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CURES OPEREES PAR LA VOYANTE

Même à l'état de veille, Madame H. ressentait en elle-même, ou voyait dans le corps des personnes qui se mettaient en relation avec elle , toutes leurs indispositions. Elle expliquait les maux de nerfs par des nœuds qui se formaient à l'épine dorsale et qui les tiraient. Voici ses cures les plus remarquables :

Delirium tremens, suite d'ivrognerie , guéri par

5 cuillerées de tilleul ,

5 — de jus de bouleau ,

1 drachme de castoreum , dans 17 cuillerées d'eau bouillante ; le tout bu depuis 7 heures du matin jusqu'à 7 du soir.

Ver solitaire, par l'apposition prolongée de sa main gauche sur l'abdomen du maladee

Maladie mentale, 4° Par une amulette de 9 feuilles de laurier;

2° Par l'apposition de la main gauche sur la cavité du cœur, et de la droite sur le front, 9 jours de suite, 3 fois par jour ;

3° Par trois potions de 9 cuillerées d'eau et de 5 feuilles d'hypericum chacune , prises chaque jour en commençant à 9 heures du matin.

Elle avait recommandé la plus grande exactitude à ne pas s'écarter des nombres ci-dessus , prétendant que la constitution de chacun de nous répond à un chiffre dont elle dépend. 7, disait-elle, était le sien.

Elle lisait ces chiffres, et la langue interne dont il a été question plus haut , dans des cercles que nous portons intérieurement, et qu'elle traçait avec la plus grande régularité sans l'aide d'aucun compas.

Je renvoie ceux qui voudront connaître ces cercles avec tous leurs détails au livre du docteur Kerner. Quant à la langue, d'autres individus, tels

que Jacques Boèhm, ayant dit, comme la voyante, la lire dans leur estomac , je vais en citer quelques mots :

Handacadi , Alentana , Chlann , Schmado 7 Nohin , Biannafina , Moî, Toi?

Omiacriss, Omiada , Un,

JOy

Quin,

Bonafinto girro ,

Girro danin-chado ,

Moli orato ,

0 minio pachadastin 7

Pasi anin cotta ,

Médecin.

Dame.

Verre.

Lune.

Non.

Fleur multicolore.

Comment.

Quoi?

Je suis.

J'ai.

Deux.

Cent.

Trente.

Que Ton sorte.

Que Ton reste.

Je repose.

Je dors.

Le cercle se remplit,

Elohim majda djonem, sont les trois mots qu'elle écrivait sur ses amulettes.

ESPRIT NERVIQUE.

La voyante disait 1° qu'outre l'âme et l'intelligence il y a un esprit nervique; et que cet esprit reste l'enveloppe de l'âme quand celle-ci quitte le corps, tandis que l'intelligence retourne à son centre primitif , tout de suite si elle est pure , ce qui n'est le cas pour presque aucune , et seulement après plus ou moins de temps qu'elle passe près de l'âme, et sans aucun pouvoir sur elle à la voir souffrir, si elle l'a mal dirigée; 2° que l'âme ne sent et n'agit dans l'autre monde qu'en raison des traces laissées en elle par les actions auxquelles l'intelligence Ta habituée dans cette vie.

C'étaient ces enveloppes qu'elle avait la faculté de voir, sans devenir pour cela tout à fait étrangère à ce monde, et beaucoup mieux à la clarté du soleil ou de la lune que dans l'obscurité. Lésâmes n'ont, disait-elle, point d'ombre. Leur forme est grisâtre; leurs vêtements sont ceux qu'elles ont portés dans ce monde, mais grisâtres comme elles-mêmes. Les meilleures ont seulement de grandes robes blanches et semblent planer, tandis que les mauvaises marchent péniblement. Leurs yeux sont tous

étincelants. Elles peuvent non seulement parïer7 mais produire des sons, tels que soupirs, frôlements de soie ou de papier, coups sur des murs ou des meubles , bruits de sable , de cailloux , ou de chaussures traînées sur le sol. Elles sont aussi capables de mouvoir les objets les plus lourds et d'ouvrir ou fermer les portes. Plus elles sont souffrantes , plus ces bruits qu'elles produisent à l'aide de l'air et de leur esprit nervique peuvent être forts ; mais il paraît qu'elles ne peuvent pas les produire et se montrer en même temps.

Ainsi il y a bien positivement un Hadès ou monde aérien , habité par des âmes enveloppées de leur esprit nervique, monde qui tient le milieu entre la terre et le séjour des bienheureux. Ces âmes habitent des régions plus ou moins élevées suivant qu'elles ont plus ou moins bien vécu. Leurs fautes leur font une pesanteur morale qui les retient près de la terre , comme la pesanteur matérielle y retenait leurs corps.

Le malheur des plus pesantes est d'avoir toujours devant les yeux et ces fautes et la félicité dont elles se sont privées par elles.

L'amélioration de leur sort est dix fois plus difficile pour elles , dans ce monde aérien , qu'elle ne l'eût été sur terre.

A Oberstenfeld , une de ces âmes , celle d'un comte Weiler, qui avait assassiné son frère, se présenta à madame H. jusqu'à sept fois. Madame H. seule la vit ; mais plusieurs de ses parents entendirent une explosion , virent des carreaux se briser, des meubles et des chandeliers se déplacer, chaque fois que le fantôme revint, et avant ou après sa venue.

Une autre âme d'assassin, vêtue d'un froc, poursuivit madame H. toute une année , lui demandant, comme l'avait fait le comte Weiler, des prières et des leçons de catéchisme. Cette âme ouvrait et fermait violemment les portes , remuait la vaisselle , bouleversait les piles de bois , frappait de grands coups sur les murailles, et semblait se faire un jeu de changer de place à tout moment. Vingt personnes respectables l'ont entendue, soit dans la maison , soit de la rue , et certifieraient au besoin le fait.

Un fantôme de femme, portant dans ses bras un enfant, se montra à madame H. plusieurs fois. Comme ce fut le plus souvent dans sa cuisine, elle en fit lever quelques dalles , et on trouva à une assez grande profondeur le cadavre d'un enfant.

A Weinsperg, l'âme d'un teneur de livres qui

avait commis quelques infidélités pendant sa vie la vint prier, en redingote grise râpée, de dire à sa veuve de ne pas cacher davantage les livres dans lesquels se trouvaient ;ses fausses écritures , et lui indiqua l'endroit où ils étaient, pour qu'elle les dénonçât à la justice. Elle obéit. A l'aide de ces livres, quelques torts du mort furent réparés.

A Lenach , ce fut Fâme d'un bourgmestre nommé Bellon, mort en 1740, à l'âge de 79 ans, qui vint lui demander des conseils pour échapper à la persécution de deux orphelins. Elle lui donna ces conseils , et après six mois l'âme ne revint plus.

On trouve cette mort dans les registres de la paroisse de Lenach, avec une note portant que le bourgmestre Bellon a fait tort à plusieurs enfants dont il était tuteur.

Je pourrais encore citer une vingtaine d'apparitions , mais je crois qu'elles intéresseraient peu. Madame H. conserva jusqu'à ses derniers moments, qu'elle prédit trois jours d'avance, cette faculté de voir des esprits. Elle quitta la vie en poussant un grand cri de joie, et sa sœur, qui était dans une pièce voisine, vit passer son ombre.

On trouva son cerveau et son épine dorsale non seulement d'une excellente conformation , mais

dans un excellent état. Son cœur et les organes respiratoires étaient très enflammés , son foie et son bas ventre obstrués. La vésicule du fiel renfermait une grosse pierre. La voyante l'avait dit plusieurs fois.

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