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RÉVOLUTIONS DES PLANÈTES

Système Lavezzari.

Il a été reconnu par des annotations d'une exactitude rigoureuse :

1° Que les planètes placées, au nombre de onze, à différentes distances du soleil, se transportent toutes autour de cet astre dans une même direction et dans un plan qui est à peu près le même pour chacune d'elles, à l'exception de trois qui s'en écartent un peu, au sud et au nord de leurs orbites ;

2° Que la direction de leur mouvement de translation est aussi la direction du mouvement de rotation du soleil sur son axe ;

3° Que plus une planète est placée près du soleil et plus la vitesse de son mouvement est rapide : ainsi Mercure , la planète la plus voisine du soleil, se meut plus rapidement que Vénus , qui la suit dans l'ordre des distances, Vénus plus rapidement que la terre, etc., en sorte que. les pins éloignées

non seulement ont des orbites plus grandes à décrire , mais y mettent relativement plus de temps ;

4° Que les planètes ne restent jamais à une distance uniforme du soleil , mais qu'elles s'en éloignent et s'en rapprochent alternativement , tout en tournant autour de lui ;

5° Que, chaque fois et tout le temps qu'elles se rapprochent du soleil, leur mouvement de translation augmente de vitesse, et qu'il diminue, au contraire , chaque fois qu'elles s'en éloignent ;

6° Que leurs absides , c'est-à-dire les points où elles sont alternativement le plus près et le plus loin du soleil, ne sont pas les mêmes à chaque révolution , et font à la longue , en changeant constamment de place, le tour du ciel ;

7° Que ces points diffèrent aussi de lieu pour chaque planète , ou ne coïncident que rarement et accidentellement ;

8n Que les satellites qui circulent autour de la Terre, de Jupiter, de Saturne et d'Uranus, sont soumis à leur égard aux mêmes lois.

Descartes a cherché à expliquer ces révolutions des planètes par un fluide invisible répandu dans l'espace , tourbillonnant autour du soleil et les entraînant dans son cours. Descartes avait raison : c'est là en effet ce qui a lieu, ainsi que nous allons

le voir tout à l'heure. Mais il a mêlé à cette idée de tourbillons celle d'une force centrifuge inadmissible, puisqu'elle rendrait les tourbillons tellement denses à leur circonférence que les planètes et leurs satellites ne pourraient pas s'y mouvoir, et de l'incompatibilité de ces deux idées on a conclu que les tourbillons n'existaient pas, au lieu de conclure que la force centrifuge pouvait ne leur être pas appliquée. Descartes n'ayant pas séparé ses deux idées , l'ensemble en a été abandonné ; et c'est précisément la fausse, quant au mouvement des planètes, si ce n'est quant à leur formation, que Newton a reprise en la rectifiant par sa fameuse loi d'attraction.

C'est vainement qu'à mesure qu'il apercevait un défaut dans sa théorie , il a imaginé successivement cinq hypothèses les plus ingénieuses du monde; il n'est pas possible de se rendre compte avec elle des divers phénomènes célestes. Comme nos savants s'y cramponnent, il est bon de la disséquer.

Tout mouvement, a dit Newton d'après Descartes, est par lui-même rectiligne (Mackintosh a aussi émis cette opinion), en sorte que, sans la force centripète qui attire les planètes vers le soleil , les planètes s'éloigneraient indéfiniment de lui. — Tout corps qui décrit une courbe, ajoutent MM. les

savants , la décrit la plus grande qu'il peut , un grand cercle étant moins courbe , moins différent d'une droite qu'un petit.

Or lancez une toupie, vous verrez tout de suite s'il est vrai que le mouvement curviligne n'ait pas pu être imprimé aux astres et s'il tend à devenir rectiligne en s'élargissant. Ne tirez pas ou ne poussez pas la toupie, le cercle qu'elle décrira non seulement ne s'étendra pas, mais encore se resserrera, jusqu'à ce qu'elle s'arrête sur un point dans une apparente immobilité. Contraignez-la un moment, en la tirant ou la poussant, à décrire une ligne droite, puis abandonnez-la, elle reprendra sa courbe. Que devient, en présence de ce fait , la prétendue force centrifuge?

