A MÉDITER
En Coûté science, c'est par l'épuisement des erreurs Çu'on arrive a la vérité. La recherche du vrai est toujours utile; ce qui est nuisible c'est la non-recherche.
Il est impossible, sous un gouvernement qui persécute l'homme qui pense , que la nation produise de grands ministres. Le danger de s'instruire y détruit l'instruction, et le peuple gémit sous le joug d'une orgueilleuse ignorance, qui précipite bientôt dans une ruine commune et le despote et sa nation.
Tout peupfe sage doit payer en honneur lés services qu'on lui rend. Veut-il les acquitter en argent , il épuise bientôt son trésor, et son impuissance a récompenser le talent et la vertu les étouffe tous deux dans leur germe. Mais les honneurs sont une monnaie qui hausse et baisse selon le plus ou moins de justice avec laquelle elle est distribuée.*
Il en est d'un empire comme d'un collège. Lesprixetles premières places sont-elles pour les favoris du régent, plus d'émulation parmi les élèves , les études tombent. Or ce qui se fait en petit dans les écoles s'opère en grand
dans les empires : lorsque la faveur seule y dispose des
places, la nation est sans énergie, les grands hommes en
disparaissent. (Helvétius.)
coup C'est pour se faire beaucoup de partisans par beau
de places à donner qu'on a une marine chère , une armée, des administrations et des colonies qui ne le sont pas moins. — Le traitement étant la moindre partie de ces dépenses, il serait en vérité plus économique de payer des pensions à tous ces fonctionnaires inutiles. Seulement il conviendrait d'examiner a fond de combien le travail et la misère du peuple sont augmentés par la vie voluptueuse et désœuvrée des individus qui ne tiennent a la société que par leur bien-être.
Henri IV disait a ses courtisans , quand il fut devenu paisible possesseur de son royaume, qu'il serait bien aise , puisqu'on jouissait de la paix , qu'ils allassent voir leurs maisons et donner ordre a faire valoir leurs terres. — Il leur montrait par son exemple a retrancher la superfluité des habits, louait ceux qui se vêtaient simplement comme lui, et se riait de ceux qui portaient leurs moulins et leurs bois de haute futaie sur leurs dos.
(Marquis de Mirabeau.)
Les invalides coûtent fort cher, sont entièrement inutiles a l'état, et mènent dans leur hôtel une vie fort triste. Si on les distribuait dans les départements, en assignant à chacun moitié de ce qu'il coûte à Paris, ils y occasionneraient plus de consommation, et augmenteraient en se mariant le nombre des citoyens. Puis leur hôtel pourrait
être consacré a des enfants trouvés, qui y seraient élevés avec soin, pour devenir soldats. On en ferait autant dans d'autres centres, et cette destination toute naturelle suppléerait en grande partie la conscription. Les filles devraient être élevées de même dans des communautés pour devenir les femmes de ces garçons à mesure qu'ils seraient envoyés dans des terres dont le produit leur tiendrait lieu de solde.
La force ou la faiblesse d'un empire dépend de la quantité, noii de ses habitants, mais de ses subsistances. Si la quantité des subsistances augmente plus que celle des habitants, il se renforce. Si la quantité des habitants augmente plus que celle des subsistances, il s'affaiblit.
Nous importons annuellement, en moyenne :
40,000 bœufs ou vaches] 170,000 moutons I sans compter
25,000 chevaux ? les peaux, laines, etc.
150,000 porcs ]
Pour mettre un terme à ces sacrifices, on devrait fonder dans chaque arrondissement une ferme d'une centaine d'hectares, et favoriser les propriétaires et fermiers qui en appliqueraient de cette tenure ou de supérieures à l'élève des bestiaux, en déclarant que parmi eux seuls seraient choisis les administrateurs de département, et que leur cheptel et leur mobilier ne pourraient pas être saisis.
En Ecosse, voici ce qu'on a fait :
A tout propriétaire ou fermier de 150 a 200 acres, avan-
tageusement connu, on a avancé, contre ses engagements de 55,000 fr. a 6 ans, 10,000 de suite, puis 10,000 par an pendant quatre ans, en billets de banque , bien entendu à la condition que des commissaires veilleraient à ce que tout fût employé sur la ferme.
Le prêt était fait, comme on voit, pour une moyenne de trois ans, à l'intérêt de 2 | p. 100 l'an.
L'Ecosse a énormément avancé au moyen de cette combinaison. (Rubichon.)
La hausse des salaires est un bien quand le travail demandé est appliqué à produire des choses dont les travailleurs peuvent faire usage. Quand il s'applique à ne faire que des choses à l'usage des riches, c'est le contraire. (Rossi.)