il y a 360 ans par quelque bourgeois, avec injonction à sa descendance d'en replacer à mesure d'encaissement les revenus, nous apprenne aujourd'hui tout ce que sont -l'or et l'argent, l'intérêt et notre système de crédit. Il ferait beau voir comment nous nous y prendrions pour payer, à la dixième génération de ce respectable conservateur, cent cinq milliards! plus d'argent que n'en possèdent entre elles toutes les nations de la terre !

Un mélange de bien et de mal, où le bien paraît d'abord dominer, mais où le mal prend le dessus , et finit par devenir intolérable , fut toujours le résultat de l'erreur. C'est donc une erreur qu'avoir pris pour monnaie deux métaux rares et d'une extraction coûteuse.

Les hommes ont commencé par l'or et l'argent, qui sont une complication et un mensonge, parce que ce qui est simple et vrai est toujours ce qu'ils trouvent le dernier. Tant que leurs gouvernements s'obstineront à repousser la substitution d'une monnaie de papier n'exprimant qu'une abstraction , et surtout se multipliant ou se raréfiant en même temps que les produits, à l'or, it l'argent,

aux lettres de change et aux billets de banque portant obligation de livrer de l'or et de l'argent, ils rendront, à leur insu , a tout ce qui n'est pas commerçant, c'est-adire à tout ce qui ne fait pas métier de vendre quand le signe métallique abonde, et d'attendre qu'il manque pour acheter, le même service que rendrait un tuteur à son pupille en le faisant passer toutes les semaines, pour aller de Madrid a Cadix , ou de Rome à Naples , par un bois où vingt bandes, tantôt réunies contre lui, tantôt se dévalisant entre elles, le mettraient chaque fois a rançon. L'idée que toute monnaie de papier est un danger si elle n'a l'or et l'argent pour base est celle qui retarde le plus les fondations utiles, en rendant impossible d'en payer beaucoup a la fois. Je reviens donc à mon dire. Si la monnaie d'or et d'argent a développé la richesse en facilitant l'échange de tous les biens que les particuliers et les peuples ne peuvent pas mettre en présence, ou dont la demande et l'offre ne sont pas simultanées, le triple avantage qu'elle a sur chacun de ces biens de pouvoir comme monnaie les acquérir tous, de se conserver comme métal tandis qu'ifs se consomment, et de n'avoir, étant plus rare qu'eux, qu'à se montrer ou se cacher pour en changer tous les prix, sans que leurs quantités, leurs qualités, ni le besoin qu'on en avait, aient varié le moins du monde, a non seulement développé l'égoïsme, en permettant les accumulations, mais préparé les révolutions en mettant l'esprit de calcul , ce pouvoir cruel parce qu'il est timide , au dessus des pouvoirs naturels, qui sont le génie, la force et la beauté. C'est elle qui a

créé à la longue, par l'égoïsme et par la concurrence, l'état que nous appelons civilisé, et qui est véritablement un état de guerre.

Comment les sociétés ne se déchireraient-elles pas périodiquement, en présence d'une telle usurpation, de la perpétuité que lui a donnée l'invention de l'intérêt , et des incessants emprunts ou concessions de privilèges par lesquels, pour en avoir une part, comme îe chien qui portait le dîner de son maître, les gouvernements, abusant de l'honneur des peuples, engagent a quelques hommes tout le fruit de leur travail , et présent et à venir ?

Il n'y a qu'un moyen de mettre un terme à ces colères : c'est une monnaie de papier conçue de telle sorte, que chacun livre contre elle tout ce qu'il a avendre, aussi bon et à aussi bas prix qu'il le fait contre numéraire, et que par le seul fait du paiement elle se détruise comme se détruit ce qu'elle a servi à acheter. Ce problème est le plus grand que l'esprit humain puisse se proposer, car c'est celui dont la solution peut guérir instantanément le plus de maux. Il est résolu par la formule que voici d'engagements qu'un grand établissement central pour-

rait échanger entre eux

g&ec(o.

«A jours de vue, je paierai contre le présent billet au porteur la valeur de francs, en

tels produits, ou tels travaux, valeur reçue comptant.

» J'ai pris connaissance des conditions ci-derrière, et j'y ffdhère. »

Verso.

« Prévenu ou non que le présent bon lui sera donné en paiement, son souscripteur ne peut se refuser à livrer contre lui ses produits ou travaux aux prix que détermineraient a ses frais, s'il en exigeait de déraisonnables, des arbitres nommés parle tribunal de commerce.

«Tout souscripteur qui n'est pas en mesure de payer à vue ou jours de vue , en produits ou travaux aux cours , se soumet d'ailleurs à ce que ses billets soient vendus publiquement et a l'enchère s'il ne les rembourse pas en espèces , et si la Société aime mieux céder ainsi ses droits que de le poursuivre. »

Billet de la Société elle-même.

(( Le présent billet sera pris par nous à vue pour la

somme de francs, espèces, en paiement, soit

de sommes à nous dues, soit d'articles de nos portefeuilles et magasins. »

Comment, allez-vous m'objecter, se rendra-t-on compte de la valeur? Si l'usage de l'or et de l'argent l'abaisse en mettant le producteur a la merci du riche, l'usage de ces bons généraux et spéciaux ne l'exagérera-t-il pas en mettant le riche à la merci du producteur?

Cette exagération ne serait pas un mal , puisqu'elle pousserait le riche à produire. Mais ne saisissez-vous pas la façon dont tous ces bons fonctionneront?