Reste la force centripète. C'est , dit-on, la chute d'un fruit sur la tête de Newton qui lui en fit faire la découverte. Il pensa que, puisque tout corps grave abandonné à lui-même dans l'air tombe en droite ligne sur la terre, la force qui l'attire ainsi peut s'étendre jusqu'à la lune, et forcer celle-ci, en corrigeant son mouvement, qui sans cela serait de projection, à décrire une courbe autour de la terre,, exactement comme la corde d'une fronde la force de décrire un cercle autour de la main qui la tient. Puis, comme il remarqua que la lune se rapproche

constamment de la terre tout en tournant autour d'elle, ce qui détruisait son système d'équilibre entre les deux forces , il se mit à mesurer la force centrifuge de la lune sur sa vitesse moyenne , et, la trouvant beaucoup trop faible pour la puissance de la gravité de la terre, telle qu'elle se manifeste aux régions les plus élevées où nous puissions pousser nos expériences, il se dit qu'apparemment l'efficacité réciproque de la gravité des corps diminue à mesure d'augmentation de la distance qui les sépare, chercha la proportion qu'il fallait entre cette diminution et cette augmentation pour qu'à la distance où nous sommes de la lune sa force centrifuge ne fut pascomplétement vaincue, et trouva que l'attraction devait diminuer en raison inverse du carré de la distance.

Il voulut voir si la force d'attraction du soleil à l'égard de la terre était d'accord avec la règle, et, trouvant qu'ici ce serait la force centrifuge qui serait trop supérieure pour ne pas emporter la terre, il fut obligé de supposer que l'attraction des corps célestes est en raison directe de leurs masses , chercha combien la masse du soleil devait être supérieure à celle de la terre, et trouva 554,930 , nomhic qui, n'étant que le quart du nombre de fois que le soleil est plus gros que la terre, l'obligea en-

core à supposer que la densité de cet astre n'est que le quart de celle de notre globe. Enfin , considérant que l'attraction des corps terrestres électrises ne suit pas les mêmes lois que celle désignée par lui pour les corps célestes , il en conclut , comme cinquième hypothèse, que la gravité de ces derniers corps est d'une nature à eux particulière.

Voilà bien des suppositions sans autre base que le besoin d'une mauvaise cause. Elle n'en est pas devenue meilleure. Tout enthousiastes qu'en sont nos géomètres, je les défie de mettre tout cela en harmonie avec ce qui a lieu.

En effet, nous avons vu que les planètes accomplissent leur révolution autour du soleil en se rapprochant et s'éloignant alternativement de cet astre, accélérant leur mouvement quand elles se rapprochent, le ralentissant quand elles s'éloignent. Comment arranger cela avec une force centrifuge dont la vitesse fait la force, et qui seule empêche les planètes d'être attirées dans le soleil ? D'après cette théorie , puisque cette force est dans leur vitesse, le moment de leur plus grande vitesse devrait être celui où elles montrent, en s'éloignant, le plus de force, non pas celui où, en se rapprochant du soleil , elles font voir que leur force est vaincue par la supériorité de la gravité.

Autre objection : s'il était vrai que la force centrifuge de la planète augmentât en raison de sa vitesse et la force attractive du soleil en raison inverse du carré de la distance , chaque fois qu'une planète se meut avec une même vitesse à une même distance du soleil ; l'effet résultant des deux forces devrait être le même. Eh bien, de deux points opposés l'un à l'autre, mais juste aussi éloignés l'un que l'autre du soleil , la terre traverse l'un en ralentissant sa course pour s'éloigner de cet astre, l'autre en l'accélérant pour s'en approcher. Chacune des deux forces domine donc à son tour sa rivale dans des conditions identiques. Cela n'est vraiment passoutenable . La cause véritable du mouvement curviligne des planètes autour du soleil et des satellites des principales autour d'elles est la matière non employée dans tous ces corps, tour à tour un peu dilatée , un peu resserrée, par la double action de l'électricité dans l'espace que remplit Dieu (de même que nos poumons sous l'influence électrique se gonflent et se dégonflent par notre respiration), mais forcée par la rotation rapide de ces grands corps de former autour d'eux autant de tourbillons se dominant l'un l'autre depuis le plus grand jusqu'aux plus petits. Faites tourner la toupie, approchez-en un flocon de coton : vous le verrez tourner dans le

même sens qu'elle. C'est la matière à l'état de gaz qui tourbillonne autour de ce petit corps grave et qui entraîne l'autre corps plus léger.

