LE CHRISTIANISME
Un immense abîme, des ténèbres, et Dieu étendu sur les eaux, voilà tout ce qui existait il y a un peu moins de 6,000 ans. Tout à coup Dieu fit d'un seul mot la matière et la lumière.
Le lendemain il fit un firmament ;
Le surlendemain il sépara le ciel de la terre, et ordonna à la terre de produire toutes les espèces d'herbes et de fruits avec leurs graines ;
Le -4e jour il fit le soleil, la lune et tous les autres astres ;
Le 5e jour, les poissons et les oiseaux;
Le 6e jour, les animaux et l'homme, qui fut d'abord mâle et femelle a la fois et à qui il ordonna de croître et de multiplier;
Le 7e jour il se reposa; après quoi il plaça l'homme dans un jardin , lui apprit les noms des animaux, tira de sa côte la femme, la lui donna pour compagne, et leur interdit un seul fruit.
A l'instigation du démon, la femme mangea de ce fruit et en fit manger a l'homme. Dieu, irrité, les chassa du jardin, et les condamna à d'éternelles peines, eux et toute leur descendance. Puis il se ravisa, et prit la forme d'un homme pour nous racheter de ces peines en se faisant crucifier. Mais cet acte d'indulgence ne nous profile qu'a la condition de croire tout ce que je viens de dire, et que Dieu se fait aussi quelquefois colombe*
"" Ainsi je ne conçois Dieu qu'éternel (1) , et il me faut croire que de cette immense existence il a passé une partie sans lumière. Je ne le conçois que bon, et il me faut croire qu'il a fait deux êtres faillibles pour punir une faute d'eux sur des milliards d'innocents. Je ne le conçois qu'infini, et il me faut croire qu'il s'est réduit a deux corps. Je ne le conçois que la raison même, et il me faut croire qu'il s'est fait crucifier pour se fléchir luimême.
J'ai fait long-temps ce que font aujourd'hui trois cent millions d'individus (2). Imprégné de tout cela dès mon enfance, je n'y ai pas réfléchi. Mais a la suite des études qu'on vient de lire , mon esprit s'y est arrêté, et, un peu ébranlé dans ma foi, je suis remonté aux premières religions connues, pour voir en quoi nous sommes d'accord ou en désaccord avec elles. Puis j'ai observé la nature et moi-même, persuadé que, s'il y a une façon de trouver Dieu, c'est de le chercher dans ses œuvres.
(1) Rien ne saurait produire un être , puisque rien n'existe pas. Il y a donc quelque chose qui a dû toujours exister. Ce quelque chose est Dieu, ou Dieu et la matière. (Le grand Frédéric.)
(2) Catholicisme. 139 millions d'individus.
Église grecque.
— protestante.
Judaïsme.
Mahométisme.
Brahmisme.
Bouddhisme.
Confutzée et autres.
C'est ainsi qu'en 1829 les religions se partageaient ia terre.