Avec un bon de la société centrale , vous aurez droit de prendre dans ses magasins ou portefeuilles , aux prix

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de fabrique augmentés d'une légère commission, toutes les choses a votre convenance et d'une valeur égale ou supérieure à votre bon (auquel, dans le dernier cas, vous ajouterez l'appoint manquant), qui s'y "trouveront, soit en nature, soit en engagements de fabricants ; et il faudra bien que ces engagements soient loyalement exécutés, car, s'ils ne l'étaient pas, vous les rapporteriez a la société, qui vous les remplacerait ou rembourserait, et qui, non seulement romprait toute relation avec leurs signataires, mais dénoncerait surle-champ ceux-ci à tout le commerce en mettant leurs noms à l'enchère et les vendant à tout prix.

Vous voyez bien que vous serez garanti de toute exaction, non seulement par la concurrence des producteurs entre eux comme dans le système actuel , mais encore par une certitude complète de déshonneur et de ruine pour ceux qui se conduiront malhonnêtement.

En revanche, au moyen d'avances de la société centrale sur leurs bons, ils auront pu manger en attendant le chaland, au lieu'd'ètre forcés, pour manger, de vendre à perte, comme ils le font trop souvent . C'est bien le moins* ce me semble , quand on ne demande qu'un prix raisonnable de son travail et de son temps.

Donc, obliger les producteurs d'êtrehonnêtes(l)cn attendant qu'ils en comprennent d'eux-mêmes toute l'utilité pour eux, et, dans ce but, autoriser la vente à l'enchère des signatures déloyales , sans autre forme qu'une

(1) Supposez une nation composée d'hommes parfaitement honnêtes et un goaveriMUMnl digne d'elle, la monnaie métallique est inutile. Des billets, des feuilles do chêne, un signe quelconque des dettes et

mise en demeure et sans autre délai qu'une semaine ou deux, voilà tout ce qu'il est nécessaire que fasse l'État pour que les signes métalliques d'échange puissent être peu a peu remplacés par des signes sans valeur intrinsèque, c'est-à-dire par une chose crue jusqu'à présent im possible, par une mesure invariable de la valeur, mesure qui relèverait et relierait les hommes, changerait en producteurs les intermédiaires inutiles1, hâterait l'avènement du libre échange, lui faciliterait à lui-même toutes les créations productives (1) et amènerait naturellement une liquidation au lieu d'un encombrement général, chaque fois que le géant populaire ébranlerait la société en se retournant sous elle. Puisse l'État se prêter à ce grand progrès ! Il a cru servir l'agriculture et l'industrie en laissant créer des valeurs à intérêt sur obligations hypothécaires et sur actions de toutes sortes. Il s'est trompé. Ce ne sont que des superfétations dangereuses. Cn ne soutient solidement un excès d'effets publics, de contrats et d'actions, que par de la monnaie ou des produits de première nécessité ; et nous verrons , à la première grande crise , nos crédits foncier et mobilier s'écrouler comme des châteaux de cartes, si l'on ne fait pas alors de la monnaie de papier, c'est-à-dire précisément ce que je demande qu'on fasse dès aujourd'hui. Je le de-

des créances réciproques, suffiraient a toutes les transactions commerciales. Les menues dépenses exigeraient seules une certaine quantité de métal. (Rossi).

(l) Novator maximus Tempus. Quidne igilur Tempus imitamur ? Morosa morum retentio res turbulenta est œque ac novitas.

(Bacon.)

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mande, parce que c est le travail qui gagne aux accroissements de monnaie, tandis que c'est le capital qui gagne aux accroissements de valeurs a intérêts; et qu'entre la terre, qui est un monopole, puisqu'elle est appropriée et ne peut s'étendre; le capital, qui est accessible, mais dont ceux qui le possèdent défendent l'accès tant qu'ils peuvent, et le travail, pour qui le nécessaire est plus difficile a acquérir que le superflu pour le capital et la terre, c'est incontestablement au travail que le législateur doit toujours ses premiers soins.

Tout ce qui précède est, j'espère, écrit dans la langue de tout le monde. Pour les économistes, voici quelques lignes d'un Anglais de mes amis, exprimant les mêmes idées, dans leur langue :

Maintenant que nos progrès en mécanique, en physique et en chimie, nous ont mis à même de produire plus qu'il ne faut pour tout le monde, l'unique cause de la misère est dans le consentement de tous les hommes à restreindre leurs moyens physiques de jouissance a la quantité précise qui en peut être échangée contre la marchandise la moins capable au monde de multiplication par le travail humain. Tant qu'ils faisaient leurs échanges en nature, la production était cause de la demande, puisque celui-làseul qui produisait était en état de demander. L'usage du numéraire a changé cela: avec cet usage, pour que rien n'arrêtât jamais le développement de la richesse, il faudrait que le numéraire s'accrût en même temps que la production; autrement les prix de toutes choses montent oubaisscnl, suivant qu'elles

sont en plus grande masse ou en moindre masse que le numéraire. C'est par le numéraire que la production est devenue l'effet de la demande au lieu d'en être la cause, et il y aura toujours encombrement d'un côté , concurrence et souffrance de l'autre , tant que notre faculté de droduire sera supérieure à notre faculté d'échange.

Limiter la production en abrégeant les heures de travail ne remédierait à rien , puisque la limitation de la production limiterait en même temps la demande.

Le problème est donc de créer des moyens d'échange, et, en les prêtant, une demande qui engage ceux qui la feront a produire pour pouvoir s'acquitter.

Il n'y a qu'un grand centre d'échange avec soultes en numéraire qui puisse résoudre ce problème-là.

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