C'est ainsi que toutes les planètes, situées à diverses distances du soleil, sont entraînées par le mouvement de son tourbillon, qu'elles suivent toutes la même direction, et vont d'autant moins vite qu'elles sont plus éloignées de lui.

On comprend sans peine, une fois ce principe trouvé, que la masse de gaz qui reçoit l'impulsion du soleil ne se meuve pas avec autant de rapidité à l'extrémité de son tourbillon que près de lui ; on comprend de même comment un tourbillon peut se trouver dans un tourbillon plus grand : car , si les planètes se sont élancées du sein du soleil au milieu de son atmosphère , il suffit que chacune d'elles ait eu la propriété de tourner sur elie-même pour qu'il se soit établi dans le tourbillon solaire autant d'autres petits tourbillons, lesquels subsisteront aussi long-temps que ces corps conserveront leur mouvement de rotation. Tous ces effets sont simples, et le double mouvement de contraction et de dilatation de la matière divisée dans l'espace explique à la fois le va-et-vient des planètes à l'égard du soleil , le déplacement de leurs absides, la forme de leurs

orbites , le phénomène des marées, la précession des équinoxes et la nutation de la terre.

Voulez-vous avoir la preuve qu'il existe dans la nature ? Laissez tomber dans de l'eau très chaude un peu de beurre fondu , vous le verrez tourner sur lui-même , et se dilater et se contracter tour à tour, de manière à augmenter et à diminuer successivement dans une proportion assez forte. Jetez sur le bord de l'œil qu'il formera une miette quelconque. Elle sera entraînée autour du centre de l'œil par son mouvement de rotation , se rapprochera du centre tout le temps que l'œil se contractera , s'en éloignera au contraire tout le temps qu'il se dilatera.

Cet effet ne se produit que sur un liquide extrêmement chaud , parce que , sans cela , il serait trop peu pénétré du principe électrique pour ne point résister à sa double action de dilatation et de contraction; mais il démontre clairement comment le soleil et les planètes . placés chacun au milieu de son tourbillon, se trouvent soumis au mouvement oscillatoire de la matière à l'état de gaz pénétré d'électricité qui le compose , et se rapprochent et s'éloignent alternativement de son centre , en même temps que l'action des tourbillons les uns sur les autres détermine leur mouvement de translation

à travers l'espace , où cette même matière existe encore, mais à un tel état de divisibilité, qu'elle n'oppose plus aucune résistance.

Le déplacement continuel des absides et la forme des diverses orbites des planètes s'expliquent si bien par ces deux causes qu'il est impossible de les méconnaître.

Il n'est pas besoin , en effet , de recourir aux mathématiques transcendantes pour comprendre que, puisqu'en faisant le tour du soleil les planètes s'en éloignent et s'en rapprochent alternativement, par suite de l'élasticité toujours en action de son tourbillon et des leurs propres , elles ne peuvent atteindre à chaque révolution leurs plus grandes et leurs plus petites distances dans les mêmes lieux du ciel qu'autant que le tourbillon du soleil , le plus fort de tous , met à se dilater et à se resserrer tour à tour exactement le même temps que leurs ' révolutions à s'accomplir. Ce temps n'est pas le même. Dès lors les absides doivent se déplacer à chaque révolution.

De même pour les orbites. Elles seraient toutes les mêmes si la différence de temps entre la révolution de chaque planète et le double mouvement du tourbillon du soleil était la même pour toutes les planètes. Mais dans une année qu'il faut au

tourbillon du soleil pour que son double mouvement soit accompli tout entier, la Terre accomplit une révolution , Mars n'accomplit que moins d'une moitié de la sienne, Mercure qu'à peu près le quart, Jupiter qu'un douzième environ, etc. Il en résulte que toutes les orbites sont différentes.

Celle de la Terre est un cercle un peu allongé d'un côté , un peu raccourci de l'autre , et ses absides ne font que lentement , en avançant à chaque révolution , le tour du ciel , parce que le tourbillon solaire ne la repousse et ne l'attire alternativement qu'une fois pendant sa course autour de lui.

Celle de Mars est une ellipse , c'est-à-dire un cercle deux fois allongé , deux fois rentré , parce qu'il est , dans sa course , repoussé deux fois , attiré deux fois , et ses absides font le tour du ciel en à peu près 32 ans , parce qu'il met 687 jours à faire le tour du soleil , tandis que les deux mouvements du tourbillon solaire ne se répètent complètement qu'en 730 jours.

Celle de Mercure est une spirale centrifère, parce que Mercure fait deux tours attiré , deux repoussé, et ses absides doivent avancer avec une grande vitesse, parce qu'il décrit en sus de quatre tours exacts un arc supplémentaire de 62 degrés.

Celle de Jupiter est un cercle ondulé, parce que

Jupiter a besoin de 1 1 ans 315 jours pour accomplir sa révolution , et qu'il est repoussé et attiré douze fois. Ses absides varient, parce qu'il y a 50 jours de différence entre sa révolution et 12 années , etc., etc.

Cérès et Pallas sortent de leurs orbites aux époques de leurs conjonctions, parce que leurs tourbillons élastiques se repoussent mutuellement, comme pour les préserver du choc, et l'ellipse que décrit la terre est chaque mois très légèrement altérée , parce que le tourbillon , ou atmosphère de la lune , presse un peu le sien.

Toutes les orbites sont parfaitement ce qu'elles doivent être , d'après le rapport de temps entre les révolutions des planètes et les mouvements oscillatoires tant du tourbillon solaire que de leurs propres tourbillons.

Les marées (qu'explique mal l'attraction de la lune, car, si elle était vraie, l'eau se retirerait des rivages pour s'élever, au lieu de s'étendre sur eux comme elle fait) s'expliquent parfaitement par la pression du tourbillon de la lune sur le nôtre , parce qu'il est tout simple que sous une pression dont le point change sans cesse parla rotation des deux planètes, l'eau gagne en étendue ce qu'elle perd en hauteur.

Enfin la précession des équinoxes et la nutation de la terre sont les suites d'un renflement et d'un aplatissement alternatifs que produit sur le tourbillon du soleil le tourbillon d'un astre encore plus grand que lui.

Donc les tourbillons et leurs mouvements oscillatoires sont aussi complètement la vérité que le système tant vanté des forces centripète et centrifuge est complètement l'erreur, et l'électricité possédant seule , je le répète, la double force d'attraction et de répulsion , elle seule est l'agent de Dieu , comme la matière est son sujet.

EXPLICATION DES DÉLUGES Par M. Adhémar.

Les équinoxes avancent un peu chaque année. Ce fait , pour chaque équinoxe , d'arriver un peu plus vite que l'équinoxe antérieur, s'appelle précession des équinoxes, action de précéder V heure.

Par suite de ces précessions , il y a inégalité entre les sommes des heures de jour et de nuit des deux hémisphères : l'un a sept jours d'hiver et d'automne de plus que l'autre , et de l'eau et des glaces de plus en proportion. Le centre de gravité de la terre s'est déplacé en conséquence de cette inégalité; au lieu de rester au point central du globe primitif, il a passé au point central du globe, augmenté , à l'un de ses côtés , d'une calotte de glace et d'eau , qui ne forme pas une addition de moins de vingt lieues.

Mais, au bout de 10,500 ans, la supériorité de calorique produite par sept jours d'hiver et d'automne de moins dans celui des pôles qui jouit, pendant ce temps de plus , du voisinage du soleil , passe au pôle le plus glacé et le plus aquatique,

fond ses glaces, et produit une débâcle qui reporte le centre de gravité de la terre non seulement à son point primitif, mais plus loin, à cause des eaux qui se précipitent des continents voisins du pôle le plus glacé, lequel devient le plus chaud ,vers celui le plus chaud, qui devient le plus glacé. Cette émigration de glaces et d'eau fait le déluge, et se renouvelle en sens inverse tous les 10,500 ans. — Il ne faut pour cela que cette quantité de 10,500 années, produisant, à 168 heures d'été et de printemps de plus (1), un degré de chaleur par 1 ,000 ans, en tout 10 degrés et demi, parce que la période de 25,900 ans nécessaire à la terre pour que le moment des équinoxes corresponde au même point du ciel se réduit à 20,937 ans pour son orbite , à cause de l'attraction des planètes, qui fait marcher, en quelque sorte , le périhélie à la rencontre du point de l'orbite coïncidant avec le moment de l'équinoxe.

(1) 168 journées de différence font 336 pour la différence de chaleur, puisque l'un des hémisphères perd autant que gagne l'autre, ce qui fait le double. Il se forme ainsi , au bout de 10,500 ans , neuf fois plus de glaces et d'eau dans un hémisphère que dans l'autre.

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